Samuel Jacob Rubinstein ( à Biała Podlaska en Pologne - à Paris Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 276, vue 29/31. Sur l'acte de décès il est dit « né à Konstantinow (Pologne) ».) est un grand-rabbin orthodoxe non-consistorial français du , d'origine polonaise.
Biographie Samuel Jacob (Chmouel Yaakov) Rubinstein est né en 1884 (5644), à Biała Podlaska, dans l'Est de la Pologne.
Il est le fils de Yirmeyahu Menachem (Jérémie) RubinsteinVoir Letter by R. Samuel Jacob Rubinstein. Paris, France, 1950's. Virtual Judaica..
Il fut le rabbin de la synagogue de la rue Pavée, au 10 Rue Pavée, dans le quartier du Marais (connu comme le PletzlVoir Nancy L. Green, 1986), dans le de Paris.
Il succède au rabbin Israël Elazar Hopsztein, septième Admour de Kozhnitz, qui avait lui-même pris la suite du rabbin Joël Leib HaLevi HerzogIl est le fils du Rabbin Nafthali Hirsch HaLevi Herzog comme rabbin de Agudas Hakehilos (אֲגֻדָּת־הַקְּהִלּוֹת, Union des communautés)Cette Union des communautés était issue de neuf sociétés israélites orthodoxes.
Il participe au renouveau de La communauté juive de France après la Seconde Guerre mondiale et est actif dans le retour des enfants juifs confiés à des familles non juives durant la guerre. Il est en contact avec des organisations humanitaires comme le Vaad Hatzalah et d'autres organismes américainsFriedenson & Kranzler, 1984, p.206.
Il est connu comme un grand orateur, avec une figure imposanteDes photos du Rabbin Rubinstein sont trouvées dans Friedenson & Kranzler, 1984, p. 122 et 206, ainsi que dans Sternbuch & Kranzler, 2005, p. 147.
Il publie en 4 volumesLes et sont édités en un seul volume, présenté comme "Tomes III et IV" . Il signe le Shemen LaNer comme "auteur du Sheerit Menahem, 4 tomes". en hébreu, Sheerit Menahem - Legs de Menahem (Paris, 1954) et Shemen LaNer en 2 volumes en hébreu (Paris, 1959)Shapiro, 2007, p. 244, mentionne l'introduction et l'approbation par le Rabbin Weinberg des ouvrages du Rabbin Rubinstein. Le choix du nom de Sheerit Menahem pour son œuvre principale est une référence au nom de son père, le rabbin Yirmeyahu (Jérémie) Menachem Rubinstein.
Le rabbin Rubinstein se considère comme un Kotzker Hassid, influencé par le maître du hassidisme, Menachem Mendel de Kotzk (1787-1859), à l'origine de la Dynastie hassidique des Gur.
On retrouve le nom du rabbin Rubinstein dans des ouvrages rabbiniques, dans sa correspondance avec d'autres rabbins, comme rabbi Menashe Klein, le Ungvar Rebbe, de New York, qui passe par Paris, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Dans le monde juif orthodoxe, particulièrement hassidique, Paris et la France, avant et après la guerre étaient synonymes avec lui.
Dans son ouvrage, Les Juifs, Roger Peyrefitte le décrit ainsiRoger Peyreffite, 1965, p. 28.: Cette nuit, il [Asher]Asher est le jeune protagoniste principal de l'ouvrage. Dans la vie réelle, il était modelé sur le fils d'un Cohen, Israël Hertzkowitz, un Hassid d'Alexander, qui fréquentait la Synagogue de la Rue Pavée avait rêvé également de son maître en judaïsme, le grand rabbin Rubinstein, dont la barbe blanche, la sagesse et l'éloquence étaient l'ornement de la synagogue de la rue Pavée.
Il est mentionné par Ruth BlauMadeleine Ferraille deviendra Ruth Ben-David avant de devenir Ruth Blau de Netourei Karta dans son ouvrage: Les Gardiens de la CitéRuth Blau, 1978, p. 42. C'est lui qui préside à sa conversion orthodoxe au judaïsmeElle avait été convertie une première fois à la Synagogue libérale de la rue Copernic (Synagogue Copernic) Notons qu'en 1978, Ruth Blau parle du Temple de la rue Copernic:Mon filsClaude devenu Ouriel après sa conversion au judaïsme, à l'âge de 10 ans et moi-même fûmes confirmés comme prosélytes par un rabbin orthodoxe, le rabbin Rubinstein de la synagogue de la rue Pavée. Nous reçûmes un certificat de conversion validant notre admission dans la communauté juive en 1951.
