Le MeingreLe Meingre – de l’ancien français « mingre » – signifiait maigre, chétif. , surnommé Boucicaut Un livre datant de 1337 (erreur de date. Ce livre est écrit en 1376 en latin avant d'être rapidement traduit en Français ; au demeurant Jean II le Meingre est bien jeune à cette date. Il a dix ou douze ans selon sa date de naissance bien fluctuante 1364 ou 1366 comme indiqué en fin de cette note. C'est un peu juste pour un jugement sur l'homme. L'auteur parlait-il du père, Jean 1er Le Meingre mort en 1367 ?), Songe du Vergier, appelle Boucicaut un homme sans scrupules, peu soucieux de gloire sans profit, ne perdant jamais de vue le soin de sa fortune. Un autre ouvrage datant de 1389, Songe du vieil pelerin, explique que Boucicaut est un courtisan qui sait exploiter la faveur des princes. Sources : livre " Le Meingre, dit Boucicaut (1366-1421) - Étude d'une biographie héroïque", , et 6. né en 1364 à Tours - mort en Angleterre dans le Yorkshire, probablement le , fut maréchal de France.
Il ne doit pas être confondu avec , dit Boucicaut, son père.
Biographie Origine
Le père de Le Meingre est , surnommé Boucicaut, maréchal de France, originaire de Touraine. Sa mère se nomme Florie de Lignières.
En 1372, descendit à Avignon rencontrer le pape , au nom de son père, avec pour mission d’offrir les reliques de saint Roch au couvent de la Trinité d'ArlesCe dépôt est relaté dans un manuscrit des Archives municipales d’Arles (Ms. 723, 1372). Saint Roch, natif de Montpellier, commençait à être honoré comme le grand saint anti-pesteux. Sa renommée fut européenne puisqu’en 1501, le pape Borgia demanda aux trinitaires d’Arles d’envoyer des fragments des reliques de saint Roch aux trois couvents de trinitaires créés dans le royaume de Grenade reconquis. Ce ne fut qu’après la Révolution qu’elles furent entreposées à Saint-Trophime d’Arles.. Il était accompagné de Philippe de Mézières, compagnon d’armes du maréchal. Le pape avalisa la volonté paternelle et le petit Jean se rendit avec son mentor en pèlerinage à Arles et aux Alyscamps.
Ses premières campagnes
La Guerre de Cent Ans fait rage depuis 1337.
Lorsqu'il est un pou grandellet, est admis dans l'entourage du Dauphin, le futur Le Meingre, dit Boucicaut, ., puis nommé valet d'honneur de .
Début 1378, le roi ordonne la confiscation des fiefs normands de son cousin Charles le Mauvais, qui complotait contre lui. Il laisse l'application de cette mesure au duc , qui mène cette campagne du début avril à fin juillet, accompagné du jeune Boucicaut.
Celui-ci assiste ensuite très certainement au sacre de à Reims, le .
Lorsque le les pourparlers de Leulinghem sont rompus, Hugues de Calveley débarque à Calais et entreprend de ravager l’Artois et la Champagne. En représailles, ordonne à Jean de Vienne de traverser la Manche et de porter la guerre sur les côtes anglaises, et au maréchal Louis de Sancerre de s'avancer en Guyenne. Jean accompagne ce dernier et participe au siège de Montguyon À au Nord-Ouest de Bordeaux. La ville résista..
Campagne de Flandre
En 1382, le comte est en lutte contre la ville de Gand et demande l'aide du roi de France. Celui-ci se trouve obligé d'intervenir lorsque Philippe van Artevelde refuse à deux reprises, les 10 et , de recevoir les ambassadeurs français.
participe à l'expédition, s’illustre lors de la bataille du Pont de Comines, ce qui lui vaut d'être adoubé par de Bourbon, le .
Il participe le lendemain à la bataille de Roosebeke, et y combat un Flamand de très haute stature qui se moque de lui : « Va téter, va, enfant ». « Les enfants de ton pays, jouent-ils à de tels jeux ? », lui répond Boucicaut après que le géant fut allongé mort.
