L'Audax Club parisien (ACP) est un club de cyclotourisme français. Il s'agit d'une association bénévole à but non lucratif créée à Paris en 1904. Elle organise des randonnées longue distance en France. L'événement le plus populaire est le Paris-Brest-Paris randonneur, organisé tous les quatre ans. L'Audax Club parisien est également la référence mondiale pour la pratique de la randonnée longue distance (en anglais : randonneuring), et travaille avec d'autres organisations de randonneurs à travers le monde par le relais de l'association internationale « Les Randonneurs mondiaux » (LRM).

Historique

Avril 1904 : création des brevets Audax cyclistes

Henri Desgrange, du journal L'Auto, organise une épreuve visant à décerner des brevets de cyclisme. Celle-ci consiste à parcourir soit l'aller-retour entre Paris et Gaillon, à une moyenne de , sous la conduite de capitaines de route. Cette épreuve marque la naissance du brevet « Audax cyclistes ».

30 novembre 1904 : fondation de l’Audax Club parisien

Des amis, titulaires du brevet « Audax cyclistes », décident peu après de créer une association à but non lucratif dans le but « d'encourager le développement du grand tourisme à bicyclette, d'éduquer les cyclistes, d'en faire des cyclotouristes ardents, des randonneurs endurcis et d'organiser des excursions ». Ils fixent le siège du nouvel Audax Club parisien au café du Vaudeville, 29 rue Vivienne, à Paris. La déclaration de l'association paraît au Journal officiel le .

1906 : gestion des brevets Audax

En 1906, l'ACP se voit confier, par Henri Desgrange, l'organisation des brevets « Audax cyclistes », qu'il va assurer en parallèle avec ses activités habituelles. Le club contribue ensuite pendant quinze ans à la prospérité de ces brevets.

1921 : séparation entre ACP et UAF

En 1921, deux événements vont amener Henri Desgrange à retirer à l'ACP l'organisation des brevets Audax. Tout d'abord, l'ACP soutient L'Écho des sports, un journal concurrent de L'Auto, à l'occasion de l'organisation de la Polymultipliée de Chanteloup. Ensuite, les capitaines de route ne font pas respecter l'allure prévue () lors de l'épreuve visant à l'obtention du brevet, organisée le .

Certains capitaines choisissent alors de quitter l'ACP et créent l'Union des Audax Clubs parisiens, l'actuelle Union des Audax français (UAF), auquel le journal l'Auto confie l'organisation des brevets Audax.

En remplacement, l'Audax Club parisien crée le brevet de randonneur français à allure libre, dont le millionième brevet a été homologué en 2017.

1923 : naissance de la Fédération française des sociétés de cyclotourisme (FFSC)

Le est créée la Fédération française des sociétés de cyclotourisme (FFSC), qui deviendra en 1942 la Fédération française de cyclotourisme ou FFCT. L'Audax Club parisien fait partie des sociétés fondatrices de la FFSC avec d’autres associations comme les Francs Routiers, le Cycle excursionniste parisien, le Touriste Club parisien et les Tandémistes parisiens.

Gaston Clément, alors membre de l'ACP, devient le premier président de cette nouvelle fédération.

1963 : la fusion

Au début des années 1960, deux clubs sont dans le creux de la vague : l'Audax Club parisien et le Vélo-Club Courbevoie-Asnières (VCCA).

Jean Dejeans, alors président de l’ACP, décide de rencontrer Gilbert Bulté, président du VCCA, pour lui proposer une fusion des deux clubs. Afin de le remettre sur pied, quelques membres présents depuis les débuts et d'autres, revenus à cette occasion, joignent leurs efforts afin de ramener l'ACP au statut de club de premier plan de l'activité cyclotouriste. Gilbert Bulté est nommé nouveau président de l'Audax Club parisien.

