vignette|300px|L'échelle de Kinsey. met en valeur le fait que le désir ou les expériences amoureuses ou sexuelles ne sont pas polarisés selon un unique axe hétérosexualité (0) – homosexualité (6), toutes deux des monosexualités , mais qu'il existe des situations intermédiaires, les différents degrés de bisexualité.

L'échelle de Kinsey est un outil conceptuel mis au point à la fin des années 1940 par Alfred Kinsey pour décrire les nuances propres aux orientations sexuelles. Présentée comme un continuum, l'apport théorique de cette échelle est notamment de montrer que l'opposition binaire des 2 monosexualités hétérosexualité-homosexualité est un faux dilemme et que la sexualité humaine est plus complexe que ces 2 seules catégories, Kinsey estimant lui-même que .

Bien qu'elle ait été créée il y a près de 80 ans, elle reste encore très populaire de nos jours, étant probablement l'échelle de sexualité la plus utilisée au monde. Dans le cadre de la sexologie et de l'étude de la bisexualité moderne, l'échelle de Kinsey a été prolongée par la grille d'orientation sexuelle de Klein. L'échelle de Kinsey a également reçu quelques critiques, comme le reste des travaux de son auteur.

Principe

L'échelle se propose d'évaluer une personne à partir de ses diverses expériences sexuelles (comportement sexuel) et de ses attirances (désir, réponses psychologiques) : ScoreType d'expériences sexuellesXAsexuel (pas de sexualité)0Exclusivement hétérosexuelles, aucune homosexuelle1Principalement hétérosexuelles, incidemment homosexuelles2Principalement hétérosexuelles, plus qu'incidemment homosexuelles3Également hétérosexuelles et homosexuelles4Principalement homosexuelles, plus qu'incidemment hétérosexuelles5Principalement homosexuelles, incidemment hétérosexuelles6Exclusivement homosexuelles, aucune hétérosexuelle

Ainsi (et sans que ce soit explicitement écrit ainsi dans la version originale de Kinsey), 5 des 7 catégories de l'échelle appartiennent de facto à l'univers de la bisexualité.

Historique

Alfred Kinsey et son équipe sont à l'origine de la sexologie moderne. Les rapports Kinsey choquent leurs contemporains et constituent alors une .

L'échelle de Kinsey elle-même date également de 1948.

Les travaux de Kinsey mettent au jour que si 4% des hommes ont un comportement sexuel exclusivement homosexuel, 37% des hommes étudiés a eu au moins une expérience sexuelle homosexuelle menant à l'orgasme. Beaucoup s'élèvent contre des chiffres qu'ils estiment être exagérés et la méthodologie de Kinsey est critiquée. Certains avancent que les homosexuels, qui souffriraient selon eux d’un sentiment de culpabilité, auraient tendance à « exagérer l’universalité de leur déviation » et à s’entourer de « névrosés ».

Postérité thumb|350 px|Exemple d'usage moderne de l'échelle de Kinsey dans une étude sexologique de 2015 au Royaume-Uni.

L'échelle de Kinsey connait une importante postérité. Dans la langue anglaise contemporaine, il n'est pas rare de voir des personnes se décrire comme ou ..

En 2011, l'historienne Donna Drucker passe en revue pas moins de 29 quizz de sexualité en ligne dans divers pays (les quizz sont en anglais, français, allemand, espagnol, norvégien) : tous sont des versions de l'échelle de Kinsey mises sur Internet.

En 2021, Science la qualifie de de l'orientation sexuelle. De même, en 2022, Julia Shaw estime que l'échelle de Kinsey est peut-être l'échelle de sexualité la plus populaire jusqu'à ce jour.

Usage en sexologie et dans la recherche En sexologie, elle influence entre autres Fritz Klein, qui la reprend et prolonge avec sa grille d'orientation sexuelle de Klein, plus détaillée. L'échelle de Kinsey, et celle de Klein, restent de loin les deux échelles de sexualité les plus utilisées, sur les quelques 200 en existence au XXI siècle.

Près de 70 ans après sa création, l'échelle de Kinsey est toujours utilisée, par exemple en 2015 par YouGov dans une enquête sur la sexualité des Britanniques, qui met en avant que la bisexualité est plus fréquente dans la jeunesse : si 89% des personnes de plus de 60 ans interrogés sont monosexuelles (et seulement 7% sont bisexuelles), ces chiffres évoluent radicalement pour les 18-25 ans, avec 52% de monosexuels et 43% de bisexuels.

En 2017, elle est mobilisée dans le cadre d'une recherche en neurosciences cherchant à étudier les différences d'activité cérébrale entre des participants se disant (qui se classifient en moyenne comme 0,4 sur l'échelle), (3,2) et (5,7).

Dans les années 2020, l'échelle de Kinsey est toujours un outil utilisé en sexologie, qu'elle soit utilisée pour des études, discutée, approuvée ou critiquée.

Références

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