La seconde offensive de Rjev-Sytchiovka (en ) ou () est une offensive stratégique lancée par les forces soviétiques contre les troupes allemandes durant la Seconde Guerre mondiale. Elle se déroula entre le et le dans un saillant à proximité de Moscou.
Contexte Cette offensive fait partie de la série d'affrontements particulièrement sanglants connue sous le nom de batailles de Rjev qui eurent lieu près de Rjev, Sytchiovka et Viazma entre et . Ces batailles sont également connues comme la « boucherie de Rjev » () en raison des pertes considérables qu'elles provoquèrent, notamment du côté soviétique.
L' fut menée conjointement par les forces soviétiques du front de l'Ouest et celles du front de Kalinine, sous le commandement du maréchal Joukov. De nombreux détails de cette offensive demeurent inconnus, largement en raison des efforts des Soviétiques pour effacer des ouvrages sur les combats sur le Front de l’Est toute trace de cette opération extrêmement coûteuse.
Cependant l'historien américain David M. Glantz, dans son ouvrage paru en 1999, Zhukov's Greatest Defeat. The Red Army's Epic Disaster in Operation Mars, 1942, considère que cette offensive était d'une ampleur similaire dans les plans de la Stavka (le quartier-général du haut-commandement suprême soviétique) à l’ simultanée (qui marqua la défaite allemande à la bataille de Stalingrad). Malgré les pertes importantes ( selon Krivocheïev, selon Glantz ; et malades, ) cette opération permit bien malgré elle d'éviter un renforcement du groupe d'armées Sud (GAS) par le groupe d'armées Centre (GAC) qui aurait pu sans cette offensive disposer des réserves pour contrer les opérations Uranus et Petit Saturne.
Après la guerre, Joukov a essayé de présenter cette opération comme étant une puissante diversion, cependant il a été montré par les historiens, notamment Iassev et Glantz, que ce n'était pas le cas. Tout d'abord Staline alloue des moyens considérables à cette offensive : grosso modo autant d'hommes qu'à Uranus, plus de chars qu'à Uranus et (qui ne pourront pas voler à cause du mauvais temps…) et d'autre part pour que la notion de diversion ait un sens, il eût fallu que les Soviétiques connussent l'ampleur du dispositif allemand, ce qui n'était absolument pas le cas du fait du mauvais niveau des écoutes électromagnétiques soviétiques notamment.
Déroulement L'offensive fut lancée aux premières heures du . L'objectif était d'éliminer le saillant de Rjev en lançant plusieurs attaques coordonnées sur tous ses côtés. Après la destruction de la armée allemande, les forces soviétiques devaient se regrouper et atteindre les et soviétiques, qui attaquaient le long de la route Moscou-Viazma. Cette dernière partie de l'opération avait pour nom de code « ». Quand toute résistance aurait été neutralisée, les et d'armée blindés et la de blindés devaient atteindre l'arrière du groupe d'armées Centre de la Wehrmacht.
Selon Alexeï Isaïev, les principales causes de la défaite soviétique sont la sous-estimation des forces adverses sur le plan numérique et qualitatif , l'absence totale de surprise qui permet à Model de regrouper des réserves au centre du saillant, ainsi que le mauvais temps qui ruine la préparation d'artillerie russe et qui paralyse l'aviation soviétique pourtant quatre fois supérieure en nombre à la Luftwaffe dans le secteur.
Conséquences Les Allemands infligent une très nette défaite aux forces soviétiques engagées dans le saillant. Les avis d'historiens militaires divergent toutefois sur les conséquences stratégiques réelles de l', les deux belligérants ayant à l'époque une doctrine de guerre différente. Les Allemands restèrent en effet longtemps les maîtres incontestés de l'efficacité tactique, là où les Soviétiques ont compensé leur faible efficacité tactique par une vision opérative nettement plus poussée.
Tactiquement, la victoire est incontestablement allemande car elle voit s'écraser contre les défenses de Model l'ensemble du dispositif soviétique, Joukov bénéficiant pourtant de moyens considérables pour soulager Moscou. En revanche, selon l'historien Jean Lopez, le fait d'avoir fixé sept Panzerdivisionen à Rjev, là où seules trois divisions blindées auraient suffi à Model pour évacuer ses forces, a non seulement retardé de quinze jours l'offensive Wintergewitter prévu par Manstein pour délivrer la armée assiégée dans Stalingrad, mais lui a aussi enlevé une partie de sa force. Ce bouleversement des moyens aurait donc eu une conséquence stratégique décisive pour les Soviétiques, qui ont alors pu confirmer l'encerclement des forces allemandes de Stalingrad, au cours de l', lancée parallèlement à Mars.
Quoi qu'il en soit, Hitler autorise Kluge et Model à évacuer le saillant pour plusieurs raisons : à partir de janvier, la perte de Velikié Louki à à l'ouest complique beaucoup la logistique en coupant une des lignes de ravitaillement principales (et à l'inverse simplifie beaucoup la logistique russe au nord du saillant) ; la destruction de la armée et d'une partie de la armée blindée et des contingents roumains, italiens et hongrois suivi de leur retrait force Hitler à raccourcir la ligne de front pour économiser des hommes.
Ce sera l' (buffle) consistant en un repli de au sud-ouest de Rjev. Ce retrait s'accompagnera de crimes de guerre de Model, qui fera massivement fusiller des partisans, déportera les hommes en état de se battre, pillera les vivres, empoisonnera les puits et détruira les habitations en plein hiver.
Annexes Bibliographie David M. Glantz, Zhukov's Greatest Defeat: The Red Army's Epic Disaster in Operation Mars, 1942, The University Press of Kansas, 1999. .
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Bataille de Stalingrad Gueorgui Joukov
Catégorie:Front de l'Est de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Bataille ou opération de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Bataille de 1942 Catégorie:Nom de code Catégorie:Bataille de Gueorgui Joukov Catégorie:Novembre 1942 Catégorie:Décembre 1942