Suzanne de Bruc de Montplaisir, née en automne 1617Il y avait eu une controverse sur sa date de naissance. Elle est dit centenaire à sa mort en 1705, mais il n'y a pas de preuves réelles de cela. Elle a eu son premier enfant Catherine, en 1641 : cela fait bien tard à pour un premier enfant si elle est bien née en 1605. Alors que si elle naît plutôt vers 1615-1619, cela est tout à fait dans la norme qu'elle se marie en 1639 et qu'elle ait son premier enfant en 1641. En réalité, c'est le marquis de Sourches qui donne son âge exact : et demi à sa mort en 1705,ce qui donne une naissance à l'automne 1617 et morte le , connue sous le titre de la marquise du Plessis-Bellière (à partir de 1652), est célèbre par son esprit et son courage, et marqua son époque.

Elle est surtout connue comme étant l'une des personnes les plus proches de Nicolas Fouquet ; pour être l'épouse du marquis du Plessis-Bellière, et également la belle-mère du maréchal de Créquy ; ainsi que pour son salon littéraire lié aux cercles des Précieuses. Elle a également été emprisonnée par Louis XIV à Montbrison.

Elle a inspiré le personnage dAngélique, romans et films célèbres du .

Biographie

Jeunesse

Origines familiales

Suzanne de Bruc de Montplaisir est une descendante de la famille de Bruc, de noblesse bretonne.

Née à Nantes, vers l'automne 1617(et non pas 1605 comme on le lit souvent), elle est la fille de Jean de Bruc de Montplaisir (1576 - 1651 ?), conseiller d'État, procureur général et syndic des États de Bretagne, intendant du duc de Retz, avocat au conseil du roi, et de Marie Venier, dame de La Guerche (1580-1637), cette dernière étant d'origine vénitienne.

Ses grands-parents paternels sont : François de Bruc, Seigneur de Guilliers (ca 1545-1589) et Madeleine Boulliau (ca 1550-1618).

Ses grands-parents maternels sont : Francisque Venier, mort en 1594 (Francisco Veniero, lui-même fils du Doge de Venise Sébastiano Veniero, ca 1496-1578), Gouverneur de Machecoul et de Belle-Isle, intendant du duc de Retz, et Jeanne de La Tousche-Limouzinière, dame de la Guerche, décédée vers 1618.

Controverse sur sa date de naissance : elle est née à l'automne 1617, et était donc plus jeune que Fouquet de deux années.

Il y avait une controverse sur sa date de naissance : on la disait presque toujours née en 1605, donc ayant de plus que Nicolas Fouquet (1615). Ainsi, elle est dit centenaire à sa mort en 1705. Cette année de "1605" provient de la publication de la Gazette de France, du , qui indique : Mais cette mention "âgée de près de cent ans" signifie simplement que la marquise était connue comme étant extrêmement âgée, sans pour autant qu'un compte précis n'ait été fait alors...

Elle s'est mariée en 1639 et a eu son premier enfant Catherine en 1641 : cela fait bien tard à pour un premier enfant si elle est née en 1605. Alors que si elle naît plutôt vers 1615 - 1620, cela est tout à fait dans la norme qu'elle se marie en 1639 et qu'elle ait son premier enfant en 1641. Et dans ce cas là, elle serait de la même génération que Nicolas Fouquet, et n'aurait donc pas de plus que lui comme on l'écrit depuis toujours... Ce qui vient renforcer cette idée est que son frère René de Bruc de Montplaisir, le poète, né en 1610, paraît être considéré comme son frère aîné, de même que son frère Henri, l'abbéHistoire de la maison de Rougé.

Enfin, à titre de comparaison, la mère de la marquise, Marie Venier (1580-1637) eut son premier enfant en 1603, alors âgée de , ce qui est dans l'exacte moyenne de l'époque. Ne pas marier sa fille Suzanne avant ses eut certainement paru inconcevable à la famille de Bruc.

En réalité, c'est le marquis de Sourches qui donne la solution dans son journal, à la date du , quand il écrit : Cette année de naissance change évidemment la perception que l'on a des rapports de Fouquet avec la marquise. On la voyait jusqu'à présent toujours plus vieille que lui de dix années, mais en réalité, elle avait donc deux ans de moins que lui ; elle était légèrement plus jeune que lui.

Fratrie

thumb|Généalogie et descendance de la marquise du Plessis-Bellière.

