Marius Daille est un général de corps d'armée français, né le aux Mollettes (Savoie) et mort le à Hyères (Var)Archives départementales de la Savoie, commune des Mollettes, année 1878, acte de naissance , vue 137/378, avec mention marginale de décès.
Pendant la Première Guerre mondiale, il prend une part active dans le conflit, notamment à la bataille de Montdidier en 1918. Lors de la Seconde Guerre mondiale, pendant la bataille de France, il commande le d'armée de forteresse dans le Jura qui en , acculé sur la frontière, se réfugiera en Suisse..
Marius Daille, orateur reconnu et chroniqueur international grâce à des publications en anglais, a écrit quelques biographies militaires, ainsi que des ouvrages d'analyse et de stratégie de certaines grandes batailles françaises. Sous le régime de Vichy, il soutient publiquement dans des revues spécialisées la politique agricole du maréchal Pétain.
Époux en premières noces de Germaine Gautrez (), nièce du romancier et académicien français Paul Bourget (), il est le légataire et l'héritier de ce dernier dont la propriété hyéroise du Plantier de Costebelle et une collection de tableaux primitifs siennois (grâce à une dation, elle intègre en 1980 les collections nationales). Marius Daille lègue en 1966 à la bibliothèque de Fels les Journaux intimes de Paul et Minnie Bourget
Biographie
Famille et formation vignette|upright=0.7|alt=Acte de naissance écrit à la main, à l'encre avec pleins et déliés.|Acte de naissance de Marius Daille le 10 octobre 1878.
Marius Daille est le fils de Louis Daille et de Virginie Piaget, sa mère, qui meurt alors qu'il est encore très jeune. Il est le cinquième et dernier enfant d'une modeste famille de cultivateurs originaire vers 1789 du village de La Biolle d'où la famille semble avoir été chassée par la Révolution.
Marius Daille est écolier à Montmélian puis entre à Saint-Cyr en 1898, au sein de la (1898 – 1900, dite Promotion Marchand, avec le )La liste des membres de cette promotion figure dans l'Annuaire de la Saint – Cyrienne 1912 : ., après des études au lycée de Chambéry puis au lycée de Grenoble.. Affecté à l'infanterie il est ensuite stagiaire de l'École supérieure de guerre du au .. Il est breveté de cette école avec la mention « très bien », en 1908.
Le lundi , le lieutenant d'État-major stagiaire au d'armée Marius Daille épouse la nièce du romancier et académicien Paul Bourget, Germaine (Persinette) Gautrez née à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) le , décédée dans la même ville le et inhumée à Clermont-Ferrand, probablement au cimetière des Carmes (?), dans la sépulture des GautrezEn 1940, soit trente ans après son mariage (1910) avec Marius Daille, la santé psychique de Germaine Daille décline rapidement et elle est admise dans un hôpital psychiatrique de Clermont-Ferrand tenu par des religieuses, où elle demeure jusqu’à sa mort. Elle a institué son mari pour son légataire universel aux termes de son testament olographe en date du , déposé judiciairement aux minutes de Maître Gramain, notaire à Clermont-Ferrand, à la date du .
Le général est envoyé en possession de ce legs universel par une ordonnance de du Tribunal de Grande Instance de la Seine le . La dévolution héréditaire de cette succession est constatée par une attestation notariée établie par Hussenot-Desenonges le . Aucun enfant n’est né de leur union..
Germaine Gautrez est la fille du médecin hygiéniste Eugène Gautrez (né en 1858 à Cayenne, mort en 1922), conseiller municipal à Clermont-Ferrand, directeur de l'École départementale d'accouchement, médecin suppléant à l'Hôtel-Dieu, secrétaire du Conseil départemental d'Hygiène et de Salubrité publiques, membre de la Société de Médecine publique et d'Hygiène professionnelle et de la Société française d'Hygiène, Lauréat de la Faculté de Paris, Mention honorable de la Faculté de médecine (concours Vernois 1894). et de Claire Bourget (morte le à Belfort), la demi-sœur de Paul BourgetLe père de Paul Bourget se remarie avec Marie Nicard, dont il a quatre enfants : Camille, né en 1866, demi-frère de Paul Bourget, peintre qui vit longtemps près de Paul puis se fixe à Florence ; Claire, née en 1859, demi-sœur de Paul ; Henry Bourget, astronome ; Louise, qui épouse Francis Laurent - frère d'Henry Laurent, fondateur des Grands Magasins du Louvre - et dont la fille, Simone Laurent épouse Louis David, frère de Minnie Bourget.. Eugène Gautrez s'occupe très activement de son beau-père, Justin Bourget, dans les dernières années de sa vie.
