Le véhicule blindé à roues de la Gendarmerie (VBRG) est le nom le plus courant du Berliet VXB 170 en France. C'est un véhicule blindé de maintien de l'ordre à quatre roues motrices.
Conçu par Berliet à la fin des années 1960, le VXB 170 est adopté en 1972 par la Gendarmerie nationale française qui le met en service à partir de 1974 sous l'appellation de VBRG. Mais il n’est pas retenu pour équiper l’Armée de terre française qui choisit le véhicule de l'avant blindé (VAB) de SAVIEM (groupe Renault) et il connaît un succès limité à l’export. Sa production est arrêtée après seulement de sérieLes chiffres divergent, certaines sources mentionnent , notamment voir ce site..
Le remplacement du VBRG, évoqué à de nombreuses reprises et plusieurs fois reporté, a fait l'objet de nombreux projets allant de l'achat de machines neuves à la rénovation totale ou partielle de la flotte. En 2019, des expérimentations de rénovations lourdes ont été menées avec les entreprises Turgis et Gaillard Groupe qui a modernisé un VBRG, tandis que l'entreprise OMAT a retrofité un autre VBRG et un VAB. Un marché pour la fourniture de 90 véhicules blindés de maintien de l'ordre a finalement été attribué le à la société Soframe (filiale du groupe Lohr) pour la fourniture de véhicules dérivés de leur modèle ARIVE (ARmored Infantry VEhicle ou véhicule blindé d'infanterie) La Gendarmerie confirme le choix de Soframe pour renouveler sa flotte de véhicules blindés https://www.opex360.com/2021/10/29/la-gendarmerie-confirme-le-choix-de-soframe-pour-renouveler-sa-flotte-de-vehicules-blindes/ Présentation du blindé ARIVE sur le site de la société Soframe https://www.soframe.com/vehicules-de-combat/arive-armoured-infanty-vehicle/. Le véhicule est finalement nommé « véhicule d'intervention polyvalent de la gendarmerie » (VIPG), ou Centaure.
Le VXB 170 Historique En 1967, Berliet présente à Satory un prototype de véhicule blindé à roues destiné à assurer le transport de personnels pendant des opérations de maintien de l’ordre lors de guérillas urbaines : le BL12. L’état major de l’armée en achète un pour faire des essais mais choisit le VAB (Véhicule de l'avant blindé) de SAVIEM.
Pour répondre à l’appel d’offres de la gendarmerie, Berliet améliore le concept en 1969, y intègre ses besoins et maximise l'utilisation de composants de véhicules poids lourds de la marqueHistorique du VXB 170 sur le site « Servir et défendre » Voir lien externe ci-dessous. Il sera mis en production sous la référence VXB 170 dans l'usine de Bourg-en-Bresse. 170 indique la puissance de sa motorisation (170 ch).
Différentes versions sont proposées pour la Gendarmerie, qui le sélectionne en 1972, ainsi que pour l'armée de Terre et pour l'export. Berliet présentera notamment des prototypes équipés de différents armementsVoir notamment l'historique du VXB sur le site : « Servir et défendre » (lien externe ci-dessous). : canon de , canon de bitube pour la défense anti-aérienne, canon de , etc.
En 1974, Berliet, qui appartenait à Citroën depuis 1967, est cédé à Renault. La même année, l'armée française choisit le Saviem VAB pour son futur véhicule blindé de transport de troupes et le VXB, quoique moins cher, devient redondant dans l'offre de Renault, ce qui entraînera l’arrêt de sa production.
Caractéristiques Le VXB 170 est un véhicule blindé de transport de troupes assez classique construit autour d'une caisse rectangulaire en acier soudée de d'épaisseur sur les côtés et le toit et 6 mm pour le plancher.
Ce blindé repose sur une suspension par pont rigide, choisie pour sa robustesse et sa simplicité. Deux essieux moteurs sont présents, supportant chacun deux roues.
vignette|gauche|Vue intérieure. vignette|La configuration du véhicule permet l'accès par les côtés et par l'arrière.
Le VXB 170 est équipé du moteur Berliet V800, déjà éprouvé à bord des autobus de la marque. Ce V8, placé à l'arrière gauche du véhicule, développe une puissance maximale de .
