Les Micmacs ou Mi'kmaq ou Mi'gmaq (Mi'kmaw au singulier et Mi’kmaq au pluriel./ Mi’gmaq. et Mig’mawagmi gmaq sur Termium. , en micmac) ou L'nuk (L'nu au singulier). sont un peuple autochtone de la côte nord-est d'Amérique, faisant partie des peuples algonquiens. Il y a aujourd'hui vingt-neuf groupes distincts de cette ethnie au Canada, et une seule bande, la « (bande de Micmacs d’Aroostoock) », aux États-Unis.

Arrivés il y a plus de dix mille ans, ces « premiers humains », comme ils se nommaient, venus de l'Ouest via le détroit de Béring, étaient déjà présents dans cette partie du monde bien avant l'arrivée des Vikings puis des EuropéensGeo d'octobre 2012 ..

Les Micmacs se sont progressivement installés dans la péninsule de la Gaspésie au Québec. Puis, ils conquirent plusieurs régions du Canada, à savoir : la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard, une partie du Nouveau-Brunswick et l'île de Terre-Neuve.

Les Micmacs sont arrivés dans la région de la Gaspésie il y a environ . Ceux-ci vivaient, à l’époque, de chasse et de pêche la majorité de l’année, ainsi que de cueillette de crustacés et de fruits. Lors de l’hiver, les Micmacs, étant nomades, se déplaçaient dans la forêt et vivaient surtout de chasse de différents animaux, dont l’orignal et le castor..

Pour la période historique, des districts du pays des Micmacs de Mi'kma'ki furent peuplés à partir de l'Ouest de la France. L'Acadie historique, colonie de la Nouvelle-France, est ainsi fondée en 1604.

Dès 1675, les Européens nomment « Gaspésiens » les Micmacs habitant la péninsule de Gaspésie en actuelle Nouvelle-Écosse.

Ethnonyme « Micmac » signifie « mes frères » ou « mes amis ». ; c'est le nom que se donne une nation de la Gaspésie, mot dérivé du micmac signifiant « fin de la terre ».. Parmi les variantes du nom, on trouve « Migmagi », « Mickmaki » et « Mikmakique ». Il y a plusieurs sous-groupes parmi les Micmacs, comme les Gaspésiens de Le Clercq (au Québec oriental)Cf. ., les SouriquoisLe terme vient du basque zurikoa qui signifie « celui du Blanc » par allusion aux Blancs (Occidentaux) qui faisaient du commerce avec les Amérindiens. de la tradition jésuite (au centre et au sud de la Nouvelle-Écosse). Le qualificatif de « Tarrantine » fut introduit par les Britanniques au ...

Le mot micmac, d'une toute autre origine, fait son apparition en français dans les années 1640.. On trouve en français au début du micquemacque « intrigue, agissements suspects » que l'on retracerait au latin migma, migmatis ou bien à mutemaque.. Quand les Français ont entendu le micmac parlé en Gaspésie, ils ont immédiatement songé à leur acception du mot, qui prit le sens au Canada de langage incompréhensible.

Le mot micmac en français pour représenter le peuple micmac découlerait du terme Nigmach, noté par Marc Lescarbot...

Le nom recommandé et consacré en françaisMICMAC, deuxième fiche, sur Termium est « Micmac », bien que la graphie « Mi'kmaq » soit plus près de la graphie micmaque . L'Office québécois de la langue française. et le Bureau de la traduction du Canada recommandent le féminin « Micmaque » ; on retrouve aussi au féminin « Micmacque » et parfois « Micmac »... On recommande également l'ajout d'un « s » pour le pluriel.

Par contre, lorsque le texte fait référence à un organisme ou une communauté autochtone, cette graphie doit être respectée. :

le Secrétariat Mi’gmawei Mawiomi. Les Micmacs de Gesgapegiag, Micmacs of Gesgapegiag. Listuguj Mi'gmaq Government.

Langue

La langue enseignée à l'école est la langue micmaque. Cette langue est l'épine dorsale de leur culture, c'est pourquoi les Micmacs sont soucieux de la préserver. En 1980, la langue micmaque est toujours la langue d'usage dans certaines communautés.

vignette|Hiéroglyphes micmacs.

