Les logis de la Baronnie de Douvres-la-Délivrande sont une ancienne seigneurie de l'évêché de Bayeux. Les vestiges actuels comprennent un manoir dont la restauration s'est achevée en 2012, une grange, ainsi que les restes ténus d'une ancienne chapelle Saint-Symphorien. Les bâtiments constituent un rare exemple médiéval d'élément civil conservé.

Localisation Le domaine est situé dans le cœur de l'ancien bourg de Douvres, à moins de de l'église Saint-Rémi.

Histoire

vignette|gauche|Vue sur les deux bâtisses du domaine en 2008, avant les travaux.

Baronnie épiscopale avec exploitation agricole, le fief de Douvres prend le titre de baronnie en 1072. . La famille qui résidait dans les actuels logis de la Baronnie étaient des proches de Guillaume le Conquérant qui ont su se distinguer par leur éducation et leur piété. Thomas de Douvres, du nom devint archevêque d'York. Samson de Douvres, son frère fut promu chapelain de Guillaume le conquérant, trésorier de l'église de Bayeux puis évêque de Worcester. Son fils, Thomas de Douvres, du nom, fut clerc de la chapelle de , roi d'Angleterre et fut sacré archevêque d'York comme son oncle avant lui. Sa fille, Isabelle de Douvres, reste célèbre pour avoir été la maitresse de Robert de Kent, fils bâtard du roi . Son autre fils, Richard de Douvres fut évêque de Bayeux de 1107 à 1133. La baronnie est alors devenue bien de l'évêché de Bayeux et tous les évêques qui s'y succédèrent portèrent le titre de baron de Douvres, jusqu'à la Révolution.

, vicomte de Douvres, administrateur de la baronnie à partir de 1135 joua également un grand rôle dans la ville de Douvres. C'est pendant qu'il résidait à la baronnie que fut découverte la statue miraculeuse de Notre-Dame de la Délivrande. C'est lui, qui avec l'accord de , évêque de Bayeux, fit construire la nouvelle chapelle Notre-Dame-de-la-Délivrande.

Les évêques de Bayeux se servirent longtemps de la baronnie comme résidence secondaire. que plusieurs illustres personnages tels que l'archevêque de Rouen et le roi lui-même, en pèlerinage à la Délivrande dormirent à la baronnie.

Confié à des métayers au cours du , le domaine fut vendu comme bien national à la Révolution pour la somme de .

En , la Baronnie abrita un dispensaire pour soigner les blessés de Douvres.

En 1975, la ville de Douvres-la-Délivrande acquiert la nue-propriété du domaine. En 1986, au décès d'Agnès Aignan, compagne de Yvonne Paulmier (décédée en 1950) et usufruitière du site, la Baronnie appartient pleinement à la municipalité.

Une première tranche d'un coût d'1,6 million d'euros de travaux comprenant fouilles archéologiques, archéologie du bâti et étude architecturale du Grand Logis a été suivie par de gros travaux de rénovation extérieure et un aménagement intérieur, privilégiant l'état du logis au . Depuis , le Grand Logis est devenu un lieu de réceptions pour l'organisation d’événements privés.

Architecture

Le site des logis de la Baronnie est classé monuments historiques depuis le . La mesure de protection concerne l'ensemble du site, éléments bâtis (manoir, grange essentiellement) mais aussi l'enclos de quatre hectares avec ses murs.

Le domaine possédait une grande salle dite détruite vraisemblablement par un incendie peu de temps après sa construction. Les restes des fondations ainsi que des éléments du pavage en ont été retrouvés lors de fouilles effectuées mais recouvertes par la suite pour éviter à ces vestiges de se dégrader.

Dans son état actuel, les constructions sont datables d'entre les .

Le manoir ou Grand Logis

Le grand logis est daté des . Grâce aux études d'Edward Impey, nous savons que le Grand Logis a été construit selon le schéma habituel d'un domaine anglo-normand : une grande salle (Impey emploie le terme anglais de . Le terme latin d' est souvent rencontré) servant de pièce d'apparat, de réception, voire de salle de justice et un logis (désignée par les historiens anglais par le terme de , en latin , « la chambre ») où les gens dormaient. Le Grand Logis, après la destruction de la Grande-Salle suite probablement à un incendie, a été agrandi. Il a subi de nombreux aménagements surtout au . Après rénovation, le bâtiment a repris son aspect originel du moins dans son aspect extérieur. Au printemps 2010 des peintures médiévales ont été découvertes, notamment un départ de frise et un décor de faux-appareil.

, le Grand Logis comprend quatre salles avec au sous-sol la salle des arcades (ancien cellier) de ; au rez-de-chaussée, la salle des Ornements de décorée d'une fresque murale ; et au premier étage la grande salle des Barons de donnant sur la salle des Évêques de .

La porterie

La porterie datée des a fait l'objet de travaux de réfection au cours du .

La grange

La grange comporte des éléments du . Elle abritait une sellerie, une forge et une remise pour les voitures. Ce bâtiment, incendié et partiellement détruit en 1944, a été transformé en terrasse.

Le jardin Bleu

vignette|détail de la plaque Ville de Douvres-la-Délivandre présentant Agnès Aignan et Yvonne Paulmiervignette|Tombe d'Agnès Aignan et Yvonne Paulmier vignette|pilier et banc du jardin bleu

À l'arrière de l'ancienne grange, se situe le jardin Bleu. C'est là que reposent ensemble Yvonne Paulmier, fille de Valentine Bouillant et Charles-Ernest Paulmier, baronne de Marcay, décédée en 1950 et sa compagne Agnès Aignan, dernière propriétaire de la baronnie, décédée en 1986.

Le peintre Paul César Helleu réalise en 1895 un portait d'Yvonne Paulmier intitulé Symphonie en blanc, Yvonne Paulmier. Le compositeur Lao Silesu lui dédie en 1912 une composition intitulée un peu d'amour.

La dalle de marbre bleu foncé repose au centre d'allées pavées de schiste bleu du Cotentin. Elle était entourée par cinq cyprès bleus et l'on y déposait des fleurs bleues, ou jaunes, suivant les saisons. L'ensemble de ces tons bleutés, végétaux et minéraux, a donné le titre du jardin. Ce petit cimetière contient trois piliers du provenant de la chapelle qui encadrent un banc moderne où est gravé un tercet du poète persan Omar Khayyam :

"Tu es le mur et la maison,

Tu es le temps et la saison,

Tu es le cœur du Jardin Bleu."

Les écuries

Construites au début du par Émile Palyart, les écuries de la Baronnie jouxtaient la grange. La mairie de Douvres-La-Délivrande a prévu de les rénover en 2013 afin d'y aménager des chambres disponibles à la location lors de mariages, cocktails et autres réceptions privées.

La chapelle Saint-Symphorien

Construite aux , elle fut détruite au début du . Il n'en reste que quelques murs, des contreforts et des départs de colonne. Des éléments de décoration ont été retrouvés par les ouvriers lors des travaux de réhabilitation du Grand Logis de 2009-2010, en particulier des quadrilobes.

Références

Voir aussi

Liens externes La Baronnie sur le site de la commune de Douvres-la-Délivrande Site de l'association pour la réhabilitation et la promotion de la baronnie avec descriptif des travaux en cours extrait de la thèse de Marie Casset

Bibliographie . . . .

Catégorie:Seigneurie de France Catégorie:Monument historique dans le Calvados