thumb| Dessin d'un Sharpie Le Sharpie 12 m² est la première classe de voilier dériveur monotype construit en Allemagne où régnaient avec succès les séries à restrictions (axées sur les surfaces véliques). Dessiné en 1931 par Kröger-Werft, il est choisi comme dériveur à 2 équipiers pour les Jeux olympiques de Melbourne en 1956. Il a été remplacé par le Flying Dutchman aux Jeux de 1960.
Historique
Le sharpie est un bateau de travail à fond plat originaire du Connecticut, utilisé par les ostréiculteurs au . Naviguant à la voile et à l'aviron, de faible tirant d'eau, muni d'une dérive et d'une coque à bouchains vifs, le sharpie de New Haven en est un exemple typique. Ce type de voilier de pêche, gréé avec un ou deux mâts catboat non haubanés à trois emplantures, est repris en Europe sous la même dénomination de « sharpie » ou parfois de « scharpie » en allemand (où les deux noms sont utilisés).
En 1930, alors qu'en Allemagne pullulent les très belles séries à restrictions dont l'origine remonte au peintre impressionniste Gustave Caillebotte (avec les du CVP), la fédération allemande se tourne pour la première fois vers la monotypie. Après un concours de plans, comme pour l'Olympia Jolle, le plan de Kröger-Werft sera choisi sur les 37 proposés. La fédération allemande de voile (Deutsche Segler-Verband, DSV) publie dans la revue Die Yacht Archives de la revue Die Yacht du 29 novembre 1930. Spécifications de la DSV pour un Sharpie de , dans son 48 du , les spécifications d'un nouveau dériveur monotype bon-marché à 2 équipiers, dénommé 12-qm-Scharpieklasse, ou Scharpiejolle - Einheitklasse von 12 qm SegelFläche, c'est-à-dire d'un dériveur monotype de type Sharpie de de voilure. Les spécifications sont précises aussi bien sur les dimensions que l'échantillonnage des matériaux. Le prix de vente devant être compris entre 600 et 700 RM. Les bateaux devant être prêts pour la Seglertage 1931.
Dans le 51, de 1930, Die Yacht présente un projet de Herr Marinebaurat a D. Wustrau, basé sur le cahier des charges de la DSV, agrémenté d'une critique quant à la précipitation de la décision (il doit être prêt en 1931), la nouvelle mode pour les monotypes, la position du Sharpie parmi les bateaux existants, le choix d'une coque primitive de type sharpie, le côté bon marché etc. Il entre en effet en concurrence avec le Rennejolle de .
Dans le 46 de , elle présente un essai du nouveau monotype Sharpie , qui utilise le dériveur comme un bateau de camping : Mit der Scharpie-Einheitjolle durch Mecklenburg. La revue est bien loin de l'usage de dériveur de régate prévu par la fédération. Dans le 4 de 1932, la revue recense l'intérêt porté au bateau dans les autres pays européens et les commandes enregistrées.
La carrière du Sharpie est lancée, malgré les réticences. Il s'implantera aussi en Australie et verra son apogée aux Jeux olympiques de Melbourne en 1956, comme dériveur à 2 équipiers. Mais, au cours de ces JO disputés par vent et mer forte (moyenne 5 Beaufort et de creux) il déstabilisera bien des équipages qui, après avoir dessalé, ne pourront pas redresser rapidement leur bateau trop lourd (), trop vieillot (pas de caissons étanches) et trop puissant ( de voilure réelle au près), .
Le Sharpie , toujours construit en bois massif mais aussi en matériaux modernes et pratiqué par les passionnés de bateaux puissants a donné naissance au Sharpie australien (Australian Sharpie), cousin du Flying Dutchman.
Autres voiliers de compétition portant le nom de « Sharpie » (ou de Scharpie en allemand)
Sharpie 9 m
Ce bateau, gréé en catboat, avec seulement une grand-voile, et mesurant juste , soit de moins que le Sharpie , a été principalement pratiqué en France. Il s'est vu concurrencé par le Finn pour les régates internationales en solitaire.
Le Sharpie a été lancé au Cercle de la voile de Paris, à Meulan en 1938, sur un plan de Staempfli remanié par Jean-Jacques Herbulot.
Sharpie 11 m Dessiné aussi par Pierre Staempfli, ce Sharpie reprend les formes du (nettement améliorées par Herbulot) pour de long et un gréement de sloop avec grand-voile entièrement lattée. Moins de 400 unités construites toutes, semble-t-il, en France.
Sharpie australien Bien qu'ayant presque la même forme de coque que le Sharpie , il est nettement plus léger, plus voilé, gréé en bermudien et autorise un trapèze pour l'un des trois équipiers.
Le Sharpie australien — Australian Sharpie — est un Sharpie léger également appelé Lightweight Sharpie qui est né en Australie après les Jeux olympiques de Melbourne de 1956. Cette classe de Sharpie est un développement réalisé en Australie-Occidentale par les frères Addisson à partir du Sharpie , toujours fabriqué en bois massif, le Sharpie lourd, l'ancêtre, le Heavyweight Sharpie.
Le Sharpie australien est pratiqué dans tous les états australiens sous l'autorité de l'Australian Sharpie Sailing Association. Ce dériveur léger, dont les performances sont comparables au Flying Dutchman, ou au 505, a une grand-voile entièrement lattée (les lattes allant de la chute au guindant le long du mât).
L'histoire du Sharpie en Australie est racontée (en anglais) avec précision par Doug Hogg Histoire du Sharpie par Doug Hogg, Australie du sud, juillet 2006.
Autres dériveurs conçus en 1931 Aux États-Unis : le Snipe En France : le Caneton Brix
Notes et références
Voir aussi
Liens externes Sharpie au Royaume-Uni Sharpie aux Pays-Bas Sharpie en Allemagne Sharpie au Portugal 12 qm Einheitsscharpie, monotype Sharpie Sharpie australien sur Wikipedia en anglais
Catégorie:Dériveur Catégorie:Classe de voilier Catégorie:Type de bateau de sport