Sur une période de soixante ans, les missionnaires récollets et jésuites avaient .

En 1677 les Micmacs commencent à utiliser une écriture logographique inventée par des missionnaires français. Christian Kauder était un missionnaire luxembourgeois en Mi’kma’ki de 1856 à 1871. Il a inclus dans son catéchisme chrétien en allemand, publié à Vienne en 1866, des exemples d’écriture hiéroglyphique micmaque, notamment le chapelet de la Sainte Vierge et le Notre Père.

Cette écriture devint très populaire : le père Pacifique de Valigny la perfectionna pour traduire la Bible, rédiger des manuels scolaires et publier un journal, , qui parut tout au long du Cf. ..

Par leurs nombreux contacts avec les Français, ils empruntèrent plus de cent mots au français..

La langue micmaque est en péril en Gaspésie..

Territoire

Au , les Micmacs occupaient l'ensemble du pays au sud et à l'est de l’embouchure du fleuve Saint-Laurent, qui comprend les provinces maritimes du Canada et la Gaspésie. Ces terres de plaine étaient alors densément boisées, parsemées de nombreux lacs et de rivières qui se déversaient dans de profonds golfes tout le long de la côte. Les hivers y sont rigoureux et les étés courts se prêtent peu aux cultures de légumes et de céréales, mais le réseau des rivières permettait de traverser rapidement le pays en canoë. En rapprochant les habitants, il contribua à la formation d'une identité ethnique forte, regroupant environ dix mille individus.

Le peuple s'appelait lui-même « L'nu », ce qui signifie « Humains », et devait défendre son territoire contre d'autres nations. Ainsi, les Micmacs disputèrent-ils la possession de la presqu'île de Gaspé aux Mohawks, tandis qu'ils devaient surveiller les marches méridionales de leur territoire, en particulier la vallée du fleuve Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, des incursions des Wolastoqiyik et des Pentagouets. Les chasseurs micmacs occupèrent occasionnellement l’île d'Anticosti et touchèrent même les côtes du Labrador, où ils affrontèrent les Inuits. La colonisation de Terre-Neuve marqua le début de l'extinction des tribus Béothuks, dans laquelle les Micmacs jouèrent un rôle décisif.

Aujourd’hui, les Micmacs peuplent le territoire québécois, néo-brunswickois, néo-écossais, prince-édouardien et terre-neuvien. Au Québec, leur territoire est situé en Gaspésie, à la hauteur de la Baie des Chaleurs. Ils vivent dans trois communautés, soit Listuguj (), Gesgapegiag () et celle de Gaspé (). Des trois communautés, seule celle de Gespeg n'a pas de territoire de réserve. Le groupe () se trouvant sur le territoire américain se situe dans le comté d'Aroostook (État du Maine) à Presque Isle sur le site de Bon Aire.

Commuautés micmaques Le pays des Micmacs est divisé en sept territoires, qui correspondaient à des zones de chasse exclusives où chaque tribu campait et chassait le printemps et l'été. Certaines tribus possédent un insigne caractéristique : ainsi le saumon est l'emblème des Micmacs Listuguj dans la vallée de la Ristigouche et autour de la baie des Chaleurs, tandis qu'une silhouette de guerrier armé d'une lance et d'un arc est l'emblème des Micmacs Miramichi.

+Sept districts traditionnelsPeuple MicmacsGroupe ethnique Sigenigt Gespogoitg Territoire Gespegoag Sigenigteoag Pigtogeoag Onamag Esgigeoag Segepenegatig Gespogoitnag

L’île du Cap-Breton s'appelait alors Onamag et faisait fonction de capitale. Elle était et est toujours aujourd'hui le siège du Grand chef. Le Grand chef jouait naguère un rôle considérable sur les décisions du peuple micmac en matière de guerre mais à partir du milieu du , il n'eut plus que des fonctions cérémonielles. Les territoires limitrophes de Pigtogeoag et d’Esgigeoag dépendaient directement d’Onamag et n'avaient même parfois pas de chef propre.

