Un savigny-lès-beaune est un vin français d'appellation d'origine contrôlée, produit sur une partie de la commune de Savigny-lès-Beaune, en Côte-d'Or.

Il s'agit d'une des appellations communales du vignoble de la côte de Beaune, située entre les aires de production du pernand-vergelesses et de l'aloxe-corton au nord, du chorey-lès-beaune à l'est et du beaune au sud.

Histoire Début du vignoble On attribue à la période romaine l'implantation de la viticulture dans l'actuelle Bourgogne ; plusieurs fouilles archéologiques la prouvent pour la fin du , notamment celle à Gevrey-Chambertin en 2008-2009 (au lieu-dit « Au-dessus de Bergis », interprétée comme étant les restes d'une vigne en pergolette sur plaine argileuse).. Ce vignoble de plaine se serait implanté sur le coteau seulement à partir du haut Moyen Âge, avec aménagement progressif d'un parcellaire délimité par des haies, des murs, des murgers et des chemins..

vignette|gauche|redresse=0.7|Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne. À partir du , l'implantation du christianisme favorise l'extension de la vigne par la création de domaines viticoles par les institutions ecclésiastiques.. L'important château du signale les prétentions légitimes du nom. Le vin de cette commune avait la préférence du Saint-Père, car il s'en consommait beaucoup au Vatican.. En l'an 1395, Philippe le Hardi décida d'améliorer la qualité des vins et interdit la culture du gamay au profit du pinot noir sur ses terres. Cet ordre, renouvelé plusieurs fois ce qui fait douter de son efficacité, n'empêche pas le gamay et d'autres cépages d'être massivement cultivés, notamment en-dehors des meilleures parcelles du coteau, produisant des vins de consommation courante. À la mort de Charles le Téméraire, le vignoble de Bourgogne fut rattaché au royaume de France, sous le règne de Louis XI.

Période moderne En 1700, l'intendant Ferrand rédigea un Mémoire de la Bourgogne pour l'instruction du dauphin Louis (qui avait le titre de duc de Bourgogne ; c'est le petit-fils de Louis XIV et le père de Louis XV), indiquant que dans le duché les vins les meilleurs provenaient des , et . Six exemplaires sont conservés à la bibliothèque municipale de Dijon, sous les cotes ms 724, 725, 726, 792, 1051 et 1064 ; il a été réédité et analysé : ..

En 1728, Claude Arnoux décrit le savigny comme un vin de primeur, cas de tous les vins de la côte de Beaune d'alors :

En 1778, Claude Courtépée et Edme Beguillet mentionnent dans leur ouvrage que , ..

En 1816, André Jullien indique : , .. En 1831, le vignoble de la commune de Savigny comprenait de gamay, complétés par de noiriens (l'ancien nom du pinot noir), .. Dans les décennies 1830 et 1840, la pyrale se multiplie et ses chenilles dévorent les feuilles de la vigne. Elle est suivie à partir de 1850 d'une maladie cryptogamique, l'oïdium., un champignon qui se développe sur les feuilles : les viticulteurs luttent contre lui depuis 1854 en aspergeant les vignes de soufre utilisé contre fongicide (soufrage).

En 1855, l'ouvrage de Jean Lavalle, Émile Delarue et Joseph Garnier classent comme ; comme « première cuvée » les Jarrons, les Narbantons, les Marconnets-Hauts et Bas, les Guettes, Aux Gravains et les Lavières ; comme « deuxième cuvée » les Vergelesses-Hautes, les Peuillets, Aux Cloux, Aux Serpentières, Aux Pointes, Aux Petits-Liards, Aux Grands-Liards, Es Canardières ou Canardises, les Rouvrettes, les Charnières et le Pimentier ; comme « troisième cuvée » les Saucours, le Moulin-Moyne, En Redrescul, les Bourgeots, la Champagne, les Planchots-de-la-Champagne, les Planchots-du-Nord, aux Liards, Aux Godeaux, Aux Champs-Chardons-Dessus, les Grands et Petits-Picotins. ; ils terminent leur classement en indiquant :

