Henri Raczymow est un écrivain français né le à Paris.

Biographie Henri Raczymow est né en 1948 à Paris, petit-fils d'émigrants juifs polonais arrivés dans les années 1920 dans la capitale française.

Il est le fils d'Étienne Raczymow décédé en 2007, qui a appartenu aux FTP-MOI dans le bataillon Carmagnole-Liberté, à Lyon et à Grenoble, et d'Anna Dawidowicz (1928-1996).

Henri Raczymow devient professeur de lettres à Paris dans les années 1970, et jusqu'en 2008.

Il tient la page des livres du magazine des Juifs laïcs de Belgique, Regards, depuis 1996.

Marié avec Anne Amzallag, il est le père d'une fille, Mathilde, née en 1984, dont la mère est Annette Wieviorka.

Œuvre Le début, La saisie (1973), s'interroge constamment sur la possibilité du récit, sur un ton léger et plein d'auto-ironie. Ce métadiscours par moments évince le récit entièrement. La Saisie est un livre sans thématique juive spécifique qui dit "le rien" (Cf. "La mémoire trouée"). Il écrit son premier livre voué à la mémoire juive en 1979, il s'agit des Contes d'exil et d'oubli. Le narrateur qui vit à Paris, interroge son grand-père sur ses origines juives polonaises. Ce livre n'est pas un récit nostalgique sur le Shtetl. Le monde disparu des Juifs polonais ne peut être restitué ; le grand-père en est réduit à inventer de savoureuses histoires sur le monde yiddish. Henri Raczymow parle au sujet de l'histoire juive européenne de « mémoire trouée ».

Henri Raczymow est pensionnaire de l'Académie de France à Rome (Villa Médicis) en 1980-1981.

Un cri sans voix (1985) est le roman le plus connu de Raczymow et le plus commenté, il y évoque la Shoah dans ses effets sur la génération d'après. Dans les années 1980, il traduit en collaboration avec Aby Wieviorka quelques romans de la littérature yiddish (Sholem Asch, Mendelé Mokher Sforim, Oser Warszawski).

Il est invité par Antoine Compagnon à intervenir dans son cours au Collège de France en .

Il séjourne trois mois en Israël (Tel Aviv) avec sa compagne Anne Amzallag (à qui il confia de rédiger des notes de ce qui deviendrait le récit à venir Eretz) au titre d'une Mission Stendhal du ministère des Affaires étrangères afin d'y écrire un récit en mémoire de son frère Alain/Ilan (avril, mai, ).

À l'occasion du centenaire de la publication de Swann (1913), il participe à l’effervescence proustienne, en intervenant dans un colloque à Cerisy (Actes édités chez Hermann en ), dans le numéro d'hommage de la NRF avec un texte sur le "Flaubert de Proust" et surtout avec la publication d'un récit, "Notre cher Marcel est mort ce soir" (Denoël, réédité chez Arléa-Poche en 2014) qui relate les derniers jours du grand écrivain.

En 2016, il dirige un Cahier de l'Herne consacré à Maurice Sachs.

En 2018 et 2019, il travaille à un essai sous forme de chroniques : "Ulysse ou Colomb" où il tente de répondre à la question de savoir pourquoi continue-t-on à écrire dans l'ère du "post-littéraire" (parution aux éditions du Canoë).

Il travaille également à un roman (d'amour) autour du genre chez Proust : Une saison avec Luce (éditions du Canoë, ). Parallèlement, pour les éditions Parigramme, il sort un album sur Proust et Paris, avec une centaine d'illustrations (). Dernier en date, aux éditions de l'Antilope un récit « mémoriel », L'arrière-saison des lucioles, .

Durant l'hiver et le printemps 2024, il travaille à des « variations » autour de la figure de sa mère, Anna Dawidowicz. Puis au début de 2025, à un roman, manière de fausse autobiographie où il revient sur ses années 1970 : Mes années Rive gauche. En outre, il prépare un récit alterné sur la vie et la mort de son frère Alain (1951-1996) et sur son enfance à Belleville dans les années cinquante : Vie antérieure. Les deux derniers ouvrages seront réunis en un seul volume et paraitront aux éditions du Canoë en janvier 2027.

