Quarré-les-Tombes est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.
Elle fait partie du parc naturel régional du Morvan et de la région naturelle de l'Avallonnais.
Géographie Avec Auxerre à 70 km et Avallon à 18 km au nord-ouest, Quarré-les-Tombes est un petit village typique du Morvan situé entre les vallées de la Cure et du Trinquelin. Il est situé sur une colline granitique haute de , ce qui expose le village aux vents du nord. Victor Petit, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne.. Le point culminant du département de l'Yonne se trouve sur le territoire de la commune, dans le bois de la Pérouse (607 m d'altitude)Carte IGN interactive de Quarré-les-Tombes sur geoportail.gouv.fr. Couches « Limites administratives » et « Cours et étendues d'eau » activées. Vous pouvez aisément moduler la transparence des couches dans le menu « Ma sélection de données » à gauche de la carte. Zoomer en rapprochement pour passer à la carte d'état-major..
La superficie de la commune est de .
Le sud de la commune est inclus dans le parc naturel régional du Morvan, dont la limite nord passe à au sud du village.
Le village est situé à un carrefour de routes : d'Avallon à Saint-Brisson ; de Rouvray à Lormes ; de Quarré-les-Tombes à Cussy-les-Forges ; de Quarré-les-Tombes à Châtel-Censoir.
Communes limitrophes
Hameaux et lieux-dits Les Brizards, une auberge anciennement nommée auberge de la Cloche et devenue l'auberge des Brizards, est tenue par quatre générations de femmes. L'accordéoniste Lulu Charleu y a vécuEvelyne Hugues, L'Odette des Brizards, Paris, Éd. Tirésias, 1998, 412 p. .. À Champlois, le grand pavillon était un manoir seigneurial. La Gorge avait un manoir en 1280, propriété de Jean de Roilly. Les Îles Ménéfrier sont connues essentiellement pour l'accumulation de roches appelées Roche-des-Fées. Haut lieu de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale, le s'y sont concentrés deux mille combattants des maquis et des groupes qui formeront la troisième demi-brigade de l'Yonne des Forces françaises de l'intérieur (FFI) du régiment Verneuil, de là ils s'élanceront pour libérer avec les forces alliées et les autres unités des FFI, les départements de l'Yonne, et de la Côte-d'Or. Aux Lavaults se trouve l’intéressante auberge de l'Âtre, tenue par Francis Salamolard. Autrefois il y avait au dit lieu une chapelle en l'honneur de saint Eptade, construite en 1860 pour remplacer l'ancienne qui était aux Mathieux. Les Mathieux abritaient jusqu'en 1667 une chapelle dédiée à saint Eptade, détruite en 1793. À Moulin-Colas on a découvert des débris de constructions romaines. Les Valtats, à l'origine Valletat, sont nommés d'après une famille de notaires royaux au comté de Vertus, supposée avoir été ramenée de Champagne par Olivier de Chastellux qui revenait de Thiérache en 1610, et dont les premiers arrivants furent installés à Bussières, terre des Jaucourt, seigneurs originaires de ChampagneJacques-François Baudiau, Le Morvand, Nevers, 1865. , Paris, Guénégaud, 1965, 3.vol., t.III, p.105.. Velars-le-Comte est d'origine romaine (tuiles, médailles et statuettes retrouvées). En 1325, il appartenait à Guyot de Veillart. Les Vermiraux, ferme qui a abrité une institution de placement d'enfantsDominique Dessertine, « (Lecture de) Histoire de l’Agence d’Avallon des enfants assistés de la Seine », Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière », 15 | 2013, mis en ligne le 30 octobre 2013, consulté le 25 mai 2016. fermée à la suite d'un procès retentissant en 1910Cette institution a fait l'objet d'une thèse par publiée en 2011 en version courte aux éditions de l'oeil d'or (Paris) sous le titre "La révolte des enfants des Vermiraux : approches d'une économie des secrets, 1905-1910".Un Morvan très nourrissant : une version courte de cette thèse a été publiée aux éditions L'Œil d'or sous le titre La révolte des enfants de Vermiraux.S. Sandor,Les enfants de Vermiraux, [pièce de théâtre], Les Cygnes, Avallon, novembre 2011 (vermiraux.blogspot.com).. Villiers-les-Potots s'appelait Les Potots en 1871Victor Petit, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne, Archives départementales (en ligne)., parfois écrits Pautots, mais la première attestation est récente. Le nom actuel vient d'une villa romaine (pour Villiers) et du nom d'une famille du pays, les Potots.
