vignette|right|250px|La Maison d'adoration bahá'íe (Wilmette, Illinois) de nuit
Une Maison d’adoration bahá’íe, également appelée temple bahá’í, est un lieu de culte propre à la foi bahá’íe. Elle est aussi désignée par le terme Mashriqu’l-Adhkár (en arabe : « lieu où se lève le souvenir de Dieu »).
Ces édifices se caractérisent par une architecture à neuf côtés, généralement entourée de neuf jardins et allées, en référence à la valeur symbolique du nombre neuf, associé à l’unité et à l’accomplissement dans la tradition bahá’íe. À l’intérieur se trouve une salle de prière dont l’orientation est dirigée vers le mausolée de Baháʼu'lláh situé à Bahjí près d'Acre, en Israëll'endroit le plus saint pour les adeptes de la foi bahá’íe.
Les Maisons d’adoration sont ouvertes à tous, bahá’ís ou non, tout au long de la semaine, pour la prière et le recueillement ; certaines proposent également des réunions dévotionnelles régulières. Des textes sacrés issus de différentes religions peuvent y être lus ou chantés, mais les sermons, les rituels formels et les textes non scripturaires y sont exclus. Dans plusieurs cas, des chœurs interprètent des compositions inspirées des écrits baha’is.
Fonction Le Mashriqu’l-Adhkár est une institution ordonnée par Bahá'u'lláh dans le Kitāb-i Aqdas pour que les bahá’ís puissent y célébrer les louanges de Dieu. Le "Gardien" Shoghi Effendi (1897-1957) parle de cette institution comme de « la couronne de chaque communauté baha'ie »Shoghi Effendi : "Baha'i Administration", page 108.
Bien que le Mashriqu’l-Adhkár soit, en apparence, un édifice matériel, ʻAbdu'l-Bahá souligne qu’il exerce une influence spirituelle en renforçant l’unité des cœurs et en servant de centre communautaire pour les âmes humaines. Il affirme que les villes où un tel temple est élevé bénéficient de sécurité, de constance et de paix grâce à la glorification continuelle de Dieu qui s’y déroule, et que même une simple maison désignée comme Mashriqu’l-Adhkár produit déjà des effets significatifs.
Une maison d’adoration, destinée à devenir dans chaque ville le cœur social et spirituel de la communauté bahá’íe, répond à plusieurs critères. Son édification et sa décoration doivent être aussi soignées que possible, sans images ni effigies. Elle adopte un plan à neuf côtés comportant neuf entrées — le nombre neuf étant associé, dans la numération abjad, au mot « bahá’ », et peut être surmontée d’une coupole `Abdu'l-Bahá : "The Promulgation of Universal Peace", édité par Bahá'í Publishing Trust (Wilmette, Illinois, États-Unis, 1982), 71, . La Maison d’adoration est exclusivement consacrée à la louange de Dieu, en particulier à l’aube ; les rituels et sermons y sont proscrits et seuls des écrits sacrés peuvent être lus, sans utilisation de chairenote 168. Les instruments de musique n’y sont pas admis, mais le chant est autorisé dans toute langueArmstrong-Ingram, R. Jackson : "Considerations in Setting Sacred Text to Music for the Mashriqu'l-Adhkar". Enfin, elle est conçue comme le centre d’un ensemble d’institutions à vocation sociale, humanitaire, éducative et scientifique (hôpital, dispensaire, maison d’accueil pour les voyageurs, école pour les orphelins, établissement d’études supérieures, etc.), destinées à procurer soulagement, subsistance, abri, consolation et éducationcitation de Shoghi Effendi dans la note 53Sélection des écrits de `Abdu'l-Bahá, chapitre 64, 99.
Maisons d’adoration continentales
Wilmette (États-Unis) vignette|250px|gauche|le "Temple-Mère" de l'Amérique du Nord La Maison d'adoration bahá’íe de Wilmette (Illinois, États-Unis) est située dans les faubourgs nord de Chicago, sur le bord du lac Michigan. C'est le plus ancien et le plus grand des édifices existants et il est considéré comme le "Temple-Mère" de l'Amérique du Nord. C'est `Abdu'l-Bahá lui-même qui en posa la première pierre en 1912, et il fut achevé en 1953. L'édifice fut dessiné par l'architecte canadien Jean-Baptiste Louis Bourgeois (1856-1930) et réalisé en béton et en quartz blanc ; sa coupole reçut de nombreux prix architecturaux et est citée dans le "Registre national des lieux historiques" des États-Unis.