Cette intervention en Flandre suscite une violente riposte de l'Angleterre, et le débute la chevauchée foudroyante de l'évêque de Norwich, Henri le Despenser, qui parti de Calais s'empare en moins de trois semaines des villes de Bergues, Bourbourg, Cassel, Dunkerque, Furnes,Gravelines, Messines, Nieuport, Poperinghe et Saint-Venant.
ordonne un rassemblement de toutes les forces disponibles du royaume. Cette considérable armée royale se regroupe à Arras, entre en Flandre le , oblige l'évêque à lever le siège d'Ypres, et reprend les villes perdues, sauf Calais. La campagne s'achève le . L'armée est licenciée, seul , Boucicaut et quelques troupes restent sous les armes pour garder la frontière.
Autres campagnes et pèlerinage en Terre sainte
quitte cette région fin , et part combattre les Lituaniens, encore païens, aux côtés des chevaliers de l'Ordre Teutonique.
Il est cependant de retour en France au printemps, et participe à une campagne qui commence le et dure environ six mois, menée par , dans le Poitou et en Guyenne, afin d'en chasser les Anglais. Plusieurs villes sont reprises, dont Verteuil après un siège d'un mois.
En 1385, Jean de Gand, revendiquant le royaume de Castille, l’envahit avec deux armées, une anglaise et une galicienne. Une expédition française sous les ordres du duc de Bourbon part au secours du roi , et se trouve à Barcelone en , à Burgos en juillet. Il semble que les combats furent rares, les Anglais se retirant au Portugal, les autres en Galice.
L'armée retourne en France, mais en profite pour attaquer les forces anglaises dans le Sud-Ouest. Boucicaut fait l'admiration de ses amis lors de la prise de Brassempouy. Sont pris aussi AyenmalAucune information sur ce lieu., Lescar et Montcuq. Cette campagne prend fin en .
Début 1388, avec son compagnon d'armes Regnaut de Roye, Boucicaut se rend à Venise, puis s'embarque pour Constantinople où il arrive en février. Ils obtiennent des sauf-conduits pour visiter le sultan , alors en paix avec ses voisins, auprès duquel ils restent environ trois mois, à Gallipoli. Puis ils gagnent le Danube par la Bulgarie, puis sont reçus par le roi Sigismond de Hongrie. Les deux amis restent trois mois dans ce pays, puis se séparent, Renaud prenant le chemin de la Prusse, Jean retournant à Venise, où il s'embarque pour un pèlerinage en Terre sainte où il rencontre Philippe d'Artois en : celui-ci avait été arrêté à Damas sur ordre du sultan d'Égypte. Boucicaut n'hésite pas à se faire inclure dans sa suite, jusque dans sa prison, au Caire, dans laquelle ils restent quatre mois. Libérés ils revisitent la Terre sainte, et sont de retour en France en octobre.
Les joutes de Saint Inglevert
Les deux amis rencontrent et l'accompagnent dans une visite de ses états du Sud. Le cortège royal est à Montpellier en , à Toulouse le . Il est de retour à Paris le .
Le pays est alors en paix, une trêve ayant été signée avec les anglais. , Regnaut de Roye et Jean de Sempy en profitent pour organiser un tournoi à Saint-Inglevert, près de Calais. Pendant trente jours, du au , ils défient tous les chevaliers et écuyers anglais, ou autres, qui voudraient les combattre. Les trois amis se relaient pour rompre leurs lances sur trente-six adversaires originaires d’Angleterre, du Hainaut et de Bohême, sans être désarçonnés une seule fois.
Guerre en Prusse contre Croisade en Tunisie
de Bourbon et Enguerrand de Coucy prennent la tête d'une croisade contre Tunis Le but de cette expédition fut modifié, et fut fait le siège de Mahdia., mais le roi interdit à Boucicaut d'y participer. Celui-ci, pour s'en consoler, repart pour la Prusse et se met au service de Konrad von Wallenrode, qui lui donne le commandement de la forteresse de Königsberg. C'est là qu'il apprend que l'a promu maréchal.
Le Meingre n’avait pas vingt-cinq ans. Son père avait attendu vingt ans de plus pour obtenir cette dignité.
Il quitte la Prusse et rejoint le roi de France à Tours, qui lui remet en grande solennité le bâton de maréchal le jour de en la basilique Saint-Martin.
Folie du roi dans la forêt du Mans
vignette| saisi de folie non loin du Mans, enluminure du réalisée pour les Chroniques de Jean Froissart.
prend la tête d'une expédition contre le duc de Bretagne, mais sur la route traversant la forêt du Mans , le , le roi est pris d’une crise de démence. Boucicaut est à ses côtés.
