L'église Saint-Étienne de Brie-Comte-Robert est une église catholique paroissiale située dans la commune de Brie-Comte-Robert, en Île-de-France. Une communauté chrétienne et une église sont attestées à Brie-Comte-Robert dès le . Les insignes reliques que le seigneur Robert II de Dreux rapporte de Terre sainte en 1192 motivent sans doute la construction de l'église actuelle. De style gothique, elle est influencée par la cathédrale Notre-Dame de Paris, mais aussi par l'église Saint-Merri. C'est un vaste édifice, élégant, élevé et lumineux, d'un plan homogène et d'une exécution particulièrement soignée, comme en témoignent la claire-voie et la rosace du chevet, le triforium et le recours systématique aux fûts de colonnette en délit. Les vitraux de la rosace orientale sont contemporains de la Sainte-Chapelle, et de la même facture. L'église est terminée vers 1230, sauf les deux premières travées, et les voûtes des trois premières travées. L'achèvement se fait en deux étapes, au , ce qui justifie une dédicace solennelle en 1363, et à la Renaissance, entre 1540 et 1545 environ. Sous la guerre de Cent Ans, l'église est saccagée pendant les années 1420 et en 1430, et c'est peut-être en raison des dommages subis que les quatre premiers piliers du nord et du sud sont repris en sous-œuvre à la fin du . De ce fait, quatre époques s'enchevêtrent dans les quatre premières travées du vaisseau central, alors que les quatre dernières travées n'ont pas changé depuis le règne de saint Louis. Au fil du temps, entre le et le , dix petites chapelles latérales sont ajoutées au nord et au sud, qui adoptent toutes le même plan, mais sont stylistiquement hétérogènes. En 1840, l'église Saint-Étienne est classée aux monuments historiques par la première liste.. Ce n'est qu'à partir de 1997 qu'elle est enfin intégralement restaurée. Elle demeure l'unique église paroissiale de la ville, et est au centre d'un secteur paroissial qui s'étend sur sept communes rurales des environs.
Depuis , la paroisse de Brie-Comte-Robert avec les villages environnants sont desservies par la Communauté Saint-Martin.
Situation
L'église Saint-Étienne est située en France, en région Île-de-France et dans le département de Seine-et-Marne, sur le plateau de Brie, dans la ville de Brie-Comte-Robert, près de l'extrémité sud-ouest du centre-ville ancien, parvis Saint-Étienne. La façade occidentale donne sur ce parvis, qui débouche à l'ouest sur les boulevards extérieurs, et depuis lequel deux rues partent vers l'est pour contourner l'église par le nord et par le sud. La rue de l'Église longe l'élévation septentrionale. Au nord de la nef se situe la place Gauthier, bordée par la rue de la Madeleine, mais cette place n'est pas assez vaste pour ouvrir une perspective sur le chœur et le clocher. La place des Déportés passe devant l'élévation méridionale, tout en s'éloignant progressivement de l'église, ce qui a rendu possible l'aménagement de parterres fleuris, et l'on peut ainsi prendre un peu de recul face à l'édifice, et obtenir une vue d'ensemble.
Histoire Les origines et le vocable thumb|left|Vue d'ensemble depuis le sud.
Une église à Brie-Comte-Robert est attestée dès la seconde moitié du . Venance Fortunat, biographe de saint Germain de Paris, relate comment le saint prélat guérit une fille paralytique, qu'on lui présenta après la messe dans la sacristie. La ville est alors appelée Bradeia. Elle a possédé d'autres églises, mais qui ne furent pas paroissiales : l'église Saint-Lazare de la maladrerie, qui était du ; l'église des Minimes, fondée en 1636 par le maréchal de Vitry ; et l'église des filles de la Croix, qui datait de la même époque. Dans le récit de Fortunat, il est donc probablement question de l'un des édifices qui précèdent l'église actuelle... Lors de sondages dans le chœur de l'église, entrepris en 2012 dans le contexte de l'installation du chauffage par le sol, les vestiges du socle d'un faisceau de colonnettes ont été découverts. Leur emplacement au nord des grandes arcades du sud indique une nef plus étroite. La forme du socle, avec trois assises orientées à 45° entre des assises disposées en équerre, indique un voûtement d'ogives, avec une colonnette et un chapiteau placé de biais pour faire face à l'ogive. L'on a également trouvé une piscine liturgique en bas du chevet actuel. Les vestiges n'ont pu être datés avec précision, mais le voûtement d'ogives ne permet en principe pas une date antérieure au . Le seigneur Robert de Dreux, mort en 1188, serait l'instigateur de la construction de l'église actuelle. Son fils, Robert II de Dreux, rapporte des insignes reliques de Terre sainte en 1192. Selon un inventaire de 1507, il s'agit d'une épine de la Sainte Couronne ; de l'herbe dont elle fut liée ; du bois de la Vraie Croix ; un tissu d'un vêtement de la Vierge Marie ; un fragment de sa ceinture ; des ongles de saint François [lequel ?] ; d'une partie de la mâchoire de saint Étienne, avec une dent ; et d'un os de sainte Catherine.. Peut-être en raison de l'une de ces reliques, l'église est dédiée à saint Étienne, diacre et premier martyr de l'histoire du Christianisme. Sa dédicace est célébrée en 1363 par Jean de Meulan, évêque de Paris et ancien archidiacre de Brie. Pendant la cérémonie, il proclame les pardons et indulgences octroyés à l'occasion par le pape Innocent VI. L'anniversaire de la dédicace est fêté le dimanche après Quasimodo...
