Le (Prononciation en anglais standard retranscrite selon la norme API.), en français l'informatique en nuage.. (ou encore l'infonuagique au Canada), est la pratique consistant à utiliser des serveurs informatiques à distance, hébergés dans des centres de données connectés à Internet pour stocker, gérer et traiter des données, plutôt qu'un serveur local ou un ordinateur personnel. Les principaux services proposés en cloud computing sont le SaaS (software as a Service), le PaaS (platform as a Service) et le IaaS (infrastructure as a service) ou le MBaaS (). On distingue généralement trois types de cloud : le cloud public , le cloud d'entreprise ou privé , le cloud intermédiaire ou hybride .
Le cloud computing présente plusieurs avantages pour les entreprises comme la réduction de coûts IT (matériel, mises à jour des systèmes et des applications, ressources humaines et consommation d'énergie), l'extensibilité, l'optimisation de la collaboration dans les pratiques de travail et de suivi client et l'accès aux mises à jour automatiques.
Les grandes entreprises du secteur des technologies de l'information et des télécoms développent massivement le cloud computing, allant des services dans le cloud cités ci-dessus à la location de logiciel (application de téléphonie mobile, logiciels de bureautique, de dessin, publication, etc.), mais aussi de contenu, comme la vidéo à la demande (VAD). Les technologies du cloud computing ont permis la mise au point de solutions de mégadonnées et de l'informatique ubiquitaire. L'Internet des objets (IdO) et la 5G, puis l'entrainement et le fonctionnement de l'IA s'appuient sur des infrastructures dans le cloud, via les datacenters (qui tendent à devenir hyperscales). Selon les données du Synergy Research Group, le marché mondial des services d'infrastructure cloud a atteint 107 milliards de dollars au troisième trimestre 2025, en croissance d'environ 25 % sur un an...
Terminologie, sémantique vignette|upright=1.2|Schéma donnant un aperçu sur les facteurs principaux du cloud computing.
L'expression vient de professionnels anglophones de l'informatique qui cherchaient à nommer les nouveaux systèmes informatiques fonctionnant par l'action conjointe d'éléments disparates réunis indépendamment de leur localisation géographique et de l'infrastructure sous-jacente. Ce nom est associé au symbole en forme de nuage (cloud) représentant parfois l'Internet dans les schémas des réseaux informatiques.
Les francisations « informatique en nuage », « informatique dématérialisée »., ou plus rarement « infonuagique »Le terme « infonuagique » est le néologisme proposé en novembre 2009 par l'Office québécois de la langue française pour pallier l'absence d'un mot unique pour traduire l'expression « cloud computing ». Le mot s'utilise aussi comme adjectif (exemple : « les services infonuagiques », « des opérations infonuagiques »). sont également utilisées.
En France, selon la Commission d'enrichissement de la langue française, c'est une forme particulière de gérance de l'informatique, dans laquelle l'emplacement et le fonctionnement dans le nuage ne sont pas portés à la connaissance des clients. Les anglicisme et Cloud. sont largement utilisés dans le monde et les pays francophones.
On parle parfois de néoclouds pour désigner les fournisseurs cloud spécialisés dans les GPU, TPU, puces Trainium et FPGA ( CoreWeave, Nebius ou Crusoe), capables vers le milieu des années 2020 de déployer en quelques mois des infrastructures IA « à très haute densité » (souvent au‑delà de 100 kW par rack avec de perspectives de dépasser les ). Leur croissance, portée par l'expansion de l'IA et de l'IA agentique est fulgurante : +82 % de revenus en cinq ans, et plus de 10 milliards de dollars d'investissement, en complément des hyperscalers.. En 2026 de nouveaux processeurs comme le CPU Vera Arm et Rubin Ultra de Nvidia, encore plus puissants, sont annoncés pour 2027, dans des racks ultra-denses de plus de .
Principes Un cloud (« nuage ») est un ensemble de matériels, de raccordements réseau et de logiciels Judith Hurwitz, Robin Bloor, Marcia Kaufman et Fern Halper, Cloud Computing for Dummies, John Wiley & Sons, 2009 . fournissant des services qu'individus et collectivités peuvent exploiter depuis n'importe où dans le monde Rajkumar Buyya, James Broberg, Andrzej M. Goscinski, Cloud Computing: Principles and Paradigms, John Wiley & Sons, 2010 .. Un basculement de tendance fait qu'au lieu d'obtenir de la puissance de calcul par acquisition de matériel et de logiciel, le consommateur se sert de puissance mise à sa disposition par un fournisseur via l'Internet.
Un nuage est caractérisé par plusieurs principes récurrents : ressources en libre-service avec adaptation automatique à la demande de la capacité de stockage et puissance de calcul, selon le besoin du consommateur, tant qu'il peut payer. Ceci contraste avec la technique classique des hébergeurs où une demande écrite doit être faite au fournisseur pour obtenir une augmentation de capacité - demande nécessitant en outre un certain temps. En cloud computing la demande est automatique et la réponse immédiate Brian J.S. Chee, Curtis Franklin Jr., Cloud Computing: Technologies and Strategies of the Ubiquitous Data Center, CRC Press, 2010 . ; ouverture : les services de cloud computing sont accessibles via l'Internet, via des techniques standardisées, tant pour un ordinateur qu'un téléphone ou une tablette ; mutualisation : elle permet de combiner des ressources hétérogènes (matériel, logiciel, trafic réseau) pour servir plusieurs consommateurs à qui les ressources sont automatiquement attribuées Zaigham. Mahmood - Richard Hill, Cloud Computing for Enterprise Architectures, Springer, 2011 .. La mutualisation améliore l'évolutivité et l'élasticité ; elle facilite l'adaptation automatique des ressources aux variations de la demande ; paiement à l'usage : la quantité de service consommée dans le cloud est mesurée, à des fins de contrôle, d'adaptation des moyens techniques et de facturation.
