Anniviers est une commune suisse du canton du Valais, située dans le district de Sierre. Elle a été créée en 2009 à la suite de la fusion des du val d'Anniviers : Ayer, Chandolin, Grimentz, Saint-Jean, Saint-Luc et Vissoie.

Géographie

Localisation vignette|gauche|Vue du val d'Anniviers depuis le roc de la Vache. Anniviers se trouve dans le district de Sierre, dans le canton du Valais. Le centre géographique du Valais, calculé en 2009, se situe sur le territoire cantonal au lieu-dit Gillou, à de Saint-Luc et à d'altitude.. Le territoire communal occupe l'entièreté du val d'Anniviers, à l'exception du village de Vercorin qui appartient à la commune de Chalais et du début de la vallée qui se trouve sur le territoire de Chippis. Le point le plus bas de la commune se trouve dans le lit de la Navizence, à la limite avec Chippis, à au-dessus du niveau de la mer ; son point culminant se situe à d'altitude, près du sommet du Weisshorn.. Les villages d'Anniviers se trouvent eux entre , dans les zones les plus larges de la vallée.

La superficie totale de la commune est de , faisant d'elle la deuxième plus grande commune du Valais et la huitième plus grande de Suisse.. La commune comprend en tout : les anciennes communes Ayer, Chandolin, Grimentz, Saint-Luc, Saint-Jean et Vissoie et les villages et hameaux Cuimey, Fang, La Combaz, Les Morands, Mayoux, Mission, Mottec, Niouc, Pinsec, Pralong, Bouillet, Soussillon et Zinal..

Transports et accès Anniviers est parcouru par la route principale 210.1 Sierre-Vissoie-Ayer-Zinal.. À Sierre, celle-ci rejoint la sortie numéro 28 de l'autoroute A9 et la route principale 9..

La commune est desservie par un réseau de bus CarPostal : ligne 12.451 Sierre-Vissoie, ligne 12.452 Sierre-Vissoie-St-Jean-Grimentz-Moiry, ligne 12.453 Sierre-Vissoie-Ayer-Zinal et ligne 12.454 Sierre-Vissoie-Saint-Luc-Chandolin.....

Aménagement du territoire Morphologie et planification La superficie d'Anniviers comprend 21 % de surfaces boisées, 22 % de surfaces agricoles utiles, 1,9 % de surfaces d'habitats et d'infrastructures et 55,1 % de surfaces improductives..

À la suite de la révision de la Loi sur l'aménagement du territoire (LAT), le plan directeur cantonal calcule un surplus de de terrains à bâtir en Anniviers.. En 2018, dans le but de réviser son plan d’affectation des zones (PAZ) et son règlement communal des constructions et des zones (RCCZ), la commune gèle pour deux ans sur , parmi lesquels sont réservés à des hébergements touristiques et sont placés en zone réservée LAT.. Les parcelles touchées se situent principalement à l'extérieur des villages, le but étant de densifier ces derniers plutôt que de les étaler davantage. En , la commune annonce dans un rapport d'avant-projet de la révision du PAZ et du RCCZ que les de réserve gelés en 2018 seront probablement dézonés. L'homologation de cette révision est prévue pour 2025.

Logements En 2020, sur , Anniviers compte individuelles, dans des immeubles, avec usage annexe et partiellement utilisés pour de l'habitation.. Parmi tous ces bâtiments, 752 ont été construits entre 2006 et 2020 et datent d'avant 1919. La majorité des logements font , avec , tandis que disposent de ou plus. Toujours en 2020, sont vacants sur le territoire communal, ce qui représente 0,78 % du nombre de logements..

Le loyer net d'un appartement en Anniviers se situe entre par mois, des chiffres plus bas qu'en Valais et en Suisse. Le prix d'une maison individuelle typique se trouve entre suisses tandis qu'un appartement coûte entre suisses..

