Louis de Sancerre (1341 ou 1342 - ) est un chef militaire français durant la guerre de Cent Ans au service des rois et , nommé Connétable de France, il est plus connu sous le nom de maréchal de Sancerre.

Biographie Enfance Louis de Sancerre est le deuxième fils du comte et de Béatrix de Pierrepont de Roucy. Lors de son baptême, il eut pour parrain son grand oncle Louis de Sancerre, seigneur de Sagonne, de Charpigny, Assigny et Villaubon. Il n'avait que 4 ans lorsque son père fut tué en 1346 à la bataille de Crécy. Il fut élevé sur ordre du roi Philippe de Valois avec les enfants de son fils le duc de Normandie.

Carrière militaire Premières armes La Guerre de Cent Ans fait rage depuis 1337.

Le , à 17 ans, il fit ses premières armes au siège de Melun, avec le dauphin Charles, attira par sa bravoure l'attention du connétable Bertrand Du Guesclin, et de ce moment devint l'ami de ce grand hommeDictionnaire encyclopédique par M. Ph. Le Bas, tome douzième, .

Louis de Sancerre fit montre à Selles-en-Berry, le ..

Sur les terres familiales, il participa en 1364 à la défense victorieuse du château et la ville de Sancerre, attaqués par une compagnie menée par le capitaine anglais et chef de compagnie Jean Aymery, à côté de ses frères Jean et RobertJehan Froissart, Chroniques, livre troisième, , Comment plusieurs capitaines anglois et autres gens de Compagnies furent déconfits devant la ville de Sancerre..

300px|thumb|La reconquête par des territoires concédés au traité de Brétigny.

Compagnon d'armes de Du Guesclin (1368-1380) Louis seconda du Guesclin et Olivier de Clisson dans la reconquête de la Guyenne. Il rendit de grands services au roi qui le créa maréchal de France le pour protéger Paris, sa capitale menacée par des compagnies gasconnes et anglaises. Le roi le nomma ensuite commandant de l’armée de Guyenne. On le connaît dès lors sous le nom de maréchal de Sancerre.

Louis est retenu pour servir aux guerres de Berry et d'Auvergne par lettre du .

En 1369, Louis força le comte de Pembroke à se retirer avec ses gens dans un village du Poitou nommé Puyrenon. Surpris par les Français du maréchal Louis de Sancerre, le comte n'eut que le temps de se barricader à l'Hôpitault. Jacques de Surgères accompagna le comte de Pembroke dans la chevauchée qu'il fit, en 1369, contre le vicomte Louis de Rochechouart et lorsqu'il fut surpris à Purnon par (…) de Sancerre.Les Chroniques de Sire Jean Froissart/, /.

Pour contrer l'avance de Knolles, Du Guesclin et Sancerre forment chacun une armée (à Caen et à Vendôme).

Le , Louis de Sancerre, en compagnie de Jean, duc de Berry, part de Bourges en direction de Limoges.

Le , Guesclin attaque par surprise, au petit matin, les Anglais de Thomas de Grandson (600 à ) sur le Loir. Sancerre est encore à quelques heures de là; quand il apprend le succès de Pontvallain, il file au sud vers le corps armé anglais de Walter Fitzwalter, baron FitzWalter, qui se replie sur Vaas. FitzWalter n'a pas le temps de placer son armée et est sèchement battu par Sancerre; Guesclin arrive sur la fin, pour compléter la victoire..

Louis de Sancerre commandait en Touraine l'armée, où figurait aussi son frère le comte de Sancerre, destinée à secourir Moncontour prise en 1370 par les Poitevins alliés aux Anglais.

