La bataille du fort de Shaykh Tabarsi, qui se déroula en Iran dans la province du Mázindarán entre le et le , fut le siège par les troupes gouvernementales des révoltés babis retranchés dans le mausolée du ay Ṭabarsí, qu'ils avaient fortifié.

Origine La babisme (en , bábí há) est un mouvement religieux réformateur et millénariste fondé en Perse le (5 joumada al oula 1260 ap.H.), par un jeune commerçant de la ville de Chiraz, nommé ʿAlī Muḥammad Shīrāzī (1819-1850) et surnommé le Bāb (en = "Porte"), qui revendiqua être le Qá'im attendu par les musulmans à la "fin des temps".

Ce mouvement messianique fut la cause d’un grand bouleversement dans la société persane du . Perçu dans un premier temps comme une simple tentative de réforme de la société, le babisme se révéla par la suite être en fait la naissance d'une nouvelle religion indépendante de l'islam et se répandit comme un feu de prairie à travers la Perse, touchant toutes les couches de la population, du plus humble paysan au plus éminent lettré. Le clergé chiite associé au gouvernement persan réagit à cette remise en cause de l'islam traditionnel et de son autorité par une persécution féroce en emprisonnant le Báb et en martyrisant des dizaines de milliers de babis.

En juillet 1848, (1813-1849), qui était l'un des plus éminents babis, reçut du Báb lui-même l'instruction de lever "l'étendard noir" de la guerre sainte pour proclamer sa nouvelle Foi et de libérer un autre éminent babi nommé Quddūs emprisonné dans la ville de Sárí :

Les babis se mirent en marchent vers Sárí en faisant flotter "l'étendard noir" de la "guerre sainte"Selon les dires de Mahomet rapportés par As-Suyûti (Al Jámi'uṣ-Ṣuír Tome :1 p:I00), Al-Mihdì sera aidé dans sa lutte par des combattants brandissant des "étendards noirs", la même couleur que celui de Mahomet : "si vous voyez les drapeaux noirs du côté de urâssân, allez-y : car le vicaire d'Allah (le califat) al mahdi s'y trouve"., mais furent en route attaqués à côté du mausolée de ay Aḥmad-ibn-i-Abí-Ṭálib-i-Ṭabarsíay Aḥmad-ibn-i-Abí-Ṭálib-i-Ṭabarsí (en persan : شیخ طبرسی) était un érudit chiite, qui vécut au et mourut en 548 ap.H. Son ouvrage le plus important se nomme Majma'-al-Bayán et est un commentaire (tafsir) du Coran., qui se situe à une vingtaine de kilomètres au sud-est de la ville de Bárfurú. Ils décidèrent de s'y retrancher et de le fortifier pour mieux se défendre contre les troupes gouvernementales, qui en firent le siège à partir du . Les avis divergent sur les causes de cette bataille : certains parlent de "légitime défense", d'autre d'une tentative d'instaurer un "état babi"… mais ce qui est certain, c'est que "l'étendard noir" et l'"île verdoyante" sont des références claires aux prophéties chiites annonçant la venue du Qá’im attendue par les musulmans avant le "Jour" de la Résurrection (Yawmu'l-Qíyámat) et du Jugement (Yawmu’d-Dín) :

Déroulement de la bataille Durant les semaines suivantes, de plus en plus de babis accoururent au fort et certains spécialistes en estiment le nombre à environ 600. dirigea les opérations au début de la bataille, mais c'est ensuite Quddús qui prit la tête des babis dès son arrivée au camp retranché, le , juste après sa libération de Sárí.

Les historiens baha'is mentionnent plusieurs évènements "miraculeux" au cours des mois suivants, durant lesquels une petite troupes de défenseurs inexpérimentés résistèrent avec succès contre des régiments gouvernementaux très supérieurs en nombre et en armes.

Au cours du dernier mois du siège, la famine était telle parmi les assiégés, qu'ils durent survivre en mangeant le cuir des chaussures, des os broyés et des herbes bouillies. Cette résistance prolongée plongea les autorités perses dans un tel embarras, que le prince dû y mettre fin en envoyant à Quddús une copie du Coran, dans lequel il avait écrit de sa main sur la page de la première sourate une proposition de paix scellée de son sceau :

Les babis eurent confiance dans cette sainte promesse et déposèrent les armes le .

Après la bataille Ayant quitté le fortin, les babis furent désarmés et regroupés sous une tente, tandis que quelques-uns étaient emmenés prisonniers. L'armée pilla et détruisit ensuite la fortification. Finalement, et malgré la promesse faite, tous les babis furent exécutés. On rapporte que 8 des 18 "Lettres du Vivant"les "Lettres du Vivant" (حروف الحي Ḥurúfu'l-Ḥayy), est le titre donné par le Báb à ses 18 premiers disciples trouvèrent la mort au cours de cette batailleListe de 173 martyrs babis tombés au cours de cette bataille : le . Muḥammad-Ḥasan-i-Buru'í Muḥammad-Baqír-i-Buru'í Mullá Maḥmúd ú'í Mullá (`Abdu'l-)Jalíl Urúmí (Urdúbádí) Mullá Aḥmad-i-Ibdál Marái'í Mullá Yúsúf Ardibílí Mullá Muḥammad-`Alí Qazvíní

Quddús fut escorté par le prince à Bárfurú, où la population fêtait la victoire. Le plan du prince était de conduire son prisonnier à la capitale Téhéran (Ṭihrán) pour le remettre au Roi. Mais le Sa'ídu'l-'Ulamá (le plus haute dignitaire religieux) de Bárfurú jura de ne pas leur accorder l'hospitalité jusqu'à ce qu'il ait tué Quddús de ses propres mains. Le prince arrangea une entrevue entre Quddús et ce dignitaire, à qui il remit finalement le prisonnier. Le (23 joumada ath-thania 1265 ap.H.), Quddús fut livré à la populace en colère, qui le lyncha. Son corps fut dépecé et les morceaux jetés au feu. Ses restes furent ensuite rassemblés par un ami, qui les enterra en un lieu proche.

Les conditions de sa mort furent telles, que le Báb emprisonné à Čahrīq en arrêta par chagrin d'écrire ou de dicter durant 6 mois. À la suite de ce tragique événement, le Báb rédigea une épître intitulée Lawḥ-i-Vasaya, que l'on considère comme son testament et dans laquelle il nomme son disciple Mírzá Yaḥyá Núrí (1831-1912, appelé Ṣubḥ-i Azal : "Aurore de l'Éternité") comme son successeur à la tête de la communauté babie"The Primal Point’s Will and Testament" traduit du persan en anglais et commenté par Sepehr Manuchehri (2004).

Environ deux années après la bataille, le général `Abbás-Qulí án rendit hommage aux babis et exprima son remords au prince Aḥmad Mírzá en comparant la bataille à celle de Karbilá, où périt l'imám Ḥusayn, et en se comparant lui-même à imr ibn il-Jawan, responsable de la mort du troisième imam chiite.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

, écrit en persan à la fin du , traduit du persan en anglais par Shoghi Effendi, traduit de l'anglais en français par M.E.B. Smith, Peter : "Concise Encyclopedia of the Bahá'í Faith" (1999), édité par "Oneworld Publications" (Oxford, Royaume-Uni) .

Liens externes Sources pour l'étude du siège du fort de ay Ṭabarsí Récit de Ḥájí Nasír en persan ou en anglais.

Shaykh Tabarsi Shaykh Tabarsi Shaykh Tabarsi Catégorie:Babisme Catégorie:Foi baháʼíe