Patrick Poivre, dit Patrick Poivre d’Arvor et souvent désigné par les initiales PPDA, est un présentateur de télévision et de radio, journaliste et écrivain français, né le à Reims (Marne).
Il diversifie ses missions initiales à la radio en étant tour à tour reporter, présentateur de journal ou de la revue de presse, animateur, éditorialiste et polémiste.
À la télévision, il est le présentateur-vedette du Journal de 20 heures d'Antenne 2 de 1976 à 1983, puis du Journal de 20 heures de TF1 de 1987 à 2008. Il inspire la création, en 1988, du personnage de PPD, la marionnette centrale de l'émission de Canal+ Les Guignols de l'info.
Durant sa carrière, il publie une soixantaine d'ouvrages, dont une vingtaine de romans. Il en coécrit certains, notamment avec son jeune frère Olivier Poivre d'Arvor.
À partir de 2021, une série de témoignages médiatiques et de dépôts de plaintes l'accusant d'agressions sexuelles et de viols pendant des décennies en ayant usé de son autorité, provoque l'affaire PPDA, qui conduit à son retrait de la chaîne France 5. Au total, un collectif de quatre-vingt-dix femmes témoignent contre lui, soit devant la presse, soit devant la justice. Parmi elles, quarante-cinq femmes portent plainte, dont la moitié pour viol, avec deux mineures concernées au moment des faits allégués. Les témoignages se multiplient après que les premières plaintes ont été classées sans suite, notamment pour prescription, et que Patrick Poivre d'Arvor a porté plainte à son tour pour dénonciation calomnieuse. En 2022, la justice annule les effets des classements sans suite, en invoquant la sérialité des faits. En 2023, il est mis en examen pour la première fois. En 2024, il est visé par cinq nouvelles informations judiciaires pour viols et viols aggravés. En enfin, le journal du Monde révèle que Caroline Merlet a porté plainte pour viol contre lui dès 2005, mettant plus à mal encore « la défense du présentateur et la communication du groupe TF1 », pointant le « dysfonctionnement de la chaîne judiciaire dans l’appréhension de la « sérialité » du viol »..
Biographie Jeunesse, études et premiers engagements politiques Patrick Jean Marcel Poivre. naît au domicile parental, 22 rue de Talleyrand à Reims. Sa mère, Madeleine Jeuge. (1925-2011), est née à Nantes, de parents auvergnats. Son père, Jacques Poivre (1922-2018), né à Paris, est représentant en chaussures, directeur de société. et engagé dans le Premier régiment de France, au sein de l'Armée d'armistice, sous le régime de Vichy.. Il a une sœur, Catherine (née en 1948), et un frère, Olivier (né en 1958, diplomate, écrivain et responsable culturel)..
Enfant, il passe les vacances à Trégastel, où il a acquis une maison.
Durant son enfance à Reims, Patrick se révèle être un garçon timide, solitaire., mais également harcelé par ses camarades à l'école.... Il déclare que . Atteint d' à 13 ans, il est soigné en Alsace. Cette maladie lui inspire à l'écriture de son premier roman Les Enfants de l'aube, publié bien plus tard, en 1982.. En 1962, Patrick Poivre est bachelier à 15 ans..
Il poursuit ses études à l'Institut d'études politiques de Strasbourg, où il effectue sa première année, profitant ensuite des procédures en place à l'époque pour aller à l'Institut d'études politiques de Paris dont il sort diplômé. Jack Lang, son professeur de droit, se souvient plus tard d'un étudiant ..
Il est alors militant des Républicains indépendants, et responsable régional de son mouvement de jeunesse, les Jeunes républicains indépendants (JRI), dont il a fondé la branche en Champagne-Ardenne..
Parallèlement, il étudie le russe, le polonais et le serbo-croate aux Langues O., dont il ne sort pas diplômé, ce qui ne l'empêchera pas d'entrer chez France Inter quelques années plus tard..
Il est critique de cinéma pour Valeurs actuelles sous le pseudonyme d’Alexis d’Orgel et publie pour son parti des éditoriaux dans le quotidien L'Union. Courant 1969, Michel Poniatowski, secrétaire général de la Fédération nationale des républicains indépendants (FNRI), intervient sans succès auprès de Michel Bassi, chef du service politique du Figaro pour le faire embaucher. Il est présenté au même moment à Valéry Giscard d'Estaing par le président des Clubs Perspectives et réalités Charles-Noël Hardy.
