vignette|Individu en situation d'obésité présentant un taux important de graisse viscérale au niveau de l'abdomen. L’obésité est une maladie non transmissibleINSERM - Obésité, une maladie des tissus adipeux - Comprendre l’obésité - 22/11/2019 : « Maladie de l’adaptation aux récentes évolutions des modes de vie, l’obésité résulte d’un déséquilibre entre les apports et les dépenses énergétiques. Ce déséquilibre aboutit à une accumulation des réserves stockées dans le tissu graisseux, entraînant elle-même de nombreuses complications. » qui se caractérise par un excès de graisse corporelle résultant d'un apport énergétique issu de l'alimentation largement supérieur aux besoins de l'individu concerné. L'obésité correspond, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a une situation dans laquelle l'indice de masse corporelle d'un individu est supérieur à .. En dessous de ce seuil, une personne est également en obésité lorsque le rapport entre son tour de taille et sa taille (tour de taille/taille) est supérieur à 0,5Bosomworth NJ. Obésité centrale malgré un poids normal: Les dangers particuliers de la taille toxique. Can Fam Physician. 2019 Jun;65(6):e251-e260. French. PMID: 31189638; PMCID: PMC6738391. : « La mesure la plus simple et la plus valide de l’obésité centrale est le rapport entre le tour de la taille et la taille. Le seuil de 0,5 est le même, peu importe le sexe et l’origine ethnique. ». Ce phénomène résulte de l'accumulation de graisse viscérale au niveau de l'abdomen et est appelé obésité centrale ou obésité abdominale.

L'obésité, en plus de son retentissement social et psychologique, est directement associée au syndrome d'apnées du sommeil, au diabète de type 2, à plusieurs types de cancers et à diverses maladies cardiovasculaires. et est, de ce fait, devenue une des principales causes de mortalité dans le mondeBanque mondiale - 06 FÉVRIER 2020 - Les maladies liées à l’obésité figurent parmi les trois principales causes de décès dans la plupart des pays du monde : «Alors que le surpoids et l'obésité ont pendant longtemps été considérés comme un problème de pays riches, 70 % des deux milliards de personnes en surcharge pondérale dans le monde vivent en réalité dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, alerte un nouveau rapport de la Banque mondiale. Parce qu’elle entraîne une augmentation des limitations fonctionnelles, de la mortalité et des dépenses de santé et qu’elle fait baisser l'espérance de vie et la productivité, l'obésité est devenue une préoccupation croissante dans tous les pays, quel que soit leur niveau de revenu. [...] Selon un nouveau rapport intitulé en anglais Obesity: Health and Economic Consequences of an impending global challenge, les maladies liées à la surcharge pondérale figurent aujourd’hui parmi les trois premières causes de mortalité dans toutes les régions du monde, à l’exception de l’Afrique subsaharienne.» et le premier facteur de risque d'invaliditéSénat (France) - Surpoids et obésité, l'autre pandémie - Rapport d'information n° 744 (2021-2022), déposé le 29 juin 2022 : « L'OMS-Europe constate l'impossibilité d'enrayer la progression de l'obésité . L'augmentation de la prévalence du surpoids et de l'obésité a été constante ces dernières années, et pas un seul état de la région n'est en voie d'atteindre l'objectif de diminuer l'augmentation de cette prévalence d'ici 2025 . Les taux de surpoids et d'obésité ont atteint des proportions épidémiques et continuent de grimper puisque 59 % des adultes et 28 % des enfants sont en surcharge pondérale . Le surpoids et l'obésité sont à l'origine de 13 % de la mortalité globale européenne, soit 1,2 million de décès annuels, et la surcharge pondérale est le principal facteur de risque d'invalidité. ». La mortalité croît en effet statistiquement, dès que l'indice de masse corporelle dépasse (seuil de surpoids) et l'espérance de vie diminue d'autant plus que cet indice est hautBerrington de Gonzalez A, Hartge P, Cerhan JR Body-mass index and mortality among 1.46 million white adults, N Engl J Med, 2010;363:2211-2219.

