Ségou est une ville et une commune urbaine malienne, chef-lieu du cercle de Ségou et de la administrative malienne qui porte son nom. Elle est la capitale historique du puissant royaume Bambara de Ségou, établi au et qui subsiste jusqu'en 1861.

Géographie La ville est établie dans la plaine de la rive droite du Niger, au centre du Mali méridional. Elle est desservie par le fleuve Niger et par la route nationale 6 (axe Bamako-Mopti), à au nord-est de la capitale malienne, Bamako.

Diagramme ombrothermiquede Ségou (1991-2020)

Elle est surnommée « la cité des balanzans », du nom d'un arbre poussant en abondance dans et autour de la ville, le balanzan.

Le climat est classé comme semi-aride chaud (BSh) dans la classification de Köppen.

vignette|gauche|230px|Coucher de soleil au bord du fleuve Niger. vignette|gauche|230px|Auberge à Ségou.

Histoire vignette|droite|Femmes de Ségou en 1892.

Les premiers habitants sont des Bozos, une population pratiquant la pêche. Des Malinkés puis des Bambara s'installent ensuite dans la région au .

C'est à Ségoukoro, sur la rive du Niger, à à l'ouest du centre-ville actuel de Ségou, que Biton Coulibaly fonde au le royaume Bambara de Ségou.. Ségoukoro abrite les tombeaux de la dynastie fondée par Biton Mamary Coulibaly, dont sa propre tombe, ainsi que la mosquée de Ba Sounou Sacko, dédiée à sa mère.

Chronologie des rois Bambara de Ségou La chronologie suivante reprend celle de Louis Tauxier., avec des rectifications apportées par Gérard Dumestre.Dans cette chronologie, Gérard Dumestre conserve l'orthographe de Louis Tauxier, mais rectifie deux erreurs du texte : 1672 au lieu de 1692 à la deuxième ligne et Mansong au lieu de Mansoug à la onzième ligne..

Dynastie des Kouloubali (Bitonsi) (1712-1757) Danfassari.

Souma : 1697-1712.

Mamari (Biton) Kouloubali : 1712-1755. Biton transforme la petite chefferie de Ségou-Koro en l'une des principales entités politiques du Moyen-Niger. Avec son armée de Tondjons, il conquiert le Kaarta, Djenné, le Sibiridougou — Barouéli, Niamina et leurs environs —, le Bendougou — région de San —, le Séladougou — région traversée par le Bani —, le Karadougou — région de Sarro et ses environs —, le Bélédougou et Tombouctou.

Dekoro : 1755-1757. Il est assassiné par les Tondjons menés par Ton-Massa Dembelé.

Ali : 1757. Musulman, il est déposé par les Tondjons.

Interrègne des Tondjons Ton-Mansa Dembelé : 1757-1760.

Kaniouba Niouma Barry : 1760-1763.

Kafa Dyougou : 1763-1766. Il règne à partir de Gassin.

Dynastie des Diarra (Ngolossi) (1766-1861) Ngolo Diarra : 1766-1787. Né vers 1718 à Niola, dans la région de Koulikoro, Ngolo Diarra est donné pour compléter le tribut de Niola à Ségou. Esclave, puis affranchi de Biton, il gravit les échelons et devient un important chef tonjon à la fin du règne de ce dernier. Il s'impose ensuite comme roi et impose sa dynastie aux chefs tondjons, mettant fin à l'interrègne ayant suivi la chute des Kouloubali. Ngolo transfère la capitale à Sikoro.

Mansong Diarra : 1788-1808. Fils de Ngolo, il s'impose face à son frère et rival Nianankoro et fait la guerre au Kaarta, qui soutient ce dernier. Mansong confirme l'autorité de Ségou sur le Macina et Tombouctou. L'explorateur écossais Mungo Park atteint Ségou le et visite la cité sous son règne.. Plusieurs de ses fils lui succèdent jusqu'à la chute de la dynastie.

Da Diarra : 1808-1827. Fils de Mansong, il voit le Macina prendre son indépendance durant son règne, même s'il impose sa suzeraineté sur Samaniana et le Monimpé. Le souvenir de Da-Mansong Diarra et de son règne occupe une place importante dans la geste de Ségou.

Tiéfolo Diarra : 1827-1839.

Nianemba Diarra : 1839-1841.

Kirango-Ba Diarra : 1841-1849.

Nalouma Kouma Diarra : 1849-1851.

