Le Parti authenticité et modernité (en et en , abrégé en PAM) est un parti politique marocain de centre gauche créé le par Fouad Ali El Himma, le conseiller du roi Mohamed VI et à la suite de la fusion de cinq formations politiques marocaines.

Composé de personnalités proches du roi Mohammed VI, le PAM se veut en alternative à la montée en puissance des islamistes du PJD. Cette proximité avec le pouvoir lui vaut d’être qualifié de « parti du Palais ». Il est dirigé depuis 2024 par une direction collégiale mise en place lors de son congrès national. Fatima Ezzahra El Mansouri en est la coordinatrice, aux côtés de Mohamed Mehdi Bensaid et, depuis , de Fatima Saadi.

Après avoir siégé dans l'opposition entre 2011 et 2021, il participe pour la première fois au gouvernement à la suite des élections de 2021, dans une coalition formée avec le Rassemblement national des indépendants et le Parti de l'Istiqlal. Il arrive ensuite en tête des élections de 2026.

Bien que le PAM affiche un positionnement officiel de centre gauche, de nombreux politologues et analystes le qualifient de parti attrape-tout.

À la suite des élections législatives du 23 septembre 2026, il arrive en tête avec 97 sièges, sans disposer de la majorité des 395 sièges, à la Chambre des représentants.

Histoire

Origines et premières années

Fondé par Fouad Ali El-Himma, le conseiller le plus proche de Mohammed VI, le PAM est considéré comme le « parti du roi » face aux islamistes du PJD, plus réformistes. La transformation rapide de cette initiative en parti politique suscite des interprétations divergentes. Ses promoteurs la présentent comme une tentative de fédérer les forces démocratiques et modernistes, tandis que ses détracteurs y voient un instrument de réorganisation du champ partisan et de constitution d'une force capable de concurrencer le PJD. Il est le fruit de la fusion de cinq partis politiques marocains, à savoir : le Parti national-démocrate, devenu le Parti démocrate-national, le Parti Al Ahd, devenu le Parti Al Ahd Addimocrat, le Parti de l'environnement et du développement devenu le Parti de l'environnement et du développement durable, l'Alliance des libertés, et l'Initiative citoyenne pour le développement.

Lors des élections communales du 12 juin 2009, organisées moins d'un an après sa création, le PAM remporte sur , soit environ 21,6 % du total. Il se classe en première position devant le Parti de l'Istiqlal et le Rassemblement national des indépendants.

Cette progression rapide renforce sa place dans le paysage politique national. Ses dirigeants y voient la confirmation de son implantation territoriale, tandis que ses adversaires l'attribuent en partie au ralliement d'élus locaux et de notables précédemment affiliés à d'autres formations.

Élections législatives de 2011 Les élections législatives de 2011 se déroulent dans le contexte du Mouvement du 20-Février et de l'adoption d'une nouvelle Constitution en juillet de la même année.

Le PAM obtient voix, soit 11,90 % des suffrages exprimés, et remporte 47 sièges sur 395. Il se classe quatrième, derrière le PJD, le Parti de l'Istiqlal et le Rassemblement national des indépendants.

Après la nomination d'Abdel-Ilah Benkiran à la tête du gouvernement, le PAM choisit de siéger dans l'opposition.

Élections de 2015 et 2016 Lors des élections communales de 2015, le PAM arrive en tête en nombre de sièges, avec environ 21 % des sièges, devant le Parti de l'Istiqlal et le PJD.

Le parti réalise une part importante de ses résultats dans les communes rurales, alors que le PJD s'impose dans plusieurs grandes villes, notamment Rabat, Salé, Tanger, Kénitra, Meknès, Marrakech, Agadir et Fès.

Le troisième congrès national du parti se tient du 22 au 24 janvier 2016 à Bouznika. Ilyas El Omari est élu secrétaire général en remplacement de Mustapha Bakkoury. Fatima Ezzahra El Mansouri devient présidente du Conseil national.

Aux élections législatives du 7 octobre 2016, le PAM obtient voix et 102 sièges sur 395. Il se classe deuxième derrière le PJD, qui remporte 125 sièges. Le PAM gagne 55 sièges par rapport à 2011, mais demeure dans l'opposition.

Crise de 2017-2020 Ilyas El Omari annonce sa démission du secrétariat général en 2017. Après plusieurs mois de transition, Hakim Benchamach est élu secrétaire général lors d'une session extraordinaire du Conseil national organisée en mai 2018.

En 2019, le parti traverse une crise opposant le secrétaire général Hakim Benchamach à plusieurs responsables réunis au sein du courant de « l'Appel pour l'avenir ».

Benchamach procède au remplacement ou à l'exclusion de plusieurs responsables régionaux. Ses opposants contestent la légalité de ces décisions et l'accusent de chercher à contrôler la commission préparatoire du quatrième congrès.

En juin 2019, les membres du courant saisissent le tribunal de première instance de Rabat pour contester plusieurs décisions du secrétariat général.

Le quatrième congrès national se tient du 7 au 9 février 2020 à El Jadida. Abdellatif Ouahbi, chef de file du courant de l'avenir, est élu secrétaire général. Il défend une plus grande autonomie du parti, une ouverture à différentes alliances politiques et un renforcement de la démocratie interne.

