Bignan est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.
Le château de Kerguéhennec, parfois surnommé le « Versailles breton », est l'un des lieux les plus visités sur la commune.
Géographie Situation vignette|gauche|redresse=1.4|Carte de Bignan et des communes avoisinantes.
La commune est située dans les Landes de Lanvaux. Bien que limitrophe de Locminé, la commune de Bignan était située dans le canton de Saint-Jean-Brévelay et, depuis la réforme administrative de 2014, se trouve dans le canton de Moréac.
Relief Vaste commune de forme presque rectangulaire (la longueur étant dans le sens est-ouest)? Bignan a un relief assez accidenté : les points les plus élevés du finage communal, autour de 180 mètres d'altitude, se trouvent dans la partie sud-ouest de la commune (181 mètres entre Roscornec et Fondrenn, 179 mètres au nord de la Ville aux Vents) ; le point le plus bas (53 mètres) est dans l'angle sud-est du territoire communal, à la confluence du ruisseau de Trébimoël avec la Claie. Le bourg est vers 120 mètres d'altitude. Un escarpement très marqué, regardant vers le sud, haut d'une soixantaine de mètres, va de Cohcastel à Kergunu et domine l'extrême sud du territoire communal, de part et d'autre du hameau de Bezo, dont l'altitude est d'à peine une centaine de mètres.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Claie, le bras de la Claie, le Tarun, le Kergueurh, le ruisseau de Sainte-anne, le Keriolas et le ruisseau de Kerlen..
Le cours d'eau principal de la commune est la Claie, un affluent de rive droite de l'Oust et qui traverse la partie nord-est de la commune, alimentant l'étang de Kerguéhennec (un site de pêche.), puis sert pour partie de limite orientale de la commune, la séparant de celle de Saint-Jean-Brévelay. D'une longueur de , elle prend sa source dans la commune de Saint-Allouestre et se jette dans le canal de Nantes à Brest à Saint-Congard, après avoir traversé treize communes.
Plusieurs de ses affluents de rive droite concernent Bignan : le ruisseau de Kermeno, qui plus en aval porte le nom de ruisseau de Keriolas, sert de limite nord à la commune, la séparant de celle de Saint-Allouestre et le ruisseau de Trébimoël (qui porte le nom de ruisseau du Pont Ruyen dans sa partie amont) sert de limite sud à la commune, la séparant de celles de Colpo et Saint-Jean-Brévelay. Un affluent du ruisseau de Trébimoël, le ruisseau de Kergeurh, sert de limite à la partie sud-ouest de la commune, la séparant de celle de Moustoir-Ac. Enfin le Tarun (rivière affluente de l'Ével et sous-affluente du Blavet) et son affluent le ruisseau du Megouët servent de limite nord-ouest à la commune, séparant Bignan de Locminé.
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BignanLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Transports
Bignan est desservi principalement par la D 1, qui vient côté sud-est de Saint-Jean-Brévelay où elle débute (la D 778, ancienne RN 778, la relie à Meucon et audelà, via la D 767, ancienne RN 167, à Vannes) ; la D1 se poursuit en direction du nord-ouest vers Locminé et Guémené-sur-Scorff. La D 11, qui vient aussi côté sud de Saint-Jean-Brévelay, traverse la partie orientale de la commune et se dirige côté nord en direction de Rohan via Saint-Allouestre.
Bignan n'a pas de desserte ferroviaire ; elle fut desservie par la gare des Chemins de fer du Morbihan de Locminé pendant la période d'ouverture (1902-1947) de ce réseau ferroviaire. La gare TGV la plus proche est celle de Vannes.
Paysages et habitat
Bignan présente un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux (appelés localement "villages") et fermes isolées. Commune éloignée des grands centres urbains, la commune a conservé son caractère rural, même si le bourg a beaucoup grossi depuis les Trente Glorieuses avec la construction de lotissements principalement à l'est du bourg traditionnel, le reste de la commune échappant à la rurbanisation sauf à proximité immédiate de Locminé où le centre commercial de Kerforho, situé en périphérie de l'agglomération de Locminé, se trouve sur le territoire communal de Bignan.
Le bois de Kermeno est le bois le plus étendu de la commune : il se trouve dans sa partie nord.
Urbanisme Typologie Au , Bignan est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).
+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu 3,5 % 160Zones industrielles ou commerciales et installations publiques 0,2 % 11Extraction de matériaux 0,6 % 29Terres arables hors périmètres d'irrigation 44,2 % 2035Prairies et autres surfaces toujours en herbe 19,6 % 900Systèmes culturaux et parcellaires complexes 16,2 % 745Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 2,1 % 85Forêts de feuillus 8,3 % 382Forêts de conifères 2,8 % 127Forêts mélangées 2,6 % 119Source : Corine Land Cover.