Dans une Tablette, ‘Abdu’l‑Bahá souligne la portée internationale et spirituelle du projet : « De tous les pays du monde […] chacun apporte sa contribution […] Ceci n’est possible que grâce au pouvoir de l’alliance de Dieu. » Il décrit également la vocation du Mashriqu’l-Adhkár comme centre de prière ouvert à tous, entouré d’institutions à caractère social : « Les portails seront grand ouverts au genre humain […] avec amour », et « l’édifice central sera consacré à la prière et à l’adoration », en complément d’activités éducatives et philanthropiques.
En 1951, les administrateurs du temple ont confié à l’architecte paysagiste Hilbert Dahl la conception d’un aménagement paysager décrit comme un « jardin aquatique luxuriant », destiné à mettre en valeur le temple orné à dôme blanc. Les jardins ont été conçus afin de renforcer le caractère spirituel du site, en offrant un espace de transition propice au recueillement entre l’environnement urbain animé de Chicago et le temple. L’achèvement de l’aménagement paysager a coïncidé avec la dédicace du temple en 1953, lequel constituait alors, pour une période, l’unique édifice baháʼí d’importance dans le monde.
Kampala (Ouganda) vignette|250px|Le temple bahá’í de Kampala, site culturel national de l'Ouganda|droiteLe "Temple-Mère" de l'Afrique est situé en Ouganda sur la colline Kikaya dans les faubourgs de la capitale Kampala. Les plans furent dessinés par Charles Mason Remey. La première pierre fut posée en janvier 1958 et il fut dédicacé le .
Sydney (Ingleside, Australie) vignette|250px|Maison d'adoration bahá’íe à Sydney, en Australie|gaucheLe "Temple-Mère" d'Australie est situé dans une zone naturelle ("bush") de ² à Ingleside (Nouvelle-Galles du Sud), dans les faubourgs Nord de Sydney à côté de l'océan Pacifique. Les plans furent dessinés par Charles Mason Remey. Elle fut achevée en 1961 à partir de béton et de bois dur local. Ce temple pouvant contenir 600 personnes fut menacé par un gigantesque feu de brousse en 2005-06, qui s'en approcha mais ne l'atteignit pas.
Francfort (Hofheim-Langenhain, Allemagne) 250px|droite|Maison d'adoration bahá’íe près de Francfort, en AllemagneLe "Temple-Mère" de l'Europe est situé à la bordure Sud des monts Taunus dans le village de Langenhain, qui appartient à la commune de Hofheim, entre Francfort-sur-le-Main et Wiesbaden (Hesse). Les plans furent dessinés par Teuto Rocholl et il fut achevé en 1964.
Panama (Panama) vignette|gauche|250px|Maison d'adoration bahá’íe au PanamaLe "Temple-Mère" de l'Amérique latine est situé au Panama sur une haute falaise nommée "Cerro Sonsanate" (la colline qui chante) au-dessus de la ville de Panama. Les plans furent dessinés par Peter Tillotson et il fut achevé en 1972. Il est édifié avec des pierres locales et orné de dessins faisant référence à la culture indigène de l'Amérique centrale.
Tiapapata (Apia, îles Samoa) 250px|droite|vignette|Maison d'adoration bahá'íe de Tiapapata, aux SamoaLe "Temple-Mère" de l'Océanie est situé à de Apia dans les îles Samoa. Les plans furent dessinés par Hossein Amanat et il fut dédicacé en 1984 par le roi samoan Malietoa Tanumafili II, qui était le premier monarque régnant bahá’í. Sa structure est entièrement ouverte aux alizés.