+Grandes réserves en 1970 Territoire Réserve 1 Réserve 2 Réserve 3 Réserve 4 Réserve 5 Gespegeoag Listuguj Gesgapegiag Eel River Gespeg (communauté sans réserve) Sigenigteoag Burnt Church Eel Ground Red Bank Richibucto Big CovePigtogeoag ag Epegoitnag Lennox Island Pictou Landing Onamag Whycocomagh Nyanza Membertou Eskasoni Segepenegatig Truro Shubénacadie EsgigeoagEsgigeoag GespogoitnagGespogoitnag

Culture micmaque Les Micmacs formaient la nation autochtone dominante dans les provinces maritimes du Canada, et l'on présume qu'ils ont pu s'aventurer plus au Nord avant le . Le climat ne leur permettant pas d'y entreprendre des cultures, ils vivaient de chasse et de pêche, complétées par la récolte d'herbes et de racines sauvages. L'écotourisme est un nouveau terreau d'emploi pour les Micmacs.

Les cycles de chasse se retrouvent dans les noms des mois actuels :

Mois AppellationJanvier petite morueFévrier mal des yeuxMars printempsAvril mois de la ponteMai jeunes phoques ou pêche au harengJuin été ou mois des premières feuillesJuillet mue des migrateursAoût envol des oiseauxSeptembre rut de l'orignalOctobre dressageNovembre mois des mortsDécembre grande lune (solstice d'hiver)

Chaque foyer s'étendait fréquemment au-delà de la cellule familiale : la pratique de la polygynie et le régime des fiançailles, par lequel le fiancé se mettait pour deux ou trois années au service de son futur beau-père, contribuaient à cette situation. Les récits qui nous ont été transmis évoquent des groupes de chasseurs de deux à trois hommes, car certaines techniques de chasse et de pêche requéraient un travail d’équipe. On demandait parfois aux femmes de transporter le gibier au camp après qu'il eut été chargé sur un gros traîneau. Elles pouvaient également aider au pagayage des canoës pour la pêche. Un ou deux auxiliaires munis de bottes de fourrures et de lances ou javelots à pointes de silex étaient parfois nécessaires pour débusquer un gros animal. Cela valait aussi bien pour le harponnage des caribous que pour débusquer des castors de leur propre terrier.

Les Micmacs étaient de grands constructeurs de canoës. Leurs embarcations, longues de 2,50 à , étaient composées d'écorce de bouleau, et étaient suffisamment larges pour pouvoir embarquer tout un foyer de cinq à six individus, avec les chiens, les sacs, les fourrures, un chaudron et d'autres ustensiles parfois encombrants. Les Micmacs s'aventuraient parfois même en mer avec un canoë qu'ils munissaient d'une voile.

Comme la plupart des autres nations autochtones des forêts du nord-est, la culture des Micmacs s'est plus ou moins adaptée après l'arrivée des Européens, tant par l'influence des missionnaires, que par le développement du commerce des peaux ou les tensions nées du conflit franco-britannique.

Alimentation thumb|Un caribou, objet de chasse. Outre le poisson et la viande, les Micmacs se nourrissaient de toutes sortes de fruits secs, de légumes et de baies sauvages qu'ils pilaient puis faisaient sécher pour en faire des galettes rondes. Il reste que l'essentiel de leur alimentation reposait sur la chair animale, consommée crue ou fumée. Le gras était soigneusement récupéré en le faisant fondre ou en le séparant à l'aide d'une pierre suffisamment chauffée, puis on le transvasait dans une enveloppe faite d'écorce de bouleau ou on le mélangeait de bile animale pour sa conservation. Le poisson et les anguilles étaient rôtis à la broche. Le poisson était servi en plat ou en tourte dans de grands bacs de bois qu'on découpait dans le tronc d'arbres morts.

Le pain était inconnu des Micmacs. Lorsque les colons français leur en montrèrent la préparation, ils adoptèrent la pratique de le cuire dans le sable sous le foyer. Ils échangeaient volontiers leurs fourrures contre des ustensiles métalliques, des pois secs, des fèves et des prunes. Aussi, ils ont mangé du blé et du maïs.

Armes, outils et techniques de chasse Pour la chasse, les Micmacs se servaient de javelots, de lances et d’arcs, mais aussi de pièges et de frondes. Ils se servaient de chiens pour pister le gibier. Le camouflage permettait de s’approcher des orignaux, qu’on attirait en période de rut en imitant le brâme des femelles.