Si la Rue Pavée était la Synagogue où on le trouvait quotidiennement, de fait, il était aussi considéré comme le rabbin de différents Shtieblech du Pletzl.
La grand-mère maternelle de Richard Prasquier, ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Yohevet Zylberberg, avait épousé, en secondes noces, le rabbin Rubinstein en 1958Richard Prasquier: le dialogue à cœurVoir, Catherine Coroller. À cœur et à cri. Portrait (de Richard Prasquier). Libération. 29 mai 2007.. Le docteur Prasquier note que sa grand-mère avait épousé : le célèbre rabbin de la rue Pavée. La seconde Rebbetzin Rubinstein est la fille de David Shlomo Abarbanel et de Perla Miyam née Rabinowicz, morts pendant la Shoah. Elle descend des grands maîtres du hassidisme : le Yehoudi Hakadoch de Pchis'ha et de Mena'hem Mendel de Riminov. Le jeune frère de Yochevet, Samuel, est abattu par les nazisVoir la page dédiée à sa famille par le Dr Richard (Reouven) Prasquier, à la fin du volume de Shmuel Albert, 2014..
À son décès, dans la synagogue de la rue Pavée, dont la première rangée de bancs avait été enlevée pour l'occasion, des éloges funèbres furent prononcés pour le rabbin Rubinstein, en yiddish, la langue qu'il préférait, et en français par le rabbin David Feuerwerker, en présence d'une foule considérable. Parmi les rabbins consistoriaux présents ce jour-la se trouvait le Grand Rabbin Ernest Gugenheim (1916-1977)Le Grand-Rabbin Ernest Gugenheim 1916-1977 par Claude-Annie Gugenheim.
Son successeur est le grand-rabbin Chaim Yaakov Rottenberg, d'Anvers, dont le fils, le rabbin Mordechai Rottenberg est l'actuel rabbin de la synagogue de la Rue Pavée.
Le rabbin Rubinstein a une fille, Tania KlutsteinElle est listée comme Klugstein née Rubinstein, Tania dans Biographie des membres du Mouvement de la jeunesse sioniste (MJS) par Catherine Richet, 2006 dans l'ouvrage Organisation juive de combat, éditions Autrement, ., active dans la Résistance à Nice et à LyonVoir, Samuel Albert. La symbiose entre l'érudition et le charisme, 2011..
Les petits-enfants du grand-rabbin Rubinstein vivent en Israël : Rafi (Raphaël) Shimoni vit avec sa famille à Tel-Aviv, où il est ingénieur, directeur de service, dans l'industrie aéronautique israélienne (Israel Aerospace Industries); le Marc Klutstein est cardiologue au Centre Médical Shaare Zedek (Jérusalem); et Evy Kuppershmidt dirige une entreprise de consultants.
Le rabbin Rubinstein et le Loubavitcher Rebbe
Le Rebbe de Loubavitch, Menachem Mendel Schneerson, dans une lettre datée de Brooklyn, New York le Eloul 5711Dimanche 2 septembre 1950 écritIguerot Kodech No 1162 à son propos : Il y a quelque temps, j'ai écrit au grand Rav [Rabbin], distingué 'Hassid qui craint D.ieu, Rav Chmouel Yaakov Rubinstein.
Ils se connaissaient d'avant-guerre. Le Rabbin Rubinstein racontait avec émotion que lors du recensement des Parisiens, des l'arrivée des nazis à Paris, le Rabbin Menachem Mendel Schneerson était absent de son domicile. Lorsqu'il apprit que l'on avait mis à côté de son nom, religion orthodoxe, il se rendit au bureau de recensement pour que l'on inscrive à la place JuifLe Rabbi et la France. De Nice, en Tichri 5702Soit fin septembre ou début octobre 1941, la date n'est pas précisée (1941) le Rabbin Menachem Mendel Schneerson se rendit à la frontière italienne pour se procurer un Etrog, pour la fête de Souccot. Il revint avec deux EtrogimPluriel d'Etrog, l'un pour lui-même, l'autre qu'il offrit au Rabbin Rubinstein, qui se trouvait lui aussi à NiceVoir aussi, Rebbe Crosses Border Illegaly..
