vignette|Le réseau lors de la WorldPride 2017, à Madrid.|alt=Des personnes dans une manifestation, habillées en violet, portent une banderole de la même couleur arborant le nom du réseau, l’adresse asexuality.org et le drapeau noir-gris-blanc-violet.
L’asexualité est l'orientation sexuelle d'une personne qui ne ressent pas ou peu d'attirance sexuelle pour d’autres personnes, ou ne veut pas de relations sexuelles... L'asexualité a aussi parfois été définie comme un désintérêt relatif pour le sexe. : « », ou plus rarement comme une absence d'orientation sexuelle.. Une étude d'Anthony Bogaert, publiée en 2004 et couramment citée, estime le taux de personnes asexuelles à environ 1 % au Royaume-Uni... Les personnes qui ne sont pas asexuelles sont dites allosexuelles.
L'asexualité est distincte des concepts d'abstinence sexuelle et de célibat, qui ne sont pas en lien avec l'orientation sexuelle et qui sont généralement motivés par des facteurs différents, tels que les croyances personnelles ou religieuses Entrées « celibacy » et « abstinence » de The American Heritage Dictionary of the English Language ( édition 1992). L'orientation sexuelle d'une personne est considérée comme étant généralement « persistante » tout au long de la vie d'un individu, à la différence des pratiques sexuelles.. De plus, certaines personnes asexuelles ont des rapports sexuels bien qu'elles ne ressentent pas d'attirance sexuelle. Les raisons qui peuvent motiver une personne asexuelle à avoir des relations sexuelles sont variées : la volonté de satisfaire leur partenaire dans le cadre d'une relation intime, la volonté d'avoir des enfants.
Certains chercheurs ont contesté l'idée que l'asexualité soit une orientation sexuelle. L'asexualité n'est plus reconnue comme une pathologie par l'Association américaine de psychiatrie depuis 2013., et n'a commencé à être reconnue officiellement comme une orientation sexuelle que récemment lors de la conférence des droits de l'homme de la à Madrid le . Elle suscite de plus en plus l'intérêt de la communauté scientifique, et un nombre croissant de travaux sont réalisés depuis les années 2000....
Depuis l'avènement d'Internet, des personnes asexuelles se sont regroupées autour de sites ou de réseaux sociaux. Le plus connu et le plus prolifique d'entre eux est l' (AVEN)Site de l'Asexual Visibility and Education Network : . fondé en 2001 par ., dont la version francophone ouvre en ..
Définitions Les personnes qui ne sont pas asexuelles, et ressentent donc de l'attirance sexuelle, sont dites allosexuelles..
Relations amoureuses et identités
Bien que les personnes asexuelles ne ressentent pas d'attirance sexuelle, certaines créent ou désirent créer des relations romantiques... Les personnes asexuelles et cherchant à créer des relations romantiques le font pour de multiples raisons, mais ne sont pas attirées sexuellement par leurs partenaires.
Le langage utilisé pour spécifier ces attirances est le suivant : Hétéroromantique : attirance romantique pour les personnes d'un genre différent. Il s'agit de l'aspect romantique de l'hétérosexualité ; Homoromantique : attirance romantique pour les personnes d'un même genre. Il s'agit de l'aspect romantique de l'homosexualité ; Biromantique : attirance romantique envers deux genres (ou plus ; pas nécessairement en même temps). Il s'agit de l'aspect romantique de la bisexualité ; Panromantique : attirance romantique pour toutes les personnes, indépendamment de leur genre. Il s'agit de l'aspect romantique de la pansexualité ; Aromantique : absence d'attirance romantique.
Le site web AVEN définit les personnes asexuelles comme des . On peut aussi lire qu'une et enfin .
Les chercheurs, eux, n'ont pas tous la même définition de l'asexualité mais le terme est habituellement utilisé pour signifier l'absence d'attirance sexuelle ou l'absence d'intérêt pour le sexe.. Cependant, le mot a aussi été défini comme caractérisant une attirance sexuelle faible ou un intérêt faible pour le sexe. La définition peut aussi parfois inclure des composantes comportementales.
