est un film d'animation japonais réalisé en 1992 par Hayao Miyazaki au sein du studio Ghibli. Il raconte les aventures d'un pilote d'hydravion à tête de cochon dans l'Italie de l'entre-deux-guerresUne réplique de Gina disant qu'elle a perdu son troisième mari à la guerre trois ans auparavant suggère les années 1920 ; la couverture de la revue que lit Marco au début du film est datée de 1929 et pourrait correspondre aux années 1930..

Synopsis Le film s'ouvre sur le texte suivant, s’affichant en dix langues Ce texte d'introduction est déroulé en dix langues simultanément, dans l'ordre d'affichage suivant, de haut en bas : japonais, italien, coréen, anglais, chinois, espagnol, arabe, russe, français, allemand. Miyazaki a ingénieusement fait se côtoyer les dix traductions, bien qu'elles diffèrent par leur longueur et, pour la langue arabe, par le sens de l'écriture. La traduction française – entre autres – est incomplète et imparfaite, utilisant en particulier des tournures maladroites et une gestion incorrecte des espaces. :

En Italie, durant la période de l'entre-deux-guerres, sur fond de récession économique et de montée du fascisme, Marco Pagot, un ancien pilote émérite du de l'armée royale italienne, se voit transformé en cochon et se reconvertit en chasseur de primes sous le nom de « Porco Rosso ». Vivant sur une île déserte perdue dans l'Adriatique, il écoute à la radio son air préféré, Le Temps des cerises en lisant une revue de cinéma, lorsque son téléphone sonne : les Mamma Aiuto, des pirates de l'air, comptent attaquer un paquebot transportant de l'or. Peu intéressé, Marco s’apprête à raccrocher lorsque son interlocuteur lui précise qu’un groupe d'écolières se trouve à bord, convainquant le cochon d’agir. Celui-ci démarre son hydravion rouge à la manivelle et décolle, mais arrive trop tard ; les bandits ont déjà enlevé l'or et les fillettes ; il s’élance alors à leur poursuite. Essuyant quelques soucis techniques, Marco finit par rejoindre les Mamma Aiuto et engage le combat, les contraignant à amerrir. Le cochon fait un marché avec les pirates : il leur laisse la moitié de l’or, et récupère le reste avec les otages.

À l'hôtel Adriano, établissement fréquenté par les pilotes d'hydravions de la région, bandits, mercenaires et chasseurs de primes, la patronne Gina chante Le Temps des cerises ; une coalition de pirates engage Donald Curtis, un aviateur américain ayant plusieurs trophées à son actif, afin de se débarrasser de Porco Rosso.. Ce dernier amerrit et range son avion le long du quai de l’hôtel, avant de rentrer dans le bar pour commander un verre. Curtis se lève et engage la conversation avec le cochon, qui le met en garde contre une alliance avec les pirates. Fidèle à sa réputation, Gina calme en quelques paroles une bagarre prête à éclater entre ces derniers et Porco. Alors que celui-ci déjeune à une table à part, la maîtresse de maison le rejoint ; elle lui apprend que les restes de son , disparu en Asie trois ans auparavant, ont finalement été retrouvés au fin fond du Bengale. Marco reste le dernier de ses anciens amis pilotes, figurant sur une photo à proximité, et Gina se demande comment le délivrer de son sort et lui rendre une apparence humaine.

Alors que Marco récupère sa paye et passe récupérer des munitions chez son armurier, la coalition des pirates du ciel, accompagnée de Curtis, attaque le Reine de la Méditerranée, un paquebot de luxe. De retour sur son île, Porco constate que son hydravion a besoin d’une révision ; il entend à la radio que les bandits ont pillé le navire et laissé un message à son intention : . Ignorant l'avertissement, il part pour Milan, mais est repéré en chemin par Curtis, qui profite de ses ennuis mécaniques pour l'abattre. L'Américain descend récupérer un morceau de l'avion rouge comme preuve, et repart, sans voir que son rival a pu atterrir sur une île et se cacher. Morte d’inquiétude en apprenant la nouvelle, Gina s’apprête à partir à la recherche de son ami, mais reçoit un coup de téléphone de ce dernier ; au bout de deux jours, il a été récupéré par un bateau, et se dirige vers Milan, sommet du triangle industriel, pour faire réparer son avion, dont le moteur et les ailes ont été détruits. Il lui demande de transmettre un message à Curtis pour lui dire qu'ils se reverront, ce qui met la patronne de l'hôtel Adriano en colère.

