Monty Python est une troupe d'humoristes rendue célèbre par sa première création, la série télévisée Monty Python's Flying Circus, dont la diffusion a débuté à la BBC le et s'est poursuivie durant 45 épisodes jusqu'au .

La troupe était composée de six membres : Graham Chapman, John Cleese, Eric Idle, Michael Palin, Terry Jones et Terry Gilliam. Les membres du groupe sont anglais, sauf Terry Gilliam, qui vient des États-Unis, et Terry Jones, d'origine galloise.

L'humour du groupe prend ses racines dans le burlesque absurde de l'émission d'avant-guerre ITMA (It's that Man Again !) sur la BBC, ainsi que dans The Goon Show, émission d'humour radiophonique de Peter Sellers et Spike Milligan.

Inspirée par leurs premières années de théâtre, leur œuvre fondatrice, le Flying Circus, remet en cause tous les principes des émissions télévisées. Leur influence dans le domaine comique est comparée à celle des Beatles dans la musique populaire. Elle dépasse largement les frontières du Royaume-Uni et du monde anglo-saxon. En France, Alain Chabat et les Robins des Bois, notamment, s'en réclament. Dans la langue anglaise, le mot pythonesque, inventé pour décrire leur humour, a trouvé son chemin vers les dictionnaires.

En 1971, ils rejouent une sélection de leurs sketches pour le long-métrage La Première Folie des Monty Python (And Now for Something Completely Different). Le film sort discrètement en France sous le titre Pataquesse en 1974 avec une affiche dessinée par GotlibSource : Marcel Gotlib, Inédits, Dargaud, 2004.

Après l'arrêt du Flying Circus en 1974, le groupe mène une carrière au cinéma avec des longs-métrages qu'il réalise lui-même : Monty Python : Sacré Graal ! (1975, Monty Python and the Holy Grail) ; Monty Python : La Vie de Brian (1979, Monty Python's Life of Brian) ; Monty Python : Le Sens de la vie (1983, Monty Python's The Meaning of Life).

En 1980, une retranscription filmée de leur spectacle donné au Hollywood Bowl sort sous le titre Monty Python à Hollywood (Monty Python Live at the Hollywood Bowl).

Chaque membre poursuit ensuite des projets de cinéma ou de télévision, souvent en travaillant en collaboration. Certains de leurs projets rencontrent le succès comme Brazil (réalisé par Terry Gilliam en 1985, avec Michael Palin), Un poisson nommé Wanda (en 1988, avec John Cleese et Michael Palin), ou encore Les Aventures du baron de Münchausen (par Terry Gilliam, en 1989, avec Eric Idle). Graham Chapman décède en 1989. Les cinq membres survivants se retrouvent quelquefois, comme en 1998 dans Live At Aspen.

Le , Terry Jones annonce la reformation du groupe et le projet d'un nouveau spectacle comique. Une conférence de presse, tenue au Palace Theatre de Londres le , officialise la reformation des Monty Python, Le Parisien, 21 novembre 2013. Les Python se produisent finalement à l'O2Arena de Londres pour dix spectacles qui affichent tous complet en À Londres, on a vu le Monty Python's ringard circus, Télérama..

Avant les Monty Python Jones et Palin se sont rencontrés pour la première fois à l’université d’Oxford, tandis que Cleese et Chapman se sont rencontrés à l’université de Cambridge. Idle était aussi à Cambridge, mais est arrivé un an après les deux autres. Cleese a rencontré Gilliam à New York pendant la tournée du Cambridge Circus, le spectacle des Cambridge University Footlights. Ce spectacle s'appelait à l'origine A Clump of Plinth.

Chapman, Cleese et Idle étaient tous trois membres des Footlights, qui comptaient aussi les futurs « Goodies » Tim Brooke-Taylor, Bill Oddie et Graeme Garden, ainsi que Jonathan Lynn (coauteur de Yes Minister et Yes Prime Minister). Pendant la présidence d'Idle, l'autrice féministe Germaine Greer et le producteur Clive James en étaient aussi membres. Les enregistrements de ces soi-disant « fumistes » au collège de Pembroke incluent Idle et Cleese. Les bandes sont conservées dans les archives du collège de Pembroke, ainsi que des enregistrements d'Idle dans des pièces du collège.