En , âgé de , il intègre finalement le Centre de formation des journalistes (CFJ) pour devenir journaliste, directement en deuxième année, grâce à une équivalence avec l'IEP de Paris, puis en est diplômé l'année suivante. À l'école, il porte la cravate, revendique ses opinions, se lie d'amitié avec Franz-Olivier Giesbert et critique avec ironie les références à Jaurès.
C'est à cette époque qu'il ajoute à son patronyme, « Poivre », le pseudonyme « d'Arvor », emprunté à son grand-père maternel, Jean-Baptiste Jeuge (1883-1970), commerçant originaire du Puy-de-Dôme, qui était poète à ses heures et écrivait sous le nom de plume « Jean d'Arvor ». Auteur de poèmes nationalistes et religieux, Jean-Baptiste Jeuge a composé également quelques nouvelles érotiquesParmi lesquelles on compte Le Harem en folie (1927), Filles de joie (1925), L'Amant frénétique (1927) ou encore L'Abbé chez les poules (1925)., d'où le choix d'écrire sous pseudonyme. Le vieil homme a initié son petit-fils à l'écriture et est mort quelques mois plus tôt (?).. Le futur journaliste aime les noms à rallonge, « car souvent les héros ont des noms à particule […] donc Patrick Poivre d'Arvor ça sonne bien pour un héros.» précise son ami Armand de Rendinger. Mais le principal intéressé justifie ainsi son choix : « J'ai décidé […] de porter son nom de plume pour que son souvenir ne disparaisse jamais. »
Alors qu'il est encore étudiant au CFJ, il apparaît en une du mensuel France moderne de , le journal de la FNRI, dont il a été élu vice-président... Il a accueilli en à Reims un comité directeur où Michel Poniatowski, opposé comme lui à Charles de Gaulle lors du référendum de 1969, a fustigé le gouvernement.
Il quitte les Jeunes républicains indépendants en 1971, année de son entrée à France Inter.
Carrière France Inter (1971-1974) Le , à , il fait ses débuts à la radio, sur France Inter en présentant un reportage sur l'Île Maurice. La même année, il est lauréat du concours radiophonique organisé dans le cadre de l’émission « Envoyé spécial ». de Pierre Wiehn à France Inter, pour avoir rapporté des Philippines une interview exclusive d'Ismelda Marcos.. Il gagne ainsi le droit d'exercer à la radio à l'ORTF pendant un an. Il y commence sa carrière de journaliste sous la direction de Roger Gicquel. Il est chargé des journaux du matin et de la revue de presse..
Antenne 2 (1975-1984) et retour sur France Inter (1979-1981) En 1975, il entre à la rédaction d'Antenne 2, où il devient chef adjoint du service « politique intérieure », puis chef du service « politique, économique et social ».
Le , il effectue un premier remplacement en tant que présentateur du journal télévisé de 20 heures d'Antenne 2, le temps d'un week-end. Le de la même année, le directeur de la chaîne Jean-Pierre Elkabbach le choisit pour être le rédacteur en chef adjoint du journal télévisé de 20 heures et présenter en alternance (trois jours chacun) avec Daniel Bilalian et Didier Lecat.. En 1977, il est le présentateur unique du journal et rédige un livre, "Mai 68-Mai 78", qui fait connaître une photo encore jamais publiée de Daniel Cohn-Bendit, excepté dans l'autobiographie de ce dernier en 1975. Dans ce livre "Mai 68-Mai 78" paru l'année suivante, PPDA gomme son passé de droite en racontant s'être « nourri de l’encre des journaux » vendus « au carrefour Saint-Germain/Saint-Michel » et « avoir commencé à aimer le métier (…) en rôdant autour des voitures-radios » en Mai 68"PPDA. L'inconnu du 20 heures", par Hubert Coudurier, en 1996 aux Éditions Robert Laffont . Le , il présente son journal depuis la place Tian'anmen à Pékin, en Chine, une première mondiale. Il devient également grand reporter. De 1979 à 1981, il est éditorialiste de la rubrique « Humeur du jour » sur France Inter à .