vignette|redresse=2|Carte du vignoble de Savigny selon le classement de 1861 : la première classe de vins est en rose, la deuxième classe en jaune, la troisième classe en vert. En 1861, le Comité d'agriculture de l'arrondissement de Beaune, préparant l'Exposition universelle de 1862, hiérarchise de sur la commune de Savigny, dont en (Aux Gravains, Basses-Vergerlesses, Bas-Marconnets et les Jarrons en entier ; Aux Cloux, Aux Serpentières, les Lavières, Aux Fournaux, Aux Vergelesses, les Talmettes, les Charnières, Aux Guettes, les Narbantons, les Peuillets, les Hauts-Marconnets et Hauts-Jarrons en partie), en (les Pimentiers, Aux Pointes, Aux Petits-Liards, Aux Grands-Liards, Es Connardises, Petits Godeaux et les Rouvrettes en entier ; Petits Picotins, Grands Picotins, Aux Cloux, Aux Serpentières, les Lavières, Aux Fourches, Aux Fournaux, Aux Vergelesses, les Talmettes, les Godeaux, les Charnières, Roichottes, Aux Guettes, les Saucours, les Narbantons, les Peuillets, les Hauts-Marconnets, Hauts-Jarrons et Redrescut en partie) et en (la Champagne, les Planchots-de-la-Champagne, les Bourgeots, les Prévaux, les Planchots, les Ralausses, Aux Champs-Chardons, Aux Champs-des-Pruniers, Guetottes, Dessus de Montchenevoy, Bas de Montchenevoy, Aux Cruotes, Moulin-Moyne, les Bas-Liards, Moutier-Amet et les Galloises en entier ; Petits Picotins, Grands Picotins, Aux Fourches, Aux Fournaux, les Godeaux, Roichottes, les Saucours, les Narbantons, les Peuillets et Redrescut en partie), ..

En 1863, la commune de Savigny-sous-Beaune obtient l'autorisation de changer son nom en Savigny-lès-BeauneDécret impérial du , publié au JORF du , .. Le millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces.. Certains viticulteurs du village, ont été les premiers à planter les ceps en rangées régulières et à conduire d'une façon nouvelle l'opération délicate et importante de la taille, créant ainsi un mode de taille qui porte le nom de son inventeur, Guyot. Puis arrive le phylloxéra, un puceron venu d'Amérique du Nord, qui touche la Côte-d'Or à partir de 1878 (à Meursault), se répandant ensuite, entraînant à terme la mort de la totalité des vignes. La seule parade trouvée fut de replanter avec greffage sur des pieds américains, autorisé en Bourgogne à partir de 1887.. En 1878, une nouvelle maladie cryptogamique, le mildiou, est identifiée dans le Bordelais, venant elle-aussi d'Amérique du Nord et contaminant rapidement tous les vignobles européens ; le traitement avec du sulfate de cuivre (la bouillie bordelaise) est proposé en 1885. Enfin, en 1886, c'est au tour du black rot (la pourriture noire) d'arriver ( de la Société française de phytopathologie, « Les Vendanges du Savoir » le 20 mai 2025 à Talence)., traité au fongicide. La crise phylloxérique transforme le vignoble : le provignage est abandonné, les plantations sont faites en rangs avec désormais un palissage sur fils de fer, et non plus en foule sur piquets., d'où une densité plus faible, et la possibilité d'y faire passer un cheval (pour traiter et labourer).

Le mildiou provoqua un désastre considérable en 1910. Henri Gouges avait rejoint au niveau national le combat mené par le sénateur Joseph Capus et le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié qui allait aboutir à la création des appellations d'origine contrôlée. Il devint le bras droit du baron à l'INAOConstant Bourquin, , .. Ainsi cette AOC fut créée par le décret du .. En 1960, engagement de l'Association Technique Viticole de Bourgogne à faire des expériences sur les cépages dans le vignoble de Savigny-lès-Beaune. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-1970, qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique, etc.). Un décret de prévoit une révision des délimitations de l'appellation et de ses premiers crus, publié au JORF du ..