Après avoir voyagé par bateau, puis en train, Marco arrive chez Piccolo S.p.A, son manufacturier aéronautique et ami de longue date. Il est accueilli par le tenancier des lieux et sa petite-fille de , Fio. Apprenant que c’est cette dernière qui va s'occuper des plans pour la réparation de son avion, le cochon s’apprête à partir, mais la jeune fille le convainc de rester. Le lendemain matin, Porco s’aperçoit qu'elle a passé la nuit à travailler, et après avoir discuté avec elle, est convaincu qu'elle fera du bon travail. Pour usiner les nouvelles ailes de l'hydravion, Piccolo embauche toutes les femmes de sa famille de ses petites-nièces aux arrière-grand-mères ; avec la crise, tous les hommes sont partis chercher du travail ailleurs. Le vieil homme s'occupe quant à lui du moteur de remplacement, un Ghibli qui a été battu de justesse par Curtis lors d'un rallye, selon lui à cause du mécanicien. Toutes les femmes, et particulièrement Fio, travaillent d'arrache-pied, et l'hydravion est bientôt prêt pour passer les tests de vol.

Parallèlement, Marco rencontre un ancien camarade du corps aéronautique, Ferrarin, qui le met en garde : le nouveau régime fasciste le recherche et veut saisir son avion. Il lui propose de rejoindre l'armée de l'air italienne pour se protéger, mais Porco décline l'offre. Remarquant qu'il est effectivement filé par des agents de la police fasciste, qu'il parvient à semer, le cochon décide de décoller la nuit même, sans procéder aux essais préalables. Alors que les agents commencent à cerner l'entrepôt Piccolo, Fio installe un siège supplémentaire pour accompagner Marco en tant que mécano, afin de procéder aux derniers réglages en vol. Ce dernier proteste, estimant que la place d'une jeune femme n'est pas à ses côtés, mais finit par se laisser convaincre. Tandis que la police fasciste donne l'assaut, ils démarrent le long du Naviglio, pendant que les employés de Piccolo font mine que Marco les a fait travailler de force et a enlevé Fio. Au prix de quelques acrobaties le long du canal, ils parviennent finalement à décoller, et croisent Ferrarin qui les aide à éviter l'embuscade de l'armée de l'air.

À l'hôtel Adriano, Curtis s’introduit dans le jardin de Gina pour la courtiser ; il lui propose de faire du cinéma à Hollywood avec lui pour son projet de film, Le Bouquet de l'Adriatique, avec lequel il espère commencer une carrière d'acteur, dont il compte se servir comme tremplin pour devenir à terme président des États-Unis. La patronne de l'hôtel repousse poliment ses avances et se met alors à lui parler du pari qu'elle s’est fait à elle-même : si Marco vient la rejoindre dans son jardin, elle trouvera le courage de lui avouer ses sentiments. En voyant arriver l'appareil de ce dernier, faisant quelques loopings autour de l'hôtel pour la saluer, elle se souvient de son adolescence avec son ami sur un vieil hydravion baptisé « Adriano ». Surpris qu’elle puisse être amoureuse d’un cochon, Curtis s’insurge, mais est rabroué. Dans l'avion, Fio et Porco parlent de Gina, et la jeune femme se demande si Marco en est épris. Après un arrêt pour faire le plein, ils se dirigent vers le repaire du chasseur de primes.