Toponymie vignette|redresse=0.8|Carte de la limite linguistique entre les langues bretonne et gallèse en 1886 (par Paul Sébillot). Les formes les plus anciennes de Bignan, qui soient connues, ne remontent pas au-delà du . On trouve, dans les archives des Rohan, Bingnen en 1421, Buignen en 1428Aveu de Margarite de Kerdel - 30 septembre 1428 (parchemin) et Bignen en 1461. Cette paroisse relevait en effet autrefois du doyenné de Porhoët, fief des seigneurs de Rohan. La signification de ce toponyme est obscure. Plusieurs hypothèses existent. : un Beg (soit Beg-Hent- soit Beg-nein : bout du chemin ou de Naizin) mais la nasalisation du breton semble s’y opposer ; une origine similaire (« petite Béthanie »). aux Beignon et Bignac des pays Gallo et charentais ce qui lui donnerait une origine gallo-romaine ; une origine bretonne via le terme Bedun signifiant bouleau qui se dit beg beu aujourd'hui, on trouve effectivement un lieu-dit, le Bézo, qui pourrait le confirmer (bézo = bouleaux) ; une idée de hauteur basée sur les radicaux celtiques benn (Benian) et penn = hauteur (rapprochement avec pign : pignein (monter). Le bourg est en effet situé sur une hauteur. Begnen en gallo.
Histoire vignette|redresse|Bignan. Grande-Rue. Préhistoire On a trouvé à Bignan en 1906 des vestiges de l'époque acheuléenne et des vestiges d'habitats de l'âge du ferdans Revue morbihannaise - Volume 15 - 1911 - de Max Nicol, l'abbé Jerome Buléon et Paul Aveneau de la Granciére..
Antiquité
Selon François-Marie Cayot-Délandre, qui écrit en 1847, les restes d'un camp romain (« un fossé de 750 mètres de longueur, bordé par un parapet haut de quatre mètres et large de quinze mètres, accompagné de douves profondes ») se trouve à proximité des villages du Petit-Clesio et de Kerviguenno et non loin du tracé de la voie romaine qui allait de Darioritum (Vannes) à Corseul. Il écrit aussi que la tradition orale affirmait que ce retranchement aurait servi lors de conflits armés opposant au Moyen-Âge un seigneur de Kermeno aux moines rouges qui avaient leur couvent à l'emplacement actuel du bourg de Bignan..
Moyen-Âge Bignan a probablement été une paroisse primitive qui aurait englobé Saint-Jean-Brévelay, Colpo et la moitié sud de Guéhenno..
Guillaume de Bignan aurait participé en 1252 à la fondation de l'Abbaye de Prières en Billiers. Les Templiers auraient eu plusieurs établissements sur le territoire de Bignan, dont la chapelle de la Trinité..
Bignan forma une petite vicomté possédée successivement par les familles de Trébimoel, de Molac, de la Chapelle, de Rosmadec et de Rohan-Chabot.
Selon un aveu de 1471, Bignan était, au sein de la Vicomté de Rohan, une des quarante-six paroisses ou trèves de la seigneurie proprement dite de Rohan..
Temps modernes Quatre chapellenies (Saint-Pierre, Notre-Dame de Trébimoël et Saint-Blaise, Notre-Dame des Rochers [à Kerguéhennec] et Notre-Dame de Beaulieu) et six frairies (le Bourg, la Trinité, Sainte-Susanne, le Bézo, les Fontaines et Colpo) existaient à Bignan. vignette|Carte de Cassini de la paroisse de Bignan (1789). Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Bignan en 1778 :
Révolution française
Le recteur Pierre Nourry, qui a fait reconstruire l'église paroissiale, l'ancienne étant trop vétuste, à partir de 1787 (les travaux furent interrompus par la Révolution, mais reprirent ensuite), est élu maire de Bignan en 1790 ; mais prêtre réfractaire, il doit s'exiler en Espagne pendant la Terreur, tout en restant en contact par lettres avec ses paroissiens qu'il retrouve un temps après le Concordat, avant d'être nommé prêtre de la cathédrale de Vannes..
Bignan se soulève pour la première fois en 1793 au passage d'un détachement de Lorient qui se rendait à Baud..
Bignan fut un centre très actif de chouannerie à partir de 1794 par l'action de Pierre Guillemot, dit « le roi de Bignan », lieutenant de Georges Cadoudaldans Georges Cadoudal et les chouans, de Patrick Huchetdans 1788-1795 : les Quévenois à l'heure de la Révolution française, du Comité historique quévenois. Sa première action d'éclat date du un détachement de quatre-vingts soldats républicains escortait l'abbé Leclerc, vicaire à Saint-Jean-Brévelay, prêtre réfractaire, qu'ils conduisaient devant le tribunal. À la hauteur du Bois de Collédo (en Guéhenno) trente hommes que Pierre Guillemot commandait, tendirent une embuscade et délivrèrent le prêtre.