thumb|Allégorie du triomphe de Vénus, par le Bronzino.
La sexualité libre recouvre diverses formes d'activité sexuelle en dehors ou en complément d'une relation classique. Le terme n'a pas toujours le même usage : certains l'utilisent pour désigner une sexualité extra-maritale, certains l'utilisent pour désigner le sexe dans une relation décontractée et sans engagement, tandis que d'autres réservent cet usage pour le « coup d'un soir », ou pour désigner la sexualité sans amour. Toutes ces définitions ont en commun le fait de se réaliser en dehors du cadre du mariage ou à la marge d'un dogme religieux, en particulier chrétien, hétérosexuel, monogame et exclusif.
Influence de la religion sur la sexualité Certaines religions (notamment les trois principales religions monothéistes) considèrent comme immorale la fornication, c'est-à-dire la pratique de relations sexuelles non reconnues par l'institution maritale.
Le christianisme et en particulier l'Église catholique romaine et les Puritains dans le protestantisme a eu une influence manifeste sur la société occidentale. Cette influence s'est traduite dans la morale et la législation de la civilisation occidentale. , Le , et la condamnation de l'homosexualité, ont conduit à des législations pénales sanctionnant des comportements sexuels jugés amoraux Homosexualité : En 1791, la France est le premier pays à dépénaliser l'homosexualité au nom des principes pénalistes classiques, la Constituante ne retient pas le « crime de sodomie » dans le code pénal. Adultère : Ancien article 337 du code pénal : « La femme convaincue d'adultère subira la peine de l'emprisonnement pendant trois mois au moins et deux ans au plus. » Viol : Article 222-23 du code pénal sur le viol.. Les nombreux interdits sexuels bibliques ont pu conduire à des refoulements et une pratique névrosée de la sexualité ou de l'abstinenceTotem et Tabou, voir aussi ..
L'influence de l'Église catholique a souvent été critiquée pour être à l'origine d'aspects qui ont marqué la morale sexuelle occidentale qui reprend une synthèse de : l'assimilation de la sexualité au mal et au péché, l'exaltation de la continence sexuelle et la condamnation de l'acte homosexuel. Mais si l'église catholique a , en particulier pendant le raidissement puritain de la société occidentale, qui va du à la première moitié du , en culminant au , . Et « il faut se garder se schématiser et de ramener la doctrine chrétienne » des rapports conjugaux à la finalité procréatrice et à l'exclusion des plaisirs. En fait la doctrine sera complexe, sujette à discussion, et elle connaîtra de nombreuses variantes ».
Histoire en Occident Antiquité gréco-romaine
Certains considèrent que l'Antiquité gréco-romaine aurait connu une sexualité libre et déculpabilisée. Guillebaud se fait là l'interprète du sens commun. En fait, la sexualité gréco-romaine était libérale sur des points où la sexualité « catholique » (pour dire vite) ne l'est pas et culpabilisée sur des points où elle l'est moins. La poésie latine (Catulle, Ovide) en témoigne. En fait sur tous ces points le monde antique a connu des interdits moraux divers et variables selon les époques La différence entre la culpabilité dans la sexualité antique et la sexualité médiévale et moderne se situe dans la sanction des comportements déviants. La première n'est stigmatisée que par la fama, matérialisée dans les épigrammes, la rumeur publique comme le montre Florence Dupont dans L'Érotisme masculin dans la Rome antique. au contraire, la sexualité médiévale ou moderne, quand elle est déviante, peut être sanctionnée par la prison, la mort, le lynchage (Foucauld, Surveiller et punir) . Au milieu du , le théoricien de la sexualité Michel Foucault voit le sexe à travers le monde gréco-romain comme gouverné par la retenue et par l'art de gérer le plaisir sexuel* (contraste avec la vue chrétienne du sexe, lié au démon), comme résumé par ..