L'histoire de la paroisse thumb|upright|Plaque commémorative pour Louis Chenu, doyen, mort le 8 septembre 1737.
Sous l'Ancien Régime, Brie-Comte-Robert relève du diocèse de Paris, de l'archidiaconé de Brie, et du doyenné de Moissy, puis de Vieux-Corbeil. La cure est à la collation directe de l'évêque de Paris. La justice seigneuriale sur les terres de Brie appartient initialement à l'évêque de Paris.
La reine Jeanne d'Évreux reçoit le fief en dot. Il ne lui paraît pas convenable de prêter foi et hommage à l'évêque, et se fait remplacer en 1333 par un tiers. Afin de se faire pardonner cette infraction, elle fait une grande libéralité à l'église Saint-Étienne en 1341, et fonde une messe solennelle pour le repos de son âme, qui continue d'être célébrée jusqu'à la Révolution française. Après sa mort le au château de Brie-Comte-Robert, son service funèbre a lieu en l'église Saint-Étienne.. Le 19 ou le , le mariage du roi Philippe VI de Valois avec Blanche de Navarre, sept mois avant la mort du souverain par la peste, est célébré en l'église Saint-Étienne de Brie-Comte-Robert..
Les deux seules chapellenies de l'église remontent également au . La première est fondée le par Agnès La Vanière, dame de Bien-Assise, et est au titre de Sainte-Marguerite, selon l'abbé Lebeuf, ou de Notre-Dame, selon Jean Vallery-Radot. La seconde est fondée quelques années plus tard par Jean Cordier, bourgeois de Brie, et sa femme. Elle est au titre de Saint Jean-Baptiste..
Selon le pouillé du , il y a à cette époque deux cures ou curés, mais il est impossible de savoir sous quel vocable est placée la seconde église paroissiale. Selon des témoignages recueillis par l'abbé Lebeuf vers le milieu du , les anciens avaient encore entendu parler de cette église ou vu son pignon, face à la façade occidentale (), séparée de celle-ci par une ruelle.. En 1626, l'existence de deux curés est attestée pour la dernière fois. L'abbé Lebeuf estime que l'autre église paroissiale est déjà fermée au culte depuis quelques décennies..
Sous la seconde phase de la Guerre de Cent Ans, pendant les années 1420 et jusqu'en 1430, l'église est pillée à quatre reprises par les Anglais. Les soldats se fabriquent des vêtements avec les ornements sacerdotaux, profanent les hosties, et dérobent toutes les reliques. Elles doivent être ramenées en Angleterre, mais dans le port de Dieppe, le bateau aurait été à trois reprises empêché de partir par de fortes tempêtes. Sur le conseil d'un docteur en théologie de la ville, les reliques sont rendues. Le bateau peut partir, et les reliques sont reçues à Brie le .
Vers 1595, Jean Nicot est nommé curé de la paroisse Saint-Étienne..
Pendant la Révolution française, le périmètre du diocèse de Paris est limité au département de la Seine, et l'ensemble du territoire du département de Seine-et-Marne est englobé dans le diocèse de Meaux, qui gagne ainsi d'importance. Lors de l'interdiction du culte à l'automne 1793, l'église est vidée de son mobilier. Trois des quatre cloches baptisées le sont descendues pour être envoyées à la fonte. Une est conservée pour sonner le tocsin. Grâce aux dons des paroissiens, trois nouvelles cloches peuvent être fondues en 1824, dans un jardin de la rue de la Grenouillère, par Limaux et Mahuet, fondeurs. La plus petite cloche est baptisée Louise-Marie ; la moyenne, Ferdinande-Céline ; et la plus grosse Étiennette-Alexandrine-Charlotte.. Le baron Ferdinand de Guilhermy, qui visite l'église Saint-Étienne vers 1860, affirme qu'il n'y a plus que les cloches de 1824..
Le , le premier office à la mémoire des combattants américains morts pour la France est célébré en l'église Saint-Étienne. Cette cérémonie a lieu en présence du maréchal Joseph Joffre, qui scelle une plaque commémorative sur un des piliers de l'église, près de l'autel..
La paroisse de Brie-Comte-Robert est aujourd'hui au centre d'un secteur paroissial qui s'étend sur les communes rurales de Champdeuil, Coubert, Crisenoy, Grisy-Suisnes, Lissy, Soignolles et Solers. Le service des paroisses est confié à trois prêtres de la Communauté Saint-Martin. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Étienne le samedi soir à 18 h et le dimanche à 11 h. Des messes de semaine ont lieu le mardi, jeudi, vendredi et samedi à 8 h 35, et sont précédées de laudes à 8 h 15. Une Adoration eucharistique est proposée le vendredi de 17 h 45 à 18 h 45. Un office de Vêpres est célébré le dimanche à 18 h, suivi par le Salut du Saint-Sacrement..
Les campagnes de construction de l'édifice