L'epsomite ou épsomite est une espèce minérale fréquente constituée de sulfate de magnésium heptahydraté de formule Il s'agit de l'ancien sulfate de magnésie hydraté, ou sel d'Epsom bien connu des chimistes du . Le nom epsomite, de genre féminin, est attesté en français et en anglais avant 1824, même s'il est d'abord présent dans la littérature minéralogique de 1805 à 1815. L'accent n'est nullement justifié, soit par application des règles orthographiques de base en langue française, soit par respect pour le toponyme anglaise d'origine, la ville d'Epsom. Le dictionnaire Larousse en 1870 le vulgarise sous la forme sans accent. Cette espèce forme parfois de rares cristaux prismatiques pouvant atteindre ..

Ce minéral évaporite de genèse secondaire constitue des formations rocheuses, fragile, tendres et très légères, soluble dans l'eau, au goût amer et salé. Dans les anciennes mines de minerais sulfurés, l'epsomite en incrustation sur les parois contient des traces d'ions d'éléments métalliques de transition, Ni, Fe, Co, Mn, ZnLozac'h, Yannick, op. cit. La présence de cobalt donne de beaux échantillons d'epsomites rosées, le nickel verdâtres......

Caractéristiques physico-chimiques Le sel d'Epsom, de qualité cosmétique et alimentaire, était et est encore commercialiséIl se nommait encore autrefois sel anglais ou sel de Sedlitz en Bohême et d'une manière générale en Europe centrale. Le sel d'Epsom est aussi un médicament laxatif ou purgatif. Il demeure une source importante de sels de magnésium. : il s'agit du minéral epsomite extrait de gisement souterrain de la roche homonyme, purifié par un procédé physique et recristallisation. Il a l'aspect d'une poudre blanche, parfois légèrement colorée, à base de cristaux de petite taille, entre 2 et 3 mm, de maille rhomboédrique. Sa densité se situe entre 1,67 et 1,68. Sa solubilité dans l'eau pure est élevée : 72,4 g pour 100 g d'eau à 0 °C, 178 g à 40 °C. Il est soluble dans l'alcool à 90°.

L'heptahydrate de sulfate de magnésium, qui se décompose vers 70 °C, peut être aussi orthorhombique ou monocliniqueL'analyse pondérale, par exemple par pyrolyse, distingue en masse 51,16 % de HO, 32,48 % de SO, 16,36 % de MgO.. La forme minérale epsomite, la plus commune, blanche à incolore, parfois rosée, jaunâtre, rougeâtre ou verdâtre par les impuretés, est orthorhombique. Sa solubilité dans l'eau pure s'élève à 18 g d'équivalent sulfate de magnésium (36,85 g d'epsomite) pour 100 g d'eau pure à 0 °C, 22 g à 10 °C, 25,2 g à 20 °C, 28 g à 30 °C, 30,8 g à 40 °C, 33,4 g à 50 °C, 35,3 g à 60 °C. La forme monoclinique est probablement proche d'une forme polymorphique métastable, par exemple due à un facteur d'instabilité de structure ou un asséchement passager, si on considère l'hexahydrate de sulfate de magnésium de structure monoclinique. En effet, l'heptahydrate se décompose vers 70 °C. Sa solubilité s'élève à 71 g d'équivalent sulfate de magnésium (145,39 g d'epsomite) pour 100 g d'eau pure à 20 °C, 91 g (186,35 g d'epsomite) à 40 °C. Il est peu soluble dans l'alcool et la glycérine.

L'epsomite exposé à l'air libre perd son eauC'est pourquoi il est préférable de conserver ces échantillons en milieu fermé, en récipient ou sous plastique. Il ne faut les nettoyer qu’à l'alcool, de préférence absolu.. Il devient mat. L'hexahydrate de sulfate de magnésium, minéral naturel analysé et inventorié par Robert Angus Alister Johnston en 1911, se nomme hexahydriteJohnston, Robert Angus Alister; in Summary Report of the Geological Survey Branch of the Department of Mines for the calendar year 1910, C. H. Parmelee, Ottawa, 1911, p. 256.