Le conducteur est situé à l'avant gauche du véhicule. Une deuxième place est installée à sa droite. Le conducteur peut voir la route depuis un grand pare-brise central ainsi que par deux vitres situées de part et d'autre de ce dernier. Des grilles de protection sont installées pour les opérations de maintien de l'ordre. En cas de combat, des volets blindés peuvent être positionnés devant les vitrages. Dans ce cas, la vision se fait par trois épiscopes situés sur le toit.
Derrière eux se situe le poste de l'opérateur de la tourelle. Enfin, un groupe de 6 à 8 hommes peut s'installer sur une banquette double et quatre sièges. L'accès à l'intérieur du véhicule se fait par deux portes latérales et une plus petite à l'arrière, à côté de la trappe du compartiment moteur.
Le VXB peut aborder des pentes de . Il est amphibie et peut recevoir - en option - des hydrojets (mais ces équipements n'ont été retenus par aucun client).
Utilisateurs - 155 exemplaires. 86 restaient en service en 2013Sénat : projet de loi de Finances pour 2013., 71 en 2017, 84 en parc en 2020. - 12Quinze exemplaires d'après certaines sources, après livraison ultérieure de trois engins par la France - cf-historique ci-dessus. - 12
- 10Avec une incertitude sur l'origine de ces engins (véhicules neufs ou d'occasion).
Le VBRG de la Gendarmerie française vignette|VBRG - vue avant-gauche thumb|VBRG - vue arrière-gauche vignette|VBRG - Démonstration d'interpellation d'un émeutier.
Les blindés dans la Gendarmerie Dès les années 1930, la Gendarmerie s'équipe de véhicules blindésL'achat de ces matériels a été autorisé par la loi de finance du 31 mars 1921. Georges Carrot, Le Maintien de l'ordre en France au , Éditions Veyrier, 1990, p 39.. Elle déploie dès 1931 deux chars et onze automitrailleuses en Corse lors d'une opération d'envergure contre le grand banditismeSimon Fieschi, Les Gendarmes en Corse, 1927-1934 De la création d'une compagnie autonome aux derniers « bandits d'honneur », in Jean-Noël Luc (dir.) Soldats de la Loi, Paris, Presses de l'université Paris-Sorbonne (PUPS), 2010, pp. 109-120.. La Gendarmerie a par ailleurs suivi avec attention l'emploi de blindés au maintien de l'ordre en Allemagne, d'abord par l'Armée française lors de l'occupation de la Ruhr et de la Rhénanie (et notamment lors des grèves de 1923), puis par la police allemande (notamment lors des émeutes de Berlin en 1929)Clément Têtevuide, Des Chars et des Gendarmes, p 47. En 1933 est créée une première unité blindée : le Groupe spécial de garde républicaine mobile, puis en 1940, la Gendarmerie forme le de chars de combat qui participe à la campagne de France. Après la guerre, elle dispose de blindés : chars, automitrailleuses et Semi-chenillés (half-tracks en anglais) qui sont destinés aux missions de combat (Défense opérationnelle du territoire ou DOT) ou aux situations extrêmes de rétablissement de l'ordre comme en Algérie.
Le programme VBRG Au début des années 1970, se pose le problème du remplacement des semi-chenillés. Mais l'expérience des événements de mai 68, au cours desquels l'utilisation de bulldozers pour détruire les barricades a été concluanteThierry Forest : La gendarmerie mobile à l'épreuve de mai 1968, Service historique de la Défense 2007., conduit la Gendarmerie à lancer un appel d'offres pour un engin équipé d'une lame et/ou d'un treuil et dont la mission principale n'est plus le combat mais le maintien de l'ordre. Elle choisira le Berliet VXB au terme d'une compétition qui l'oppose au Panhard M3 de à .