Prix Prix Fénéon, 1974 pour La Saisie. Prix de la Fondation du judaïsme français au titre des Lettres (2008) Prix Max Cukierman (2017) Prix de la biographie du Point pour Mélancolie d'Emmanuel Berl (Gallimard)

Publications La Saisie, récit, Gallimard, 1973 Scènes, nouvelles, Gallimard, 1975 Bluette, roman, Gallimard, 1977 Contes d’exil et d’oubli, Gallimard, coll. Le Chemin, 1979. Deux extraits sont parus en anglais : 1. dans Yale French studies , trad. Alan Astro; 2. sur jewishfiction.net, trad. de Robert Bononno, Rivières d'exil, récit, Gallimard, 1981 "On ne part pas", roman, Gallimard, coll. « Le Chemin », 1983 Un cri sans voix, roman, Gallimard, 1985 ; traduction aux États-Unis par Dori Katz, 1995 : Writing the Book of Esther, Holmes & Meiers; traduction en Espagne : Un Grito sin voz, Ediciones del Subsuelo, Barcelone, 2011 Maurice Sachs, biographie, Gallimard, 1988 Le Cygne de Proust, essai, Gallimard, coll. « L'un et l'autre », 1989 ; traduction aux États-Unis par Robert Bononno, NorthWestern UP.. Ninive, récit, Gallimard, 1991 Bloom & Bloch, roman, Gallimard, 1993 La mort du Grand écrivain : essai sur la fin de la Littérature, essai, Stock, 1994 Littérature et judéité (sous la dir.), Pardès 21, 1995 Quartier libre récit, Gallimard, coll. « Haute-Enfance », 1995 Pauvre Bouilhet, essai, Gallimard, 1998 L'homme qui tua René Bousquet, essai, Stock, 2001, épuisé. Le plus tard possible, récit, Stock, 2003 Le cygne invisible, récit, Melville/Leo Scheer, 2004 Courbet l'outrance, Stock, 2004. Reliques, Gallimard, coll. « Haute-Enfance, 2005 Le Paris retrouvé de Marcel Proust, Parigramme, 2005 (traduction en néerlandais, japonais et italien) Avant le déluge, récit, Phileas Fogg, 2005 Dix jours « polonais », récit, Gallimard, 2007 Te parler encore, récit, Le Seuil, 2008 Eretz, récit, (avec des notes par Anne Amzallag), Gallimard, 2010 Ruse et déni. Cinq essais de littérature. PUF, coll. « Perspectives critiques », 2011. Heinz, récit, Gallimard, 2011. Points de chute, Gallimard, coll. « Haute-Enfance », 2012. Notre cher Marcel est mort ce soir, roman, Denoël, 2013. Réédition Arléa-Poche, 2014, Encre bleue éditeur, coll. « Largevision », 2015. Traductions en chinois (Pékin et Taïwan). Un garçon flou, roman, Gallimard, 2014. Mélancolie d'Emmanuel Berl, essai, Gallimard, 2015 Maurice Sachs, Cahier de l'Herne (sous la direction), . D'un écrit vain, Éditions des Busclats, Elle chantait Ramona, roman, Gallimard, Ulysse ou Colomb (Notes sur l'amour de la littérature), essai, Éditions du Canoë, A la recherche du Paris de Marcel Proust, Parigramme, Une saison avec Luce, roman, , Éditions du Canoë L'arrière-saison des lucioles, récit, Éditions de l'Antilope, Variations pour Anna, Gallimard, coll. « Haute Enfance » () Mes années Rive gauche, roman, suivi de Vie antérieure, récit, à paraître en janvier 2027 aux éditons du Canoë.