Influence de la doctrine chrétienne des premiers siècles Pendant les premiers siècles de son développement, la doctrine chrétienne sur la sexualité subit une triple influence : celle des philosophies stoïcienne puis néoplatonicienne, qui se méfient de l'emprise du désir et du plaisir sur la volonté humaine, et qui entraînent pour part un raidissement moral au sein de l'Empire romain à partir du qui renvoie à Paul Veyne.
Le christianisme des premiers siècles marque cependant une forte inflexion par rapport au stoïcisme et au judaïsme dans le sens d'un renoncement à la « chair » (qui peut conduire au péché). Cette tendance qui n'est toutefois pas unanime et reste débattue au sein même du mouvement chrétien. Un fort courant prône l'abstinence sexuelle, inspiré à la fois par le caractère apocalyptique (ou eschatologie) du message chrétien (l'arrivée du royaume de Dieu étant imminente) et le souci de marquer la différence avec les interdits sexuels codifiés du judaïsme, interdits qui sont d'ailleurs souvent surévalués par les commentateurs chrétiensCollectif dont Peter Brown, histoire de la vie privée, tome 1, collection Points Seuils. Cet ascétisme (ou encratisme) marque également la secte juive puritaine des Esséniens et le Manichéisme. Dans le christianisme, ce courant est représenté par les Pères de l'église Tertullien (auteur d'une Exhortation à la chasteté), Tatien, Jérôme, Origène, Grégoire de Nysse, et culmine au avec les pères du désert, précurseurs du monachisme. Ce mouvement conduit des extrémistes à des castrations volontaires (le cas le plus célèbre étant celui d'Origène vers 206, bien que cette castration est mise en doute) qui seront suffisamment nombreuses pour que Hadrien (empereur de 117 à 138) les punisse de mort. Cette survalorisation de la virginité coïncide avec le développement de la mariologie.
Clément d'Alexandrie qui, inspiré par le stoïcisme, , condamne la sexualité homosexuelle, exalte la continence dans le pédagogue qui cite et promeut une sexualité monogame et procréatrice, mais sans dénigrement du corps et du plaisir. C'est également le cas de Jean Chrysostome, défenseur du mariage, de l'amour conjugal et de la famille. D'une façon générale, les évêques sont plus proches de cette position que les théologiens tenants de l'ascétisme qui cite Jean Daniélou : L'église des premiers temps.
Concile de Naplouse (1120) et répression de la sexualité extra-conjugale Le concile de Naplouse est une assemblée de religieux et de nobles à Naplouse le (ou le 23Simonetta Cerrini, La Révolution des Templiers, pages 86-87), présidé par le roi Baudouin II de Jérusalem et le Patriarche latin de Jérusalem Gormond de Picquigny. Le concile publie vingt-cinq canons dans le but de restaurer la morale et la discipline pour apaiser la colère divine dans le Royaume de Jérusalem, affligé depuis quatre ans de plusieurs calamités, entre autres par l’invasion de sauterelles, la famine et les défaites militaires.
Les canons 4 à 19 concernent les châtiments à infliger aux délits sexuels et conjugaux : l’adultère (4-6), le proxénétisme (7), la sodomie (8/11), les relations sexuelles entre Francs et Sarrasins (12-15) et la bigamie (17-19). Le canon 5, par exemple, condamne à la castration et à l’expulsion du royaume les hommes coupables d’adultère, et les femmes à la rhinotomie (ablation du nez) ; le canon 8 condamne les sodomites adultes au bûcher.
Critique sociale () Mikhaïl Bakounine, anarchiste favorable à la liberté sexuelle (1814-1876) dans Dieu et l'État (1882) s'élève contre le patriarcat et la façon qu'à la loi de « soumettre les femmes à la domination absolue de l'homme ». Il défend l'idée selon laquelle « les hommes et les femmes partagent des droits égaux » afin que les femmes puissent « devenir indépendantes et être libres de déterminer leur propre vie ». Bakounine prévoit « une liberté sexuelle totale pour les femmes » et la fin de la « famille juridique autoritaire »Sam Dolgoff, Bakunin on Anarchy, préf. Paul Avrich, Vintage Books, 1971, et 397, texte intégral.Iain McKay, Anarchist FAQ / What is Anarchism? / What is Anarcha-Feminism?, 12 septembre 2014, Wikibooks, texte intégral..