Hydrographie La Cure borde la commune au sud-ouest sur environ 5,7 km (la commune est donc en rive droite de la rivière) et neuf de ses affluents arrosent la commune : ruisseau de Vannay, ru de Fangis, ruisseau de Montourlon, ru des Îles Ménéfrier, ru des Paluds (3,7 km depuis l'étang du Griottier Blanc, conflue avec la Cure 250 m après être passé sur la commune de Marigny-L'Église), ru de Tancoin, ru des Quartiers et son petit affluent de rive droite en provenance de la Gorge, ru des Couées aux Boues, et enfin vers Charmolin tout au nord de la commune un petit ru qui coule sur environ 1,5 km et arrose l'étang près de ce hameau avant de quitter la commune en direction de l'étang de Marrault sur Magny puis de rejoindre le Cousin (lui aussi affluent de la Cure), toujours sur Magny.
Le Trinquelin, sortant du lac de Saint-Agnan (sur Saint-Agnan), borde la commune au sud-est sur 1,5 km (après quoi il retourne sur Saint-Léger-Vauban) puis sur un peu plus de 6,3 km à l'est et au nord-est. Son affluent le ruisseau des Blancs sert de limite de commune au sud sur environ 820 m puis traverse une partie du sud de la commune avant de confluer avec le Trinquelin sur Saint-Léger-Vauban. Outre le ruisseau des Blancs, six autres de ses petits affluents arrosent la commune : ru des Moingeots et son affluent le ru des Boulats, ru de Mont en provenance des étangs du même nom, ru de la Baignoire, ru du moulin Lardot, ru des Potots.
Outre ces deux cours d'eau, la commune comprend trois étangs de plus de 1 ha : l'étang du Griottier Blanc (~ 8,6 ha) à quelque 2 km au sud du village (coupé en deux parties par la route forestière de Vannay), le Grand Étang (~ 2,2 ha) en sortie de village au nord, et l'étang vers Charmolin (~ 1,7 ha) dans le nord de la commune. Les étangs de Mont, à environ 1,6 km à vol d'oiseau au sud-est de Quarré, totalisent ~1,2 ha pour les deux plus grands.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Saint-Léger-Vauban », sur la commune de Saint-Léger-Vauban à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Quarré-les-Tombes est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Avallon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (49,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (49,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (49,7 %), prairies (42,8 %), zones agricoles hétérogènes (6 %), terres arables (0,7 %), zones urbanisées (0,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Careacus, à lire *Careatus (721) ; ecclesiam Charreii (1139) ; de Cadriaco (1147). ; Quarreia (1171) ; Carreia (1190) ; Carrée (1191) ; Quarrées (xve siècle).. Autrefois Careacus au , puis Quarrées au : Carré-les-Tombes ou Saint-Georges-lez-Carré-les-TombesJean-Joseph Expilly, Dictionnaire Géographique, historique et politique des Gaules et de la France, t.I, 1763, .Quarré-les-Tombes. Sur memoiresvivantes.org..
De l'adjectif latin quadratum (vicum) : « ( village ) de forme carrée ».
La deuxième partie du nom du village provient du grand nombre de tombes vides, en pierre, placées dans le cimetière entourant l'église. Ces cercueils, au nombre de deux mille autrefois, ont été mis au jour à l'occasion de la création d'un cimetière extra-muros et proviendraient de la carrière de Champ-Retard près de Dissangis.
Histoire
Quarré, anciennement Careacum, appartenait à Corbon, seigneur de Corbigny. Son fils le légua en 706 à l'abbaye de Flavigny.
Au , le village passa sous la dépendance des sires de Chastellux, barons de Quarré. Le château était construit au-dessous de l'étang actuel. La motte fut nivelée en 1863. Les Besors avaient une part de la seigneurie.
Au , Saint-Georges-lez-Carré-les-Tombes fait partie du bailliage d'Avallon et compte 34 feux en 1763.
Aux , la commune de Quarré-les-Tombes (surtout ses hameaux) fut, comme beaucoup d'autres dans le Morvan, le lieu de très nombreux placements d'enfants de l'Assistance publiqueLas Vergnas M.-L., Histoire de l'agence d'Avallon des enfants assistés de la Seine, Publibook, 2012, 183 p. . Référence aux Archives départementales de l'Yonne.. Une agence de Quarré-les-Tombes des enfants assistés de la Seine fonctionna même de 1896 à 1910. Elle fut supprimée notamment parce qu'elle entraînait une nouvelle augmentation des placements. Les placements ne diminuèrent significativement que dans la seconde moitié du Journal de Mathieu Tamet, directeur de l'agence d'Avallon de 1896 à 1919..