Le dichloroisocyanurate de sodium (ou DCCNa, également troclosène sodique selon la Dénomination commune internationale) est une source stable de chlore libre. Il est utilisé comme désinfectant, biocide antibactérienBloomfield S.F & MILES G.A (1979) The antibacterial properties of sodium dichloroisocyanurate and sodium hypochlorite formulations. Journal of applied microbiology, 46(1), 65-73., anti-algue et désodorisant industriel. Ce composé hétérocyclique dérive de la triazine et est produit par action du chlore sur l'acide cyanurique.
C'est un sel de sodium de l'acide dichloroisocyanurique, soluble dans l'eau. Il réagit avec l'eau, l'urée, l'ammoniac, les agents réducteurs et les bases fortes. De couleur blanche, il est proposé en granules, poudre ou pastilles, pour des usages professionnels ou pour le grand public.
Il constitue le chlore choc utilisé comme biocide pour la désinfection de l'eau des piscines. (Le chlore lent correspond à l'acide trichloroisocyanurique). Il est également utilisé, sous l’appellation de "javel en pastille" ou "pastille javel", comme substitut solide de l'eau de javel (solution aqueuse d'hypochlorite de sodium, NaClO, dont le principe actif est l'ion hypochlorite ClO−, faible biocide et fort oxydant), car dans l'eau, sa décomposition produit également l'ion hypochlorite, en deux temps : il se décompose d'abord en acide hypochloreux HOCl et cyanurate de sodium C3Cl2N3O3Na + 2·H2O → C3H2N3O3Na + 2HOCl l'acide hypochloreux, acide faible avec une constante d'acidité de 7,5, est en équilibre avec l'ion hypochlorite (l'équilibre dépendant du pH, il est déplacé vers la droite lorsque le pH est supérieur à 7,5 et vers la gauche lorsqu'il est inférieur. Lorsque l'effet biocide est recherché il faut privilégier un pH de l'ordre de 7,4 (7,2-7,5) favorable à la formation de l'acide hypochloreux, qui est plus puissant que l'ion hypochlorite. Par exemple, avec un pH de 8,2, il faudrait pour avoir le même effet bactéricide que à pH = 7,4Arpège : Le traitement des eaux de piscine.) HOCl ClO− + H+ Le cyanurate joue un rôle de stabilisant (se décomposant à son tour en partie en acide cyanurique (CNOH)3 ) en protégeant l'acide hypochloreux HOCl et l'ion hypochlorite ClO− d'une décomposition par les ultraviolets.
La décomposition n'a pas d'effet significatif sur le pH de l'eau.
Les mêmes précautions que pour l'eau de javel sont à prendre : l'action d'un acide va libérer du chlore, potentiellement toxique en fonction des quantités, selon la réaction 2 + + + .
Sécurité Ce produit est toxique par ingestion ou par inhalation des gaz qu'il produitWiel, E., Sicot, J., Leteurtre, S., Binoche, A., Nisse, P., & Assez, N. (2013). Œdème pulmonaire lésionnel par intoxication au dichloro-isocyanurate de sodium. Archives de pédiatrie, 20(4), 375-377. et donc à maintenir hors de portée des enfants. Il doit être impérativement stocké dans des locaux bien ventilés, dans des contenants hermétiques, à l'abri de l'humidité et de toute source de chaleur ou d'ignition, et éloigné des aliments et des produits alimentaires et des matières incompatibles.
Pour les conditions de stockage et d'utilisation, se reporter à la Circulaire DGS/SD 7 A/DRT/CT 4 n° 2003-47 du 30 janvier 2003 relative aux risques d'incendie ou d'explosion lors du stockage et/ou de l'utilisation de produits de traitement des eaux de piscine.
En cas d'ingestion, il convient de rincer la bouche, de ne pas faire vomir, mettre au repos et consulter un médecin. En cas de contact avec les yeux, il convient de rincer d'abord abondamment à l'eau pendant plusieurs minutes (retirer si possible les lentilles de contact), puis de consulter un médecin. En cas de contact avec la peau, il faut retirer les vêtements contaminés, rincer la peau abondamment à l'eau ou prendre une douche et consulter un médecin.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Bloomfield S.F & Uso E.E (1985) The antibacterial properties of sodium hypochlorite and sodium dichloroisocyanurate as hospital disinfectants. Journal of Hospital Infection, 6(1), 20-30|résumé. Bloomfield S.F & Arthur M (1992) Interaction of Bacillus subtilis spores with sodium hypochlorite, sodium dichloroisocyanurate and chloramine‐T. Journal of Applied Microbiology, 72(2), 166-172|résumé. Clase T & Edmondson P (2006) Sodium dichloroisocyanurate (NaDCC) tablets as an alternative to sodium hypochlorite for the routine treatment of drinking water at the household level. International journal of hygiene and environmental health, 209(2), 173-181. Coates D (1988) Comparison of sodium hypochlorite and sodium dichloroisocyanurate disinfectants: neutralization by serum. Journal of Hospital Infection, 11(1), 60-67|résumé Coates D (1996) Sporicidal activity of sodium dichloroisocyanurate, peroxygen and glutaraldehyde disinfectants against Bacillus subtilis. Journal of Hospital Infection, 32(4), 283-294|résumé. Heling I, Rotstein I, Dinur T, Szwec-Levine Y & Steinberg D (2001) Bactericidal and cytotoxic effects of sodium hypochlorite and sodium dichloroisocyanurate solutions in vitro. Journal of endodontics, 27(4), 278-280|
Catégorie:Désinfectant Catégorie:Sel organique de sodium Catégorie:Triazine Catégorie:Chloramine Catégorie:Cétone Catégorie:Biocide