vignette|Contrôle qualité du nylon, 1954, Malmö. Photographie conservée au musée nordique. Le contrôle qualité est un aspect de la gestion de la qualité.
Le contrôle est une opération destinée à déterminer, avec des moyens appropriés, si le produit (y compris, services, documents, code source) contrôlé est conforme ou non à ses spécifications ou exigences préétablies et incluant une décision d'acceptation, de rejet ou de retoucheAlain April, Claude Laporte : Assurance Qualité Logicielle 1 -concepts de base, Hermes-Lavoisier; 2011, .
Enjeux du contrôle qualité
L'ancienne norme ISO 8402 (maintenant annuléeLes définitions ont été intégrées à la norme ISO 9000. La version 2005 en donne une définition très proche quoique logiquement plus générale afin d'étendre le concept à un champ d'application plus vaste en ligne avec la philosophie de la série des normes ISO 9000 depuis 2000 : « évaluation de la conformité par observation et jugement accompagné si nécessaire, de mesurage, d'essai ou de calibrage ») en donnait la définition suivante :
(ISO8402:1994, § 2.15.).
Le contrôle est un acte technique permettant de déterminer la conformité d'un produit. Pour effectuer un contrôle sur un produit, il faut au préalable en déterminer les caractéristiques et choisir les limites (les usineurs diraient les tolérances) à l'intérieur desquelles le produit est conforme. Il faut que ces limites soient connues par le « contrôleur » qui effectuera le contrôle.
Il implique également qu'à l'issue de l'acte technique de contrôle, une décision soit prise en ce qui concerne la conformité : produit conforme ; produit non conforme qui doit être rebuté ; produit non conforme pouvant être retouché ; produit non conforme pouvant être accepté en dérogation.
Les caractéristiques d'un contrôle Un contrôle est défini par un certain nombre de paramètres : la fréquence de contrôle : systématique, par prélèvement ; la ou les caractéristiques du produit qui doivent être contrôlée(s) ; le type de contrôle : non destructif, destructif (parfois appelé « essai ») ; la méthode de contrôle : par mesure, par comparaison (défauthèque), par appréciation (contrôle visuel par exemple) ; les moyens de contrôle à utiliser : appareil de mesure, référentiel ; l'entité qui réalise le contrôle : personnel de fabrication (autocontrôleContrôle par l'exécutant lui-même du travail qu'il a accompli, suivant des règles spécifiées. (ISO 8402, § 2.16.).), personnel spécialisé, personnel d'encadrement, machine (automatisation du contrôle).
Pour choisir les caractéristiques d'un contrôle, il faut tenir compte des contraintes techniques (criticité de la caractéristique à contrôler, précision nécessaire de l’appareil de mesure, qualification du personnel effectuant le contrôle) mais également des contraintes économiques. L'aspect économique joue sur la nature du contrôle, sur les moyens à engager et sur les caractéristiques à contrôler. Il faut choisir en priorité, les caractéristiques ayant une influence sur la sécurité, la fonctionnalité du produit. Le risque associé à la non détection doit être pris en compte. Le donneur d'ordre peut limiter ce choix en imposant un certain nombre de caractéristiques à contrôler et/ou de contrôles à effectuer.
La fréquence de contrôle
Si un contrôle est effectué de manière systématique sur la totalité (100 %) des pièces, il permet d'effectuer un tri et d'éliminer directement les non-conformités. C'est une méthode souvent longue et coûteuse qui ne peut être choisie systématiquement.
Le contrôle par prélèvement a plutôt pour objectif de détecter une dérive de la fabrication. Les méthodes peuvent être empiriques. Dans ce cas, l'on choisit une fréquence et une taille de prélèvement du type « x pièces toutes les heures », « tous les lots de fabrication » Les méthodes peuvent être de type statistique en utilisant des méthodes MSP où des normes spécifiques à ce type de contrôle.
Types de contrôle Contrôle non destructif : Certains contrôles peuvent être effectués sans détruire la pièce ou l'ensemble qui doit être contrôlé : mesures dimensionnelles, électriques, de couleur De mêmes certaines méthodes de contrôle appelées non destructives (contrôle par ultrasons, contrôle par ressuage) permettent de contrôler certaines caractéristiques comme la santé matière.
Contrôle destructif : Dans certains cas, il n'est pas possible de contrôler une caractéristique sans détruire le produit à contrôler. Il est donc impossible de contrôler toutes les pièces. Le contrôle destructif d'un nombre limité de produit valide un lotla définition d'un lot est extrêmement variable en fonction, du type d'industrie du produit, de la méthode de fabrication. La définition d'un lot doit garantir une certaine homogénéité des entités appartenant à ce lot (même lot de matière première, même campagne de fabrication).. Dans ce cas le contrôle s'accompagne ou même parfois est remplacé par un contrôle des paramètres de fabrication (température, pression, intensité électrique) ayant une influence sur l'obtention de la caractéristique ne pouvant être mesuré que par un procédé destructifcette notion est à rapprocher du concept de « procédé spécial » décrit dans le § 7.5.2. de la norme ISO 9001:2000 : .