En 2000, Saint-Luc et Grimentz sont les communes ayant les plus grands taux de résidence secondaire de Suisse, avec respectivement 82,8 et 81,8 % des logements du territoire étant occupés temporairement. Les autres villages d'Anniviers ont alors un taux de 77,4 % (Chandolin), 74 % (Ayer), 51,4 % (Saint-Jean) et 25,7 % (Vissoie)... En 2022, 75,9 % des logements de la commune d'Anniviers sont des résidences secondaires.. La commune est ainsi soumise aux dispositions de la loi sur les résidences secondaires introduite en 2012 par l'initiative Franz Webber.. Cela signifie que les constructions de nouvelles résidences secondaires sont limitées aux logements d'hébergement touristique.

Risques naturels vignette|gauche|Protection contre les chutes de pierre sur la route des Pontis. Anniviers, comme une majorité du Valais, est située dans une zone de risque sismique 3b, c'est-à-dire dans la catégorie des régions les plus exposées selon le système de mesure suisse.. De nombreuses zones de la vallée sont menacées par des chutes de blocs, des éboulements et des glissements de terrain.. Anniviers est également menacé par des dangers élevés de cours d'eau latéraux, notamment dans les villages de Zinal, Mottec et Mission..

À cause de sa topologie montagneuse, la commune doit également se prévenir contre les dangers d'avalanche ; en 2016, et neuf kilomètres de route se trouvaient en zone de danger d'avalanche, menacés par d'avalanche. Entre 1980 et 2016, de francs suisses ont été investis par le canton et la commune pour construire des dispositifs de protection et pour surveiller les sites à risque...

Toponymie Le nom de la commune reprend celui du val d'Anniviers. Celui-ci a peu varié au cours de son histoire : avant 1052, puis en 1193, en 1215, en 1243 et en 1253..

L'origine et la signification du nom « Anniviers » sont incertaines et ont été interprétées de manière différentes à partir du latin. Selon le sociologue Bernard Crettaz, il trouverait son origine de la migration saisonnière de ses habitants entre la montagne et la plaine : l'étymologie renverrait les significations , ou , soit « ».. Les autres interprétations possibles sont, entre autres, « » (« vers les neiges ») ou « » (« visite de l'année », en référence à la visite annuelle de l'évêque). Le philologue Paul Aebischer évoque une racine gauloise anavo-, qui exprime les notions d'inspiration et de richesse.

En patois local, Anniviers se dit ..

Histoire Les premières traces humaines connues datent de l'âge du Fer et du Bronze. On y trouve de nombreuses pierres à cupule, ce qui atteste une présence humaine. Avant 1052, la vallée se nommait Annivesium (ancien nom allemand Eifischtal).

L'évêque de Sion acheta la vallée entre 1116 et 1138 et en fit don au chapitre. En l'an 1193, Anniviers devient un vidomnat qui fut perpétuel dès 1311. Administré dans un premier temps par la famille d'Anniviers, puis par les Rarogne (1381), il revint à l'évêché de 1467 à 1798. La vallée compte alors quatre quartiers politiques de 1327 à 1798 (Quartier de Luc, de Grimentz...) et représente un tiers du dizain de Sierre en 1565. Avant 1798, Anniviers vit en autarcie et regroupe dix communautés villageoises aux rapports souvent conflictuels.

Vers la fin du , la vallée s'effrite et on peut assister à une multiplication des paroisses au nombre de deux en 1805 puis cinq en 1932. Les communes commencent à se dessiner et sont six en 1905 : Ayer, Chandolin, Saint-Luc, Saint-Jean, Grimentz et Vissoie. En ce qui concerne les moyens de communication, l'on trouve un premier chemin vers 1300, une route carrossable en 1854 (pour le transport des minerais de nickel et de cobalt). La route goudronnée date de 1955 et a dû être construite pour permettre le transport des matériaux nécessaires à l'édification du barrage de Moiry.

L'histoire plus récente consiste principalement dans la chute du secteur primaire (de 88,6 % en 1910 à 10 % en 1980) et le développement du tourisme, ce qui a remis au goût du jour une unité de la vallée, qui a trouvé son apogée en 2005 lors des débuts du projet de fusion des communes. Cela déboucha sur un référendum le qui scella la fusion des six anciennes communes d'Ayer, Chandolin, Grimentz, Saint-Jean, Saint-Luc et Vissoie, fusion effective depuis le .

