La batterie d'artillerie de Longues-sur-Mer (en allemand Longues-sur-Mer) est l'une des batteries d'artillerie côtières du mur de l'Atlantique, construite sous les directives du Troisième Reich pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est située sur la commune littorale de Longues-sur-Mer dans le Calvados.
Le site comprenait de marine de de longue portée, chacun protégé par une casemate en béton armé, et différentes installations pour les servir et les défendre. Située dans la zone du débarquement allié en Normandie, entre les plages d'Omaha Beach et de Gold Beach, la batterie fut soumise à d'intenses bombardements aériens puis navals l'empêchant d'entrer pleinement en action le jour J et fut prise dès le lendemain par les troupes britanniques.
Classée Monument historique, elle est aujourd'hui dans un bon état de conservation. Le site est aménagé et est devenu un lieu de passage fréquenté lors des visites des sites du débarquement.
Situation vignette|gauche|Carte de Bayeux Intercom. Ce point de fortification est nommé Wn 48. Wn est l'abréviation de ( traduit par « nid de résistance ») et les chiffres pour le numéro du secteur ; ils sont donc à suivre d'est à l'ouest et du nord au sud. La plupart de ces infrastructures sont toujours présentes aujourd'hui..
Wn 48 se tient sur un plateau sans arbres, au sommet d'une falaise d'une altitude de , à environ du rivage.. Elle se situe dans l'actuelle communauté de communes de Bayeux Intercom, à mi-chemin entre Port-en-Bessin à l'ouest et Arromanches-les-Bains à l'est, ainsi qu'à au nord de Bayeux.
Le secteur Wn 48 succède au point de fortification Wn 44 situé sur le littoral de la commune de Tracy-sur-Mer dans le hameau de la Brèche, à l'ouest d'Arromanches-les-Bains.. Wn 48 est suivi par les secteurs Wn 50 et Wn 50a, situés respectivement à Vaux-sur-Aure, à à vol d'oiseau au sud de la batterie de Longues et dans le centre-ville de Bayeux. Wn 50 disposait également d'une batterie d'artillerie mais moins importante., et Wn 50a d'un bunker de type 639.. Wn 51, sur la commune de Longues-sur-Mer, est au nord-ouest du hameau du Mesnil, près de l'ancien sémaphore Languste. Celui-ci disposait de l'un des trois radars Freya du secteur ainsi que de quelques petites fortifications bétonnées... Le secteur Wn 49 n'est actuellement pas localisé, tout comme les Wn 47, 46 et 45.
Préambule Le , lorsque débute le débarquement de Normandie, les défenses allemandes ne peuvent pas empêcher les Alliés de prendre pied sur les plages et d'établir des têtes de pont. Le mur de l'Atlantique, censé repousser l'assaut, ne résiste que quelques heures, à l'exception du secteur d'Omaha Beach. Outre des défenses sur les plages ou juste aux abords destinées à empêcher le débarquement de troupes, les défenses allemandes comprenaient également plusieurs batteries de tir de longue portée, disposées le long du littoral, plus ou moins en arrière de celui-ci, et chargées d'empêcher l'approche des navires et des barges alliés mais pouvant également tirer sur les plages.
La (MKB) de Longues-sur-Mer était l'une des douze batteries de ce type susceptibles d'atteindre, le jour J, les plages de débarquement ou les navires alliés au large..
Historique Contexte et construction vignette|gauche|alt=Plan illustrant les batteries allemandes sur les côtes normandes.|Plan des batteries allemandes sur une partie de la Normandie avec leurs portées et angles de tirs. Celle de Longues-sur-Mer est au centre. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands construisent, quelque temps après leur arrivée en Normandie prise en , des ouvrages militaires fortifiés sur la côte, sous maîtrise d'ouvrage de l'Organisation Todt faisant partie du mur de l'Atlantique, qu'ils nomment sur plusieurs positions différentes..
La batterie d'artillerie côtière de Longues-sur-Mer a été réfléchie à partir de ... Certaines parties du mur de l'Atlantique ont cependant été construites bien plus tôt, telles que le secteur choisi pour la future batterie d'artillerie.. L'une des casemates déjà présentes porte la date de Information(s) présent(s) sur site.. e Les premières constructions et garnisons Le premier point d'appui défensif des côtes de Longues-sur-Mer est construit et tenu par la d'infanterie (323. ID) de la Wehrmacht à partir de . Celui-ci, très modeste, est seulement équipé de deux mitrailleuses 34. Elle est codée 22 (Wn 22).
vignette|gauche|alt=Photographie en noir et blanc de la construction d'un bunker.|Construction d'une casemate de type tobrouk.
En , la division actuelle est remplacée par la d'infanterie (716. ID). En plus des deux mitrailleuses, un mortier de est ajouté ainsi qu'un projecteur portatif afin de surveiller les falaises de nuit. À la fin de l'automne, il est décidé de renforcer le site et ainsi d'y construire des ouvrages bétonnés afin de mieux protéger les hommes et matériels. Pour loger les mitrailleuses, deux tobrouks Vf58c sont construits, et pour le mortier, un tobrouk Ic124, disposant d'une salle en plus pour le stockage de matériel. Celui-ci est achevé le , comme l'atteste une gravure faite dans le béton lors de sa construction. Ces trois structures, séparées d'environ chacune, sont reliées entre elles par des tranchées et entourées d'un réseau de barbelé et de champs de mines terrestres. Les champs sont constitués de mines antipersonnels et antichars. Ce point d'appui est occupé par un petit groupe de dix soldats commandés par un sous-officier.