Textes parus en revues ou préfaces Fictions « Poursuite », Les Cahiers du chemin, . « Le Récit de Lucienne », les Cahiers du chemin, « Le saute-mouton », NRF, . « Le Lac de Kamenetz », NRF, . « Le Nécrophore », NRF, juillet-. « L’Hôtel des dunes », Bas de casse, automne 1980. « Des gestes sont morts… » Tel Quel, printemps 1981. « Prétexte », Térature, hiver 1983. « La mort de Dieu », Europe, juin/ « Le pays de la cendre », NRF, . « Écrire fatigue », l’Infini, été 1985. « Au ban des lieux », Cahiers du CCI, 1986. « Le pounem », NRF, . « Les mémoires d’un ahuri », Quai Voltaire n °10, hiver 1994 "Villa Mimosas", Le Monde/Gallimard, Les "séries noires" de l'été 1996. "L'énigme Dourakine", in L'amateur de bordeaux, . "Sueur au front, larmes aux yeux" in L'amateur de bordeaux, HS- « Fragments d’un journal aux chiens », penser/rêver, le fait de l’analyse n°1, Mercure de France, printemps 2002 "From Writing the Book of Esther" in Nothing makes you free, edited by melvin Jules Bukiet, Norton & Company, 2002, . " Des docteurs et des chiens", Bibliothèque(s), " Points de chute", Cahiers du judaïsme, . "Chateaubriand ou rien", in La Revue littéraire n°73, mai-juin-. "Ébats et débats" in AOC, . "Un été à la campagne", in AOC, . Journal d'un égoïste (extrait), Les Moments littéraires n°50, . Essais « Qui est Edmond Jabès ? » Les Cahiers Obsidiane, . « Écrire aujourd’hui », codirection d’ouvrage collectif, Autrement, . Préface à Willy Ronis, Mon Paris, Denoël, 1985. « Maurice Sachs », Roman 16, . « La mémoire trouée », Pardès 3/1986. ; trad. Américaine in Yale French Studies , par Alan Astro. Traduction en polonais par Anna Ciarkowska, in Tygiel Kultury , 12/2013. "Marginal abécédaire", in L'Infini n°19, été 1987. Préface à Ozer Warszawski, Les Contrebandiers, roman, traduit du yiddish par Aby Wieviorka et Henri Raczymow, Le Seuil, 1989. « La dette », préface à J.M. Rymkiewicz, Umschlagplatz, La dernière gare, Robert Laffont, 1989. « Biographie, photographie, nécrographie », Photographies magazine, . « Du nom et des noms », Quai Voltaire , printemps 1991. « La langue perdue », L’infini, printemps 1991. « Edmond Jabès, un Juif contesté », Les nouveaux Cahiers, printemps 1991. « Proust et les jeux du nom propre », Le trimestre psychanalytique, 1992. « Fin du peuple ashkénaze ? » in Mille ans de cultures ashkénazes, Liana Levi, 1994. « La chair est encore vaillante : sur La femme au portrait de Fritz Lang », Le cinéma des écrivains, Cahiers du Cinéma, 1995. Repris in Ruse et déni, PUF, "Perspectives critiques" « Couples découplés : Une partie de campagne de Maupassant, L’école des Lettres, . « Proust et la judéité : les destins croisés de Swann et de Bloch », in Pardès, 21/1995. Repris in Ruse et déni, PUF, "Perspectives critiques", 2011; repris in Catalogue de l'exposition Marcel Proust "du côté de la mère", MAHJ, 2022. « La généalogie et la mort de la notion de « grand écrivain » en France », Esprit, . « Chagall peintre yiddish" in Chagall années russes 1907-1922, numéro spécial de Connaissance des Arts, H.S. n ° 71, Paris, 1996 Postface à Alina Margolis-Edelman, Je ne le répéterai pas…, Autrement, 1997. « D’un « détail » qui masque le tableau », Prétentaine, . « Retrouver la langue perdue. Les mots de ma tribu. », Plurielles n °7, hiver-printemps 1998-99. « En relisant les Carnets 1978 d’Albert Cohen », Pierre d’angle, 1999. « Un grand écrivain contrarié : Maurice Sachs », La haine de soi, Complexe, 2000. Repris in Ruse et déni. « L’affaire Dreyfus : le grand bouleversement », Magazine littéraire hors-série : le siècle de Proust, 2000. « Le puits et la vérité : Passion de Jules Renard », les Temps modernes, -. Repris in Ruse et déni. « Du shlemil au shnorrer. À propos des histoires juives », Revue d’esthétique, 2001. « Schalom Asch : la vocation de l’universel », préface à « Varsovie » de Schalom Asch, Mémoire du livre, 2001. « Retour sur Paul Morand », Les Cahiers du judaïsme, hiver 2001-2002. Repris in Ruse et déni. « Mémoire, oubli, littérature : l’effacement et sa représentation », Vivre et écrire la mémoire de la Shoah, littérature et psychanalyse, les éditions du Nadir, 2002. « Un souvenir d’enfance », Siècle 21, automne-hiver 2004. « Madame Bovary, la Moïra et les moires », Les Temps modernes, -. « Correspondance avec Raymond Federman », Fusées , . « De la yiddishkeit à la République », postface à « Estimable rédacteur en chef… », Le Seuil, 2007. « Un cri, sur l’œuvre peinte de Charles Szymkowicz », in Catalogue à ses expositions de Berlin et de Charleroi.Texte repris in Siècle 21, 2011. « Histoire : petit h et grande Hache », in Témoignages de l’après-Auschwitz dans la littérature française d’aujourd’hui, ed. Annelise Schulte Nordholt, Rodopi, 2008 « Proust, la mémoire, la Shoah », Séminaire d’Antoine Compagnon au Collège de France, intervention du . Tel-Aviv, premiers regards, Continuum , 2009. « Kaddish pour des hommes sans pareils », préface à Portait(s) de Victor Zigelman, éd. par Isabelle Pleskoff, L’Harmattan, 2009. "Ahaswerus dit Le Juif errant" in Le Dictionnaire des personnages populaires, Seuil 2010.