Le Mouvement français pour le Planning familial (MFPF), ou Planning familial, est une association française régie par la loi de 1901. Elle a été créée en 1956 sous le nom de "Maternité heureuse". Aujourd'hui c'est une confédération nationale composée de 80 à 82 associations départementales autonomes et elles-mêmes organisées 9 fédérations régionales.

En 1967 le MFPF se revendique de l'éducation populaire et en 1983 du féminisme.

Il a pour objet la défense des droits sexuels et reproductifs : l'éducation sexuelle, le droit à la contraception et à l'avortement et le contrôle des naissances ainsi que la lutte contre les violences et les discriminations liées au genre et à l'orientation sexuelle.

L'association gère le numéro vert gratuit "Sexualités, contraception, IVG" 0800 08 11 11.

Objectifs Mouvement féministe d'éducation populaire, le Planning familial milite pour l'égalité femmes/hommes et la possibilité pour chaque personne de vivre une sexualité épanouie, à l'abri des grossesses non prévues et des infections sexuellement transmissibles. L'association défend le droit à l'éducation à la sexualité, à la contraception, à l'avortement et lutte contre les violences et les discriminations liées au genre et à l'orientation sexuelle.

Histoire

De la création de l'association en 1956 à 1967

Maternité heureuse En 1955, à la suite d'un fait divers ayant conduit un an plus tôt les époux Bac à être condamnés pour avoir laissé mourir faute de soin leur quatrième enfantEn 1954, Ginette et Claude Bac, âgés de , sont condamnés à sept ans de réclusion pour avoir laissé mourir faute de soin le quatrième de leurs cinq enfants. Ginette, physiquement handicapée d'un bras, souffre de dépressions périnatales au cours de ses grossesses successives, souvent non désirées, faute de moyens contraceptifs autorisés. Elle sombre dans une sorte d'apathie et ne prend plus soin de ses enfants, ce qui échappe à la vigilance de son mari ouvrier, et de la Protection maternelle et infantile. Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé s'appuie sur cette affaire pour promouvoir la contraception lors d'une communication en mars 1955 à l'Académie des sciences morales et politiques. Témoin de moralité dans le procès en appel, au mois de juillet 1955, elle permet aux époux Bac de voir leur condamnation réduite à deux ans de prison ferme. Cf ., la sociologue Évelyne Sullerot propose à la gynécologue Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé de fonder une association de femmes qui officiellement ne promeut pas le contrôle des naissances mais se consacre « aux problèmes de la maternité et ses répercussions sociales et psychologiques », pour ne pas tomber sous le coup de la loi de 1920, qui condamne toute diffusion d'informations et de moyens anticonceptionnels. Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé espère aussi, en diffusant des informations et des moyens de contraception, lutter contre l'avortement, que cette dernière juge dangereux pour la santé des femmes (les avortements clandestins sont estimés entre et à cette époque.).

Ces deux femmes sont à l'origine de la création de la « Maternité heureuse », dont les statuts sont déposés le . Des protestantes, notamment issues du Mouvement Jeunes Femmes s'investissent dans l'association : Suzanne Duflo est la première secrétaire générale. et Madeleine Tric représente le Mouvement Jeunes Femmes au Conseil d'administration de Maternité heureuse. Pierre Simon, médecin généraliste rejoint l'association à la fin des années 1950, tout comme Yvonne Dornès, Anne-Marie Dourlen-Rollier ou encore Catherine Valabrègue, qui a été secrétaire générale de l'association pendant 15 ans. En 1958 ou 1959, la « Maternité heureuse », s'affilie à l'International Planned Parenthood Federation, mouvement malthusien créé en 1952 à Bombay et dont le siège était à Londres..

Dès ses débuts en 1956 l'association publie un périodique intitulé La Maternité heureuse, Bulletin d'information. Catherine Valabrègue est chargée d'en coordonner la rédaction.

Gouvernance nationale et structuration du Mouvement français pour le Planning familial (MFPF) Le Mouvement français pour le planning familial, prend en 1960 le relais de la « Maternité heureuse », poursuivant son œuvre d'information incluant le conseil familial et sexuel. et la promotion de la maternité volontaire. En 1961, le conseil d'administration comprend désormais plus d'hommes (21) que de femmes (18).

Le collège des médecins est une instance interne créée en 1962, animée par un comité directeur et qui comprend des médecins chargés de former d'autres médecins à prescrire la contraception. Le fait d'être un groupe leur permet d'échapper aux sanctions du conseil de l'ordre des médecins. Ce collège compte 800 membres en 1965. Pierre Simon en est président.

Le congrès des 9-10 qui se déroule à Lyon décide de transformer l'association en une fédération nationale d'associations locales, dont le siège se situe 2 rue des Colonnes à Paris. Entre le début de l'année 1963 et la fin de l'année 1964 le MFPF est passé de à . Son congrès de mai 1965 se déroule à Paris. Lors de son congrès des 3 et à Bordeaux, le Planning familial se déclare . Cette année-là le mouvement compte entre et et adhérentes.

Toujours en 1967, Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé, fondatrice du mouvement, démissionne de son poste de présidente car elle estime que le but que s'était donné l'association est atteint et parce qu'elle constate que le MFPF est devenu un mouvement militant, ce à quoi elle était opposée. De nombreux autres membres de l'association souhaitent poursuivre la lutte pour la maternité libre. Le médecin Jean Dalsace est alors élu président . Pour des raisons de santé il doit démissionner en 1970. Pendant son mandat la gouvernance nationale du MFPF comprend de nombreux médecins.

