alt=Le graphique montre l'évolution dans le temps du nombre des éléments connus. Une longue période pendant la quelle ils furent peu nombreux et puis à partir de la fin du un accroissement rapide par la mise en place de différentes démarches.|vignette|609x609px|Éléments - graphique historique des obtentions.
Cet article présente, dans l'ordre chronologique, les dates auxquelles ont été découverts les éléments chimiques, ainsi que les auteurs de ces découvertes. Certains éléments sont connus depuis des temps immémoriaux, mais la plupart ont été découverts au cours de l'époque contemporaine.
Éléments plus ou moins connus de haute date La question de la découverte d'éléments dans le passé lointain doit bien sûr être corrigée de ce que la notion même d'élément chimique n'a reçu d'interprétation que récemment. Nos lointains ancêtres ne distinguaient évidemment pas les éléments des autres espèces chimiques, et c'est donc nous qui rétrospectivement sommes à même de leur attribuer la découverte de tel ou tel élément.
En d'autres termes, en tant que produits chimiques, les éléments listés dans ce paragraphe sont plus ou moins identifiés depuis des dates anciennes, souvent par de multiples sources. Ils ne présentent ni de date de découverte ni de découvreur clairement établis sans ambiguïté.
L'affirmation pleinement consciente de ce qu'il s'agit de produits chimiques particuliers, indécomposables, et méritant donc le nom d'éléments est elle clairement attribuable aux chimistes de la fin du dont Lavoisier est le chef de file. Carbone : Le carbone est connu depuis la plus haute Antiquité sous ses trois formes allotropiques naturelles : la suie, le graphite et le diamant. Cependant, le graphite semble avoir été longtemps confondu avec le plomb, et l'est encore dans l'expression vulgaire mine de plomb (ou plombagine) pour désigner la matière dont est faite la mine des crayons noirs, qui est du graphite et n'a chimiquement rien à voir avec du plomb. Le carbone étant l'élément simple qui présente les variétés allotropiques les plus distinctes, il n'a pas été réellement reconnu comme élément avant la fin du . Lavoisier semble un des premiers à avoir identifié que le diamant brûlait en donnant de l'oxyde de carbone.. Soufre : Homère en parle dans l'Odyssée. Le soufre se trouve à l'état natif sur terre, à proximité des volcans notamment. Après le carbone, c'est certainement l'un des éléments chimiques connu depuis l'Antiquité la plus reculée. Il servait notamment à purifier les emplacements infestés de vermine, et à blanchir les tissus. Son action antiseptique et dermatologique (traitement de l'eczéma et des psoriasis) pourrait être également très ancienne. La connaissance de l'acide sulfurique ou vitriol est également ancienne, mais postérieure à l'Antiquité qui avait recours à des fumigations de soufre pour blanchir les tissus et non pas à des immersions. La reconnaissance du caractère élémentaire du soufre date de 1777 par Lavoisier.. Or : On peut tenir pour vraisemblable que l'or est le métal connu depuis le plus longtemps : il se trouve à l'état natif. C'est aussi le plus rare des éléments courants et il a toujours été tenu pour le plus beau des métaux. Cependant, Pline indique bien qu'. Argent : Il se trouve également à l'état natif, mais aussi mêlé aux minerais de plomb dont il est séparé par coupellation depuis l'Antiquité. L'argent était le métal favori des Romains qui s'en servaient comme unité de prix.. Cuivre : C'est l'un des plus anciens métaux connus. C'est également l'un des composants, avec l'étain et le zinc, des bronzes et airains préhistoriques à partir de av. J.