L'augmentation des cas d'obésité est le résultat de l'évolution des modes de vie alliant un plus grand apport énergétique du fait d'un changement des habitudes alimentaires et une forte baisse des dépenses énergétiques du fait de l'augmentation de la sédentarité (Utilisation des moyens de transport motorisés, mécanisation du travail et forte augmentation du temps d'écran) et de la régulation thermique des bâtiments (généralisation du chauffage central et de la climatisation). Elle peut également être aggravée par des facteurs génétiques, hormonaux ainsi que par des troubles du sommeil. En 1997, l'OMS a classé l'obésité comme maladie chronique, et a défini . Elle est considérée aujourd'hui par métaphore comme une pandémie, bien qu'il ne s'agisse pas d'une maladie infectieuse.. Au rythme des années 1990 à 2020, près de 50% de la population mondiale, dont 3,8 milliards d’adultes et un tiers des enfants et adolescents, pourrait être en surpoids ou obèse alerte The Lancet (), ce qui représenterait « une menace sans précédent de maladie et de décès prématurés ».

La prévention et le traitement de l'obésité sont ainsi un enjeu de santé publique majeur dans les pays développés ainsi que dans les nouveaux pays industrialisés. Ils impliquent une éducation à l'alimentation, l'adoption d'une activité physique régulière, la promotion des mobilités actives essentiellement la marche à pied et le vélo. sur tout ou une partie des trajets quotidiens, mais également d'autres gestes comme privilégier les escaliers aux ascenseurs. Dans les cas les plus sévères, une chirurgie bariatrique peut être recommandée.

Étymologie et définition vignette|Cette parodie de la Marche du Progrès rappelle qu'en 2000, l'humanité a atteint un point de repère historique. Pour la première fois dans l'évolution humaine, le nombre d'adultes en surcharge pondérale a dépassé celui des personnes dont le poids est insuffisant.. Le mot « obésité » apparaît en 1550..

Les formes cliniques sont nombreuses, avec des mécanismes physiopathologiques et des conséquences pathologiques différentes, il est donc plus judicieux de parler « des obésités ». Pour évaluer ces obésités il convient d'analyser deux paramètres qui influent sur les complications de la maladie d'une manière indépendante l'un de l'autre : l'excès de masse grasse et la répartition du tissu adipeux.

Indice de masse corporelle

vignette|gauche|L'image montre une échelle de notation pour l'image corporelle chez les hommes et les femmes. Images 1 à 5 représentent les personnes qui souffrent d'insuffisance pondérale, images 6 à 9 représentent les personnes de poids normal, les images 10 à 13 représentent les personnes en surpoids, et les images 14 à 18 représentent les personnes obèses. Utilisées pour juger la perception de l'image corporelle parmi les résidents de bidonvilles à Nairobi, Kenya.

IMC Défini comme entre 18,5 et 25 normale entre 25 et 30 surpoids (surcharge pondérale) au-delà de 30 obésité De 35 à 40 obésité sévère Au-delà de 40 obésité morbide ou massive.

Le principal indicateur de mesure utilisé est l'indice de masse corporelle (IMC). Il tient compte de la morphologie de l'individu même s'il peut être exceptionnellement biaisé dans le cas de sportifs avec une masse musculaire très importante.

Pour les adultes, l'indice de masse corporelle est égal à la masse (exprimée en kilogrammes) divisée par le carré de la taille de la personne (en mètres)Il ne faut pas confondre l'IMC avec l'indice de masse graisseuse, qui lui ne prend pas mesure de la proportionnalité entre taille et poids mais simplement du taux de graisse et de muscle contenu dans le corps de l'individu. :

Exemple : / () = 75 / (1,75 x 1,75) = 75 / 3.0625 = 24,49 (le résultat final a été arrondi et il est en kg/m, mais il est courant de ne pas rappeler l'unité)

Toutefois, l'IMC présente une variation non négligeable à l'échelle planétaire. La norme de l'IMC se base principalement sur une population de type européen. Cet indice n'est donc pas forcément applicable à d'autres types de population. Les populations asiatiques, notamment, montrent des conséquences négatives de l'obésité sur la santé à partir d'IMC plus bas que ceux des populations européennes ; de ce fait, certains pays asiatiques ont redéfini l'obésité : le Japon a ainsi défini l'obésité comme étant tout indice corporel supérieur à 25, la Chine faisant appel de son côté à un IMC supérieur à 28.

