Liste d'évènements de l'année 2005 en Afrique, sauf dans les pays ayant leur propre article.
Organisations internationales Union africaine Le premier sommet des chefs d'État du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) s'est tenu à Libreville (Gabon) les 10 et . Ce sommet était consacré à la situation en Côte d'Ivoire, en république démocratique du Congo et au Darfour. Le sommet de l'Union africaine s'est réuni les 30 et à Abuja (Nigeria). L'ordre du jour portait sur la sécurité alimentaire, la lutte contre les pandémies comme le VIH-sida, le paludisme et la poliomyélite, ainsi que sur le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et la résolution des conflits sur le continent, notamment en Côte d'Ivoire et au Darfour.
Au cours de ce sommet, plusieurs décisions ont été prises :
La mise en place en Somalie d'une force de paix composée de à pour aider à la stabilisation du pays. Son organisation est confiée à l'Autorité régionale intergouvernementale de Développement (Igad), qui rassemble la Somalie et les pays limitrophes (Kenya, Éthiopie, Djibouti, Soudan). Dans un premier temps, son mandat serait limité à la protection de l'installation au pays du gouvernement somalien. Le déploiement d'une force militaire pour désarmer les rebelles rwandais accusés d'être impliqués dans le génocide de 1994 au Rwanda et réfugiés depuis en république démocratique du Congo.
Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU a souhaité un renforcement du lien entre l'ONU et l'Union africaine afin que l'Afrique atteigne en 2015 les objectifs du millénaire. Il a notamment déclaré que « l'Afrique n'est pas dans les temps pour atteindre les objectifs de développement de la Déclaration du Millénaire. Mais elle peut atteindre ces objectifs si le partenariat mondial promis depuis longtemps se mobilise totalement ».
La question de la meilleure représentation de l'Afrique au sein du Conseil de sécurité de l'ONU a été repoussée à la suite d'un désaccord entre pays membres de l'Union africaine. Ce dossier a été confié à une commission composée de quinze pays qui se réunira au Swaziland du 20 au avant d'être abordé par un conseil extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'Union africaine à Addis-Abeba début mars.
Le mandat du président en exercice, Olusegun Obasanjo, président du Nigeria, a été prolongé de à . Les prochains sommets auront lieu en Libye en et au Soudan en .
Le conseil exécutif de l'Union africaine, réuni les 7 et à Addis-Abeba (Éthiopie), a décidé de proposer que l'Afrique soit représentée par deux membres permanents au Conseil de sécurité des Nations unies. Ces deux représentants devront avoir les mêmes droits que les autres membres du conseil de sécurité, notamment le droit de veto. Un sommet de l’Union africaine s’est tenu à Syrte (Libye) les 4 et . Les chefs d’État africains ont demandé au G8 d’annuler totalement la dette de l’ensemble des pays africains et réclamer que le continent soit représenté par deux membres permanents au Conseil de sécurité des Nations unies.
Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest Mamadou Tandja, président du Niger, a été élu le , président de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, en remplacement du ghanéen John Kufuor. : La CEDEAO a condamné la prise de pouvoir de Faure Gnassingbé au Togo lors du décès de son père Gnassingbé Eyadema
Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale Le sommet des chefs d'État de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) a eu lieu le à Libreville (Gabon) avec la présence des présidents de la République centrafricaine François Bozizé, du Congo-Brazzaville Denis Sassou-Nguesso, de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, du Tchad Idriss Déby, du Gabon Omar Bongo (président en exercice de la Cémac) ainsi que de Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie. Le président camerounais Paul Biya est représenté par le président de l'Assemblée nationale. Le sommet a porté essentiellement sur des aspects économiques, notamment la création de la compagnie aérienne sous-régionale Air CEMAC en partenariat avec le groupe Royal Air Maroc.
Le sommet a également abordé la situation au Togo et a reçu une délégation conduite par Kokou Tozoun, ministre des Affaires étrangères. Le communiqué final invite « la Communauté internationale à encourager les autorités togolaises à tout mettre en œuvre en vue d'un retour rapide et apaisé du processus démocratique dans le pays ».
Omar Bongo Ondimba, président en exercice de la cémac a laissé sa place à Teodoro Obiang Nguema, président de la Guinée équatoriale.
Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) Mamadou Tandja, président du Niger a été reconduit à la présidence en exercice de l'UEMOA lors du sommet de cette organisation à Niamey (Niger) le . Différents chefs d'État ont participé au sommet : Abdoulaye Wade (Sénégal), Mathieu Kérékou (Bénin), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Amadou Toumani Touré (Mali), Henrique Rosa (Guinée-Bissau) et Mamadou Tandja (Niger). Le Togo était représenté par Koffi Sama, premier ministre et la Côte d'Ivoire par Théodore Mel Eg, ministre de l'Intégration régionale et de l'Union africaine. Dans un communiqué final, l'UEMOA s'est félicitée « des résultats obtenus en matière de stabilité des prix dans l'Union du fait d'un meilleur approvisionnement des marchés en produits alimentaires » et a « salué les actions mise en œuvre pour préserver la valeur de la monnaie commune », le franc CFA.