-C. Les premiers bronzes sont des alliages cuivre arsenic. On trouve le cuivre surtout sous forme de sulfure ( chalcocite aussi appelée cyprite), de sulfure mixte (chalcopyrite où le cuivre est mêlé à du fer), et de carbonate (malachite - ). La malachite est connue depuis l'Antiquité et servait non seulement de minerai de cuivre, mais également de colorant vert. Les premiers objet de cuivre sont élaborés à partir de cuivre natif (perles en cuivre de Çatal Höyük en Turquie). Les objets de cuivre les plus anciens jamais produits par extraction de minerai ont été découverts également en Anatolie. Pline ne distingue pas le cuivre du bronze ou du laiton, et appelle tout cela « aes ». Il distingue cependant trois principales variétés de ce métal, selon les lieux de production. Ces variétés ne sont pas faciles à reconstituer, les proportions des alliages cuivre-zinc-étain ayant beaucoup varié dans le monde antique. Étain : C'est un des composants, avec le cuivre et le zinc, des bronzes et airains préhistoriques. Il est extrait de la cassitérite () depuis l'Antiquité. Quoique l'usage de l'étain dans les bronzes soit très ancien, le métal lui-même semble de production plus récente (~- 600 ?), mais était connu des Grecs et des Romains. Les Romains l'ont longtemps plus ou moins confondu avec le plomb. Pline le désigne sous le terme plumbum album (plomb blanc), et l'oppose au plumbum nigrum qui est notre plomb actuel. Le terme « stannum » ne daterait que du de notre ère. Les anciens semblent avoir importé la plupart de l'étain de Grande-Bretagne. Les premiers alchimistes grecs l'appelaient Hermès.. Plomb : Le plomb est peut-être connu depuis aussi longtemps que le cuivre. C'était un métal très familier des Romains qui l'extrayaient couramment de ses deux minerais principaux la litharge (oxyde PbO) et surtout la galène (sulfure PbS). Le plomb était utilisé par les Romains pour faire des tuyauteries d'eau. Le carbonate de plomb (céruse ) et le sesquioxyde (minium ) sont utilisés comme colorants blanc et rouge respectivement depuis l'Antiquité. Malgré son caractère toxique, la céruse semble avoir été utilisée par les Romaines pour s'éclaircir le teint du visage, si on en croit Pline. L'étain, le plomb et leurs alliages ont été longtemps tenus pour de simples variétés différentes d'un même métal. Le plus vieil objet en plomb serait une statuette d'Osiris trouvée à Abydos datant de av. J.-C.. Mercure : Connu des Indiens et des Chinois depuis 200 av. J.-C. (On rapporte que le mausolée de l'empereur Qin aurait contenu à l'origine des rivières de mercure). Trouvé dans des tombes égyptiennes de -1500. Bien connu des Grecs et des Romains. Il était extrait de son sulfure, le cinabre (HgS) que Pline confond avec l'oxyde de plomb et appelle miniumPline qualifie le cinabre de minium d'Espagne, et explique qu'on peut en extraire du mercure. Qu'on puisse en tirer, même en Espagne, du mercure par chauffage, prouverait à nos yeux modernes qu'il s'agit nécessairement d'un minerai de mercure. Dans l'Antiquité, on le qualifiait simplement de « minium d'Espagne », et le tenant ainsi pour proche parent de l'oxyde de plomb. Les Anciens étaient décidément bien loin d'avoir acquis la notion d'élément. Fer : Probablement d'abord trouvé, allié à du nickel, sous forme de fer natif d'origine météoritique, puis fabriqué par grillage des pyrites (), et surtout au moyen de la réduction à chaud au charbon des minerais d'oxydes tels l'hématite (), le fer est connu depuis la Préhistoire : l'invention des méthodes de fabrication du fer est en effet antérieure à celle de l'écriture pour la plupart des peuples.