Contrôle indirect délocalisé : Lorsque la pièce a une géométrie complexe ou lorsqu'il est nécessaire d'effectuer des contrôles sur des zones inaccessibles pour les instruments de mesure (fond de filet, sillon, orifice, paroi intérieure d'une pièce…), le contrôle indirect délocalisé permet d'éviter le contrôle destructif pour toutes les mesures dimensionnelles, de rugosité et d'état de surface. Le contrôle n'est plus effectué directement sur la pièce, mais sur son empreinte, son moule négatif réalisé en polymère de type Plastiform.
Les moyens de contrôle
Si pour effectuer un contrôle, le contrôleur utilise un appareil de mesure, il doit être adapté à la mesure, donner le « bon » résultat et être maintenu. Là également, les choix techniques doivent tenir compte des données économiques (coût d'achat, de fonctionnement, de maintenance). La problématique des moyens de mesure est à rapprocher du paragraphe 7.6. (Maîtrise des dispositifs de surveillance et de mesure) de la norme ISO9001:2000.
Le choix de l'appareil est une décision technique et économique : pour mesurer une dimension, dois-je utiliser un réglet, un pied à coulisse, une machine à mesurer tridimensionnelle ? Ce choix est étroitement lié à la question du « bon résultat ». Pour cela, il faut se poser la question de la capabilité du moyen de mesure, des incertitudes de mesure. Il ne faut pas négliger le bon sens. Inutile d'utiliser un réglet si l'on recherche une mesure au micromètre. Inversement, il n'y a peu de raisons d'utiliser une machine de mesure tridimensionnelle si je recherche une mesure à quelques millimètres. Il faut tenir compte des conditions d'utilisation : la mesure est-elle effectuée en laboratoire avec une température régulée, dans un atelier dans des conditions difficiles, sur un chantier exposé aux intempéries? Dans un atelier on privilégiera un instrument de robustesse correcte, mono fonction et d'une précision moyenne. Pour un chantier, où il est souvent difficile d'avoir beaucoup d'appareils et où les conditions peuvent être difficiles, il sera plutôt multifonction et surtout robuste.
L'entretien de l'appareil est lié à la maintenance proprement dite : l'appareil doit être maintenu en bon état de fonctionnement et doit être réparé ou remplacé en cas de panne. Mais, il est aussi lié à l'étalonnage ou à la vérification de l'appareil. Cela répond à l'exigence de l'ISO 9001:2000 :
La position d'un contrôle
Les anciennes versions de la norme ISO 9001 (version 1987 et 1994) prévoyaient trois types de contrôle : à la réception, en cours de réalisation (fabrication) et en finalsLa présence des trois types de contrôle lors d'une fabrication ne sont pas obligatoirement présent.. Si cette classification est un peu moins explicite dans la dernière version (2000) de cette norme, elle reste pertinente. Chacun de ces trois types de contrôle présente des spécificités.
Le contrôle à réception concerne les matières premières au sens large qui seront utilisées dans la fabrication. Une bonne part de ces contrôles peut être effectuée par le fournisseur lui-même. Celui-ci étant spécialisé dans la production de cette matière, il est généralement plus qualifié et mieux équipé pour effectuer les contrôles et essais sur son produit. Ce système repose sur une contractualisation du plan de contrôle, un système de surveillance souvent à base d'audit ou de réception dans les ateliers du fournisseur. La livraison étant souvent alors accompagné d'un document (certificat de conformité, procès-verbal d'essais…). alt=Une personne effectuant un contrôle qualité dans un bioréacteur. |vignette|Une personne effectuant un contrôle qualité dans un bioréacteur. Le contrôle en fabrication répond à plusieurs objectifs : éliminer les non-conformités, détecter les dérives et ainsi participer au pilotage de la fabrication. L'élimination des non-conformités en cours de fabrication répond à un impératif économique : plus le produit non conforme est rebuté tôt moins la valeur ajoutée est importante. Mais également certaines caractéristiques ne sont plus accessibles lorsque le produit est fini. Il est donc nécessaire d'effectuer le contrôle avant que la caractéristique ne soit masquée. Mais le contrôle en fabrication est aussi un instrument de pilotage. Il permet de détecter les dérives et ainsi d'apporter les actions correctives. Si cette détection est bien menée, la correction peut être menée avant que la non-conformité n'apparaisse.
Le contrôle final est effectué lorsque le produit est complètement terminé.
Le Contrôle, un élément de la gestion de la qualité ou du management environnemental
Parfois, il existe une certaine confusion entre la notion générale de qualité et le contrôle (appelé parfois le contrôle qualité). Le contrôle s'il est un dispositif important d'un système de gestion de la qualité n'est pas tout le système qualité. À l'inverse, parfois certains mettent en cause la nécessité du contrôle parce que le dispositif qualité est censé prévenir les dérives et non conformités. Si le système de gestion de la qualité vise à la diminution des défauts et des anomalies, il reste cependant nécessaire de vérifier la conformité du produit.
Le contrôle est un des quatre éléments de la boucle d'amélioration continue PDCA à la base des normes ISO 9001:2000 et ISO 14001:2004. le C de PDCA signifiant Contrôle (check en anglais). C'est donc un des éléments indispensable au fonctionnement d'un système de gestion de la qualité ou de management environnemental. Cette notion de contrôle ne s'appliquant dans ces deux normes pas qu'au contrôle d'un produitLe contrôle n'est d'ailleurs plus appelé « contrôle » dans la version 2000 de l'ISO 9001 et la version 2004 de l'ISO 14001 mais « surveillance ». mais au système entier d'amélioration continue.