Massala Demba Diarra : 1851-1854.

Torokoro Mari Diarra : 1854-1859. Musulman et favorable aux avancées d'El Hadj Omar, il est déposé et exécuté par son frère Kégué-Mari et par le chef tondjon Niansong.

Ali Diarra : 1859-1861. Défait à Niamina et à Oitala par El Hadj Omar, Ali s'enfuit au Macina devant l'imminence de la prise de Ségou. Il est exécuté par El Hadj Omar durant la révolte du Macina de 1863-1864.

Dynastes exilés à Touna et à Farako vignette|droite|Entrée du palais d'Ahmadou Tall en 1866.

Kéghé-Mari Diarra (1861-1868) : fils de Mansong Diarra, il résiste à Ahmadou Tall. Basé à Touna, il participe à la rébellion contre l'Empire toucouleur en 1863-1864. Après avoir menacé les murs de Ségou, il est défait par Ahmadou à Toghou en 1865 puis à Kégué en 1868.

Nianemba II Da-Mansong (1870-1878) : fils de Da Mansong et neveu de Kégué-Mari, à qui il succède. Il est basé à Sambala.

Mamourou : 1878.

Massa-Toma (1878-1883) : fils du faama Tiéfolo Diarra. Basé à Moribougou, il est empoisonné avec son frère Mansong par leur cousin Karamoko Diarra.

Karamoko (1883-1887) : fils de Da Mansong et successeur de Massa-Toma. Il exerce une grande influence sans parvenir à contrôler ses chefs de guerre. Il menace les murs de Ségou après le départ d'Ahmadou Tall pour Nioro du Sahel en 1884 et attaque la colonne expéditionnaire de Gallieni à Dio en 1882. Karamoko est empoisonné par N'To, frère de son prédécesseur Massa-Toma.

Mari Diarra (1887-1892) : fils de Da Mansong. Basé à Farako, il participe comme auxiliaire à la prise de Ségou par les troupes d'Archinard, qui le nomme chef. Accusé de conspiration contre les Français, il est exécuté en 1892.

Royaume Bambara de Ségou

Conquête par les Toucouleurs Entre 1858 et 1861, El Hadj Oumar Tall s'attaque aux royaumes Bambara du Kaarta et de Ségou, dont les forces s'affrontent lors de la bataille de Ngano. Le , il conquiert Ségou, qu'il confie un an plus tard à son fils Ahmadou, avant de partir à la conquête d'Hamdallaye, capitale de l'Empire peul du Macina, qui tombe le après trois batailles.

La stratégie d'El Hadj Omar consiste à rassembler les musulmans de la région sous son autorité, dans un contexte marqué par l'expansion coloniale française.

Conquête française vignette|droite|Résidence du commandant de cercle.

Le commandant Louis Archinard, de l'armée coloniale française, entre à Ségou le et s'allie à des forces Bambara. Le , Ségou devient le chef-lieu d'un cercle administratif colonial regroupant les territoires des cercles actuels de Dioïla, Barouéli, Bla, Ségou, Macina, San, Koutiala, Tominian et une partie du cercle de Koulikoro.

La commune mixte de Ségou est instituée en 1953. Ségou devient une commune de plein exercice par la loi française du .. Elle est alors dirigée par un conseil municipal élu au collège unique, qui choisit le maire en son sein..

Administration et politique

Conception Bambara du pouvoir ou Segu Fanga Historiquement, à Ségou, le pouvoir politique est séparé de la religion, en particulier de l'islam. Une trace de cette conception apparaît dans La geste de Ségou :

Ala ta ye ni ye (Dieu règne sur l'âme). Masa ke ta ye a ka jamana ye (Le roi règne sur son royaume). Da Monzon fana ta ye Segu ye (Da Monzon règne sur Ségou).

Administration Le cercle de Ségou regroupe la commune urbaine de Ségou et 29 communes rurales : Pélengana, Sébougoubou, Konodimini, N'Gara, Massala, Sakoïba, Soignébougou, Cinzana, Samené, Dioro, Farakou-Massa, Kamiandougou, Diédougou, Koumandougou, Bellen, Baguidadougou, Farako, Sama-Foulala, Souba, Digandougou, Katiéna, Fatiné, Diouna, Markala, Dougabougou, Togou, Boussin, Sansanding et Sibila. Elles totalisent 554 villages et quartiers.

Population Troisième ville du Mali après Bamako et Sikasso, Ségou dépasse le seuil des lors du recensement de 1998..