Une très grande diversité a été remarquée parmi les personnes qui s'identifient comme asexuelles. Certaines d'entre elles ont des rapports sexuels par curiosité, tandis que d'autres non. Certaines se masturbent tandis que d'autres n'en ressentent pas le besoin. Le besoin ou le désir de se masturber est souvent dissocié de l'attirance sexuelle de telle sorte que l'on peut se masturber et s'identifier comme asexuel. ; les personnes asexuelles qui se masturbent considèrent généralement qu'il s'agit là d'un besoin physiologique et non le signe d'une sexualité refoulée. Certaines de ces personnes n'en tirent d'ailleurs pas de plaisir. D'autres différences ont été notées, en particulier dans la façon qu'ont les personnes qui s'identifient comme asexuelles de se positionner par rapport aux relations sexuelles. En effet, tandis que certaines se considèrent comme « indifférentes » et peuvent avoir des relations sexuelles pour le bénéfice de leurs partenaires, d'autres sont fermement opposées à l'idée de s'engager dans des relations sexuelles..
Orientation sexuelle et étiologie
La question de savoir si l'asexualité est une orientation sexuelle est parfois débattue. L'asexualité s'apparente en effet au trouble du désir sexuel hypo-actif dans le sens où elle se définit par une absence d'attirance sexuelle pour d'autres personnes. Cependant, l'asexualité n'est généralement pas considérée par les personnes asexuelles comme un trouble ou une dysfonction sexuelle de par le fait qu'elle n'est pas liée à un trouble médical, psychologique ou à la présence de difficultés dans les relations interpersonnelles.. L'absence d'attirance sexuelle n'est pas non plus associée à des troubles anxieux. Certains chercheurs, cependant, estiment que l'asexualité n'est pas une catégorie pertinente à ajouter au continuum des orientations sexuelles, parce qu'elle se caractérise plutôt par une absence d'orientation sexuelle ou de sexualité. Certains chercheurs affirment au contraire que l'asexualité est une orientation sexuelle car elle entretient des similitudes avec d'autres variations sexuelles portant ce nom. Ils insistent en particulier sur l'aspect non volontaire de l'absence de désir sexuel et sur la prise de conscience d'une « différence » chez ces personnes au cours de leur adolescence. Dans cette optique, l'asexualité n'est pas un trouble qu'il s'agirait de « soigner ». Enfin, certains chercheurs considèrent que l'asexualité est le signe d'une sexualité inhibée. Jusqu'à récemment, certains chercheurs considéraient qu'il s'agissait d'un trouble dont la cause serait à trouver dans la honte ou l'anxiété. Ces affirmations se fondent parfois sur l'existence de personnes asexuelles qui se masturbent ou ont des relations sexuelles dans le cadre d'une relation romantique doi:10.1177/1363460711406462..
Recherches Prévalence L'échelle de Kinsey, créée par Alfred Kinsey après la Seconde Guerre mondiale pour une étude menée aux États-Unis, permet de placer les personnes sur une échelle de 0 à 6 en fonction de leur orientation sexuelle. L'échelle incluait l'hétérosexualité, l'homosexualité et différentes nuances de bisexualité. Kinsey mentionna aussi une catégorie qu'il nomma « X » pour les personnes qui n'avaient « pas de réactions ou de contacts socio-sexuels » Alfred C. Kinsey, Sexual Behavior in the Human Male, W.B. Saunders, 1948 . Alfred C. Kinsey, Sexual Behavior in the Human Female, W.B. Saunders, 1953 .. Selon les recherches de Kinsey, 1,5 % de la population masculine entrait dans cette catégorie. Dans son second rapport, consacré à la sexualité féminine, il mentionna à nouveau la catégorie « X » et il donna les chiffres suivants : femmes non mariées = 14-19 %, femmes mariées = 1-3 %, femmes qui avaient été mariées = 5-8 %, hommes non mariés = 3-4 %, hommes mariés = 0 %, hommes qui avaient été mariés = 1-2 %.
