Georges-Émile Lebacq est un peintre belge né à Jemappes (Mons) le et mort à Bruges le .

Biographie Une jeunesse à l'avant-garde Georges-Émile Lebacq fréquente l'atelier de Louis Reckelbus (1864-1958), son ami, aquarelliste et graveur qui deviendra conservateur du Groeningemuseum à Bruges. Il est ensuite élève de l'Académie Julian à Paris en 1920 avec comme maîtres les peintres Adolphe Déchenaud et Henri RoyerLe Salon 1927 - Exposition Officielle des Beaux-Arts - Société des Artistes Français - Grand Palais des Champs-Élysées..

Mais Georges-Émile Lebacq commence à peindre en 1896, principalement des portraitsToutes les rares toiles de cette période sont conservées au musée des beaux-arts de Mons en Belgique.. Il publie en même temps des poèmes dans la toute jeune revue avant-gardiste Le Coq rougeNé d'une scission du groupe de la Jeune Belgique. Georges Eekhoud, Demolder, Maubel se séparent à leur tour en 1895 de la vieille revue parnassienne et se joignent à Krains, Verhaeren et quelques autres pour fonder avec le Coq rouge une nouvelle revue purement symboliste. Le titre provient de l'expression campinoise qui signifie mettre volontairement le feu au toit du voisin. Cette publication anarchiste, dans laquelle on trouve les signatures de Maeterlinck, Verhaeren et Gide, a permis un large débat esthétique et politique. Le Coq rouge Revue littéraire. Comité de rédaction : L. Delattre ; E. Demolder ; G. Eekhoud ; M. Maeterlinck ; F. Nautet ; E. Verhaeren, Bimensuel. 64 pp. in-8°, Bruxelles, in « Le Coq rouge, un boute-feu bruxellois », La Revue des revues, n° 15, 1993, p. 42-53., revue Symboliste créé par Georges Eekhoud, écrivain flamand francophone, Eugène Demolder, écrivain, Louis Delattre, médecin et auteur belge Hubert Krains écrivain et militant wallon et Emile Verhaeren poète et écrivain. Il y rencontre James Ensor qui signe quelques articles et éditoriaux toniques dans le sens de la revue, in « Quand le Coq rouge plantait ses ergots sur la Jeune Belgique » (1895-1897) communication de Georges-Henri Dumont à la séance mensuelle du 14 décembre 1991., Maurice Maeterlinck, Francis Nautet et Hubert Stiernet.

En 1899, il participe à la création de la revue Le Thyrse à Bruxelles (du nom d’un attribut dionysiaque célébré par Baudelaire dans Le Spleen de Paris) Archives et musée de la Littérature : www.aml.cfwb.be Textyles : http://www.textyles.be/ (Chronique extraite de : Textyles, n° 14, 1997, p. 195-196), archives de la revue Le Thyrse. En 1899, les beaux jours de La Jeune Belgique et de La Wallonie sont révolus. Comme beaucoup de jeunes littérateurs en herbe, Léopold Rosy et Charles Viane ils se retrouvent régulièrement « Au Roi Gambrinus », rue de la Victoire, près de la Porte de Hal rêvent de fonder une revue, d’y publier leurs premiers poèmes, de participer aux mouvements artistiques et de se faire reconnaitre par les aînés. Très vite, la revue verra le jour, parrainée par Camille Lemonnier lui-même. Elle s’appellera Le Thyrse, nom d’un attribut dionysiaque célébré par Baudelaire dans Le Spleen de Paris. Aux yeux des fondateurs, le thyrse apparaît « comme un symbole » représentant « l’Idée tutrice des enroulements des fleurs de l’Art ». A ce langage d’époque vont souscrire, outre Rosy et Viane, Gaston-Denys Périer, Albert d’Ailez, Léon Wéry, Charles Govaert, Fernand Urbain, Georges Lebacq et... un certain André Baillon. in Archives et Musée de la Littérature - Chroniques - Frans DE HAES (juin 1997). Il fait partie du comité de rédaction avec André Baillon, Émile Lejeune, Pol Stievenart, Léopold Rosy, Fernand Urbain et Charles Viane et écrit des articles sur la peinture et des poésiesLe Thyrse, Bimensuel , Tome I (du mai 1899 au 15 avril 1900) au Tome 8 (1906-1907), Bruxelles. Il côtoie à nouveau le poète Émile Verhaeren, l’écrivain Camille Lemonnier (qui a parrainé Le Thyrse), Hubert Krains, Jules Destrée, écrivain et homme politique et bien d’autres. Il publie durant cette période deux recueils de poésies : Nuits Subversives en 1897, série de poèmes en prose dans le style hermétiqueNuits subversives de Georges Lebacq. Bruxelles, J. Janssens, 1897. In-12, broché. et Irrésolvables en 1899, recueil de nouvelles poétiquesIrrésolvables de Georges Lebacq. Bruxelles, Édition Le Thyrse, 1899, In-12, broché..

