L est une offensive canadienne lancée lors de la bataille de Normandie durant la Seconde Guerre mondiale, entre le 18 et le . Elle a pour objectif de libérer les parties sud et ouest de la ville de Caen, occupées par les forces allemandes. Cette attaque est coordonnée avec l', lancée en même temps. L'opération canadienne démarre bien, grâce à des avancées le long des rives de la rivière Orne près de Saint-André-sur-Orne, mais une attaque lancée par les et Brigades d'infanterie canadiennes contre les positions allemandes bien défendues de la crête de Verrières aboutie à de lourdes pertes et fait de cette offensive une victoire stratégique limitée.
Contexte
La ville normande de Caen est un des objectifs du Jour J pour la d'infanterie britannique qui débarque sur Sword Beach le Williams,p. 24. La capture de la ville, bien « qu'ambitieuse », est décrite par l'historien L. F. Ellis comme l'objectif le plus important du débarquement normand assigné au corps du lieutenant-général Crocker. L' prévoit que la britannique sécurise la ville puis forme une ligne de front depuis Caumont-l'Éventé jusqu'au sud-est de Caen, dans le but de prendre le contrôle des terrains d'aviation et de protéger le flanc gauche de la des États-Unis pendant qu'elle évolue vers Cherbourg Ellis, p. 78. La prise de Caen et de ses environs fournira à la une zone de manœuvre satisfaisante pour ensuite pousser au sud et capturer Falaise, qui pourra alors être à son tour utilisée comme pivot pour basculer vers la droite et avancer sur Argentan puis finalement vers le fleuve Touques Ellis, p. 81. Le terrain entre Caen et Vimont est particulièrement prometteur, ouvert, sec et propice à des opérations offensives rapides. Depuis que les forces alliées surpassent les Allemands en chars et en unités mobiles, faire évoluer la bataille vers une action plus rapide est dans leur intérêt.
Cependant, bloquée par la congestion au niveau de la tête de pont qui a retardé le déploiement de son soutien blindé, et forcée de détourner ses forces afin d'attaquer les positions allemandes solidement tenues le long des de la route menant à la ville, la d'infanterie canadienne est incapable d'attaquer Caen en force, et se trouve donc contrainte à une courte pause dans ses faubourgs Wilmot, pp. 284-286. Les attaques qui s'ensuivent échouent face à l'opposition d'une résistance allemande consolidée; abandonnant l'approche directe, l' (une attaque en tenaille menée par le et le corps britannique Ellis, p. 247) est lancée le , dans l'intention d'encercler Caen depuis l'est et l'ouest Forty, p. 36. Le corps, frappant au sud de la tête de pont sur l'Orne, est stoppée par la 21e Panzerdivision Ellis, p. 250, et l'attaque menée par le corps s'enlise devant Tilly-sur-Seulles, à l'ouest de Caen, face à l'opposition farouche de la Panzer Lehr Division. Dans l'idée de forcer la Panzer Lehr Division à reculer ou à se rendre Ellis, p. 254, et afin de garder un maximum de fluidité dans les opérations menées, la blindée britannique avance grâce à une brèche récemment créée dans la ligne de front allemande, et tente de prendre la ville de Villers-Bocage Taylor, p. 10. La bataille qui s'ensuit voit en une seule journée l'avant-garde de la battre en retraite hors de la ville Taylor, p. 76, mais le la Panzer Lehr Division doit, à son tour, se replier, et le corps capture Tilly-sur-Seulles Forty, p. 97. L'attaque répétée de la blindée ne s'est jamais concrétisée Ellis, p. 255 et les autres opérations offensives sont arrêtées quand, le , une forte tempête s'abat sur la Manche. Cette tempête, qui dure trois jours, retarde de manière significative l'arrivée de renforts alliés Williams, p. 114. La plupart des convois de barges de débarquement et de navires déjà en mer font demi-tour vers les ports en Grande-Bretagne ; les péniches remorquées et autres barges (y compris les de routes flottantes du Port Mulberry A) sont perdues; et pas moins de 800 péniches sont abandonnées sur les plages de Normandie jusqu'aux prochaines grandes marées de juillet Wilmot, p. 322.