La perte de 6 molécules d'eau est rapide à partir de 150 °C. La perte des 7 molécules est assurée vers 200 °C. Il existe ainsi un heptahydrate, un hexahydrate et un monohydrate de sulfate de magnésium. Ce dernier corps chimique correspond à l'espèce naturelle kiesérite.

L'heptahydrate est le précipité que forme une solution aqueuse de sulfate de magnésium, à température ambianteLe sulfate est dissous notamment dans l'eau de mer. il est présent dans les eaux des lacs salés et dans de nombreuses sources thermales, froides ou chaudes. Mais il se forme aussi par altération de la kiesérite ou à partir de l’anhydrite. C'est aussi l'origine supposée de l'epsomite. Ce minéral et cette roche évaporitique ont été découverts près d'une source minérale aux environs d'Epsom, dans le comté de Surrey.

Inventeur et étymologie Décrite par Jean-Claude Delamétherie en 1806, le nom fait référence au gisement topotype. François Sulpice Beudant vulgarise ce mot.

Gisement topotype Epsom, Surrey, Angleterre.

Cristallographie Paramètres de la maille conventionnelle : = , = , = ; Z = 4 ; V = Densité calculée =

Cristallochimie L'epsomite forme deux séries complètes l'une avec la goslarite et l'autre avec la morénositeIl s'agit de séries de solutions solides.. L'epsomite est le chef de file d'un groupe de minéraux isostructuraux qui porte son nom.

Groupe de l'epsomite Epsomite MgSO4•7(H2O) Goslarite ZnSO4•7(H2O) Morénosite NiSO4•7(H2O)

Synonymie Reichardite Seelandite (Brunlechner 1891)Brunlechner, August (1893) Jahrbuch des naturhistorischen Landesmuseums für Kärnten, Naturhistorisches Landesmuseum (Klagenfurt) 22: 192 trouvée dans la mine de Wolfbauer, Lölling, Huttenberg en Carinthie, Autriche. Ce minéral a été longtemps considéré comme une variété de pickeringite, jusqu’à ce qu'elle ait été rattachée à l'epsomite par le minéralogiste Heinz Meixner en 1950Meixner, Heinz (1950) Der Karinthin 11:242-252.. Bittersalz, sel de Sedlitz, sel d'Epsom

Variétés et mélange Mélange Aromite (Darapsky 1890)Darapsky, Ludwig (1890) Neues Jahrbuch für Mineralogie, Geologie und Paleontologie, Heidelberg, Stuttgart: I: 49 Mélange d'epsomite et de pikéringite trouvée à Pampa de Aroma, Negreiros, Province d'Iquique, Région de Tarapacá , Chili.

Variétés Cobalto-epsomite : Variété cobaltifère d'epsomite de formule idéale (Mg,Co)SO4•7(H2O). Ferroepsomite (Vertushkov 1939) : Variété ferrifère d'epsomite de formule idéale Vertushkov, Grigory N. (1939) Bulletin de l’Académie des sciences de l’Union des Républiques Soviétiques Socialistes, Cl. sc. mat. nat., Sér. géol.: 109. Fausérite (Breithaupt 1865) Johann August Friedrich Breithaupt, „Mineralogische Studien“, in Berg- und Hüttenmännischen Zeitung, vol. xxiv, no. 36, Freiberg, 4 septembre 1865, p. 301 : Variété manganésifère (Maganoan-epomite des anglo-saxons) d'epsomite de formule idéale .