Au début de 1943, la numérotation des points d'appui des côtes normandes change à la suite de la création de nouveaux ouvrages défensifs, qui devient plus dense sur la côte. Le Wn 22 est renommé Wn 48, cependant l'organisation ne change pas..
Construction de la batterie d'artillerie En est prise la décision d'installer une nouvelle batterie d'artillerie près du village de Longues-sur-Mer. Cet emplacement en hauteur permet de pouvoir avoir un visuel sur les communes littorales proches, Port-en-Bessin et Arromanches-les-Bains ainsi que de leurs plages. La portée des permettrait à la batterie de prendre sous ses feux Omaha Beach et Gold Beach ainsi que les navires au large sur environ .. Le site est étudié le par les services allemands de géologie..
Le , le site est acté et les travaux de déblaiement commencent par une compagnie du génie avec des excavatrices. De grands terrassements sont effectués sur le terrain afin de pouvoir y loger les futures casemates. En quelques jours, les dalles de béton des quatre futures casemates de tirs sont coulées.
Début , l'Organisation Todt charge l'entreprise allemande Wiener & Trachte des travaux de construction des casemates. Cependant, en raison du manque d'outils et de matériels, les travaux sont lents. Trois routes sont tracées à travers les champs pour faire passer les engins de travaux et les camions.. Un château d'eau est également installé car une quantité importante de béton est utilisée pour la construction des casemates. Après les fondations, les socles pour les canons sont construits puis ceux-ci sont ensuite directement assemblés sur place. Le reste des casemates de tirs sont ensuite construites autour et par-dessus. Dans le même temps, des tranchées permettant de relier les futures casemates sont creusées. Aux alentours du , la première casemate de tirs ( M272) et son canon sont bien avancés, mais l'embrasure doit être agrandie.
vignette|alt=Photo d'une casemate de la Second Guerre mondiale avec son caon.|Casemate de tir M272 avec son canon.
Mi-, les travaux continuent sur les casemates M272 et la construction des tobrouks Vf58c et encuvements pour canons antiaériens commence. Plus de de tranchées sont également creusées. Le , débutent les travaux d'excavation pour la casemate de commandement au bord de la falaise ( M262 « Anton »).
Le , le canon de la casemate M272 effectue son premier tir d'essai. Le jour suivant, deux sections de soldats de la marine, appartenant au , arrivent sur le site pour aider à l'accélération de la construction de la batterie. Le , la casemate de tir est finie mais une pelleteuse tombe en panne et fait retarder la construction d'autres ouvrages. À la fin du mois, les quatre canons sont tous assemblés. L'excavation de terre pour la casemate de commandement M262 « Anton » prend du retard et n'est qu'à la moitié de prévu.
Entre mi-avril et fin-avril, les quatre casemates de tirs sont enfin terminées mais pas totalement opérationnelles. D'autres tobrouks et abris pour hommes et matériels sont eux, prêt pour utilisation.
vignette|alt=Photographie en noir en blanc de plusieurs gradés allemands devant une casemate de tir avec son canon.|Erwin Rommel et plusieurs généraux allemands inspectant le mur de l'Atlantique, ici dans le golfe de Gascogne.
L'après-midi du , le Feldmarschall Erwin Rommel, inspecteur général des défenses occidentales, visite la batterie lors d'une de ses tournées d'inspection. Il est accompagné du General der Artillerie Erich Marcks et du Generalleutnant Dietrich Kraiß..
Mi-mai, le béton de la casemate est enfin coulé. Le coffrage et la charpente métallique du poste de contrôle de tir sont terminés mais il n'y a pas assez de béton pour le finir. Il sera fini à la fin du mois.
Le , le site encaisse un lourd bombardement aérien et seule la casemate M272 2 subit des dégâts importants. Celle-ci est renforcée dans les jours qui suivent et les travaux de remblai ont commencé. Le , les quatre casemates de tirs sont totalement opérationnelles. Entre les mois de mars et , la construction du site s'accélère et passe de quelques constructions à de nombreux ouvrages bétonnés de toutes tailles et des réseaux de tranchées en zigzags. Un réseau de barbelés et des terrains minés sont également mis en place tout autour du site.
Pour tous ces travaux, l'Organisation Todt utilise des artisans du Reich et la main-d'œuvre locale. Au sein des artisans locaux employés pour la construction du site, se glissent des résistants français qui renseignent les Alliés sur la disposition et les capacités de la batterie tout en sabotant le béton utilisé pour la construction de l'une des casemates M272, la rendant plus fragile aux coups d'obus.
Premières attaques À l'approche du jour du débarquement allié, les Britanniques décident d'effectuer des reconnaissances aériennes sur les côtes normandes. Le , ils repèrent un chantier de construction au Nord du village de Longues-sur-Mer. Les reconnaissances suivantes, notamment celles du puis du , leur permettent d'identifier clairement, sur les photos prises, les éléments d'une batterie d'artillerie..
Comme pour les autres fortifications du mur de l'Atlantique en Normandie, le commandement allié décide de procéder à des bombardements aériens durant les semaines précédant le débarquement, et le premier est prévu tardivement pour la date du , puis un second le . Entre-temps, la batterie subit plusieurs attaques aériennes mineures non programmées.
Attaques mineures La toute première attaque eut lieu le en fin d'après-midi. Une douzaine de bombes sont larguées par des chasseurs-bombardiers par une unité non identifiée, sans faire de dégâts.
vignette|alt=Photographie noir et blanc d'un avion de chasse au sol durant la Seconde Guerre mondiale|Un P-47 Thunderbolt de 366th Fighter Group.