En arrivant, sur l'île de Porco, le cochon et sa mécano sont surpris par les membres de la coalition des pirates qui les y attendent, par dizaines, armés jusqu’aux dents. Ceux-ci sont surpris par la présence de la jeune fille, d’autant que Marco la présente comme l'ingénieur de Piccolo et en brosse un portrait flatteur. Les bandits décident de détruire le nouvel avion de leur adversaire, mais Fio ne l'entend pas de cette oreille, et leur fait la leçon en leur parlant de l'honneur des pilotes d’hydravions. Décidant de ne pas toucher à son œuvre, les pirates veulent se rabattre sur le cochon, mais la jeune femme les rabroue à nouveau en les accusant d'avoir engagé un pilote étranger et de vouloir maintenant se débarrasser du seul homme capable de restaurer l'honneur des aviateurs de l'Adriatique. Alors que les membres de la coalition discutent, Curtis arrive et les modalités du duel, qui sera organisé par les Mamma Aiuto, sont établies : si l'Américain gagne, Fio devra l’épouser, mais si Marco gagne, son adversaire payera la facture du nouvel hydravion.

Le soir venu, Porco prépare ses munitions pendant que Fio est couchée ; un bref instant, la jeune fille croit le voir avec une tête humaine. Elle lui demande alors si l'embrasser sur la gueule pourrait lui rendre son humanité comme dans l'histoire du prince transformé en grenouille, ce dont il se moque avec dérision. Ayant été bercée dans sa jeunesse par les récits des prouesses de l'aviateur, elle lui demande par la suite de lui raconter une histoire pour s'endormir. Il lui narre alors le jour où, durant le dernier été de la Première Guerre mondiale, il a perdu ses amis dans un combat aérien, dont Berlini qui avait épousé Gina deux jours auparavant. Ayant failli y rester lui-même, il s’est retrouvé au-dessus d’une mer de nuages, où il a eu la vision des avions du combat (camarades et ennemis) rejoignant un grand ruban blanc dans le ciel, comme une sorte de Voie lactée, formé par tous les aviateurs tombés au combat aux commandes de leur appareil.

Le jour du duel arrive ; les Mamma Aiuto ont organisé une kermesse et beaucoup de gens sont là pour assister au combat aérien. Après la présentation des enjeux, les deux aviateurs décollent ; Marco vole au ras de l'eau et laisse l'Américain gaspiller ses munitions, puis parvient à se placer derrière son adversaire avec un triple looping, mais il refuse de tirer, hanté par ses souvenirs de guerre. À l'hôtel Adriano, Gina s'apprête à partir pour assister au duel, mais reçoit un message de TSF adressé par Ferrarin, qui lui annonce que l'armée a localisé Porco et est en route. En l'air, le combat se poursuit, mais la mitrailleuse du cochon est enrayée, et l'Américain n'a plus de munitions. Refusant le match nul, ce dernier sort son revolver, et ils finissent par se lancer tout ce qui leur tombe sous la main. Après avoir amerri, ils continuent le combat dans l'eau à mains nues ; le duel se transforme officiellement en match de boxe, et après quelques rounds, les deux aviateurs ne parviennent pas à se départager, refusant la défaite malgré leurs visages tuméfiés et déformés par les coups. Marco reproche à l'Américain d’être un coureur de jupon invétéré, tandis que Curtis accuse le cochon de vouloir garder Fio et Gina pour lui ; il lui apprend que cette dernière est amoureuse de lui et l'attend depuis des années dans son jardin. À la reprise suivante, les deux hommes tiennent à peine debout. Alors qu'ils s’assomment mutuellement, la patronne de l'Adriano arrive et gronde Porco Rosso, lui demandant s'il compte faire le malheur d’une autre femme. Le reproche a pour effet de remettre le cochon sur pieds, ce qui lui permet de gagner le duel. Cependant, la foule doit se disperser avant l'arrivée de l'armée de l'air, et Gina invite tout le monde à l'hôtel. Le chef des Mamma Aiuto remet l'argent de la facture au vainqueur, et Curtis, bon joueur, admet sa défaite. Malgré les protestations de la jeune femme qui souhaiterait rester sa partenaire, Marco remet Fio à la patronne de l'Adriano en lui demandant de la ramener à une vie honnête ; au moment où elles décollent, la jeune ingénieure de Piccolo embrasse furtivement le cochon sur la gueule. Celui-ci et l'Américain restent seuls sur place et voient l'armée de l'air arriver ; alors qu’ils s’apprêtent à décoller à nouveau pour attirer les militaires loin de l'hôtel, Curtis croit remarquer un changement sur le visage de son rival.