Louis de Sancerre passa montre le à Tours, avec 21 chevaliers bacheliers et 58 écuyersRegistres des comptes municipaux de la ville de Tours - 1878 - . pour faire la guerre en PoitouŒuvres de Jean Froissart, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique - 1876 - p. Louis de Sancerre combat, en 1372, les Anglais en Limousin, Guyenne, Languedoc et délivre Sainte-Sévère par un siège victorieux mis en place dans les premiers jours de juillet avec les ducs de Berry et de Bourbon, et Du Guesclin. Il met 144 hommes d'armes en garnison au château d'Aisse en Limousin et y fait montre le Revue des questions héraldiques, archéologiques et historiques / dir. Oscar de Poli; Éditeur : [s.n.] (Paris), Édition : 1898-1907. Le , il arriva à Limoges, ville reprise par le Prince Noir après un bref siège du 14 au . Il y loge aux Jacobins. Il reçut les révérences des consuls et bourgeois. Louis somma tant les consuls que les habitants de se soumettre à l'obéissance du roi comme ils l'avaient promis. Après le serment des bourgeois et des habitants de la ville, le maréchal entra dans la ville avec ses gens, enseignes déployées, et il fit mettre les bannières du roy de France aux portes de LimogesAnnales manuscrites de Limoges dites « manuscrit de 1638 », notice n°: FRBNF37282450.

En 1375, Louis prend Cognac, Saint-Sauveur-le-Vicomte et combat les Compagnies, et les seigneurs d'Auvergne qui se livrent au brigandage. Le château de Grignols est assiégé et pris par le maréchal de Sancerre en 1376Guy Penaud, Dictionnaire des châteaux du Périgord, éditions Sud Ouest, 1996, , p. 136.. La compagnie de Louis de Sancerre est reçue à Périgueux, le .. Le , Louis, dans une lettre adressée au sénéchal d’Angoulême, ordonna qu’il fût fait une levée d’argent pour compléter l’expulsion des ennemis anglaisArchives nationales, Paris, série P., 1403. En juillet et août 1377, lors d'une nouvelle campagne en Guyenne, le duc d'Anjou et Sancerre enlèvent 134 villes et forteresses. Fin juillet, l'armée se regroupe à Poitiers avec plus de ; ils partent le août, passent par Nontron, Brantôme, Bourdeilles (prise après sept jours de siège), Périgueux, et arrivent devant Bergerac le qui tombera le . Les Chroniques de Froissart nous disent comment, lors du siège de Bergerac par Du Guesclin… « le seigneur de Duras, Galhard, a été fait prisonnier par le maréchal de Sancerre, avec lui, les seigneurs, de Madaillan, sire de Rauzan, Bérard d’Albret de Langoiran et Raymond de Montault de Mussidan »Peña, Nicole de. Documents sur la maison de Durfort. Bordeaux, 1977. , cédés au duc d’Anjou d’or, le . Sainte-Foy et Castillon sont prises le 20, la citadelle de Saint-Macaire tombe le , Langon, le et Duras, le 27.

Au commencement d', le maréchal de France et son lieutenant Pierre de Mornay, sénéchal de Périgord, étant à Sarlat avec nombre de gens de guerre, apprirent que les Anglais des garnisons du fort de Vitrac, de Monvalen, de Millac, Paluel et autres, font dessein de les attaquer en chemin et, pour avoir des forces davantage, prennent de Sarlat un bon nombre d'hommes et écrivirent au sieur de Beynac qui vient avec soixante hommes bien armés. Ils vont se loger en embuscade près de Salagnac où ils savaient que les Anglais devaient passer. Ils partent en deux troupes, le maréchal en commandait l'une et le sénéchal, avec le sieur de Beynac, l'autre. Les Anglais ne manquent point de venir et s'engager entre les deux troupes où ils sont chargés si brusquement et si courageusement par les Français qu'une grande partie demeure sur placeLes Chroniques de Jean Tarde, Contenant l'histoire religieuse et politique de la ville et du diocèse de Sarlat, depuis les origines jusqu'aux premières années du , p.144.

En 1379, la forteresse de Châlucet, proche de Solignac et de Limoges, est aux mains de la bande du brigand Paya Negra. Selon les Annales manuscrites, pour les en chasser, la ville dut mobiliser hommes et finances en 1380. Cette même source semble indiquer que Bertrand Du Guesclin aurait participé à l’expédition contre les routiers de Châlucet, aux côtés de Louis de Sancerre.