Politique

Tendances politiques et administration La politique en Anniviers est marquée par la très forte présence de la droite, qui compose tous les sièges du conseil municipal pour l'exercice 2021-2024 ; la gauche, représentée par le Parti socialiste, a perdu son seul siège lors des élections 2020. L'exécutif communal comprend ainsi cinq élus PDC et deux élus PLR.. Le président du conseil municipal est David Melly (PDC) et son vice-président est Vincent Theytaz (PDC). Les conseillers municipaux sont Danièle Zufferey (PDC), David Zufferey (PDC), Fabrice Ganioz (PDC), Vincent Massy (PLR) et Sonia Martin (PLR). Les sept membres du conseil sont chargés respectivement de l'Administration générale, des relations extérieures et de l'énergie, de l'Enseignement et la formation, des infrastructures sportives et du tourisme, des Finances et impôts, de la justice et de l'agriculture, de la Sécurité, des dangers naturels et de l'aménagement du territoire, des Institutions, de la culture, des loisirs et cultes, du social, de la sylviculture et de la communication et la promotion économique, du Trafic, des transports publics, des itinéraires de loisirs et des bâtiments ainsi que des Infrastructures publiques et de l'environnement..

Le pouvoir législatif de la commune d'Anniviers est représenté par l'assemblée primaire. Celle-ci réunit tous les habitants de la commune bénéficiant des droits civiques. Ses tâches consistent à élire le conseil municipal, le juge et le vice-juge, à adopter les comptes et budgets ainsi que les règlements et à veiller à une exécution correcte des décisions gérées par le conseil municipal..

Présidents vignette|redresse|Simon Epiney, président de Vissoie entre 1980 et 1992 et premier président de la commune d'Anniviers..

Population et société Démographie Évolution de la population

Pyramide des âges

Population résidente d'origine étrangère En 2021, 18,7 % de la population d'Anniviers possèdent une nationalité étrangère.. Parmi les pays les plus représentés se trouvent le Portugal (), la France (156), la Belgique (66), le Royaume-Uni (35) et l'Allemagne (30)..

Éducation Avant les années 1960, le territoire d'Anniviers compte . Chaque école, sauf celles de Vissoie et d'Ayer, ne compte alors qu'une seule classe regroupant les différents niveaux. Ces écoles ferment progressivement durant les années 1960 car les élèves ne sont pas assez nombreux et il devient difficile d'embaucher des enseignants. Les premières idées de centralisation voient ainsi le jour..

Le Centre scolaire d'Anniviers, situé à Vissoie, est inauguré en ; les communes de Grimentz et d'Ayer, qui refusaient l'idée de regrouper tous les enfants de la vallée dans une même école, ferment leurs écoles la même année, probablement motivées par l'introduction du concept de cycle d'orientation en 1972. Tous les enfants d'Anniviers, du degré préprimaire au degré secondaire , sont ainsi regroupés au centre scolaire de Vissoie depuis l'année scolaire 1973-1974.

Identité de la population Gentilé Les habitants de la commune se nomment les Anniviards .

Patois Anniviers possède son propre patois. Il fait partie, comme les autres patois valaisans, des dialectes francoprovençaux. Les différents villages de la vallée parlent le même dialecte, bien qu'il puisse exister des différences phonétiques d'un village à un autre. Saint-Luc et Chandolin forment alors un sous-groupe du patois anniviard tandis que les autres villages forment un deuxième sous-groupe.

En phonétique, la spécificité du patois d'Anniviers est le « l » vélaire, qui est prononcé « rl » par les plus jeunes. Il existe également des sons parasites très fréquents, comme « k » et « g ». Enfin, les consommes « g » et « k » sont mouillées lorsqu'elles se retrouvent devant un « a » ou un « e ».

Le patois d'Anniviers fait l'objet d'un lexique écrit par Dominique Epiney-Regolatti, Jean-Baptiste Massy et Gérard Revey et relu par la linguiste Janine Barmaz-Chevrier. Il est sorti en 2018 sous le titre Lexique du Patois d’Anniviers : Mòss èm patouè d’Anivyè. Il regroupe traduits et retranscrits selon la graphie des patois valaisans...