Le MFPF et la lutte pour l'information et l'accès à la contraception

Le combat politique pour faire changer la loi Le MFPF conteste la loi votée en 1920 par l'Assemblée nationale qui interdit l'avortement et la contraception. Officiellement pourtant, l'association ne revendique pas le contrôle des naissances, mais la venue au monde d'enfants en bonne santé et évoluant dans de bonnes conditions de vie, comme le rappelle Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé lors du congrès qui se tient à Lyon les 9 et . En complément de l'action de terrain du MFPF, les francs-maçons et francs-maçonnes qui en sont membres agissent pour . Pour continuer à appuyer son action, le MFPF se dote en 1964 d'un comité d'honneur composé de personnalités publiques respectables et visibles dont Simone de Beauvoir, Colette Audry, Françoise Giroud, Yvonne Netter, Louise Weiss. Les trois prix Nobel de médecine François Jacob, André Lwoff et Jacques Monod en assurent la présidence. Le Planning familial saisit le moment de l'élection présidentielle de 1965 pour faire avancer sa cause dans les réseaux socialistes (SFIO, Mouvement démocratique féminin).

Maurice Deixonne, secrétaire général de l'association, annonce à l'issue du congrès se déroulant à Paris en la mise en place d'une commission visant à présenter aux parlementaires des aménagements à la loi de 1920. Cette action est notamment portée par Pierre Simon, qui se rapproche du député gaulliste Lucien Neuwirth. Ils rédigent un projet de loi et font jouer leurs influences pour rallier d'autres députés gaullistes ainsi que le général De Gaulle via son épouse Yvonne.

Le MPPF célèbre son 10e anniversaire le 23 février 1966 au Palais de Chaillot à Paris dans ce contexte et fait de ce moment une étape supplémentaire dans sa légitimation et dans son combat pour faire changer la loi sur la contraception.

Le projet de loi de Lucien Neuwirth est co-signé par quatre députés dont deux femmes : Suzanne Ploux députée du Finistère et Odette Launay députée de la Seine. En , l'Assemblée nationale vote la loi Neuwirth, qui autorise la fabrication et la délivrance de contraceptifs sur ordonnance.

La diffusion de l'information sur la sexualité et l'accès concret à la contraception Au début des années 1960 la direction du MFPF donne le feu vert pour l'importation et la vente des produits anticonceptionnels« Les espoirs déçus de la loi Neuwirth », par Sophie Chauveau, dans la revue Femmes, Genre, Histoire, 2003 . Cette importation étant prohibée, contrairement à leur diffusion à condition toutefois que celle-ci ne soit pas faite à des fins de propagande anticonceptionnelle, les membres du MFPF acheminent donc clandestinement ces produits (diaphragmes et gelées spermicides) commandés en Angleterre.. À partir de 1962 des membres du Planning familial de l'Isère à Grenoble mettent au point un procédé de fabrication de gelée spermicide, nommée "Alpagel". Les moyens de contraception sont vendus uniquement aux adhérents et adhérentes, pour contourner l'interdiction de propagande.

Le premier centre d'accueil et d'information du Planning familial est ouvert à Grenoble par Henri Fabre et les autres membres isérois du MFPF le . L'initiative est soutenue par l'IPPF. Le second centre est ouvert 2 rue des Colonnes à Paris le . Dans les cuisines du centre parisien, situé dans les mêmes locaux que la fédération nationale, se déroulent des démonstrations de pose de diaphragme sont faites sur des prostituées recrutées pour l'occasion.. En 1962, le MFPF compte 27 centres d'accueil et d'information. On pouvait se procurer dans ces centres des diaphragmes, des gels spermicides, puis les premières pilules contraceptives (fabriquées aux États-Unis). Le succès est indéniable et oblige le mouvement à se structurer et à organiser la formation de conseillères, dites « hôtesses d'accueil », et de médecins. « En quelques années, constate Isabelle Friedmann dans son livre, le Planning familial a su créer un état de fait ». Dans les cent centres et permanences que compte le Planning familial en 1966, 450 médecins prescrivent alors des contraceptifs , une pratique à la limite de l'illégalité.

Le périodique du MFPF La Maternité heureuse, Bulletin d'information est renommé en 1964 Planning familial, Revue trimestrielle du Mouvement français pour le Planning familial. Il est diffusé à l'ensemble des adhérents, ce qui en fait un relais important des messages de l'association.

En 1966, 59 départements français ont sur leur territoire une permanence du Planning familial. Cette même année Pierre Jouannet, militant de l'Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes et de l'UNEF"Entretien avec Pierre Jouannet" paru dans Lundi matin le participe à la création d’une permanence de planning familial dans un dispensaire de la MNEF, avec Joëlle Brunerie-Kauffmann, gynécologue, le Mouvement français pour le planning familial, et un groupe de médecins amis. C'est la première initiative de ce type en milieu étudiant.

Au cours de l'année 1967 le MFPF commence à mener une politique de rapprochement avec les organisations syndicales.

Pendant sa première décennie d'existence l'association refuse de se revendiquer du féminisme des membres admettent contribuer, par l'accès à la maternité volontaire, à l'émancipation des femmes, tandis que d'autres écartent cette idée, tel Pierre Simon qui voit le MFPF plutôt comme un moyen de faire reculer l'influence des religions sur les moeurs.

De 1968 à 1980

Un mouvement qui poursuit sa structuration Le Planning connait une chute importe de ses adhésions, comptabilisées à hauteur de en 1973.

En 1976, le MFPF célèbre son 20e anniversaire aux côtés de représentants de syndicats, de partis politiques, d'associations, de groupes féministes.

Gouvernance confédérale