La seconde épouse de Justin Bourget est à l'origine de la création du comité clermontois de l'Union des femmes de France, une des trois sociétés constitutives de la future Croix-Rouge française et dans laquelle sa fille, Germaine, s'implique durant la Première Guerre mondiale..
Le mariage a lieu en l'église Saint-Genès-Les-Carmes, à Clermont-Ferrand. La messe est dite par l'abbé de Chabrol. Le service d'honneur est fait par mesdemoiselles Renée Laurent, Jeanne Lugol et Suzanne Bagès.. Les témoins de Marius Daille sont le général A. Pelletier, commandant en chef du d'armée et le colonel d'Urbal ; ceux de la mariée, le docteur ChibretIl s'agit d'Henry Chibret (1876 1943), docteur en pharmacie, fondateur des Laboratoires Chibret. et Henry BourgetHenry Bourget (1864 1921) est le demi-frère de l'académicien Paul Bourget. Né le à Clermont-Ferrand, ce jeune scientifique obtient une licence ès sciences mathématiques en 1885, puis une licence ès sciences physiques durant l'année 1887. Il occupe le poste de préparateur de physique au sein de la faculté des sciences de Clermont-Ferrand. Il est ensuite mis en congé entre 1887 et 1889 avec une bourse d'agrégation et part un an à l'Observatoire de Toulouse, sous la direction de l'astronome Benjamin Baillaud. Agrégé de mathématiques en 1890, il devient professeur au lycée de Clermont en 1892. En , il épouse Camille Perroud, fille du recteur de l'académie de Toulouse, et deux ans plus tard, il remplace Eugène Cosserat dans les fonctions d'aide-astronome à l'Observatoire de Toulouse. Ayant soutenu à Paris en 1898, une thèse de doctorat ès sciences mathématiques, il est nommé professeur adjoint en 1905. À l'observatoire, Benjamin Baillaud le charge de l'organisation de la photographie stellaire à l'aide du télescope Gautier. En 1907 il est nommé directeur de l'observatoire de Marseille et y devient professeur d'astronomie en 1909. Il crée avec la collaboration de Louis Fabry un centre d'avertissement pour les petites planètes., directeur de l'Observatoire de Marseille, ses oncles..
Carrière militaire vignette|upright=0.8|Marius Daille par Federico Beltrán Masses, vers 1916 - 1918. vignette|upright=0.8|Germaine Gautrez par Federico Beltrán Masses, vers 1916 - 1918. On remarque le Plantier à droite de la peinture. Première Guerre mondiale
Marius Daille est capitaine au d'infanterie de ligne à la veille de la Première Guerre mondiale.