Les Monty Python ont écrit ou joué dans différents sketches avant de former le Monty Python's Flying Circus, en particulier, qui est considéré comme la première œuvre commune des Python britanniques, dans laquelle on trouve leur fameux style : I'm Sorry, I'll Read That Again (radio) (1964-1973) [Cleese : acteur & auteur — Idle et Chapman : auteurs] The Frost Report (1966-1967) [Cleese : acteur & auteur — Idle : auteur du monologue de Frost — Chapman, Palin & Jones : auteurs] At Last the 1948 Show (1967) [Chapman & Cleese : auteurs & acteurs — Idle : auteur] Twice a Fortnight (1967) [Palin & Jones : acteurs & auteurs] Do Not Adjust Your Set (1967-1969) [Palin, Jones & Idle : acteurs & auteurs — Gilliam : animation — Bonzo Dog Band : interludes musicaux] We Have Ways of Making You Laugh (1968) [Idle: acteur & auteur — Gilliam: animation] How to Irritate People (1968) [Cleese & Chapman : acteurs & auteurs — Palin : acteur] The Complete and Utter History of Britain (1969) [Palin & Jones : acteurs & auteurs] Docteurs en folie (1969) [Cleese & Chapman : auteurs]

Des comédiens et auteurs comiques britanniques figurent dans les séries ci-dessus, entre autres Ronnie Corbett, Ronnie Barker, Tim Brooke-Taylor, Graeme Garden, Bill Oddie, Marty Feldman, Jonathan Lynn, David Jason et David Frost.

Après le succès de Do Not Adjust Your Set (initialement destiné aux enfants) et compte tenu de son succès auprès des adultes, la chaîne privée britannique ITV offrit à Palin, Jones, Idle et Gilliam la possibilité de créer leur propre série. Dans le même temps, Cleese et Chapman se sont vu proposer une émission sur la BBC. La chaîne publique britannique avait été impressionnée par leurs prestations dans The Frost Report et At Last The 1948 Show. Cleese hésitait à ne travailler qu'en duo avec Chapman, en particulier en raison de la personnalité difficile de ce dernier. Comme il gardait un bon souvenir de sa collaboration avec Palin, il l'invita à rejoindre l'équipe. Le projet ITV étant encore au stade de la pré production, Palin accepta et suggéra la participation des auteurs Jones et Idle — ce dernier suggérant que Gilliam produise les animations. On a beaucoup glosé sur le fait que toute la troupe s'est ainsi formée un peu par hasardThe Pythons Autobiography By The Pythons — Graham Chapman, John Cleese, Terry Gilliam, Eric Idle, Terry Jones, Michael Palin, John Chapman, David Sherlock, Bob McCabe—Thomas Dunne Books; Orion, 2003. Toujours est-il que le groupe reconnaît que c'est la BBC qui leur a permis de faire ce qu'ils ont fait, c'est-à-dire « une émission échappant à toute censure », même si la chaîne, selon Terry Jones, détestait ce qu'ils faisaient« Toujours du bon côté de la vie », Le Monde, 28 octobre 2009.

Le Flying Circus et le style Python

Origine du nom Plusieurs noms ont été envisagés avant que le choix ne se porte sur le Monty Python's Flying Circus. Les plus remarquables sont Owl Stretching Time (Le Temps où le hibou s'étire), The Toad Elevating Moment (le moment d'élévation du crapaud), Vaseline Review (la revue de la vaseline), Bun, Wackett, Buzzard, Stubble and Boot. « Flying Circus » l'emporta lorsque la BBC expliqua au groupe que les programmes étaient déjà imprimés avec ce nom et qu'il n'était pas question d'en changer, ce qui ne laissa pas le choix aux Python. Il y eut néanmoins de nombreuses variations. Gwen Dibley's Flying Circus fut envisagé après que Palin, ayant lu ce nom dans les journaux, avait pensé qu'il serait drôle que cette femme découvre qu'elle avait son propre show à la télévision. Barry Took's Flying Circus (ainsi que Baron Von Took's Flying Circus) fut aussi envisagé, en hommage à l'homme qui les avait rassemblés, ainsi que Arthur Megapode's Flying Circus