Le nuage (public, privé ou communautaire) bénéficie de technologies telles que la virtualisation du matériel informatique, les grilles, l'architecture orientée services et les services web. Un nuage public est mis à disposition du grand public. Les services sont généralement mis à disposition par une entreprise utilisant une infrastructure lui appartenant. Un nuage privé est destiné exclusivement à une organisation qui peut le manipuler elle-même ou faire appel à des services fournis par des tiers. Un nuage communautaire utilise une infrastructure provenant d'un ensemble de membres partageant un intérêt commun, comme dans le cas des milieux universitaires pour des études de grande envergure.
Parmi les services grand-public fournis en figure le jeu à la demande (ou « jeu sur demande », gaming on demand (GoD) ou pour les anglophones). Il permet de jouer normalement à des jeux vidéo sur son écran d'ordinateur, alors que le ou les logiciels de jeu tournent sur des serveurs à distance, qui renvoient la vidéo de ce qui a été joué en lecture en continu (en anglais streaming). Le jeu est hébergé et stocké sur des serveurs, dont l'utilisateur ne connait pas la localisation ni les caractéristiques. Il ne nécessite plus de supports, comme les CD, ou de matériel, comme les consoles de jeux. Les joueurs doivent seulement posséder un ordinateur relié à Internet, et les périphériques requis (clavier, souris, manette de jeu…).
Types de modèles de déploiement Un « modèle de déploiement » cloud définit la manière dont on utilise les services cloud ; il montre comment un individu ou une organisation met à disposition, gère et accède aux ressources, et définit des facteurs cruciaux tels que la sécurité, le niveau d'accès et la personnalisation.
Comme son nom l'indique, le cloud « public » garantit que n'importe qui (ayant accès à l'Internet) peut accéder aux services et aux systèmes (un large accès qui peut rendre ce cloud moins sûr). L'infrastructure de cloud public appartient aux fournisseurs de services, et non au large éventail de leurs clients. Les services de récupération et de sauvegarde du stockage sont ici généralement fournis gratuitement, soit sous la forme d'un abonnement, soit par utilisateur.
Inversement, le cloud privé est dédié à une seule entité. Parfois également appelé cloud d'entreprise ou cloud interne, il est hébergé sur site au sein du centre de données d'une organisation, ou par un fournisseur tiers.
Un cloud est dit « hybride » s'il combine au moins 2 environnements informatiques partageant des données entre eux, pour exécuter une série uniforme d'applications pour une entreprise.
Cloud décentralisé Un cloud décentralisé est un modèle de stockage qui est distribué sur un réseau de machines appelées « nœuds », gérées par des participants coopératifs, où les utilisateurs deviennent également fournisseurs d'espace de stockage en échange de récompenses proportionnelles à leur contribution (par opposition au cloud centralisé reposant sur des serveurs dédiés) ; ce système diminue les coûts d'infrastructure en optimisant l'espace momentanément inutilisé des nœuds via un logiciel dédié.
Les données, préalablement chiffrées, éventuellement fragmentées, sont réparties sur les nœuds d'un datacenter, selon des algorithmes optimisant l'équilibrage de charge et la distribution géographique (Cependant, certains nœuds peuvent mettre plus d'espace de stockage à disposition que d'autres. Des récompenses peuvent être mises en place en fonction de la contribution des nœuds du système.).
Pour garantir intégrité et disponibilité, dans un système constitué de nœuds dont la fiabilité est aléatoire et face aux coupures réseau, défaillances matérielles, etc, une redondance est mise en œuvre, souvent via des codes d'effacement minimisant les besoins en stockage et en bande passante.
Parmi les principaux acteurs développant ces solutions figurent Filecoin, Internxt, MaidSafe, Flux, Sia et Storj.
Services thumb|upright=1.4|Cette représentation des différents modèles de service montre comment les responsabilités sont théoriquement réparties suivant les modèles internes, IaaS, PaaS, SaaS.
Du point de vue économique, le est essentiellement une offre commerciale d'abonnement économique à des services externes. Selon le National Institute of Standards and Technology aux États-Unis, il existe trois catégories de services qui sont proposées en cloud computing : IaaS, PaaS et SaaS.
IaaS (infrastructure as a service) En français infrastructure en tant que service. C'est le service de plus bas niveau. Il consiste à offrir un accès à un parc informatique virtualisé. Des machines virtuelles sur lesquelles le consommateur peut installer un système d'exploitation et des applications. Le consommateur est ainsi dispensé de l'achat de matériel informatique. Ce service s'apparente aux services d'hébergement classiques des centres de traitement de données (datacenters), et la tendance est en faveur de services de plus haut niveau, qui font davantage abstraction de détails techniques.
PaaS (platform as a service) En français plate-forme en tant que service. Dans ce type de service, situé juste au-dessus du précédent, le système d'exploitation et les outils d'infrastructure sont sous la responsabilité du fournisseur. Le consommateur a le contrôle des applications et peut ajouter ses propres outils. La situation est analogue à celle de l'hébergement web, où le consommateur loue l'exploitation de serveurs sur lesquels les outils nécessaires sont préalablement placés et contrôlés par le fournisseur. La différence étant que les systèmes sont mutualisés et offrent une grande élasticité - capacité de s'adapter automatiquement à la demande, alors que, dans une offre classique d'hébergement web, l'adaptation fait suite à une demande formelle du consommateur.
SaaS (software as a service)