thumb|Passage d'angle vers la sacristie de l'église El Salvador, Úbeda, Andalousie, Espagne. vignette|Couloir central d'un hôpital à Perth, Australie.
En architecture, un passage est un espace de circulation reliant au moins deux pièces, niveaux ou parties d'un édifice ou deux corps de bâtiment entre eux. Petit espace.
Généralités Dans un édifice, la distribution architecturale des pièces est faite selon des plans qui donnent une ordonnance harmonieuse et une organisation fonctionnelle des locaux. Cette disposition est permise par les passages qui donnent la circulation des hommes dans le bâtiment (certains d'entre eux ne sont que des passages techniques définis par l'ingénierie civile, ils sont non ordinairement accessibles.)
Cet aménagement des bâtiments a défini le métier d'architecte créé à la Renaissance à partir des métiers de maître-maçon et maître-charpentier : un théoricien et praticien qui répond aux désirs du maitre de l'ouvrage. Son rôle initial dans la conception est d'effectuer une association étroite entre la forme du volume final et l'aspect à l'extérieur comme à l'intérieur qui sont donnés à la construction. Il établit sur papier des plans qui constituent le support de l'imagination Le plan est un réceptacle de symbolisations retraçant un discours quasi rituel religieux avec une écriture dessinée formulant la physique des éléments utilisés et le savoir-faire manuel de leur mise en œuvre, cette écriture est mélangée à l'écriture de formules d'explications scientifiques et cosmologiques en langage parlé. Une mise en forme avec quatre dimensions est faite : la géométrie du volume est réduite à une face par projection sur le papier en deux dimensions, plus la dimension de la résistance des matériaux utilisés, plus la dimension temporelle de l'homme (avec le temps de fabrication croisé avec la possibilité physique réelle d'œuvrer) - Cf. épistémologie, par exemple les ouvrages de Françoise Choay-. Cette formulation du procédé n'a en réalité guère évolué sauf pour la mise en forme avec le positivisme de la Révolution industrielle et sa mécanisation. Puis la médiatisation électronique a seulement réintroduit de la complexité dans les formes géométriques dont les dimensions ne sont plus autant simplifiées. Cet aspect du « discours » mis sur le calque-plan du créateur d'architecture le fait se distinguer dans son objet du dessin industriel qui sert l'ingénierie, traduction uniquement de quantités. Cette forme de communication permet d'établir les concours (exposés faits à l'aide d'une rhétorique prouvant le caractère distinctif de la proposition à choisir par le maître d'ouvrage : ces exposés diminuent le côté stressant de l'aléatoire en le réduisant et en le faisant entrer dans le champ prévisionnel politique correspondant à l'époque vécue).. Ce n'est plus seulement l'utilisation de discours descriptifs de la forme qui auparavant se faisait, discours qui retraçaient des parcours à composantes mythiques et légendaires aussi bien pour aboutir à l'édifice que pour évoquer les sensations lors des déplacements dans son intérieur. La composante de circulation est un élément classique d'architecture utilisée maintenant comme anciennementVoir par exemple Eugène Viollet-le-Duc et sa réalisation du Château de Pierrefonds, lieu de plaisance de Napoléon III ..
La forme modèle de la disposition des volumes internes et la forme modèle associée des circulations donnent le plan de construction (le plan centré, plan carré, plan concentrique, etc.). Il est un des éléments d'un style architectural, il est aussi la marque d'époques et de leurs préoccupations quotidiennes, d'où découlent la façon de sacraliser ou banaliser un espace suivant des conceptions de l'univers qui suivent le plus souvent un modèle de conception qui est anthropomorphique.
Le rapport entre des lieux, des espaces qui sont destinés à couvrir les besoins initiaux aboutissant à l'acte de bâtir et les espaces accessoires nécessaires à leur utilisation est un facteur d'importance dans la conception, puisqu'il est lié à l'économie de la construction.
Les édifices dont l'image auprès de population (du public) est essentielle affichent un apparat certain avec les passages et leur traitement architectural lorsqu'il s'agit de montrer une magnificence ou au contraire affichent un aspect beaucoup plus réservé lorsqu'il s'agit de prouver que l'on sait faire des économies.
Passage extérieur à un édifice thumb|Desserte privée reliant plusieurs immeubles d'un ensemble, Götz-Passage, Hambourg, Allemagne. Le passage prend la forme que lui permet son environnement d'insertion et suit le parti pris architectural donné dans le plan-masse, ce plan qui définit l'arrangement de la construction en corps de bâtiment. Ainsi un plan dit masséPlan donnant des contours sans excroissance et donnant une trame dense. aura des accès extérieurs minimum, peu nombreux et peu étendus.
Un plan d'organisation d'ensemble que l'on juge « aéré » définissant les cours intérieures amènera des circulations très importantes (par exemple le plan-grillePlan carré qui définit des espaces intérieurs libres carrés par quatre (ou cinq avec le central), huit (ou neuf…), etc. ). Le passage de construction amène immédiatement à la notion de la taille de l'objet concerné, ainsi le caractère soit d'architecture soit d'urbanisme est peu distinguable dans les chantiers de grande envergure, puisqu'à terme les circulations deviennent en constante de l'histoire les ruesDu réseau viaire privé (transformé du Moyen Âge jusqu'à nos jours) au réseau de voirie urbaine, l'échange de propriété foncière contre un service collectif (public) se fait en diminuant les inconvénients des servitudes de passage grevant les propriétés. Dans la promotion actuelle, le coût de réalisation d'une rue dans une zone aménagée est supporté pour 6/10e par les promoteurs et 4/10e par la collectivité. par expropriation des dessertes privées lorsqu'elles ont été formulées ainsi.