Après la tempête, une nouvelle grande offensive est lancée, l' : le corps britannique doit avancer et capturer les hauteurs près de Bretteville-sur-Laize, afin d'encercler Caen Clark, pp. 31-32. Le corps veut attaquer, vers l'ouest de Caen, au sud via la rivière Odon et l'Orne Clark, pp. 32-33. L'attaque est précédée par l' Clark, p. 21 (aussi connue sous le nom d' Ellis, p. 275) qui doit sécuriser le flanc du corps par la capture des hauteurs situées à droite de leur axe de progression. Bien que les Allemands arrivent à contenir l'offensive, ces derniers sont obligés d'engager toutes leurs forces disponibles Hart, p. 108, y compris deux divisions Panzer fraîchement arrivées en Normandie Reynolds (2002), p. 13 et affectées à une offensive planifiée contre les positions britanniques et américaines dans les environs de Bayeux Wilmot, p. 334. Plusieurs jours après, la lance une nouvelle offensive, nom de code , pour prendre le contrôle de Caen. Cette opération inclut une attaque sur Carpiquet, prévue initialement pendant Epsom en tant qu'opération Ottawa Stacey, p. 150 et dorénavant appelée Jackson, p. 60. À la suite d'un assaut frontal, la moitié nord de la ville est capturée Williams, p. 131. Cependant, les forces allemandes tiennent toujours la ville ainsi que la partie sud de la rivière Orne, mais aussi les aciéries de Colombelles qui fournissent un poste d'observation précieux pour les guetteurs de l'artillerie Trew, p. 53.
Planification thumb|left|Verrières et ses environs. Le , le général Montgomery, commandant les forces terrestres Alliées en Normandie, organise une réunion avec les lieutenant-généraux Miles Dempsey et Omar Bradley, respectivement commandant de la britannique et de la américaine à son quartier-général, afin de discuter des prochaines attaques du Groupe d'armées Trew, p. 49 après la fin de l' et l'échec de la percée offensive de la Wilmot, p. 351. Montgomery approuve l' Williams, p. 175, une importante percée qui doit être menée par la le , et ordonne à Dempsey: « attaquez: attirez la puissance allemande, en particulier les forces blindées, sur vous-même - de manière à faciliter l'accès à Brad[Ley] ».
Le programme détaillé de l' est défini le vendredi Jackson, p. 79. Cependant le 15, Montgomery envoie un ordre écrit à Dempsey, afin d'intensifier l'opération. Ces nouveaux ordres font passer l'opération d'une « percée en profondeur à une attaque limitée » Trew, p. 66. L'objectif de l'opération est dorénavant d'« engager les forces blindées allemandes dans le combat et de les « diminuer » à un point tel qu'elles n'aient plus de valeur pour les Allemands » et améliorer ainsi la position de la Ellis, pp. 330-331. Les ordres précisent qu'« une victoire sur le flanc est nous aidera à gagner ce que nous voulons sur le flanc ouest » mais stipulent aussi qu'il ne faut pas mettre en danger les positions de la véritable « place forte » nécessaire au succès des opérations américaines Ellis, p. 331. Montgomery insiste sur le fait que les objectifs du corps canadien sont dorénavant vitaux et que ce n'est qu'une fois qu'ils seront remplis que le corps pourra alors aider si la situation l'exige.
thumb|Une patrouille allemande dans les environs de l'aciérie de Colombelles. Le corps canadien doit lancer une attaque, nommée , sur le flanc ouest du corps pour libérer Caen, au sud de la rivière Orne Stacey, p. 169. Les ordres du corps sont reçus le jour suivant. Les canadiens reçoivent l'ordre de libérer Colombelles ainsi que la portion de Caen encore aux mains des Allemands. Une fois ces zones sous contrôle, le corps devra se préparer à Capturer la crête de Verrières Stacey, pp. 170-171. L'opération Atlantic/Goodwood doit débuter le , deux jours avant le lancement prévu de l' Williams, p. 161.