Sous les ordres du général Joseph Joffre
En , Marius Daille publie un Essai sur la doctrine stratégique allemande d'après la Bataille de Cannes, par le feld-maréchal von Schlieffen. Durant la Première Guerre mondiale, il prend une part active dans le conflit au sein des forces françaises mobilisées et il est versé dans différents états-majors, notamment au grand quartier du général Joseph Joffre ; – Avec onze croquis ; , ouvrage contenant 15 croquis ou cartes hors texte et dont le but est de ., qui a remarqué L'oncle par alliance de Marius Daille, l'académicien Paul Bourget, soutient dans la presse de 1914 les actions du général Joffre :
Front d'Orient et bataille de Montdidier vignette|alt=Coupure de journal de 1918 avec portrait en buste d'un militaire et texte imprimé.|gauche|upright=0.6|Citation de Marius Daille dans L'Illustration du 16 octobre 1915 Selon Jean-Luc Dron, administrateur du Cercle Généalogique Rouen Seine-Maritime (CGRSM), ces coupures de presse sont issues d'un ensemble de planches, dont la parution débute le 30 janvier 1915. Ces publications contiennent 25 à 28 portraits et noms de personnages ayant été cités à l'ordre de l'armée, nommés ou promus dans l'ordre de la Légion d'honneur ou décorés de la médaille militaire. Les planches ont été éditées dans le journal L'Illustration du au . À l'époque, la revue propose directement à ses lecteurs de lui adresser une photographie des décorés qu'ils connaissent, à la condition que le motif de la décoration soit présente dans le Bulletin des Armées.. Le capitaine Daille embarque à Marseille le , à bord du croiseur auxiliaire de affecté au transport des troupes en Orient, le Sant'Anna, avec le colonel Georges René Alexandre, tous deux chargés par le général Joffre, le , d’une mission spéciale d’information sur la situation à Salonique et sur le front d’Orient.. Le , vers , l’équipage aperçoit un sous-marin accompagné d’un cargo qui font route sur le Sant’Anna. Le croiseur vire à tribord, puis augmente de vitesse, alors que les canons de 57 et de du bord font feu sur les deux bâtiments menaçants qui disparaissent rapidement. Le général Georges Alexandre, dans ses mémoires, précise que les deux bâtiments en question battaient en fait pavillon français.. Une entrevue avec le général Sarrail a lieu le .
Marius Daille participe notamment à la bataille de Montdidier en 1918 et il est, à cette date, chef d'état-major de la d'infanterie. Il s'illustre notamment le et dans la nuit du 17 au ou même dans des combats ultérieurs . Le texte de la citation est le suivant :
Entre-deux-guerres, enseignement au Collège de Guerre
Titulaire de la Légion d'honneur et de neuf citations dont deux italiennes et une belge, Marius Daille est nommé professeur d'histoire à l'école de guerre. Il relate les combats de Montdidier (fin mars - ) dans un livre qui sert de réflexion à de nombreux officiers durant la période de l'entre-deux-guerres.. Il s'inspire de l'ouvrage du général Debeney, Instructions provisoires pour l'emploi tactique des grandes unités en 1922, qui a enseigné au Collège de Guerre et qui a inclus l'étude des offensives limitées de Montdidier dans le programme. Eugène Debeney est aussi chef de l'état-major de l'armée française entre 1923 et 1930, et son exemple d'offensive réussie en 1918 a une grande influence sur les officiers français, à commencer par Marius Daille.gauche|vignette|upright=0.8|alt=Cérémonie militaire autour d'un monument avec civils et officiels. Grands arbres.|Cérémonie du 14 novembre 1926 en présence de M.Daille. Ainsi explique l'universitaire agrégé d'histoire Stéphane Mantoux, les étudiants du Collège de Guerre de l'après-1918 analysent ce cas d'école à travers l'ouvrage du major Marius Daille, professeur assistant en histoire militaire : ..
Le , le colonel Marius Daille assiste à l'inauguration de l'observatoire du général Mangin de Villers-Cotterêts dans la forêt de Retz aux côtés du maréchal Foch et du général Weygand.
Chef d'état-major de Louis Franchet d'Espèrey alt=Cérémonie militaire avec cavaliers et personnes alignées pour une revue des troupes.|vignette|Le lieutenant-colonel Daille (cercle), avec le général Charpy et Józef Piłsudski derrière Franchet d'Espèrey à Varsovie, le 18 novembre 1927. vignette|gauche|alt=Homme en chapeau haut de forme et militaires lors d'une cérémonie de remise de décorations.|Marius Daille le (centre gauche de la photographie) Le maréchal Franchet d'Espèrey remet la médaille militaire au maréchal Józef Piłsudski à Varsovie. Marius Daille est chef d'état-major.. alt=Photographie officielle avec personnalités militaires et politiques posant dans un salon, les uns, debout, les autres assis dans un canapé.|vignette|Photographie officielle de la réunion du 18 novembre 1927 à Varsovie, les maréchaux Franchet d'Espèrey et Józef Piłsudski sont au premier plan, Marius Daille (cercle) est debout derrière Franchet d'Espèrey. On reconnait aussi Ignacy Mościcki, Jules Laroche et Józef Beck.