Aujourd'hui

Le redémarrage de l’ACP est l’œuvre du dirigeant Robert Lepertel, épaulé par son épouse Suzanne. Le Paris-Brest-Paris de 1971 dont Lepertel donne le départ est le premier jalon du renouveau. Le club ensuite ne cesse de grandir, tant dans ses effectifs que dans ses organisations. C’est aussi l’envolée des brevets randonneurs qui, de français deviennent européens et ensuite mondiaux. Quand Lepertel passe définitivement le relais, les fondations sont plus solides et l’ACP est connu dans le monde entier.

Lui succèdent à la tête du club, Marie-Thérèse Martin, puis Jean-Claude Massé qui crée la commission Paris-Brest et organise le Paris-Brest du centenaire. À son départ viennent Claude Aubague puis, pour treize années, Pierrot Théobald. Malgré l’ampleur de la tâche, ils maintiennent un club dynamique sur le plan des activités offertes à ses membres avec des Flèches de France en groupe, des concentrations de Pâques en Provence, des randonnées « club » en province et des rassemblements festifs. Et en parallèle, le club reste un organisateur majeur avec des effectifs de participants toujours plus nombreux et plus internationaux. Les limites de ce que peut faire lui-même un groupe de purs bénévoles, comme sont les membres de l’ACP, approchent alors.

À Thierry Miton succède très vite Thierry Rivet, qui s’emploie à sous-traiter davantage de tâches et permet à l’ACP de relever le défi d’organiser tous les quatre ans des Paris-Brest-Paris à plus de venus du monde entier. Aujourd’hui, le club s’est rajeuni dans la composition de son comité directeur, autour de son nouveau président Luc Coppin, et il entend bien négocier le passage à l’ère numérique tout en conservant ses valeurs de toujours : le sport et l’amitié, le tourisme et la longue distance.

Principales organisations toujours en place

Brevet randonneur

Les BRM sont des épreuves cyclistes de longue distance, non compétitives et sans assistance, organisées dans le monde entier conformément au règlement de l’ACP. Seul l'ACP a le pouvoir d’homologuer les BRM. Il y a cinq distances : , , , et . Les délais sont respectivement de 13 heures 30 minutes, 20 heures, 27 heures, 40 heures et 75 heures. Les brevets sont à allure libre: les participants sont libres de rouler aussi vite ou aussi lentement qu'ils le souhaitent, à condition de respecter le délai du brevet. Tous les brevets ont des points de contrôle avec heures d'ouverture et de fermeture, où la carte de brevet personnelle du participant doit être signée et tamponnée. Aucune voiture suiveuse n'est autorisée sur les brevets, sauf aux points de contrôle. Rouler de nuit est habituel. Les brevets peuvent être utilisés comme qualificatifs pour le Paris-Brest-Paris ou pour des randonnées de (et plus) organisées sous l’égide des Randonneurs Mondiaux.

Le , l'ACP organise le premier Brevet de Randonneur à Allure Libre, allure libre signifiant que le participant roule à son rythme. La moyenne minimale était de . En 1931, avoir effectué un brevet de était obligatoire pour s’inscrire au premier Paris-Brest-Paris Randonneur. Plus tard, le 400, puis le 600 sont devenus également obligatoires, et en 1979, tous les participants devaient avoir validé une série Super Randonneur (200, 300, 400 et 600 km) l'année du PBP. L'organisation s'est étendue à l'Europe en 1976 et au monde entier en 1983, à l'instigation de Robert Lepertel. Elle s'est alors appelée Brevets Randonneurs Mondiaux (BRM). Cela a permis aux randonneurs étrangers d'organiser des brevets qualificatifs dans leur pays. Aujourd'hui, les multiples brevets organisés à travers le monde, exactement sur la même base réglementaire, ne servent pas seulement à se qualifier pour des épreuves plus longues, mais ils sont aussi la manière habituelle de pratiquer la randonnée longue distance.

Paris-Brest-Paris randonneur

Le Paris-Brest-Paris Randonneur (communément appelé PBP) est une randonnée de qui se déroule tous les quatre ans. Le délai maximum est de 90 heures. Aujourd'hui, le PBP accueille plus de participants venus du monde entier.