Témoignage
Une description du rabbin Rubinstein est donnée par Gutta Sternbuch en 2005 Voir, Sternbuch & Kranzler, 2005, p.146-147:
Entretemps, nous sentions l'absence d'un leader rabbinique à Aix-les-Bains. Et quand nous avons entendu parler d'un rabbin Rubinstein, à côté de Lyon, je suis allée avec le [Hillel] SeidmanHillel Seidman est l'auteur de l'ouvrage Du fond de l'abîme, Journal du ghetto de Varsovie, Plon: Paris, 1998 lui rendre visite. Quand nous sommes entrés dans la maison du rabbin Rubinstein, son épouse nous a accueillis. Quand je lui ai dit mon nom et que je venais de Varsovie, elle me dit, attendez un instant, s'il vous plaît, et elle sortit. Une minute plus tard, elle revint et m'indiqua le bureau du rabbin Rubinstein.
Le rabbin Rubinstein était assis derrière une table couverte de volumes de Guemara (Talmud). Il était très beau, avec une barbe longue et droite - mais ce qui frappait tout de suite chez lui c'était ses yeux, qui semblaient danser de rire et d'amour. Ils étaient tellement profonds que quand je les regardais je fus incroyablement touchée et je commençais pratiquement à trembler. Je ressentais comme si je regardais quelqu'un du Gan Eden [Jardin d'Eden].
Je dis au rabbin Rubinstein, Je suis Gutta Eisenzweig de Varsovie. Il me demanda, Êtes-vous la petite fille de Berel Gefen?
Je répondis que oui, je l'étais. À ce mot, il se leva et s'approcha de moi, me regardant droit dans les yeux et s'exclamant en Yiddish, Du bist an einikel fun Reb Berel. Du bist an einikel! Tu es une petite-fille de Rav Berel! Il ne pouvait croire que j'étais en vie. Lui et mon grand-père avaient grandi ensemble à Białystok [en Pologne] et avaient étudié ensemble au heder. Il fut paralysé d'émotion et ne put parler, et des larmes coulèrent de ses yeux.
Ce fut une des expériences les plus extraordinaires que j'ai eu après la guerre. Après cela, je suis allée maintes fois chez le rabbin Rubinstein. C'était un homme plein d'amour et il avait toujours un bon mot pour chacun. Dans un sens, il me redonnait mon grand-père et réveilla à nouveau l'amour que j'avais pour lui.
Gutta Sternbuch note que son mariage fut spécial car c'est le rabbin Rubinstein qui officia.
Coutumes du Rabbin Rubinstein
Le samedi après-midi, après l'office de min'ha, les fidèles prenaient le repas communautaire de Seoudath Shelishis ensemble, dans la salle à droite en entrant de l’extérieur de l'immeuble. Ce troisième repas du Sabbat se faisait dans l'obscurité totale, ce qui donnait un cachet tout particulier. Personne ne voulait voir le Sabbat partir! Le rabbin Rubinstein commentait en yiddish la portion de la Torah de la semaine. Des zemirot (chants) accompagnaient le repas qui consistait en des Matzos sur lesquelles on mettait des sardines à l'huile. Le rabbin Rubinstein ne portait pas à Paris le Streimel. Son successeur, le Rabbin Chaim Yaakov Rottenberg le portera, mais seulement au cours du repas communautaire du samedi après-midi. C'était un privilège d'être invité chez le rabbin Rubinstein, le samedi matin, après l'office, pour manger le tcholent [il existe divers types de tcholent, le sien était fait de pommes de terre préparé par son épouse. Il indiquait aux privilégiés de rester à la synagogue, pour ensuite monter chez lui. De même, il invitait des particuliers à sa Soukka qui était construite dans la cour attenante à la synagogue. Pour la récitation du Shema, lors de la prière du matin, le Gaon de Vilna observe que la mitzvah de voir les tzitzit ne doit pas être annulée par le fait de les embrasser. La coutume du Rabbin RubinsteinVoir, Elie Feuerwerker, 2003, p. 76 était de faire un mouvement circulaire avec les tzitzit, il levait les tzitzit devant ses yeux (pour les voir), puis les embrasser. Orateur reconnu, le rabbin Rubinstein faisait des pauses durant ses discours. Il passait sa main dans sa longue barbe, du haut vers le bas, puis continuait son exposé. Cette courte attente se faisait dans un silence total et respectueux.
Bibliographie Roger Peyrefitte, Les Juifs, Flammarion: Paris, 1964. Ruth Blau. Les Gardiens De La Cité. Histoire D'Une Guerre Sainte. Flammarion: Paris, 1978. Nancy L. Green. The Pletzl of Paris. Jewish Immigrant Workers in the Belle Epoque. Holmes & Meier: New York et Londres, 1986