Au début du , c'est sans doute Emma Goldman qui formule la critique la plus radicale. Elle met en évidence la persistance de « l'instinct de propriété du mâle », même parmi les révolutionnaires : « dans son égocentrisme, l'homme ne supportait pas qu'il y eut d'autres divinités que lui »L'Épopée d'une anarchiste. New York 1886 - Moscou 1920, Hachette, 1979, page 91., une analyse qu'elle développe dans La Tragédie de l'émancipation féminine publié dans le journal Mother Earth en Nicole Beaurain, Christiane Passevant, Femmes et anarchistes : De Mujeres libres aux anarchaféministes, L'Homme et la société, , 1997, Actualité de l'anarchisme, page 76.. Elle s'oppose aux conceptions traditionnelles de la famille, de l'éducation et des rapports de genreEmma Goldman, Marriage and Love, dans Alix Kates Shulman (ed.), Red Emma Speaks: An Emma Goldman Reader, Schocken Books, N.Y., 1982, .. Elle s'attaque à l'institution du mariageEmma Goldman, Marriage and Love, Éditions Syros, 1978, notice. dont elle dit que « c'est premièrement un arrangement économique... [la femme] le paie avec son nom, sa vie privée, son estime de soi, toute sa vie »Goldman, Marriage and Love, Red Emma Speaks, ..
Dans l'essai de 1907 republié en 1934 Du Mariage, Léon Blum critique le modèle traditionnel comme une convention sociale : . Pour Blum, en effet, .
Révolution sexuelle (années 1960-1970) La révolution sexuelle recouvre les changements substantiels du comportement et des mœurs sexuels intervenus en Occident à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Ce mouvement est essentiellement marqué par l'émancipation sexuelle des femmes, l'affirmation de l'égalité des sexes et la reconnaissance des sexualités non procréatrices et non conjugales.
Les idées de la population au sujet de la sexualité décontractée passent progressivement du point de vue religieux conservateur (chasteté) au point de vue libéral. Durant la révolution sexuelle aux États-Unis et en Europe dans les années 1960 et 1970, les attitudes sociales à propos du sexe changent profondément. Le divorce et l'avortement deviennent plus faciles à obtenir.
Cadre légal Certains pays interdisent ce genre de pratique.
Certains pays musulmans comme l'Arabie saoudite, le Pakistan, l'Afghanistan, l'Iran, le Koweït, Maldives, le Maroc, Oman, la Mauritanie, les Émirats arabes unis, le Soudan, le Yémen, toute forme d'activité sexuelle hors mariage comme illicite.
La licéité et les législation relatives à l'adultère et à la prostitution varient autour du monde. D'autres lois sont relatives à l'implication de mineurs n'ayant pas l'âge de consentir.
En France, l'âge légal minimum est de quinze ans, mais les enfants restent sous l'autorité parentale jusqu'à la majorité..
En France, pour la femme, cette liberté sexuelle peut s'accompagner de la contraception (exemple pilule contraceptive) et/ou de l'avortement,
Santé La notion de comportement sexuel à risque désigne l'ensemble des comportements sexuels induisant une prise de risque pour la santé (individuelle ou publique) ; que la prise de risque soit « délibérée » et « consciente » ou non.
Ce concept fait aussi référence à des notions de « choix » en situation incertainepour Knight (1921), il y a une différence importante entre risque et incertitude : le risque caractérise des situations dans lesquelles des probabilités objectives sont affectées aux différents événements possibles, ce qui n'est pas le cas pour les situations incertaines, de prévention (médecine préventive...) et de responsabilité (individuelles et collectives).
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi Articles connexes Coup d'un soir Libertinage Sexualité de groupe Doctrine de l'Église catholique sur la sexualité
Bibliographie
Libre