Alessandro Araldi, né à Parme vers 1460 et mort en 1528, est un peintre italien de la Renaissance, actif principalement dans sa ville natale.

Le ministère italien de la Culture le décrit comme l'un des maîtres les plus actifs à Parme entre le et le , avant l'affirmation du Corrège.

Fils d'un marchand de draperies issu d'une ancienne famille parmesane, il est mentionné pour la première fois dans un acte public en 1483. Rien n'est établi de sa formation artistique, et son activité demeure inconnue avant 1496.

Il travaille principalement pour le monastère bénédictin de San Paolo, dont il reçoit des paiements à partir de 1505. En 1514, il y décore de grotesques et de candélabres le plafond d'une salle de l'appartement de l'abbesse Giovanna da Piacenza, cinq ans avant que le Corrège n'achève la chambre voisine dans un langage pleinement renaissant.

La même année, il signe lAnnonciation commandée par les carmes de Parme, aujourd'hui au Complexe monumental de la Pilotta. Son Portrait de Barbara Pallavicino, conservé à la Galerie des Offices, fut longtemps attribué à Piero della Francesca.

Biographie

Famille et premières mentions

Alessandro Araldi naît à Parme vers 1460, fils de Cristoforo, marchand de draperies appartenant à une ancienne famille parmesane. Il est déjà marié en 1488 avec Paola di Andrea del Piombo, dont il a quatre enfants. Le catalogue général des biens culturels le mentionne pour la première fois comme témoin dans un acte public en 1483.

Rien n'est établi de précis sur sa formation artistique, et le Complexe monumental de la Pilotta observe que son activité est entièrement inconnue avant 1496.

Question de la fresque de 1496 Le Dizionario biografico degli italiani fait apparaître ses premières inclinations dans la fresque de la cathédrale de Parme représentant la Vierge à l'Enfant avec saint Joseph et le donateur, où une restauration avait fait retrouver la signature et la date de 1496, et y relève, avec le souvenir de Ferrare, un mantégnisme prépondérant.

Le Complexe monumental de la Pilotta indique toutefois que cette fresque est désormais assignée à l'entourage de , à la suite de travaux publiés en 1997.

Une lettre adressée au secrétaire de Mantoue indique qu'il se proposait en 1496 de se rendre à Venise ; selon le catalogue général des biens culturels, son art se développe toutefois moins dans le domaine vénitien que dans l'aire émilienne de Lorenzo Costa et de Francia.

Monastère de San Paolo

À partir de 1505, Araldi reçoit des paiements de montants variables des abbesses Cecilia et Orsina Bergonzi, puis, à partir de 1507, de Giovanna da Piacenza, pour des travaux non précisés dans le monastère.

Sur les deux parois d'une cellule située en bordure du jardin de l'ancien couvent, il peint des scènes de la vie de sainte Catherine d'Alexandrie.

En 1514, il réalise dans l'appartement privé de l'abbesse le plafond d'une salle presque parfaitement carrée, orné d'une riche décoration de grotesques et de candélabres peints sur fond bleu, où s'insèrent des scènes sacrées tirées de l'Ancien et du Nouveau Testament ainsi que des images profanes. Le Complexe de la Pilotta précise que ces fresques lui sont unanimement attribuées par la critique, bien qu'aucun document ne les avalise, leur datation étant déduite de l'inscription de la cheminée.

Cinq ans plus tard, en 1519, le Corrège achève la chambre voisine, communicante, dans un langage pleinement renaissant.

Une copie de la Cène exécutée par Araldi en 1516 figure également dans le parcours muséal du complexe.

Annonciation de 1514

Le , les carmes de Parme commandent à Araldi une Annonciation, aux frais du légataire d'Alberico Palmia. Le tableau, qui porte sa signature sur un cartouche central, demeure dans la première chapelle à gauche de l'église du Carmine jusqu'aux suppressions napoléoniennes et entre à la Regia Pinacoteca en 1815.

Selon le Complexe monumental de la Pilotta, cette œuvre se situe dans la période la mieux documentée de l'activité du peintre, l'année même où il dut exécuter la décoration de la voûte à grotesques de San Paolo.

Dernières années

L'Enciclopedia Italiana indique que des fresques lui furent commandées pour la cathédrale en 1522, aujourd'hui disparues, qu'il travailla à Mantoue et qu'il mourut de la peste en 1528.

Œuvres

Sélection

Date Titre Lieu vers 1510 Portrait de Barbara Pallavicino Galerie des Offices, Florence 1514 Scènes de la vie de sainte Catherine Cellule Sainte-Catherine, San Paolo, Parme 1514 Plafond à grotesques et candélabres Appartement de l'abbesse, San Paolo, Parme 1514 Annonciation Complexe monumental de la Pilotta, Parme 1516 Copie de la Cène San Paolo, Parme 1516 Tableau aujourd'hui perdu Église de Casalmaggiore 1522 Fresques disparues Cathédrale de Parme Vierge adorant l'Enfant San Pietro, Parme Annonciation entre les saints Sébastien et Catherine Galerie nationale de Parme

Portrait de Barbara Pallavicino

Le Portrait de Barbara Pallavicino, conservé à la Galerie des Offices sous le numéro d'inventaire 8383, représente son modèle strictement de profil, vêtu d'une robe de brocart et portant un collier de perles à pendentif, une résille, un fermoir et une cordelette frontale.

L'œuvre fut longtemps tenue pour une peinture de Piero della Francesca. Adolfo Venturi l'attribua à l'école lombarde et y reconnut un portrait de Béatrice d'Este, en soulignant sa ressemblance avec un portrait de celle-ci dû à Zenale, à Milan. Le nom de Barbara Pallavicino a été proposé par L. Ricci.

La notice du catalogue général relève chez ce peintre peu connu une aptitude marquée de miniaturiste.

Réception critique

Les jugements portés sur Araldi sont contrastés.

LEnciclopedia Italiana le tient pour un peintre sans aucune invention, assimilateur des conceptions d'autrui — de Francia, de Raphaël, de Costa, du Sodoma, de Mantegna et surtout du Pinturicchio — et juge admissible l'hypothèse de Corrado Ricci selon laquelle il aurait vécu à Sienne entre 1507 et 1510, période durant laquelle on perd sa trace à Parme et où Pinturicchio y travaillait.

Le Dizionario biografico relève pour sa part une Vierge adorant l'Enfant à San Pietro de Parme, auparavant attribuée à Francia puis à Caselli, noms indicatifs des orientations de sa peinture, ainsi qu'une Annonciation entre les saints Sébastien et Catherine à la Galerie nationale de Parme, où le saint Sébastien lié à la colonne révèle, par une couleur plus fondue et plus douce, une consonance avec Foppa.

Le même dictionnaire observe que l'artiste dont son style est le plus éloigné, mais dont il cherche à plusieurs reprises à se rapprocher, est Léonard de Vinci : en témoigne le portrait de Beatrice da Correggio dite , inspiré de La Joconde, identifié en 1952 dans la collection Borri à Parme et dont le souvenir est conservé par un sonnet du poète contemporain .

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Le Corrège Parme Renaissance italienne

Liens externes

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