Élections de 2021 et entrée au gouvernement Lors des élections législatives du 8 septembre 2021, le PAM obtient 87 sièges sur 395. Il se classe deuxième derrière le Rassemblement national des indépendants, qui remporte 102 sièges, et devant le Parti de l'Istiqlal.

Le parti rejoint la coalition gouvernementale dirigée par Aziz Akhannouch, aux côtés du RNI et de l'Istiqlal. Cette participation constitue la première entrée du PAM au gouvernement depuis sa création.

Lors des élections à la Chambre des conseillers d'octobre 2021, le parti obtient 19 sièges sur 120.

Affaire « Escobar du Sahara » et cinquième congrès

Le cinquième congrès national se déroule du 9 au 11 février 2024 à Bouznika, sous le slogan « Renouveler le parti pour assurer sa continuité ». Le congrès met fin au mandat d'Abdellatif Ouahbi et adopte une direction collégiale du secrétariat général, composée à l'origine de :

Fatima Ezzahra El Mansouri, coordinatrice nationale ; Mohamed Mehdi Bensaid ; Salaheddine Aboulghali.

En septembre 2024, le bureau politique suspend Salaheddine Aboulghali de la direction collégiale à la suite de plaintes transmises à la commission d'éthique. Aboulghali conteste la décision et les accusations portées contre lui. Le , le Conseil national désigne Fatima Saadi pour le remplacer. La direction collégiale est dès lors composée de Fatima Ezzahra El Mansouri, Mohamed Mehdi Bensaid et Fatima Saadihttps://medias24.com/2024/10/19/pam-fatima-saadi-remplace-aboulghali-a-la-direction-collegiale/.

En décembre 2023, deux responsables du parti, Saïd Naciri, ancien président du WACMaroc hebdo - Qui est Said Naciri ?, et Abdenbi Bioui, président du Conseil de la région de l'Oriental, sont inculpés et placés en détention provisoire dans le cadre d'une affaire judiciaire portant notamment sur des soupçons de trafic international de stupéfiants, connu publiquement sous le nom Affaire «Escobar du Sahara». Les deux responsables restent présumés innocents jusqu'au prononcé de décisions judiciaires définitives. L'image du parti est ternie par la condamnation de deux de ses cadres à douze et dix ans de prison ferme, en juin 2026, dans l'affaire « Escobar du Sahara ».

Élections législatives de 2026 Le parti est rejoint en juillet 2026 par Fouzi Lekjaa, ministre du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football. Ce ralliement, alors que le parti sort affaibli par les scandales de corruption et de narcotrafic et une crise pour la direction du parti, est décrit comme un par Le Monde. Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football, qui jouit d'une immense popularité du fait du parcours de l'équipe du Maroc de football aux Coupes du monde 2022 et 2026, ainsi qu'à la CAN 2025, est alors perçu comme favori pour devenir chef du gouvernement, en prévision de la co-organisation de la Coupes du monde 2030.

Aux élections législatives de 2026, le Parti authenticité et modernité arrive en tête avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants...

Idéologie

Positionnement politique Le Parti Authenticité et Modernité se présente comme une formation moderniste, réformiste et attachée à la démocratie sociale. Son idéologie cherche à concilier la modernisation des institutions et de la société avec la préservation des références historiques, culturelles et religieuses du Maroc. Cette orientation se traduit par une conception de la politique fondée sur la démocratie, la justice sociale, l’État de droit et la défense de l’identité nationale.

Sur le plan institutionnel et politique, le PAM défend la monarchie constitutionnelle et considère les institutions de l’État comme le cadre de la stabilité et de l’organisation de la vie politique nationale. Il affirme son attachement au pluralisme politique, à la séparation et à l’équilibre des pouvoirs, au renforcement des institutions et à la participation des citoyens à la vie publique. Cette orientation s’accompagne d’un soutien aux libertés publiques et individuelles ainsi qu’aux droits humains. Le parti associe donc la réforme politique au renforcement du fonctionnement démocratique des institutions.

Sur le plan social, le PAM place la justice sociale au cœur de son discours. Il met l’accent sur la réduction des inégalités, la solidarité entre les différentes catégories de la population et l’amélioration des conditions de vie. Cette approche implique notamment une attention portée à l’accès aux services publics, à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à la protection sociale. La démocratie sociale défendue par le parti ne se limite ainsi pas à la participation politique : elle renvoie également à la recherche d’une plus grande égalité dans l’accès aux ressources et aux opportunités.

Sur le plan économique, son orientation s’inscrit dans une logique d’économie sociale et de développement inclusif. Le PAM accorde une place à l’initiative privée et au développement économique, tout en soulignant le rôle de l’État dans la régulation, la réduction des disparités et la protection sociale. L’objectif affiché est de rechercher un équilibre entre la dynamique économique et les impératifs de cohésion sociale, afin que la croissance bénéficie à différentes catégories de la population et aux territoires connaissant davantage de difficultés.

Sur le plan culturel et identitaire, le parti défend une conception de l’identité marocaine qui associe plusieurs dimensions historiques, culturelles et religieuses. L’islam y est reconnu comme une composante fondamentale de l’identité du pays, aux côtés des autres éléments constitutifs de la personnalité marocaine. Le PAM inscrit également son discours dans la défense de l’unité nationale et territoriale du Royaume. Cette conception de l’identité vise à inscrire les transformations de la société dans la continuité de l’histoire et des références propres au Maroc, plutôt qu’à considérer la modernisation comme une rupture avec celles-ci.

Critiques publiques