Autres organisations
Un forum des jeunes pour la paix et le développement s'est tenu du 10 au à Conakry (Guinée). Organisé par le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) en collaboration avec la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), il a réuni une cinquante de jeunes de la Côte d'Ivoire, de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone, représentants d'associations estudiantines, de responsables des organisations nationales des jeunes, ainsi que des jeunes des zones rurales et des zones frontalières de ces quatre pays. Ces jeunes se sont engagés à contribuer à la consolidation de la paix et au développement de la sous-région ouest-africaine, à promouvoir le rôle des jeunes dans le processus de paix et de développement en Côte d'Ivoire, et au sein de l'Union du fleuve Mano (UFM, regroupant Guinée, Liberia et Sierra Leone). La rencontre d'évaluation du processus de Bamako (2000), portant sur les « institutions et pratiques démocratiques dans l'espace francophone », a été organisé à Dakar (Sénégal) les 4 et , par l'Organisation internationale de la francophonie en partenariat avec le Haut commissariat aux Droits de l'homme et à la promotion de la Paix au Sénégal. ONU : Le Bénin, membre non permanent du conseil de sécurité depuis le en assurera la présidence durant le mois de . Pays ACP - Union européenne : La de l'Assemblée parlementaire paritaire Union européenne – pays ACP (Afrique Caraïbe Pacifique) s'est tenue du 18 au à Bamako (Mali). Au cours de cette session, les « pays du sud » ont demandé à l'Union européenne de prendre des mesures concrètes contre la pauvreté. Ainsi, dans une déclaration intitulée Déclaration de Bamako sur les objectifs du millénaire pour le développement, ils demandent l'annulation de la dette, des mesures visant à établir des règles commerciales plus équitables, un partenariat plus réel et l'accroissement du flux financier à destination des pays en développement. Parallèlement, les pays ACP doivent lutter efficacement contre la corruption, améliorer la gestion des dépenses publiques et renforcer les politiques sectorielles dans le domaine social, notamment en matière de santé et d'éducation.
Élections
Burkina Faso : Blaise Compaoré, président sortant est réélu au premier tour de l’élection présidentielle le .
Burundi : Aux élections communales organisées le , le Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD, anciens rebelles des Forces pour la défense de la démocratie)les Forces pour la défense de la démocratie (FDD) arrive largement en tête. Le CNDD emporte également les élections législatives du .
Djibouti : L'élection présidentielle du a été remportée par Ismail Omar Guelleh, président sortant et unique candidat, l’opposition appelant à boycotter ces élections, estimant que les conditions n’étaient pas réunis pour une élection « honnête, libre et transparente ».
Éthiopie : Aux élections législatives organisées le , le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (FDRPE), coalition de partis au pouvoir, obtient la majorité des 547 sièges de la Chambre des représentants du peuple. L’opposition dénonce des fraudes ; des manifestations ont lieu à Addis-Abeba. Les dirigeants de l’opposition sont arrêtés par les forces de l’ordre.
Gabon : Le président sortant Omar Bongo a été réélu avec 79,18 % des suffrages selon les résultats officiels lors de l’élection présidentielle du . L’opposition dénonce les fraudes massives constatées lors du scrutin.
Guinée : Le Parti de l'unité et du progrès (PUP) arrive largement en tête des élections des conseillers communaux et communautaires.
Guinée-Bissau : À l’issue du second tour de l’élection présidentielle, João Bernardo Vieira est élu avec plus de 55 % des voix.
Lesotho : Premières élections locales le .
Liberia : Ellen Johnson Sirleaf emporte l’élection présidentielle au second tour face à George Weah, arrivé en tête au premier tour. Celui-ci a dans un premier temps dénoncé des fraudes avant de reconnaître la victoire de la première femme présidente en Afrique.
Maurice : L’opposition regroupée dans l’alliance sociale remporte les élections législatives le .
République centrafricaine : François Bozizé, président sortant, emporte avec 64,6 % des voix l’élection présidentielle face à Martin Ziguélé lors du deuxième tour le . Aux élections législatives, la coalition présidentielle obtient la majorité relative.
République démocratique du Congo : Une nouvelle constitution est adoptée par référendum, ouvrant la voie à une série d’élections prévues jusqu’au pour mettre un terme à la transition démocratique.
Somaliland : Aux élections législatives du , l’Union des démocrates (Udub, parti au pouvoir) obtient 33 sièges, le Kulmiye (solidarité) et le Parti pour la justice et le bien-être, deux partis d’opposition, obtiennent respectivement 28 et 21 sièges.
Tanzanie : Le , l'ancien ministre des Affaires étrangères tanzanien, Jakaya Kikwete, candidat du Chama Cha Mapinduzi (CCM) remporte l'élection présidentielle en Tanzanie, avec 80,3 % des voix.
Togo : Le , Faure Gnassingbé est élu président au cours d’une élection controversée.
Zimbabwe : Le , l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (Zanu-PF), parti du président Robert Mugabe, remporte les élections législatives. Des fraudes massives sont dénoncées par l’opposition.
Conflits et guerres civiles Côte d'Ivoire
Le , Thabo Mbeki, président de l'Afrique du Sud, mandaté par l'Union africaine s'est rendu à Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d'Ivoire afin d'assister au conseil des ministres. Les ministres de Forces nouvelles (mouvement de la rébellion) n'ont pas assisté à ce conseil. Selon l'Agence France-presse (AFP), leur absence a été interprétée comme « un signe de mécontentement contre les conclusions de ce sommet, qui a reconnu au président Laurent Gbagbo le droit d'aller au référendum pour adopter la révision de l'article 35 de la Constitution sur les conditions d'éligibilité à la présidence de la République ».