À partir de 1974, le VXB 170 entre en service dans la gendarmerie mobile sous l'appellation de véhicule blindé à roues de la Gendarmerie (VBRG). 155 exemplaires sont commandésMarc Clerc - Histoire et évolution des moyens blindés depuis la deuxième guerre mondiale. Revue de la Gendarmerie nationale N° 262 Consultable sur https://fr.calameo.com/read/00271929272828a943455?page=18. L'auteur, commandant du Groupement blindé de gendarmerie mobile, évoque une volonté initiale de commander jusqu'à 400 engins. Le chiffre peut paraître élevé mais il est à rapprocher de celui du parc de half-tracks à remplacer, qui, après avoir culminé à 707 véhicules en 1963 était encore de 575 engins en 1975. Référence : Pascal Meunier, Laurent Jacquot, Jean-Yves Hardouin. Un siècle de véhicules de la Gendarmerie nationale Éditions E-T-A-I, Boulogne-Billancourt, 2005 p. 88.
Il est mis en service au sein des unités suivantes : Le Groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM) de Satory où il équipe initialement trois escadrons à hauteur de treize engins par escadron (quatre par peloton et un pour le chef d'escadron). À l'occasion du retrait de matériels plus anciens, le nombre d'escadrons VBRG sera porté à six puis à huit soit la totalité des escadrons du groupement (ce nombre a été ramené à sept en 2010 lors de la dissolution de l'escadron 19/1). Certains escadrons dits « mixtes », basés en province et qui ont été dotés d'un peloton VBRGÀ cette époque, les escadrons bénéficient d'une double dotation en véhicules : fourgons-cars pour le maintien de l'ordre et véhicules de combat pour les missions de Défense Opérationnelle du territoire (DOT). Chaque escadron compte trois pelotons de marche. Dans un escadron mixte, un des pelotons dispose de VBRG et les deux autres sont dotés de camionnettes tactiques. jusqu'au début des (ces engins ont été depuis restitués au GBGM). Les formations de Gendarmerie en Corse (3 engins en 2020 . et dans les départements et territoires d'Outre-mer, dotés de pelotons comptant habituellement entre trois et cinq engins. En , 38 sont déployés Outre-mer., 37 en 2020. Le Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier en Dordogne. Environ 11 engins. Le camp militaire de Frileuse à Beynes (Yvelines) utilisé par le GIGN avec un engin en 2020.
Dans la configuration VBRG, l'équipage (un conducteur, un opérateur dans la tourelle et un chef de bord) est complété par un groupe tactique porté composé de 6 à 8 gendarmes.
La dotation d'un peloton était initialement de quatre engins. Elle a été successivement réduite à trois puis à deux blindésCollectif, Histoire de la Gendarmerie mobile d'Ile-de-France, 3 volumes, Éditions SPE-Barthelemy, Paris, 2007, Volume II - soit neuf pour un escadron du GBGM au complet (tous les escadrons de gendarmerie mobile sont passés à un format « quaternaire » - soit quatre pelotons par escadron - au début des années 2000).
Armement Initialement armé d'une mitrailleuse sur rail circulaire, il sera ensuite doté d'une tourelle monoplace équipée d'une mitrailleuse AN-F1 en calibre et d'un lance-grenades Cougar (après que différentes versions de tourelles et de capots ont été expérimentées). Il peut être également doté d'un disperseur lacrymogène.vignette|gauche|VBRG, version « lame »La version destinée à l'exportation peut être équipée d'un mortier Brandt Mle CM60A1.
Variantes thumb|VBRG, version « treuil » Le VBRG est décliné en quatre variantes : VBRG de base ; version « lame » avec un boutoir à commande hydraulique à l'avant ; version « treuil » dotée d'un treuil à l'avant ; version « PC » dotée de moyens radios renforcés, d'une tablette et d'un haut-parleurLes différences entre la version PC et la version de base disparaissent au fur et à mesure des modifications..
Les VBRG, exclusivement destinés aux opérations de maintien de l'ordre, reçoivent tous la livrée bleue de la Gendarmerie afin de les distinguer des véhicules de combat.
Engagements thumb|VBRG sur la place de l'Opéra à Paris, le 15 décembre 2018. Les VBRG ont été régulièrement déployés pour des opérations de maintien de l'ordreLeur utilisation au maintien de l’ordre est soumise à l’autorisation du préfet de zone de Défense pour un peloton de deux engins et à celle du Premier ministre au-delà. dans l'Hexagone, en Corse et outre-mer.