L'IMC est l'un des outils de mesure du risque de l'obésité pour les professionnels de santé, car il permet d'évaluer rapidement et simplement le risque d'obésité en ce qui concerne la très grande majorité de la population.

Sa seule limitation, qui reste cependant exceptionnelle, concerne les athlètes et les sportifs de haut niveau, pour lesquels l'IMC n'est pas pertinent dans le cas d'une masse musculaire importante. Par exemple un joueur de rugby qui mesure et fait a un IMC de 33. Selon cet indice, il souffre d'obésité associé à une augmentation du risque de comorbidité alors qu'il a seulement 12 % de graisse corporelle et que son excès de poids est dû à son muscle, non à son tissu adipeux.

Autres marqueurs Il ne faut pas confondre obésité et syndrome métabolique. En effet, pour être concerné par ce syndrome, il faut présenter trois des facteurs de risques ci-contre.. Il est donc possible de souffrir du syndrome métabolique sans être obèse, de même qu'un individu peut être obèse sans souffrir du syndrome métabolique. Il existe également d'autres indicateurs de surpoids : le rapport tour de taille/tour de hanches. Il doit être inférieur à 1 chez l'homme et à 0,85 chez la femme. Le diamètre du cou (ou Tour de cou) peut donner un indice fiable d'IMC anormalement élevé chez l'enfant de plus de . Il est également associé à l'apnée obstructive du sommeil, au diabète et à l'hypertension chez les adultes.

La masse de graisse se répartit différemment chez l'homme et la femme. Elle représente 10 à 15 % du poids corporel de l'homme et 20 à 25 % du poids de la femme. Elle s'accumule plutôt sur l'abdomen et le thorax chez l'homme, sur les hanches et les cuisses chez la femme.

Paramètres du syndromemétabolique Hommes Femmes Périmètre abdominal > > Glycémie à jeun > ()Ou sous traitement > () Triglycérides > () > () Cholestérol HDL (« bon cholestérol »)< ()< () Tension artérielle > 13/8,5 > 13/8,5

L'obésité : handicap ou maladie ? La Cour de justice de l’Union européenne a posé une définition du handicap dans un arrêt du CJCE 11 juill. 2006, Chacón Navas c. Eurest Colectividades SA, aff. C-13/05, Rec. p. CJCE I-6467 ; D. 2006. 2801, tribune A. Boujeka ; Europe 2006. Comm. 275, obs. L. Idot.. La notion de « handicap » au sens de la directiveDirective du 27 novembre 2000, portant création d'un cadre général en faveur de l'égalité de traitement en matière d'emploi et de travail.

L’obésité se situe à la frontière de ces deux notions. Elle peut tantôt être définie comme une maladie, tantôt comme un handicap.

L'obésité comme maladie En 1997, l’OMS a d'abord défini l’obésité comme une maladie chronique ().

En France, l’obésité est considérée comme une maladie chronique et constitue un problème de société. Pour l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM),

L'obésité comme potentiel handicap au travail En 2014, la CJUE (arrêt du CJUE, 18 décembre 2014, « Fag og arbeijde (FOA) », aff. C- 354/13 concernant la reconnaissance de l’obésité comme étant un handicap au travail (au sens de la directive 2000/78/CE)) a reconnu qu’un licenciement pour obésité pouvait être jugé comme discriminatoire.. Pour que l'obésité d'un travailleur puisse relever de la notion de « handicap » au sens de l’Union européenne. elle doit être durable, et atteindre un degré tel qu’elle rend clairement difficile sa participation à la vie professionnelle sur un pied d’égalité avec ses collègues.