Les premiers objets en fer connus sont des perles trouvées en Turquie et fabriquées à partir de fer météoritique (alliage de fer et de nickel). Les Hittites, qui sont l'un des premiers peuples à l'avoir utilisé en fabriquaient de manière certaine à partir de minerai depuis au moins av. J.-C. On a longtemps pensé que le fer était apparu dans l'actuelle Turquie, mais il est possible que sa fabrication ait son origine en Inde (~1800 av. J.-C.) ou en Afrique orientale (~1200 av. J.-C.), car des découvertes d'objets en fer extrêmement anciens ont été réalisées dans ces régions. Au vu de ces trouvailles récentes, l'origine de la fabrication du fer doit être repensée et il paraît même aujourd’hui possible que le fer soit apparu dans plusieurs régions indépendamment. Le fer ne semble pas connu des premières dynasties d’Égypte et de Mésopotamie, mais ces peuples ont utilisé le fer par la suite. En accord avec le fait qu'elle requiert des températures nettement supérieures, l'apparition de la fonte est beaucoup plus récente que celle du fer (Chine - ). Les anciens Grecs et Romains connaissaient très bien le fer, et l'utilisaient pour la fabrication des armes pour lesquelles sa dureté le rend très supérieur au bronze. Il est très vraisemblable que bien des objets de fer ne nous sont pas parvenus, à cause des effets dévastateurs de la rouille..
Zinc : Connu depuis l'Antiquité pour la fabrication d'alliage (vases grecs du ), le zinc ne semble pas avoir été clairement identifié en tant que tel par les anciens. Berthelot pense qu'il était tenu pour une simple variété du plomb. C'est, avec l'étain et le cuivre, un composant des bronzes antiques. Son principal minerai, la calamine , était mélangé aux minerais de cuivre et d'étain pour produire de l'airain. Il semble n'avoir été produit en tant que zinc qu'au , en Inde. Il était connu des alchimistes du , notamment Paracelse. L'un des premiers rapports modernes redécouvrant sa préparation (réduction de la calamine par le charbon) est celui d'Andreas Sigismund Marggraf en 1746. Arsenic : Il est utilisé dans les alliages de cuivre depuis la plus haute Antiquité, avant d'être abandonné au profit de l'étain. Albert le Grand l'identifie en tant que produit en 1250.. Antimoine : On a trouvé en Asie mineure (Turquie, Irak, Arménie) des objets en antimoine datant du millénaire av. J.-C. Ces objets sont cependant rares. Le plus connu est un fragment de vase trouvé à Tello en Irak et identifié comme étant de l’antimoine par Berthelot. L'antimoine pur ne présentant pas beaucoup d'intérêt à cause de sa fragilité, il n'est pas très étonnant qu'il ait été presque ignoré des Anciens. Pline rapporte que la stibine (sulfure d'antimoine) était utilisée par les Romaines comme noir pour les cils. Le métal est décrit par Johann Thölde au .. Bismuth : Le bismuth est utilisé dans les alliages de plomb de manière plus ou moins consciente depuis longtemps. On trouve dans la nature des minerais constitués de bismuth à l'état natif plus ou moins allié à de l'arsenic, et de la bismuthinite (). Il suffit de chauffer le minerai pour obtenir le métal qui a vraisemblablement été connu des alchimistes. Il est possible qu'il ait été reconnu dans l'Antiquité comme agent facilitant la fusion du plomb et de l'étain, et ait été plus ou moins confondu avec l'étain et le plomb, le zinc ou l'antimoine. On en trouve mention dans les écrits du moine alchimiste Basile Valentin. Identifié sans ambiguïté par Claude Geoffroy le Jeune en 1753. Platine : Totalement inconnu des civilisations de l'ancien monde qu'elles soient de Méditerranée, d'Inde ou de Chine, le platine est utilisé par les civilisations andines depuis des dates inconnues mais antérieures à la conquête espagnole. Le métal a été mentionné pour la première fois par Antonio de Ulloa en 1735. Les Anglais en attribuent parfois la découverte à leur compatriote Charles Wood, qui en avait trouvé à la Jamaïque et en donna une description plus détaillée quelques années plus tard.. Hydrogène : Du grec hudôr (eau) et gennan (générer). L'hydrogène en tant que gaz produit par l'action d'acides forts sur beaucoup de métaux est identifié depuis longtemps par les alchimistes. Henry Cavendish a reconnu en 1766 le caractère simple de ce gaz et le caractère composé de ce produit chimique si important qui est l'eau. C'est pourquoi on lui attribue parfois la découverte de l'hydrogène..