Gîtologie Ce minéral de genèse secondaire forme des masses rocheuses massives, mais aussi des efflorescences ou des dispersions poudreuses. Il se forme en paragenèse avec la halotrichite et la mélantérite, avec la kiesérite. On le retrouve :

Avec les évaporites, strates de dépôts, mais aussi en efflorescence par exemple à Stassfurt, en Saxe. Par dispersion éolienne, les efflorescences se retrouvent dans les déserts de l'Arizona, du Chili et de la Tunisie. Par précipitations à partir d'eaux-mères, souvent lacustres : dépôts actuels temporaires au bord des lacs salés durant les saisons sèches et plus fraîches, voire froides. Par précipitation à partir d'eaux thermales chaudes, mais aussi plus froides, dépôts commun à partir d'eaux sulfatées froides. Incrustation au griffon des sources d'Epsom, dans le Surrey, et de Sedlitz, en Bohême. Sur les parois des mines, comme résultats de l'oxydation des divers minerais de sulfures (Zn, Ni, copiapite magnésienne...) en présence de calcaire magnésien, et des grottes creusées dans des dolomites et des carrières dolomites. Produit des fumerolles. En incrustation dans la houille en croûtes fibreuses ou dans les calcaires magnésiens. Minéral présent dans les météorites.

Minéraux associés Hexahydrite, kiesérite, chalcanthite, pickeringite, halotrichite, alunogène, mélantérite, rozénite, gypse, mirabilite et autres sulfates.

Mais aussi aragonite, calcite, pyrite et pyrrhotite.

Gisements remarquables Afrique du Sud : lits d'évaporites marines insérées dans les couches sédimentaires Allemagne : gisement de Stassfurt. Belgique Mont-des-Groseillers, Blaton, Mons, Province de Hainaut Canada : Ashcroft, en Colombie britannique États-unis, surtout avec les évaporites des lacs salés De gros cristaux, d'environ 2 à 3 mètres, sont observables autour des lacs salés des Monts Krüger, par exemple à Oroville, État de Washington ou à Carlsbad, Nouveau-Mexique. Vallée de la Mort, Californie. Formations anciennes de l'Albany County, Wyoming. El Tiro Mine, Arizona. Espagne Grotte d'Arcilla, Calatayud, Zaragoza, Aragón . France Le Terret, Blesle, Haute-Loire, AuvergneRoland , Paul , Jean-Jacques , Inventaire minéralogique de la France n°1 - Cantal, BRGM et Éditions G. de Bussac, 1971. Avec le sel gemme des Landes et des Pyrénées Atlantiques. À Amélie-les-Bains, Pyrénées orientales, notamment avec les sources thermales. Dans l'Hérault. Grande-Bretagne Epsom dans le Surrey en Angleterre Italie Solfatare, champs Phlégréens, golfe de Pouzzoles, ville métropolitaine de Naples, Campanie Pichler, Hans (1970) Italienische Vulkangebiete II, Bornträger Berlin Stuttgart Sources chaudes et fumerolles près du mont Vésuve en général. Kazakhstan et Kirghizstan Lacs magnésiens du Djaman-Klytch et de Djelonsk. Suisse Concrétions et croûtes dans les tunnels et mines. Tchéquie Mines d'Hodruša, près de Banská Štiavnica. Tunisie : Sbkhat Melah Zarzis dans le sud du pays.

Usages Ils sont semblables au sulfate de magnésium, par exemple pour le mordançage, dans l'industrie des cuirs et parchemins, ou pour les emplois pour l'industrie papetière ou sucrière.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Bonewitz, Ronald L.; Carruthers, Margareth; Efthim, Richard; Roches et minéraux du monde, Delachaux et Niestlé, 2005, 360 pages (traduction de l'ouvrage anglo-saxon, publié par Dorling Kindersley Limited, London, 2005), en particulier p 215. Montana, Annibale; Crespi, Rodolfo; Liborio, Giuseppe; Minéraux et roches, éditions Fernand Nathan, Paris, 1981, 608 pages. § 124 Lozac'h, Yannick; petit article epsomite, Encyclopædia Universalis.en ligne en 2015 Ďuďa, Rudolf; et Rejl, Luboš; La Grande Encyclopédie des Minéraux, collection Grandes Encyclo, Gründ, première édition en 1986, septième édition 1992, 520 pages, Photographies de Dušan Slivka, préface de Pierre Barrand, conservateur du musée minéralogique de l'université de Paris. , en particulier epsomite § 111.

Liens externes Données minéralogiques Fiche technique Galerie et présentation du minéral Sur l'équilibre epsomite/hexahydrite

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