Politique La commune de Ségou, instaurée en 1953, est érigée en commune de plein exercice en 1955. Elle est dirigée par un administrateur-maire jusqu'aux premières élections municipales de 1956. Le premier maire élu est le commerçant Raoul Vayssié..

Année Maire élu ou nommé Parti politique 1956 Raoul Vayssié 1960 Dramane Coulibaly US-RDA 1967 Alioune Sissoko 2004 Bréma Thiero CNID 2009 Ousmane Simaga CNID 2016 Nouhoum Diarra RPM

Représentation étrangère En 2024, Ségou compte une représentation étrangère, le consulat général du Burkina Faso..

Devise Les habitants de Ségou sont appelés les Ségoviens et les Ségoviennes.

Ancien siège du pouvoir du royaume Bambara de Ségou, la ville possède une devise : Ségou, la ville des karités et des acacias, des quatre mille quatre cent quarante-quatre acacias et du petit acacia au tronc torduLe petit acacia au tronc tordu serait le symbole de la trahison sur laquelle la ville de Ségou aurait été fondée.. Bálansan bà náani àni Bálansan kɛmɛ náani àni tán náani bálansan àni náani áni bálansan ko kùrunin kélen (en Bambara).

Sa forme courte est : Ségou, la cité des balanzans.

Une autre formule transmise par les griots est : Ségou, les quatre villes : Ségou, Ségou-Koro, Ségou-Koura et Ségoubougou.

Jumelages et accords internationaux La ville de Ségou est jumelée avec : Angoulême, depuis 1984 ; Richmond.

Éducation et culture vignette|upright=1.2|Poteries de Ségou.

Éducation

Enseignement primaire et secondaire

Lycée

Université Ségou est la première ville du Mali, en dehors de Bamako, à accueillir une université.

L'université de Ségou est créée par l'ordonnance du , ratifiée par la loi du . Lors de son ouverture, le , la Première ministre Cissé Mariam Kaïdama Sidibé inaugure l'amphithéâtre de la nouvelle université et préside sa rentrée solennelle..

L'université de Ségou a une vocation nationale, sous-régionale et internationale. Sa mission porte sur la formation, la production, la conservation et la valorisation des connaissances en lien avec l'environnement socio-économique et agricole de la région.

Sur les cinq structures de formation et de recherche prévues à l'origine, trois sont alors fonctionnelles : la faculté d'agronomie et de médecine animale (FAMA), l'Institut universitaire de formation professionnelle (IUFP) et la faculté des sciences sociales (FASSO).

La faculté des sciences sociales ouvre en novembre 2012. Durant l'année universitaire 2015-2016, elle accueille environ 910 étudiants répartis entre trois filières : communication des organisations (439 étudiants), sociologie (271) et aménagement du territoire (200).

La faculté d'agronomie et de médecine animale ouvre en janvier 2012. Durant l'année universitaire 2013-2014, elle accueille environ 338 étudiants dans trois filières : agroéconomie, hydraulique agricole et production et santé animales.

L'Institut universitaire de formation professionnelle ouvre en novembre 2012. Durant l'année universitaire 2013-2014, il accueille environ 176 étudiants dans cinq filières : assistant de direction, hôtellerie-restauration, génie informatique, machinisme agricole et comptabilité-audit-finance.

La formation suit le système LMD.

Musique Parmi les musiciens associés au style Bambara de Ségou figurent Bazoumana Sissoko (1890-1987), Koni Coumaré ou Koumaré (?-1999), Mokontafe Sacko (1934-2002), Tara Bouaré (1935-1974), Fanta Damba (1938-), Hawa ou Awa Koni Diabaté, Lobi Traoré (1961-2010), Mah Damba (1965-), Teningnini Damba, Wandé Kouyaté, Bassekou Kouyaté (1966-), Babani Koné (1968-) et Alymany Bah.

Ethnologie Dominique Zahan consacre une partie de ses recherches aux arts et rites agraires de la région dans Antilopes du soleil. Arts et rites agraires d'Afrique noire, publié à Vienne en 1980.

Festivals et événements Le Festival sur le Niger a lieu à Ségou en février depuis 2005. Au cours des six premières éditions, environ de francs CFA sont injectés dans l'économie locale et travaillent pour le festival. En 2010, il représente et . Le nombre de touristes à Ségou passe d'environ en 2004 à en 2008. En 2010, venant de participent à l'événement ; ..

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