À la recherche des paysages ensoleillés Après avoir hésité un temps entre une carrière d’écrivain et de poète et celle de peintre, il quitte Le Thyrse en 1907 pour se consacrer entièrement à la peinture.

Il voyage alors avec sa femme et ses enfants en Algérie, en Italie, notamment à Venise, au Moyen-Orient, et se fixe en France à Cagnes-sur-mer où il rencontre le peintre cannois Louis Pastour (1876-1948) et se lie d’amitié avec lui. Il séjourne à la villa des Orchidées non loin du domaine des Collettes, oliveraie que Pierre-Auguste Renoir achètera le pour la sauver de l'abattage. Il peindra principalement en France même si durant toute sa vie il reviendra, lors de brefs passages en Belgique, particulièrement en Flandre pour y peindre. Une dernière fois après la Seconde Guerre mondiale, il rejoindra Bruges et y finira sa vie. Il est enterré dans le cimetière de Wenduine sur la côte flamande.

Alors que ses premières œuvres (principalement des portraits) sont empreintes de classicisme dans le style des peintres de la fin du , ses œuvres de la période 1907-1920 sont des œuvres résolument post-impressionnistes. C’est le cas d’œuvres comme Femme assise dans une allée (1918, Beaux-Arts Mons), Lumière d'été à Cagnes sur mer (vers 1918, collection particulière) ou Le Repos en Terrasse (collection particulière). Après cette période il reviendra à des œuvres post-impressionnistes plus classiques.

La Grande Guerre Arrive la Première Guerre mondiale. En 1915, le peintre est engagé volontaire. Il rejoint Calais, puis en 1917 il est attaché à l'État-Major à La Panne (Grand Quartier-Général) en tant que peintre de l'Armée dans la Section artistique de l'armée belge en campagneLa Section artistique (de l'armée belge en campagne) Front de l'Yser (La Panne) 1916. Cette association est fondée par l'état-major de l'armée belge afin de représenter les faits de guerre et la vie au front. Les artistes travaillent essentiellement à Nieuport et à Loo. Alfred Bastien en Leon Huygens sont à l'origine de cette initiative, qui aurait été soutenue par le roi Albert et la reine Élisabeth. La Section artistique comprend 26 artistes. Y sont acceptés en ordre chronologique Alfred Bastien, Léon Huygens, Maurice Wagemans, Charles Houben, Fernand Allard l'Olivier, James Thiriar, Amédée Lynen, Jules Berchmans, Victor Thonet, Jean Lemayeur, Henri Anspach et Jos Verdegem en 1916, Médard Maertens, Georges Lebacq, Pierre Paulus, Achiel Van Sassenbrouck, A. Renson, Louis Loncin en 1917, Joe English, Anne-Pierre de Kat, Marcel Canneel, Armand Massonet, Albert Cels, Marc-Henri Meunier en 1918. Iwan Cerf et Félix Fontaine sont acceptés également ; mais le moment de leur entrée est inconnu. (www.arto.be : le dictionnaire des artistes plasticiens en Belgique 1800-2002).. Ils seront ainsi 26 artistes dont notamment Fernand Allard l'Olivier, Alfred Bastien, Léon Huygens, Armand Massonet et Pierre Paulus"Couleurs au Front" 1914-1918, Les Peintres au Front belge, sous la direction de Joost De Geest et Piet De Gryse, Bruxelles, Éd. du Crédit Communal, 1999..

Il participe pendant la guerre à l'Exposition des peintres du front belge (Suisse, 1917).

Il sort de cette guerre éprouvé. À son retour à Bruges, il retrouve son atelier saccagé, treize années de travail anéanties, ses toiles, ses dessins, ses eaux-fortes volés par les Allemands en 1915. Un carnet de 93 croquis ainsi qu'une peinture à l'huile sur carte postale furent mises aux enchères lors d'une vente à Hambourg en ..

Il se remet pourtant à peindre avec une palette toute neuve et l'ambition de devenir peintre d'église.

« Le peintre de l'harmonie douce » C'est ainsi que le définissait un critique d'artArticle de Franz Nivil, « Le peintre de l'harmonie douce », Les Artistes d'aujourd'hui, 15 avril 1928..