En 1931, à l'occasion de la cinquième édition décennale Paris-Brest et retour qui, jusque-là, était réservé aux professionnels et touristes routiers, Camille Durand, président de l'ACP, décide la création d'une épreuve de randonneurs à allure libre sur .

Lors de ce premier Paris-Brest-Paris randonneur organisé par l'ACP, les délais accordés sont de 60 heures minimum et 96 heures maximum : 62 participants prennent le départ, 44 rejoignent l’arrivée. Le temps maximum est ramené à 90 heures en 1966.

En raison de la Seconde Guerre mondiale, la deuxième édition du PBP randonneur n'a lieu qu'en 1948, pour ensuite être organisé tous les cinq ans jusqu'en 1971. À compter de 1975, la périodicité devient quadriennale.

La progression des participants étrangers est constante depuis 1971 et leur nombre a dépassé celui des Français à partir de l'édition 2003. Ils sont deux fois plus nombreux en 2015 et trois fois plus nombreux en 2019.

Flèche Vélocio

La Flèche Vélocio est une épreuve par équipe d'une durée de 24 heures, généralement organisée le week-end de Pâques. Les équipes se composent de 3 à 5 vélos et tous les membres roulent ensemble. Chaque équipe choisit son propre point de départ et son propre itinéraire. Toutes les équipes partent le Vendredi saint ou tôt le samedi, et se dirigent vers le traditionnel rassemblement de Pâques en Provence. Au moins 360 km doivent être parcourus en 24 heures, mais l'objectif est de parcourir la plus longue distance possible. Après la Flèche, les membres de l'équipe vont au rassemblement et remettent leurs cartes au responsable de l'ACP. Les véhicules d'assistance ne sont pas autorisés, sauf pour le ravitaillement à des points de contrôle déterminés (dans les premiers temps, ceux-ci étaient limités à 3).

La Flèche Vélocio a été créée en 1947 en hommage à Paul de Vivie alias Vélocio, qui se rendait à vélo de Saint-Etienne en Provence, à Pâques (une distance d'environ ). L’épreuve fut testée par une équipe de quatre membres de l’ACP, partis le vendredi à 18 heures de Notre-Dame de Paris, pour rejoindre le rassemblement de Pâques en Provence. Après 24 heures de route, l’équipe atteignit Limonest, ayant parcouru sans assistance. Le dimanche matin, ils rejoignirent le rassemblement qui se tenait à Grignan.

La Flèche Vélocio a été ouverte aux inscriptions en 1948. D'abord organisée par une commission, elle a été gérée par René Martinez de 1959 à 1963, par Claude Aubague de 1964 à 1995, et par Michèle Hugon depuis 1996. Jusqu'en 1983, la distance minimale à couvrir était de . La participation est restée modeste durant plus de 20 ans, plafonnant à 26 équipes. À partir de 1976, la Flèche Vélocio s'est considérablement développée avec des équipes venant de tous les coins de France. En 1984, 216 équipes ont participé en direction de Fontvieille. C'est le chiffre maximum du nombre d'équipes. Le record de distance est de , détenu depuis 1995 par le club US Métro (le seul club à avoir participé à toutes les éditions de la Flèche Vélocio depuis 1948).

Fléchette Vélocio

La Fléchette Vélocio a été testée par une équipe de l’ACP en 1987 et ouverte aux inscriptions en 1988. Le but est d’amener les jeunes à découvrir et apprécier la randonnée de longue distance en équipe. La Fléchette est une randonnée en équipe de 12 heures vers le rassemblement de Pâques en Provence. L'équipe doit parcourir de à . Rouler de nuit n'est pas obligatoire, et ne doit pas dépasser une heure. Chaque équipe compte au maximum 5 participants, dont 4 jeunes de 14 à (14 à 20 depuis 2004) et un adulte ayant déjà validé une Flèche Vélocio, ou titulaire d'un diplôme d'instructeur délivré par la FFCT.

Flèches Nationales

Les Flèches Nationales sont organisées selon le règlement de la Flèche Vélocio, mais avec un lieu de rassemblement situé ailleurs qu’en Provence, soit en France, soit dans d’autres pays.