« Dès lors, tous les grands projets furent abandonnés, et toutes sortes de désordres commencèrent à troubler le royaumeNouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France depuis le jusqu'à la fin du , par messieurs Michaud et Poujoulat, , , .. »
Mariage avec Antoinette de Turenne
Louis de Bourbon rejoint Avignon à la mi-, car il tente de mettre un terme à la guerre que fait Raymond de Turenne à , Marie de Blois et son fils . Une entrevue a lieu au château de Boulbon le Meingre était fieffé des deux côtés du Rhône à Aramon et à Boulbon, les deux cités se faisant face. qui appartient à Boucicaut, le . C'est là que le vicomte de Turenne apprend que le Conseil du roi a un parti à lui proposer pour sa fille en la personne du maréchal. Raymond de Turenne dit consentir pour faire plaisir au roi notre sire et à nos seigneurs les ducs, et pour le bien et honneur de la personne dudit monseigneur le maréchal. droite|vignette|Jean de Vienne qui fit le siège des Baux-de-Provence que défendait Raymond de Turenne
Antoinette de Turenne, seule héritière de la vicomté, devait initialement épouser Charles du Maine de Turenne avait vu d’un très mauvais œil le mariage prévu entre le prince de Tarente et sa fille. Les lettres royales indiquent d’ailleurs pour argumenter avec la pape que Si nostre Saint Père ou autres disoient que l’on traitait ou eut traité du mariage du frère (Charles de Tarente) dudit roi de Sicile avec ladite fille (Antoinette), qu’il soit répondu que ledit messire Raymond a dit qu’il aimeroit mieux que sa fille fût morte que ce qu’elle fût mariée au frère dudit roi. Car il est trop grand seigneur. Et la veux marier à homme de qui il puisse être servi et qu’il s’en tient être honoré, et non pas à seigneur devant qui lui faudroit agenouiller., frère de d’Anjou, mais le Conseil du roi entérine différemment, et sont dépêchés Jean de Pertuis et Jean Blondel comme ambassadeurs auprès de à Avignon, et auprès de Raymond de Turenne, alors assiégé dans sa forteresse des Baux par l’amiral Jean de Vienne. Au cours de l’audience avec l'antipape, les deux plénipotentiaires insistent sur les avantages de l’union d’Antoinette avec le maréchal, fidèle serviteur de la politique royale. Ce mariage était le gage de la fin des conflits entre le vicomte de Turenne, le pape (antipape), l’Église, Marie de Blois, la comtesse de Provence et son fils d’Anjou.
Jean Blondel demande à Jean de Vienne de lever le siège des Baux, ce qui est fait par l’amiral. Quant à l'antipape, il rechigne, et pour empêcher que Boucicaut pût se marier, il lui refuse tout d’abord un sauf-conduit, puis enfin décrète une trêve de quelques jours et accorde l’autorisation de passage. Boucicaut arrive à la forteresse des Baux le . Dans sa suite se trouvent Hélion de Neillac, chambellan de , Édouard de Beaujeu et Blain Loup, maréchal du Bourbonnais. Mais le pontife avignonnais n’avait pas désarmé, et dans la semaine de , Pierre Vyen et Jaumet Martin, deux hommes d’armes de Boucicaut, sortis de Boulbon chargés de lettres pour les Baux où séjournait le maréchal, sont attaqués, capturés et torturés, car Boucicaut fut d’emblée considéré par l'antipape comme un soutien important de Raymond de Turenne, et le château de Boulbon comme une place forte ennemie R. Veydarier, Raymond de Turenne, la deuxième maison d’Anjou et de Provence : étude d’une rébellion nobiliaire à la fin du Moyen Âge, thèse de l’Université de Montréal (Québec), 1994.. Mais que vaut la volonté d'un antipape face à celle du roi de France ?
vignette|redresse=.6|Parti, au 1 d'argent à l'aigle de gueules bécquée et membrée d'azur, qui est Boucicaut, au 2 coticé d'or et de gueules de douze pièces, qui est Turenne.
Le , en présence de Raymond de Turenne, Bernard Trévenq, vicaire de la chapelle castrale des Baux, célèbre le mariage de Boucicaut et d’Antoinette, âgée alors d’environ .