Le centre CEA de Cadarache est le plus grand centre de recherche et développement en Europe sur l'énergie nucléaire (la fission et la fusion), les nouvelles technologies de l'énergie et la biologie végétale. Il fait partie des neuf centres du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) implantés sur le territoire français, réunissant .
Installé en Provence-Alpes-Côte d'Azur, sur la commune de Saint-Paul-lès-Durance, le centre CEA de Cadarache est au cœur de la transition énergétique avec ses instituts de recherche et plateformes expérimentales dans le domaine des énergies bas-carbone : énergie nucléaire, bioénergies et énergies solaires. À ces recherches s’ajoutent les activités relatives à la propulsion nucléaire pour la Marine nationale, la recherche fondamentale en biosciences et biotechnologies, les études sur le démantèlement et l’assainissement des installations nucléaires et sur la sûreté nucléaire. Le centre CEA de Cadarache accueille chaque jour dont du CEA. Il accueille des installations de recherche de renommée internationale : le réacteur Jules Horowitz (RJH) en construction, le tokamak WEST/Tore Supra, banc de test pour ITER, ou encore la Cité des Énergies.
Histoire Origines vignette|Château de Cadarache, à Saint-Paul-lès-Durance. L'hypothèse la plus fréquente sur le nom Cadarache est une origine étymologique grecque proche du mot latin (« chute d'eau », « écluse », « barrage »), le site étant situé au confluent du Verdon et de la Durance.
Le domaine de Cadarache, en partie biens d’émigrés, de la famille de Castellane, fut vendu aux enchères. Puis, sous la monarchie de Juillet, après bien des vicissitudes, les terres partiellement rachetés par la famille de Castellane furent cédées à Jean-Joseph Barthelon, entrepreneur à Toulon et l'un des plus grands propriétaires des Bouches-du-Rhône. Son fils, Eugène (1833-1905), restaure le château et exploite les terres, dont la rentabilité sera sans cesse en déclin. À sa mort, il fait don de tous ses biens à la commune d’Embrun, dont sa famille était originaire. Les revenus de l’exploitation des quelques hectares cultivés et de la location de la chasse étant insuffisants, la commune d’Embrun se décida à mettre en vente le domaine, à la moitié du prix payé par l’entrepreneur..
En 1919, un seul acheteur se présenta ; ce fut Charles Labro, architecte et homme d’affaires ; il fit l'acquisition de Cadarache et d'une forêt à Moissac-Bellevue dans le Var en vue d’échanger l'essentiel (au total , dont de Cadarache et de Moissac), contre au Cap Ferret appartenant à l’État (forêt domaniale de Garonne). Ce domaine a été complété par l'achat de terrains en 1960, appartenant par le passé principalement à la marquise de La Hamayde (1833-1905), née Anne de Bausset-Roquefort.
À Cadarache, l'État, nouveau propriétaire fut plus efficace que la commune d’Embrun : il pratiqua la culture de plantes à parfums et à essences médicinales. En 1924, création d’un parc de repeuplement de pour le gibier et introduction de cerfs sika offerts à la France par Taishō Tennō, empereur du Japon, puis de mouflons corses en 1935, populations toujours présentes. Les premiers individus de la population de mouflons devaient être offerts en cadeau au roi de Yougoslavie lors de sa visite en France en 1934, mais celui-ci fut assassiné après avoir débarqué à Marseille. Quelques chevreuils sont également présents.. En 1935, l'État a installé dans le château de Caradache l'École nationale des garde-chasse sous l’impulsion du conservateur des Eaux et Forêts Paul Gouilly-Frossard (1882-1967)., alors directeur des chasses présidentielles.
Le château de Cadarache, restauré par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de 1960 à 1965, est désormais une structure d'accueil pour les travailleurs extérieurs et visiteurs du CEA. Ce château du , est inscrit aux monuments historiques en 1925..
Après la création du centre CEA et du site ITER, les espaces naturels restants forment la forêt domaniale de Cadarache, qui jouxte le centre de Cadarache, s’étendent actuellement sur .. Elle est composée principalement de taillis, de chêne vert et de chêne pubescent.. Le centre de Cadarache est lui-même une surface boisée à 80 %, gérée par l'Office national des forêts (ONF). La forêt domaniale de Cadarache jouxte également la forêt domaniale de Vinon-sur-Verdon et forme avec la zone boisée du centre de Cadarache un continuum forestier.
Les travaux réalisés pour la construction du centre ont mis au jour deux nécropoles : une datée de l'âge du fer () et l'autre gallo-romaine datée du de notre ère. En particulier en , est mise au jour une tombe consacrée à l'inhumation d'un sanglier, reposant sur un lit de galets et avec une hache polie à proximité de la tête. Après les fouilles, une partie de ces tombes a été reconstruite et est exposée sur le centre.
Création du centre CEA de Cadarache : 1959-1963 thumb|Entrée du centre. vignette|Le Président Charles de Gaulle en visite des installations de Pierrelatte et de Cadarache, le . Le centre de Cadarache a été créé par le commissariat à l'Énergie atomique (CEA) le et inauguré en 1963. C’est le et dernier centre de recherche civile du CEA construit, après Fontenay-aux-Roses (1946), Saclay (1952), Marcoule (1955) et Grenoble (1956). Le CEA prospectait pour un nouveau site depuis 1957 et son choix est fixé en 1958. Il dépêche alors dans la région monsieur Léon Martin qui ouvre un bureau à Marseille. Le décret d' officialise la création du Centre. René Faure, frère de Maurice Faure, est nommé comme premier directeur du centre et Léon Martin comme son adjoint. Ils le resteront jusqu'en 1973. Les travaux débutent en après l'achat des derniers terrains. Le CEA de Cadarache compte alors .