La marquise de Plessis-Bellière a de nombreux frères et sœurs, savoir : François de Bruc, seigneur de Montplaisir et de la Guerche, conseiller d'État, intendant de Charles de France, né le à Rennes, épouse vers 1625 Marie Chrétien, petite fille de Florent Chrétien, chancelier de Navarre. Sans postérité. Pierre de Bruc de Montplaisir, seigneur de l'Estang-Jouan, officier, né le à Rennes, mort au combat dans les Cévennes. SA.

vignette|L'abbaye Notre-Dame de Bellefontaine, dirigée par le frère de la marquise du Plessis-Bellière. Henri de Bruc de Montplaisir, seigneur de la Gournerie (Saint-Herblain, Loire-Atlantique), de la Verrerie, conseiller d'État, abbé commendataire de Notre-Dame de Bellefontaine (Maine-et-Loire), de Saint-Gildas de Rhuys (Mayenne, ou bien Saint-Gildas-des-Bois, Loire-Atlantique ?), assiste aux États de 1632, et devient abbé d'Orbais-en-Champagne, né vers 1608 à Paris, décédé le au château de la Gournerie. Il est du cercle du Surintendant. René de Bruc de Montplaisir (1610-1684), son frère dont elle est fort proche, militaire et poète. Montplaisir sera un membre éminent du salon littéraire de sa sœur dans les années 1640-1660. Il est du cercle du Surintendant. Jeanne (ludovicienne) de Bruc de Montplaisir, née le à Nantes, décédée le à Campénéac, épouse 1° le en la chapelle de Brior à Nantes (paroisse Saint-Vincent) Raoul (ou Paul), vicomte de Trécesson, chevalier de l'Ordre du Roi, né vers 1600, décédé le à Campénéac, fils de Pierre de Trécesson, chevalier, et de Françoise du Plessis-Mauron. Elle épouse 2° le marquis de Rancher. Sa fille, de Trécesson, Jeanne-Marie de Carné-Trécesson, née en 1634 de son premier mariage, sera la maîtresse de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie. Elle mourra en 1677.

Catherine de Bruc de Montplaisir, née en 1610 à Paris, morte en 1681, épouse en 1650 César Auffray Blanchard, chevalier, seigneur puis marquis du Bois de la Muse, conseiller du roi, Premier Président en la Chambre des Comptes de Bretagne, né le 10 (ou 14) à Nantes (paroisse Notre-Dame), décédé en 1671, fils de Jean Blanchard, seigneur de Lessongère (ou l'Essongère), baron du Bois de la Musse, premier président de la chambre des Comptes de Bretagne, et de Jeanne Rioteau de la Pilardière. Marie de Bruc de Montplaisir, religieuse ursuline, baptisée le à Nantes (paroisse Notre-Dame). Antoinette de Bruc de Montplaisir, religieuse ursuline, supérieure du Couvent des Ursulines de la Davrays (Ancenis), baptisée le à Nantes (paroisse Notre-Dame). Suzanne de Bruc de Montplaisir, marquise du Plessis-Bellière, objet de la présente étude, née a l'automne 1617.

thumb|Plan-relief de Bouchain, dont le frère de la marquise, François, était le gouverneur à partir d'. François de Bruc de La Rablière, né le , chevalier, gouverneur de Bouchain, seigneur puis marquis de la Rablière, lieutenant, puis capitaine au régiment de Poitou-infanterie, dès 1645, sergent de bataille le , major du régiment de cavalerie de Montplaisir (depuis Beauvilliers) en , maître de camp du régiment de Beauvilliers en , commandant de cavalerie en , brigadier, visiteur de cavalerie en , maréchal de camp en , lieutenant du Roi, commandant à Lille et gouverneur de Bouchain en , lieutenant-général des armées du Roi du , reçu grand'croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis le , baptisé le à Nantes (paroisse Notre-Dame), décédé en à Bouchain (59). SA.

Titres et propriétés de son père Jean de Bruc, riche seigneur de Nantes et environs thumb|Le château de la Gournerie en Saint-Herblain, situé juste à côté de Nantes, édifié par le père de Suzanne et achevé vers 1623, quand elle avait 5 ans. Il s'agissait du château familial, où mourra son frère Henri de Bruc, l'abbé, en 1689.