Le passage est couvert ou non, il est destiné aux piétons ou aux véhicules, il permet d'accéder au bâtiment (le porche).
Il permet d'accéder à une cour ou à une aire de stationnement (desserte, porte cochère, guichet). Les corps de passage sont les bâtiments dont le rez-de-chaussée permet une traversée de plain-pied pour une voie (ou une rue), et ce niveau peut même être absent (sans locaux).
vignette|Le passage Jouffroy à Paris. Ou bien le passage permet de circuler le long de l'édifice en façade ou le long du jardin intérieur (un patio) par les galeries d’arcades faites de baies libres. Dans les architectures traditionnelles du Sud, le passage aérien est établi par les terrasses reliées entre elles de façon distincte de la voirie, et permettent de se dérober aux regards.
Les bâtiments séparés par des cours longues ou les pavillons isolés rapprochés sont reliés fréquemment par des passerelles.
Dans un espace délimité par des bâtiments, des allées peuvent être implantées dans les jardins et espaces verts. La conception de circulation par des terrasses s'est retrouvée par exemple avec le passage séparé entre piétons et véhicules de l'urbanisme sur dalle unifiant des bâtiments disparates.
Qu'ils soient ou non de la même opération immobilière, proches ou éloignés de la voie publique, une desserte d'accès aux bâtiments pour les services d'urgence doit être assurée dans la conception moderne, cette desserte privée établie depuis la voie publique doit pouvoir supporter le poids et l'encombrement de véhicules de secours.
Passage à l'intérieur d’un édifice
Le parti pris architectural de la distribution des pièces formule le passage à l'intérieur de l'édifice et il est extrêmement varié : il dépend par exemple de celui de la mise en place d'étages, de la variété de hauteur des pièces, etc. L'accès à un local se fait au moyen d'un espace qui le commande. Ce peut être une pièce spécialement affectée à cet usage ou une pièce qui a plusieurs fonctions dont le passage (comme le hall d'un hôtel), mais aussi une pièce dont l'usage principal est tout autre et supporte cette fonction (salle de séjour de studio).
Passage au même niveau
Enfilade L’enfilade classique est la suite de pièces dans le corps de bâtiment séparées par des murs de refend transversaux. La communication se fait d'une pièce à l'autre, sans couloir de distribution (une pièce commande l'autre). Deux passages sont parfois établis, une porte de chaque côté du trumeau de la cheminée sur le mur. Cette distribution des pièces a d'abord été donnée aux corps de bâtiment, extrêmement vastes, de château de la période classique où l'on voulait éviter de reproduire les sombres couloirs médiévaux. Cette distribution se retrouve dans la distribution en enfilade faite dans certains appartements bon marché de la période moderne, où la compacité est rendue nécessaire par la maîtrise du coût, avec des surfaces très faibles pour les espaces réservés uniquement à la communication et non-aménageables.
Couloir et corridor Le couloir est un passage long et étroit de communication entre pièces qui commande l’entrée à plusieurs pièces, les baies peuvent être libres (sans panneau de porte). Corridor est un terme qui vient de l'italien corridore : « la galerie où l'on court ». Le couloir s'appuie sur des murs ou bien il est constitué de cloisons. Lorsqu'il n'est pas une circulation latérale, le couloir ne dispose pas de fenêtres et est aveugle. Le couloir peut avoir un éclairage en deuxième jour des pièces desservies par des impostes vitrées faites dans les huisseries des portes. Dans la construction avant le milieu du et sa normalisation des hauteurs d'étage, le couloir étroit pouvait avoir une hauteur sous plafond réduite comparée à celle des autres pièces pour avoir des proportions plus convenables. Le couloir moderne fait l'objet de normes dans ses dimensions pour l'accès des personnes handicapées et des dégagements sont imposés pour les changements de direction.
Dégagement Le dégagement est une sortie secondaire étroite dont dispose une pièce ou une sortie secondaire aménagée en commun pour deux pièces.
Le dégagement est aussi la communication avec une pièce de service attenante à la pièce principale desservie.
Le dégagement est le terme qui désigne une aire donnant plus de largeur dans un couloir pour accéder sans se heurter aux portes à des pièces, à l’escalier, à des placards techniques.
Le dégagement est le tout petit couloir distribuant les chambres regroupées en bout d'appartement dans la composition des logis modernes, l'espace est réduit par les besoins de minimiser les espaces de service qui ont eu pourtant un caractère ostentatoire dans les constructions jusqu'au .
Coursière et coursive
Une coursière est un espace de circulation intérieure étroit situé en hauteur et ménagé dans l'épaisseur d'un mur épais, avec ou sans balustrade. Une coursière béante est un passage très étroit établi en passage entre les colonnes de soutien en pied de l'arcade et le mur, (le haut d’arcade se fondant plus haut avec le mur).
Une coursière ou une coursive dans les immeubles récents est un palier à découvert sur l'extérieur constitué d'une avancée de plancher-dalle qui donne le passage pour accéder aux portes palières d’appartement.
Galerie et allée La galerie est une arcade praticable pour la communication, le passage peut aussi être établi en hauteur sur un balcon sur des arcs et aussi sous d'autres arcs. Une galerie est à l'origine un espace de séjour — qui peut avoir une grande fonction d'apparat — et de passage ménagé sous des travées de voûtes, un espace assez large qui dispose avec des baies ouvertes de l'éclairage naturel. S'il n'en dispose pas le passage est aveugle.
Un déambulatoire est une galerie de voûtes du fond d’église côté chœur.
Un promenoir est un déambulatoire dans un édifice non religieux.