Au Royaume-Uni, en 1994, une équipe de chercheurs a conduit une enquête approfondie par questionnaire sur britanniques pour obtenir des informations sur leurs sexualités dans le contexte de l'épidémie de SIDA. L'enquête incluait une question sur l'attirance sexuelle, question à laquelle 1,05 % des enquêtés ont répondu qu'ils n'avaient « jamais été attirés sexuellement par quiconque » K. Wellings, Sexual Behaviour in Britain: The National Survey of Sexual Attitudes and Lifestyles, Penguin Books, 1994. L'étude de ce phénomène a été poursuivie par le chercheur canadien Anthony Bogaert en 2004, qui a repris les données de l'étude de 1994. Il a ensuite étudié les données démographiques de l'asexualité dans plusieurs études. Bogaert estime que le chiffre de 1 % ne reflète pas adéquatement la réalité et qu'un plus grand pourcentage de la population générale pourrait être identifié comme asexuel. Il appuie sa conclusion sur deux faits. D'abord, les personnes les moins expérimentées d'un point de vue sexuel ont tendance à moins répondre aux questionnaires sur la sexualité. Ensuite, 30 % des personnes contactées ont refusé le questionnaire dans le cadre de l'enquête en Grande-Bretagne. Bogaert conclut ainsi qu'il est probable que les asexuels étaient surreprésentés dans ces 30 % et donc sous-représentés dans les 70 %. À titre de comparaison, dans la même étude, le pourcentage de personnes homosexuelles et bisexuelles s'élevait à 1,1 % de la population, ce qui est bien plus faible que ce que d'autres études indiquent. Il faut noter cependant que d'autres recherches d'Anthony Bogaert ont été contestées dans le passé en raison de son implication dans une étude qui établissait un lien entre la race et les comportements sexuels sur une base évolutionniste doi:10.1016/0277-9536(89)90339-0. . edit (author(s) of psychology dep't, Univ. of Western Ont., London, Canada). Cette étude qui a été largement débattue par la communauté scientifique a été décrite comme constituant un cas de racisme scientifique.
En France, dans un sondage mené par l'IFOP en 2024, 12 % des Français déclaraient l'asexualité comme leur orientation sexuelle. Cette proportion monte à 23 % chez les femmes de et plus..
Activité sexuelle et sexualité Tandis que certains asexuels se masturbent ou ont des relations sexuelles dans le cadre d'une relation intime, ce n'est pas le cas de tous. Les résultats d'une enquête parrainée en 2007 par l'institut Kinsey fait état d'un désir plus faible pour les relations sexuelles, ainsi que d'une plus faible excitabilité et excitation sexuelle chez les personnes qui s'identifient comme asexuelles. Cependant, leur degré d'inhibition sexuelle ainsi que leur désir de se masturber ne diffère pas de façon significative de la population non asexuelle.
Une étude de 1977 intitulée « Asexual and Autoerotic Women: Two Invisible Groups » de Myra T. Johnson est sans doute la première étude consacrée à l'asexualité chez l'être humain. Johnson définit les asexuels comme les hommes et les femmes . Elle établit une différence entre les femmes autoérotiques et asexuelles : . Johnson utilise des lettres envoyées à des magazines féminins pour soutenir son propos. L'auteur estime que ces femmes sont et ignorées à la fois par la révolution sexuelle et le mouvement féministe. Soit la société ignore ou nie leur existence, soit elle insiste sur le fait que ces femmes doivent avoir choisi l'ascèse pour une raison religieuse ou neurologique, ou qu'elles sont asexuelles pour des raisons politiques Myra T. Johnson, « Asexual and Autoerotic Women: Two Invisible Groups », in The Sexually Oppressed, Harvey et Jean Gochros Association Press, 1977 ..