Avec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en , publié au JORF du ., puis en , homologué par le décret du publié au JORF du ..

Étymologie Le nom de l'appellation est celui du village éponyme. Il a beaucoup varié du milieu du Moyen Âge jusqu'à l'époque moderne : en 1117 Ecclesia sancti Cassiani de Saviniaco (dans un cartulaire du diocèse de Troyes), en 1154 « Savigni », en 1159 « Saviné », en 1185-1205 Savineium, en 1202 Savigniacum, en 1251 « Savigné », en 1273 « Savigney », en 1275 Savigniacum juxta Belnam, en 1280 « Savignés », en 1297 Savigneyum versus Belnam, en 1301 Savygné versus Belnam, en 1302 « Savigney vers Beaune », en 1328 « Savigny », en 1360 « Savigney lez Beaune », en 1450 « Savigney en Beaunois », en 1494 « Savigny lez Beaulne », en 1597 « Savigny soubz Beaulne », en 1616 « Savigni » et « Savigni lez Beaulne », en 1622 « Savigny lès Beaune », en 1658 « Savigny sur Beaune », en 1689 « Savigny près Beaune », pour se fixer sous la forme « Savigny-sous-Beaune » au (sur la carte d'état-major), .. Par le décret du , la commune obtient le droit de changer son nom en gardant celui de la ville voisine, devenant ainsi « Savigny-lès-Beaune ». L'intérêt est notamment commercial : le nom de Beaune est réputé comme appellation pour un vin.

Le nom de Savigny peut dériver du latin silva, « forêt, bois », donnant silv-in-iacus, le « pays des bois » (tout le nord-ouest de la commune est forestier) en y rajoutant le suffixe iacus désignant un lieu-dit. Une autre explication serait un Gallo-Romain Sabinius, qui aurait donné son nom au lieu sous la forme Sabin-iacus, le « domaine de Sabinius »..

Vignoble Aire d'appellation Le vignoble produisant le savigny-lès-beaune se situe dans le département de la Côte-d'Or, dans le vignoble de la côte de Beaune, sur une partie de la commune de Savigny-lès-Beaune, se trouvant entre la montagne de Corton et Beaune, très proche de l'autoroute A6. Les hauteurs de la Côte prennent ici un peu de recul, de part et d’autre d’une petite rivière, le Rhoin.

La surface totale classée dans l'aire d'appellation est de et , dont et en premier cru.. Selon le service des Douanes, la superficie déclarée en production en 2023 sous l'appellation est d'un total de (dont 61,764 en ), comprenant en rouge (dont 41,026 en ) et en blanc (dont 20,737 en ).. Il s'y faisait une plus large majorité de vins rougesLe Figaro et La revue du vin de France (2008) : Vins de France et du monde (Bourgogne : Côte de Beaune) : (L'appellation), avec en 2008 une surface en production de pour du rouge, dont 128,77 classés en premier cru, et de pour du blanc, dont 9,85 classés en premier cru..

Lieux-dits

Le nom de l'appellation sur les déclarations comme sur l'étiquette peut être suivi du nom du climat (lieux-dits) sur lequel le vin a été produit. Plusieurs de ces climats sont classés comme premiers crus, à condition de respecter les critères spécifiques fixés par le cahier des charges pour l'ensemble de ces climats. Pour eux, l'étiquette peut porter juste après le nom de l'appellation la mention soit « premier cru », soit premier cru suivi du nom d'un de ces , en caractères de la même taille que ceux du nom de l'appellation :

D'autres lieux-dits cadastrés peuvent figurer sur l'étiquette, mais en caractères de taille moitié moindre que ceux du nom de l'appellation :

Géologie et orographie Côté Pernand-Vergelesses, ce sont des sols graveleux exposés sud. Côté Montagne de Corton, la géologie est à peu près similaire à cette dernière. Plus bas ce sont des sols calcaires, plus argileux, caillouteux de couleur brun rouge.

Climatologie