Les préparatifs détaillés de l' sont confiés au lieutenant-général Guy Simonds du corps canadien, sa première mission en tant que commandant de l'unité Bercuson, p. 222. Simonds prévoit pour cette opération un assaut sur deux fronts, comptant sur la 2 et la d'infanterie canadienne pour capturer Vaucelles, Colombelles, ainsi que la rive opposée de la rivière Orne. Le matin du , la doit traverser l'Orne près de Colombelles, puis continuer vers le sud en direction de la route nationale 158. La , sous le commandement de Charles Foulkes, doit attaquer Caen par le sud-est, et traverser l'Orne pour capturer les faubourgs de Vaucelles. Ils doivent ensuite utiliser Cormelles comme tremplin en vue d'une attaque des hauteurs près de la crête de Verrières, environ cinq kilomètres au sud.
Tête de pont sur l'Orne thumb|right|Vue aérienne des aciéries de Colombelles après le bombardement du 18 juillet. Le matin du , aidé d'un imposant soutien aérien, les éléments avancés de la d'infanterie canadienne capturent Colombelles et Faubourg-de-Vaucelles, villes banlieues industrielles au sud de Caen le long de l'Orne. Au cours de l'après-midi deux compagnies de Black Watch parviennent à traverser la rivière, la Compagnie A perdant au passage une vingtaine d'hommes Copp, The Approach to Verrières Ridge. Des bataillons supplémentaires de la Brigade arrivent à avancer au sud de Saint-André-sur-Orne Copp, Approach to Verrières Ridge. Une fois la rive est de l'Orne sécurisée, les forces des et Brigades d'infanterie canadienne se placent en position en vue d'une attaque de la crête de Verrières, se préparant à engager les forces des 12 et 1 Panzerdivisions SS Jarymowycz, p. 3.
L'attaque de la crête de Verrières
Au cours de la bataille de Caen, les forces du 1er SS-Panzerkorps de Sepp Dietrich ont fait de cette crête de de haut une fortification primordiale, défendue par des centaines de canons, de chars, de Nebelwerfers, de mortiers et mobilisant jusqu'à trois divisions d'infanterie Bercuson, p. 222. À la suite des offensives de l', les Calgary Highlanders ont réussi à établir une position sur Verrières au Point 67, sur l'éperon nord de la crête Copp, Fifth Brigade at Verrières Ridge, p. 2. Le , le , avec le soutien du Queen's Own Cameron Highlanders of Canada et du Sherbrooke Fusiliers Regiment, ainsi que de Hawker Typhoons, prend d'assaut la crête Bercuson, p. 223. Les Cameron Highlanders de Winnipeg attaquent Saint-André-sur-Orne mais sont repoussés par de solides défenses allemandes Canada at War, Opération Atlantic. L'attaque principale se déroule sous une pluie torrentielle, rendant les blindés et l'aviation inutiles et l'infanterie commence à faiblir dans la boue. Sans soutien, les South Saskatchewans perdent 282 hommes face aux tenaces défenseurs allemandsScislowski. Conséquence de cet échec, deux Panzerdivisions SS contre-attaquent, obligeant les forces canadiennes à battre en retraite derrière leurs positions initiales. La contre-attaque frappe aussi fortement le bataillon de soutien, le Essex Scottish Regiment Tank Tactics, p. 132. Au cours de cette seule journée, le régiment va perdre près de 300 hommes Bercuson, p. 224. Le , le général Guy Simonds envoie le Black Watch Regiment et le Calgary Highlanders afin de stabiliser le front le long de la crête de Verrières. Les deux régiments, avec le soutien de la d'infanterie canadienne, arrivent à stopper les contre-attaques des deux Panzerdivisions SS, mais subissent de lourdes pertes.
Bilan pertes Alliées furent dénombrées au cours de l', dont la majorité appartenant aux et Brigades d'infanterie canadiennes Zuehlke, p. 166. L'échec de la prise de la crête de Verrières poussa Montgomery à ordonner une nouvelle offensive le prévue dans les jours qui suivirent<ref> Copp, Approach to Verrières Ridge</ref>, celle-ci se devant d'être une « attaque victorieuse », en coordination avec l'. Le général Guy Simonds prépara en conséquence les plans de l'. Concernant le bilan des pertes, les affirmations contemporaines sur la bataille de la crête de Verrières font état de plus de 2600 victimes canadiennes jusqu'à sa conclusion le .
Notes et références
Bibliographie