Delhi (Inde)
vignette|gauche|250px|La Maison d'adoration bahá’íe en IndeLe "Temple-Mère" du sous-continent indien est situé dans le quartier de Bahapur à New Delhi, à proximité de Nehru Place. Conçu par l'architecte iranien (de nationalité canadienne) Fariborz Sahba, et il fut dédicacé en décembre 1986. le projet structurel fut confié au bureau britannique Flint and Neill sur une période de dix-huit mois. La construction fut réalisée par ECC Construction Group de Larsen & Toubro pour un coût de 10,56 millions de dollars.
La forme de l'édifice s'inspire de la fleur de lotus, dont la symbolique — pureté, spiritualité et connaissance — revêt une signification particulière dans le contexte religieux et culturel indien. Il est composé de 27 pétales indépendants, habillés de marbre blanc extrait du mont Pentélique en Grèce — la même pierre que celle utilisée pour le Parthénon et d'autres monuments antiques —, disposés en groupes de trois pour former neuf côtés, conformément aux prescriptions des écrits bahá’ís sur l'architecture des lieux de culte. La salle centrale, haute de 34,3 mètres, peut accueillir 1 300 personnes assises et jusqu'à 2 500 au total, et ses neuf portes s'ouvrent sur l'extérieur.
Le domaine, d'une superficie de 10,5 hectares, comprend neuf bassins et des jardins paysagers qui encadrent symétriquement l'édifice. Une partie du budget de construction fut préservée et consacrée à l'établissement d'une serre destinée à étudier les plantes et fleurs indigènes adaptées au site. Un centre éducatif a été aménagé à proximité du temple en 2017.
En matière d'empreinte environnementale, le temple est le premier lieu de culte de Delhi à avoir recours à l'énergie solaire, avec 120 kilowatts fournis par des panneaux photovoltaïques sur un total de 500 kilowatts consommés. Comme d'autres monuments en marbre de la ville, il est toutefois affecté par la pollution atmosphérique, qui provoque un jaunissement progressif de sa surface.
Santiago (Chili) vignette|250px|droite|Maison d'adoration bahá’íe d'Amérique du Sud, Santiago, ChiliLe "Temple-Mère" de l'Amérique du Sud situé dans le quartier de Peñalolén, en contreforts des Andes à 980 mètres d'altitude, est le premier temple bahá’í d'Amérique du Sud. Conçu par le cabinet canadien Hariri Pontarini Architects, lauréat du concours de conception en 2003, le bâtiment a été inauguré après une période de construction commencée en 2012. Le plan circulaire de 30 mètres de diamètre est divisé en neuf travéesle chiffre neuf étant sacré dans la foi bahá'íechacune dotée d'une entrée, symbolisant le caractère universel et accessible de la foi. L'enveloppe extérieure est composée de panneaux de verre moulé de 32 millimètres d'épaisseur, tandis que l'enveloppe intérieure est revêtue de marbre portugais translucide. Afin de répondre aux risques sismiques propres au Chili, les fondations reposent sur des isolateurs sismiques composés de disques en acier inoxydable et en Téflon, un système développé en collaboration avec l'université de Toronto et l'université catholique du Chili. Situé entre la ville et les montagnes, le temple est entouré de jardins et de sentiers offrant une vue panoramique sur Santiago et la cordillère des Andes, et il avait déjà attiré plus de 40 000 visiteurs de diverses confessions religieuses quelques mois après son inauguration. Situé entre la ville et les montagnes, le temple est entouré de jardins et de sentiers offrant une vue panoramique sur Santiago et la cordillère des Andes, et il avait déjà attiré plus de 40,000 visiteurs de diverses confessions religieuses quelques mois après son inauguration. EXP, l’une des plus grandes firmes privées d’ingénierie au Canada, a fourni les services de génie des structures et de science du bâtiment pour ce projet, notamment la conception de l’enveloppe et de son système d’ancrage, ainsi que l’intégration de dispositifs d’isolation parasismique à la base de la structure. Compte tenu de la complexité de l’interaction entre la structure et son enveloppe de pierre et de verre, EXP a également été chargée de la construction de la structure, et le projet a reçu plusieurs prix internationaux de conception architecturale, dont le prix d’excellence pour l’innovation en architecture 2017 et le prix international 2019 de l’Institut royal d’architecture du Canada.
Maisons d’adoration nationales Maisons d’adoration (République démocratique du Congo)