Jean de Bruc était écuyer, seigneur de La Grée (Mésanger 44), seigneur de Montplaisir (Sainte Marie de Pornic 44), seigneur de La Verrerie (Saint Brévin 44), seigneur de La Gournerie en 1602 (Saint Herblain 44), et seigneur de La Guerche (Saint Brévin 44). Il fut conseiller d’État, procureur général et syndic des états de Bretagne, secrétaire et intendant du duc de Retz, et avocat au conseil du roi.

Né Jean de Bruc de la Grée, il achète la terre de Montplaisir, en Pornic, à Madeleine Le Maréchal, marquise de Chateauregnaud, le (archives de la famille de Bruc), et la seigneurie de La Verrerie en Saint Père en Retz en 1628 (id). Il achète le domaine de La Verrerie (Saint Brévin 44) le .

En 1602, Jean de Bruc acquiert la terre de la Gournerie en Saint-Herblain, à côté de Nantes, et y construisit le château de La Gournerie achevé en 1623. Le château de Montplaisir à Pornic, acquis en 1621, s'élevait à l'emplacement actuel de l'hôpital et comportait 4 tourelles.

La marquise vécut une enfance heureuse entourée de ses nombreux frères et sœurs, son père semblant s'enrichir de manière importante, ce qui est démontré par les acquisitions successives des seigneuries qu'il réalise tout au long de sa carrière.

Une épouse exemplaire

1639 : un mariage avec le marquis du Plessis-Bellière

En 1637, Suzanne, âgée de , perd sa mère, Marie Venier, dame de La Guerche (1580-1637), qui était âgée de 57 ans. D'après tout ce que l'on connaît d'elle sa vie durant, Suzanne sera une femme de tête.

thumb|Schéma du plan du château du Plessis-Bellière (49) (ancienne commune de Saint-Pierre-Montlimart).

Elle épouse Jacques de Rougé du Plessis-Bellière le à Nantes. L'époux avait et une longue expérience militaire, l'épouse n'en avait qu'environ . Le nom du Plessis-Bellière provient du château aujourd'hui détruit, anciennement situé sur la commune de Saint-Pierre-Montlimart (actuelle ferme des mines de la Bellière). Ce château, avec un corps central reliant deux pavillons d'angle carré, mesurait environ pour sa partie principale : de long sur de large pour l'épaisseur des deux pavillons. Il s'agissait donc d'un assez grand château, dont le plan cadastral napoléonien donne le plan masse.

Membre de la famille de Rougé, Jacques de Rougé était le fils de René de Rougé et de Marguerite de La Court. Il participa activement à la guerre de Trente Ans : il est déjà colonel en 1628 et se distingue au siège de La Rochelle ; maréchal de camp en 1646, lieutenant-général en 1650, il devint gouverneur de Rethel et d'Armentières. Il prit part à la bataille de Rethel en 1650, et fut gouverneur de La Bassée, puis de Dieppe, avant de devenir commandant en chef de l'armée de Catalogne en 1653.

À partir de 1641 : des grossesses répétées et quatre enfants

thumb|Portrait présumé de François-Henri de Rougé, marquis du Plessis-Bellière, maréchal de camp (1651-1692), fin du , localisation inconnue. Il était le fils de la marquise.

De l'union du marquis et de la marquise du Plessis-Bellière naîtront : Catherine (1641-1713) mariée à François de Créquy, marquis de Créquy et maréchal de France. Il est le frère du duc de Créquy, célèbre pour avoir été ambassadeur à Rome et insulté par la garde corse en 1662. De cette union prestigieuse naîtront deux enfants : François Joseph de Créquy (1659- 1702), Marquis de Créquy, et Nicolas Charles de Créquy (1669-1696) Marquis de Blanchefort. Pierre (1644-1664), engagé volontaire contre les Turcs, tué lors de la bataille de Saint-Gothard, en Hongrie, succède à son père comme marquis de Faÿ-les-Nemours, marquis du Plessis-Bellière, sans mariage ni postérité, François-Henri (1651-1692):Fichier:Albrier - François-Henri de Rougé, marquis du Plessis-Bellière, maréchal de camp (1651-1692).jpg, succède à son frère comme marquis de Faÿ-les-Nemours, marquis du Plessis-Bellière, maréchal de camp, gouverneur de Suze, marié à Françoise Jégou de Kervilio d'où trois fils, Henri-François, colonel d'infanterie, mort en 1693, sans mariage ni postérité.

Ses trois fils mourront avant elle. Catherine sera toujours fort proche de sa mère, modèle de piété filiale.