La création du site rencontre l'opposition de Jean Giono, originaire de la région et qui réside alors à une dizaine de kilomètres. La marquise de La Hamayde s'oppose également à la création du centre. Toutefois la création du centre bénéficie de forts soutiens politiques locaux, en particulier celui de Louis Philibert, alors conseiller général du canton de Peyrolles. Lors d'une réunion publique il s'opposera à un avocat parisien embauché par la marquise de La Hamayde en finissant son discours en provençal. Il déclare alors : « Ce monsieur-là, vous ne l'avez jamais vu. Alors regardez bien comment il est fait, parce que tout à l'heure, il va encaisser sa plaidoirie, il va repartir à Paris et vous ne le reverrez jamais plus. Tandis que moi, vous allez me revoir, car je serai à nouveau candidat au conseil général ». En 1961, Louis Philibert est réélu avec 92 % des voix. Il sera député des Bouches-du-Rhône de 1967 à 1989.
Les objectifs initiaux du centre de recherche de Cadarache étaient d'étudier la propulsion nucléaire navale pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), ainsi que la filière des réacteurs à neutrons rapides (RNR). Le premier prototype de ce type de réacteur, Rapsodie, y a été construit puis mis en service en 1967. Le suivant, Phénix, a été construit sur le site de Marcoule, mis en service en 1973 et exploité jusqu'en 2008.
Les premiers travaux de 1960 concernent les Ateliers de technologie du plutonium (ATPu), le prototype à terre (PAT), et le hall d'essai HR1 destiné à la fabrication de composants pour Rapsodie. Une première maquette critique (Peggy) est mise en service en en même temps que les ATPu. En débutent les travaux de recherches du réacteur Rapsodie, premier réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium français. La construction de Cabri commence en août. Pegase (réacteur de recherche pour la filière française uranium naturel graphite gaz (UNGG) diverge le , Cabri le de la même année. Cabri, en cours de rénovation, est toujours en service en 2016.
Le centre de Cadarache est inauguré le en présence de , de Gaston Palewski, ministre de la recherche et de Francis Perrin, alors haut-commissaire à l'Énergie atomique.
Les effectifs du centre passent la barre des CEA en 1966 et atteignent un maximum de en 1986 (salariés CEA uniquement). En 2016, l’effectif est de CEA.
Afin de pallier l'accroissement de la population lié à l'implantation du centre et celle de l'entreprise Thomson-HoustonLe Petit Nice et les possibilités de le rénover, La Provence., de nombreux logements doivent être construits pour le personnel, sur deux sites : Manosque (lotissement Les Mûriers) et Aix-en-Provence (résidence Le Petit Nice)..
Prototype de réacteur pour la propulsion nucléaire navale Le général de Gaulle, qui créa le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) en 1945, visite le centre, pour la première fois, le . Au cours de la visite du chantier de Rapsodie, il déclare . Il revient à Cadarache le . Une grande partie de ces deux visites a été consacrée au prototype de réacteur pour la propulsion nucléaire navale, le prototype à terre (PAT), qui est l'un des grands objectifs de la création du CEA.
La pile critique Azur (acronyme pour « Alliage zirconium uranium »), qui est une maquette critique du PAT, diverge le .
Le PAT, dont la construction débute en 1960, diverge en 1964.. Ce réacteur utilisait de l'uranium fortement enrichi (à 90 %).. La France ne disposant pas, à l'époque, de capacité d'enrichissement suffisante, la première charge sera fournie par les États-Unis, à condition qu'elle soit réservée à un usage de recherche. Du au , le PAT se lance dans une croisière virtuelle, fonctionnement équivalent à un tour du monde. Ce type de réacteur sera installé à partir de 1971 sur les sous-marins nucléaires lanceurs d'engin français (SNLE), dont le premier est Le Redoutable. Lors de son exploitation qui dure jusqu'en , le PAT diverge plus de et a servi à la formation de .
À partir de 1970 commence la construction d'un modèle de réacteur nucléaire plus compact destiné aux sous-marins d'attaque (SNA) et dénommé Chaufferie avancée prototype (CAP). Elle diverge en . Après évolution la CAP devient RNG pour réacteur de nouvelle génération, modèle proche du K15 qui équipe les sous-marins de la classe Le Triomphant et le porte-avions Charles de Gaulle.
Énergies renouvelables
À partir de 1976 les activités du CEA relatives à l'énergie solaire sont transférées à Cadarache à partir des centres de Saclay (solaire thermique) et de Grenoble (solaire photovoltaïque). Les équipes du centre participent alors, à la mise en service de la centrale solaire de Vignola en Corse en 1982. Les activités de recherche sur les énergies renouvelables à Cadarache concernent aussi la bioénergies. En 1980, BP Lavera transfère ses activités sur les micro-algues à Cadarache. On étudie à l'époque le rôle de Botryococcus braunii dans la synthèse du pétrole. La production de polysaccharides par Porphyridium cruentum est également étudiée. Cette activité de production d'algues en photo-bioréacteurs se poursuivra au sein de la société Héliosynthèse puis Thalia Parmaceuticals pour la production de Phorphydium cruentum, utilisée dans le traitement de la dégénérescence maculaire de la rétine.
À partir de 2010, le CEA devient le commissariat à l'Énergie atomique et aux Énergies alternatives et les activités de recherche sur les énergies renouvelables à Cadarache prennent de l'importance. La cité des Énergies développe des programmes de recherche sur l'énergie solaire photovoltaïque et de concentration, sur les bioénergies et en particulier les biocarburants de troisième génération, et sur l'efficacité énergétique des bâtiments méditerranéens. En 2016, la plateforme de recherche Mégasol pour l'étude du solaire photovoltaïque sur une surface de est en cours de construction.
Centre CEA de Cadarache dans la littérature