Dans un documentaire de 1998 intitulé Live At Aspen, le groupe a laissé entendre que Monty fut choisi en hommage affectueux au légendaire Lord Montgomery, maréchal (Field Marshal) de la Seconde Guerre mondiale. Cleese a ajouté « Python », qu'il associait à l'image d'un individu perfide et faux jeton, et aussi parce que l'association phonétique des deux mots leur semblait drôle. Dans d'autres circonstances, Idle que le mot 'Monty' faisait référence au pilier de bar local : les gens entraient dans le pub et demandaient au barman : « Monty n'est pas encore arrivé ? ». D'autres encore pensent que Monty Bodkin, nom d'un personnage de plusieurs romans de l'humoriste britannique P. G. Wodehouse, .

Conception des épisodes Les Python avaient une idée très précise de ce qu'ils voulaient faire avec la série. C'était tous de grands admirateurs de Peter Cook, Alan Bennett, et Dudley Moore dans Beyond the Fringe, et ils étaient des vétérans du « Frost Report », dont le style était similaire. Ils appréciaient également les sketches de Cook et Moore dans la série Not Only… But Also. Cependant, une chose troublait les Python dans ces programmes : si les sketchs étaient généralement assez bons, la chute n'était souvent pas à la hauteur, ce qui en affaiblissait considérablement la portée. Ils décidèrent donc de ne pas se forcer à terminer leurs sketchs de façon traditionnelle, et les premiers épisodes du Flying Circus étaient fréquemment dénués de chutes (par exemple, une scène avec Cleese se poursuit chez Idle, et comme le sketch devient de plus en plus chaotique, une remarque fuse « C'est le sketch le plus stupide que j'ai jamais vu » et ils partent tous en abandonnant le plateau). Toutefois, alors qu'ils écrivaient pour la série, les Python assistent à l'enregistrement de la nouvelle série d'un autre de leurs héros communs, Spike Milligan, intitulée (en) . Non seulement ce programme était encore plus irrévérencieux qu'aucune autre comédie ne l'avait été jusque-là, mais en plus Milligan interrompait souvent ses sketches en plein milieu et quittait le plateau en marmonnant : « J'ai écrit ça ? » Il devint clair aux yeux des Python que leur nouvelle série paraîtrait moins originale, et Jones en particulier fut convaincu qu'il leur fallait innover davantage.

Après de nombreuses discussions, Jones se rappela une animation que Gilliam avait créée pour Do Not Adjust Your Set qui l'avait intrigué par son style décousu. Jones pensa que ce serait une bonne idée pour la série, et permettrait de lier les sketchs entre eux. Palin était également fasciné par une autre œuvre de Gilliam, intitulée Christmas Cards, et ils tombèrent d'accord pour dire que c'était « une façon de faire les choses autrement ». Comme Cleese, Chapman et Idle étaient moins intéressés par l'arrangement général du programme, Jones, Palin et Gilliam devinrent les principaux responsables du style de présentation du Flying Circus, dans lequel des sketches divers étaient liés pour donner à chaque épisode une unité propre (utilisant souvent une animation de Gilliam afin de lier l'image de fin d'un sketch avec la scène d'ouverture du suivant).

Style des épisodes Le Flying Circus a inauguré de nouvelles méthodes, par exemple le démarrage à chaud, quand un épisode démarre sans le générique de début. Beaucoup d'épisodes s'ouvrent sur une séquence où Palin déguisé en Robinson Crusoé, parcourt un long chemin à travers différents paysages avant d'arriver finalement devant la caméra pour dire « c'est... » puis d'être coupé par le générique de début et l'air de la marche du compositeur américain John Philip Sousa.