Travaillant l'aquarelle, la sanguine, le pastel, le fusain ( disait-il toujours), on lui doit des œuvres telles qu’Abandon, pour laquelle il obtient le prix du jury du Salon des artistes français de 1927, Rue du Corbeau, Vieilles maisons à Furnes ou encore La Femme au miroir. Il exposera en effet longtemps, avant la dernière guerre, au Salon des artistes français au Grand Palais (Paris).

Georges-Émile Lebacq est l'ami d'Hubert Krains et d'Hubert Stiernet pour lequel il illustre certains contesIllustration des Contes à la Nichée d'Hubert Stiernet, Bruxelles, Éditions Lebègue, 1909.. Au travers de nombreuses lettres, Hubert Stiernet lui écrit notamment : .

En France, Georges-Émile Lebacq fréquente Denys Puech, sculpteur français, directeur de la villa Médicis à Rome de 1921 à 1933 et élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1905. Il fréquente aussi le chanteur d'opéra Charles Panzéra (1896-1976) avec lequel sa fille, Henriette, prend des cours de chant. Il lui dédiera un vitrail, Portrait de Panzéra.

Lors de l'exposition de à la galerie du Journal à Paris, Denys Puech écrit de lui : Préface du catalogue de l'Exposition du peintre du 15 au 25 novembre 1923 à la galerie du Journal à Paris, 100, rue de Richelieu.

Une rétrospective eut lieu au musée des beaux-arts de Mons en 1957. De nombreuses œuvres, dont le fonds d'atelier du peintre, est conservé au Beaux-Arts Mons.

Collections publiques

En Belgique Bruxelles : musée royal de l'armée et de l'histoire militaire ; musées royaux des beaux-arts de Belgique. Mons, Beaux-Arts Mons.

En France Senlis, musée de la Vénerie. Cagnes-sur-Mer : château Grimaldi ; musée Renoir.

Œuvres

Période belge

De Furnes écrit en 1933 : .

Petite dune (Wenduyne sur mer (Wenduine) - Flandre), localisation inconnue. Une ferme en Flandre, collection particulière. Pignon à Reninghe (Flandre), localisation inconnue. La Rue du Corbeau (Bruges-Flandre), localisation inconnue. Neige (Bruges - Flandre), esquisse, collection particulière. Chaland à Bruges (Bruges-Flandre), dessin, localisation inconnue. Canal à Bruges (Bruges-Flandre), pastel, Beaux-Arts Mons. À Knocke (Knocke-Flandre), dessin, localisation inconnue.

Période provençale

Dès 1906, Lebacq séjourne à Antibes et à Cagnes-sur-Mer à la villa des Orchidées, toute proche du domaine de Pierre-Auguste Renoir, les Collettes. Il réalise de nombreux fusains, aquarelles et toiles des oliviers, de l'oliveraie, de Cagnes et de sa région.

Rochers - Matinée, La Bocca (Alpes Maritimes), Beaux-Arts Mons. L'Olivier - Cros-de-Cagnes (Alpes Maritimes), Cagnes-sur-mer, musée Renoir. Lumière d'été à Cagnes-sur-Mer', collection particulière. Sous les Oliviers - Cros-de-Cagnes (Alpes Maritimes), Cagnes-sur-mer, château Grimaldi. Nuage sur les Collettes, Cagnes-sur-mer, château Grimaldi. La Jarre Bleue - Cagnes sur Mer (Alpes Maritimes), Bruxelles, musée royal de l'armée et de l'histoire militaire. À Cros-de-Cagnes (Alpes Maritimes), 1914Toile qu'il expose pour la première fois à l'Exposition triennale de Bruxelles en 1914 en compagnie de James Ensor, qui expose de son côté : Étonnement du masque Wouse, Masques scandalisés et Vengeance de Hop-Frog., collection particulière. Femme assise dans une allée, Beaux-Arts Mons. Nuit (Saint-Paul-du-Var), dessin et pastel, collection particulière.

Retour en Belgique durant la Première Guerre mondiale

Lebacq compose de nombreuses peintures et surtout des fusains sombres inspirés de la guerre dans la région d'Ypres.

La Maison bombardée, 1917 (Ferme en Flandre Occidentale sur le Front de l'Yser), collection particulière. Front de l'Yser en 1917 (Flandre), collection particulière. Ruines à Reninghe, 1917 (Flandre), collection particulière.

Départ pour la France après la guerre

vignette|redresse|L'Inondation - La Seine à Vaux le Pénil (Seine et Marne) (1924), huile sur bois, , collection particulière.