Le Pletzl, (, « petite place » en yiddish, la « place Saint-Paul » ou « place des Juifs », par opposition à la grande place, celle des Vosges) est le quartier juif le plus célèbre de Paris, datant du . Il est situé dans le de Paris. Il a connu un renouveau important à la fin du et dans la première moitié du (jusqu'à la Seconde Guerre mondiale), où il accueillit des dizaines de milliers de juifs ashkénazes yiddishophones d'Europe de l'Est fuyant les persécutions et les pogroms. Il comptait alors de nombreux magasins, commerces alimentaires, librairies et restaurants typiques, et toute une animation le faisant ressembler à un petit shtetl situé en plein Paris.
Un quartier typique À certaines occasions, aujourd'hui encore, des marchands montent leurs étals directement dans la rue. C'est le cas, par exemple, avant la fête de Souccot, où on trouve des marchands proposant les quatre espèces. De même, on trouve encore quelques marchands de journaux installés sur le trottoir. On y croise régulièrement des membres du mouvement Loubavitch, reconnaissables à leurs chapeaux borsalino, qui proposent de « mettre les téfilines » à ceux qui ne l'ont pas encore fait.
Le jeudi et le vendredi matin, dans les boulangeries-pâtisseries du quartier, on peut acheter des 'hallot (חלות), les brioches tressées servies au moment du shabbat. Le vendredi soir et le samedi, ainsi que les jours de fêtes juives, de nombreux commerces sont fermés. En revanche, le dimanche est un jour ouvré ordinaire (d'autant plus fréquenté que le quartier est maintenant piétonnier le dimanche). Aujourd’hui, c’est un quartier fortement affecté par le tourisme et la consommation, qui en fait une curiosité à visiter dans le parcours touristique classique de Paris.
vignette|Boulangerie-pâtisserie au 27, rue des Rosiers, tenue par la famille Haarscher au (photo prise en 1895). Actuellement tenue par la famille Finkelsztajn depuis 1946. Ce site est desservi par les stations de métro Saint-Paul et Hôtel de Ville.
Les rues du Pletzl Ce quartier s'étendait à l'origine des deux côtés de la place Saint-Paul, mais il s'est rétréci progressivement depuis la guerre et aujourd'hui, les derniers vestiges qui en subsistent encore se trouvent dans les rues suivantes. La rue Pavée : on remarque en particulier la façade de la synagogue Agoudas Hakehilos, conçue par Hector Guimard dans un style Art nouveau, aux formes ondulantes, classée monument historique. À l'ouest, au 10 (on ne peut pas visiter l'intérieur), la yeshiva Yad Mordechai et l'école primaire privée, à gauche, au 13. La rue des Rosiers. Au 4, un ancien hammam ; au 4bis, sur la façade de l'École israélite du travail, figure une plaque en mémoire des élèves de cette école qui ont été déportés ; au 17, la synagogue Loubavitch Machzikéi Adath ; au 25, la synagogue Adath Yechouroun ; au 34 le restaurant cacher L'As du Fallafel.
La rue Ferdinand-Duval : c'est l'ancienne rue des Juifs, rebaptisée en 1900 après l’affaire Dreyfus, du nom d'un préfet de Paris. À l’angle de la rue Ferdinand-Duval et de la rue des Rosiers, sur le trottoir, une borne a été apposée, appelant l'histoire du quartier.
La rue des Écouffes. Le nom de cette rue provient d'une enseigne représentant un milan, appelé alors « escoufle ». Dans cette rue se trouve l'Oratoire et centre d'enseignement de la Thora de Dieu.
La rue des Hospitalières-Saint-Gervais. Aux 6 et 10 se trouve l'école élémentaire des Hospitalières-Saint-Gervais. Ce fut la première école primaire gratuite ouverte à Paris (1844), édifiée avec l'aide du Consistoire juif. Le (rafle du Vélodrome d'Hiver), des policiers parisiens vinrent arrêter les enfants et leurs enseignants (plaque commémorative sur la façade) et 165 enfants périrent dans les camps d'extermination nazis. Au 12 se trouvait autrefois le restaurant Rozenstroiks, qui était le lieu de rendez-vous des tailleurs, fourreurs, casquettiers et orfèvres.
Dans les environs Le Marais (quartier parisien), Mémorial de la Shoah 17, rue Geoffroy-l'Asnier, Paris 4, Synagogue de la place des Vosges, Synagogue de la rue des Tournelles : l'édifice, dont l'ossature intérieure en métal est de Gustave Eiffel, est classé monument historique. Synagogue Notre-Dame-de-Nazareth ou synagogue Nazareth : la première synagogue consistoriale de Paris, Mémorial des Martyrs de la Déportation, square de l'Île-de-France, à la pointe orientale de l'île de la Cité, dans le de Paris. Ce site est desservi par la station de métro Cité. Musée d'art et d'histoire du judaïsme, dans l'hôtel de Saint-Aignan, au 71 de la rue du Temple, Paris 3, Jardin Anne-Frank (anciens jardins de l’hôtel Saint-Aignan), 14, impasse Berthaud, Paris 3. Inauguré le par le maire de ParisInauguration du jardin Anne-Frank, dossier de presse., on y a planté un rejet du marronnier d'Anne Frank. Ce site est desservi par la station de métro Rambuteau.
Bibliographie Jean-Pierre Azéma (dir.), Vivre et survivre dans le Marais, Éditions Le Manuscrit, 2005 . Nancy L. Green, The Pletzl of Paris. Jewish Immigrant Workers in the Belle Epoque, New York et Londres, Holmes & Meier, 1986 . Dominique Jarrassé, Guide du patrimoine juif parisien, Éditions Parigramme, 2003, . .
Notes
Voir aussi Histoire de l'immigration en France Histoire des Juifs en France Cyrille Fleischman Moshe Yitzchok Gewirtzman
Liens externes ALAIN GRANAT. Le Pletzl, à côté de la plaque. jewpop.com. 11 décembre 2019.
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