À partir d', il doit partager la présentation du journal de 20 heures d'Antenne 2 avec Christine Ockrent (en alternance une semaine sur deux). En 1982, pour la première fois de son histoire, le journal de 20 heures d'Antenne 2 devance celui de TF1 en nombre de téléspectateurs. Lorsque Christine Ockrent est nommée rédactrice en chef du journal d'Antenne 2, il préfère partir et présente son dernier journal le .. Il part s'isoler en Bretagne, à Trégastel dans la maison de son enfance. À partir de 1983, il travaille pour la presse écrite, notamment dans Le Journal du dimanche ou en page 2, il réalise un portrait d’une personnalité pendant sept ans, ainsi qu’à Paris-Match, Le Point, Lire, Le Nouvel Observateur, Géo, Le Figaro Magazine, Entreprendre, et Vogue. Il présente Sautes d'humeur sur France 3 Bretagne en 1984.
En 1983, PPDA anime avec Jacqueline Alexandre une émission hebdomadaire d'information aux consommateurs, À nous 2, diffusée sur Antenne 2 pendant trois ans jusqu'en 1986.
Canal+ (1984-1985) et RMC (1986-1987) En 1984, il quitte la chaîne Antenne 2 pour rejoindre la nouvelle chaîne Canal+ lancée en pour animer l'émission quotidienne Tous en scène, diffusée jusqu'en 1985 de 18h30 à 20h puis le matin, à la place de la case Le 7/9 de Michel Denisot lequel reprend l'avant-soirée avec son émission « Zénith ». sur la tranche « en clair » de 19 à 20 heures. En 1986, il fait un rapide passage sur la station de radio RMC où il est éditorialiste dans la matinale jusqu'en 1987.. Patrick Poivre d’Arvor couvre pour Le Journal du Dimanche l’action humanitaire de Daniel Balavoine au cours du Rallye Dakar 1986. Il doit initialement faire partie de l’équipe de journalistes qui vont monter dans l’hélicoptère avec Thierry Sabine, François-Xavier Bagnoud, Yann Arthus-Bertrand, Jean-Luc Roy et Patrick Chêne. Il laisse finalement sa place dans l’hélicoptère à sa consœur Nathalie Odent pour prendre un avion en provenance de Bamako. Il aurait donc pu être une victime de l’accident d'hélicoptère du rallye Dakar 1986..
TF1 (1986-2008) À la folie pas du tout (1986-1987) vignette|redresse|Patrick Poivre d'Arvor au festival de Cannes 1990. En 1986, Patrick Poivre d'Arvor rejoint TF1, présidée par Hervé Bourges, pour présenter l'émission dominicale À la folie pas du tout jusqu'en 1987. L'émission devient À la folie, toujours diffusée le dimanche, pendant la saison 1987-1988..
Le journal de 20 heures de TF1 et émissions d'information (1987-2008) En 1987, TF1 est privatisée et, à partir du , sous le contrôle de Francis Bouygues. Le président-directeur général de TF1 Patrick Le Lay et son vice-président Étienne Mougeotte remarquent PPDA et l'installent, le , à la place de la journaliste Marie-France Cubadda, aux rênes du journal télévisé de 20 heures, qu'il présente du lundi au jeudi. Bien que courtisé par d'autres chaînes, notamment La Cinq, il reste sur TF1. En moins d'un an, le journal de la chaîne redevient le plus regardé de France devant celui d'Antenne 2, réunissant jusqu'à 10 millions de téléspectateurs. Il est relayé le week-end par Bruno Masure d' à 1990, Ladislas de Hoyos en 1990-1991 et Claire Chazal d' à .
En 1989, il devient également directeur délégué à l'information de TF1 sous la direction de Patrick Le Lay (PDG de la chaîne depuis le ) et du vice-président Étienne Mougeotte. Il présente également en direct les soirées électorales de TF1 (élections présidentielles, législatives, régionales, européennes, référendums, etc.) souvent avec Claire Chazal. Ils sont entourés de spécialistes, de journalistes et de sondeurs et reçoivent des personnalités politiques.