La mort de Du Guesclin En juillet 1380, Louis est présent au siège de la forteresse de la baronnie de Châteauneuf-de-Randon, où il seconde le connétable Du Guesclin. Ce dernier sentit son état « Je viens, dit-il au maréchal de Sancerre, d'examiner, en considérant cette épée, si j'ai manqué à la bien employer; j'avoue que d'autres que moi en auraient fait meilleur usage, mais personne n'aurait eu des intentions plus pures ; je ne regrette en mourant que de n'avoir pas chassé tout à fait les Anglais du royaume, comme je l'avais espéré ; Dieu en a réservé la gloire à quelque autre qui en a sera plus digne que moi ; c'est peut-être à vous, monsieur le maréchal, que le Ciel en fera la grâce ; je le souhaite et vous regarde comme l'homme du royaume à qui l'honneur en appartient principalement » Ensuite il se fît découvrir la tête et dit au maréchal : « Recevez-la de ma main, et je vous supplie, en la rendant au roi, de lui exprimer toute ma reconnaissance de ses bienfaits, et mes regrets des fautes que je pourrais, par imprudence, avoir faites contre son service, mais qui n'ont jamais été volontaires ; assurez-le que je meurs son serviteur, et le plus humble de tous. Il embrassa tendrement ce seigneur, qui reçut l'épée, fondant en larmes, et tous les assistants comme lui. Puis s'adressant aux vieux capitaines dont son lit était environné : « Mes chers compagnons, vous voyez mon état, et que la mort qui me surprend me laisse privé de ce que j'aurais voulu faire pour vous ; mais que cela ne vous décourage pas : si je ne puis plus parler au roi en votre faveur, que vos services parlent pour vous, continuez de le bien servir ; il est juste et généreux, et je compte qu'il vous récompensera comme vous l'avez mérité. Mais avant de mourir, je veux dire encore une parole que je vous ai dite mille fois : souvenez-vous que, partout où vous ferez la guerre, les ecclésiastiques, le pauvre peuple, les femmes et les enfants ne sont point vos ennemis ; que vous ne portez les armes que pour les défendre et les protéger ; je vous l'ai toujours recommandé ainsi, et je vous le répète pour la dernière fois, en vous disant mon dernier adieu, et me recommandant à vous. »

Alors que le maréchal de Sancerre s'était avancé sur les bords du fossé de la forteresse assiégée, et avait sommé le gouverneur de rendre la place: ce dernier répondit qu'il avait donné sa parole à Du Guesclin et qu'il ne se rendrait qu'à lui. Alors de Sancerre avoua que le connétable venait de décéder. « Eh bien ! reprit le gouverneur, je porterai les clefs de la ville sur son tombeau. »

Louis de Sancerre fit préparer la cérémonie d'enterrement du connétableLe château de Randon et Bertrand Du Guesclin.

La reconquête de la Guyenne Puis, le maréchal de Sancerre s’avança en Guyenne et mit le siège devant Montguyon, à une journée de marche de Libourne. Il assiste le au sacre de dans la cathédrale de Reims; et le jour du festin royal, on le vit avec Clisson, La Trémouille et Goucy servir le roi à table, tous les quatre armés de pied en cap.

À la suite de la mort de Du Guesclin, il reçut le commandement des armées du jeune roi en Guyenne, en 1381, pour la défendre des Anglais.. Vers 1381, Pons de Langeac est capitaine en Auvergne sous ses ordresAutrand, Françoise, Jean de Berry, Paris, Fayard, 2000...

Campagne en Flandre et à Paris

Lors des États provinciaux de Clermont, convoqués le , Louis de Sancerre, Maréchal de France, fut chargé de reprendre les forteresses prises par les Anglais moyennant payées par les trois états..

Au combat du Pont de Comines, en 1382, Louis de Sancerre, conduisant une petite troupe de cavaliers français, attaque un grand nombre de Flamands. En parlant de ce combat, Froissart dit : « Là crioit-on : Saint Py, Laval, Sancerre, Anguien ! et autres cris qu’ils crièrent dont il avoit gendarmes ». Le , il commande l’avant-garde française à la bataille de Roosebecke où il subit, comme la bataille de son souverain, les coups de la puissante artillerie flamande. La victoire appartient cependant à l’armée française.

En 1383, lors de troubles à Paris, lorsque leur avant-garde eut brisé la porte Saint-Denis, Sancerre et le sire de Coucy firent arracher de leurs gonds trois autres portes de Paris, entre celle-ci et celle de Saint-Antoine, afin que toutes manières de gens d'armes pussent entrer de jour et de nuithttp://barisis.free.fr/castelaisne/Ulauss.PDF.