Les forces de l'armée française interviennent dans la guerre d'Afghanistan à partir de la fin 2001 dans deux opérations internationales distinctes : la force internationale d'assistance et de sécurité (ISAF) sous commandement de l'OTAN, et l'opération Enduring Freedom sous commandement américain. En 2010, elle est quatrième contributrice de la coalition.. Les forces combattantes sont retirées fin 2012.

La participation militaire française à ces deux opérations est répartie en plusieurs opérations nationales, qui portent les noms de Pamir pour la participation à l'ISAF, Héraclès pour la participation aux opérations navales et aériennes, Épidote pour la participation aux missions d'instruction de l'armée afghane au sein d'OEF et Arès pour les opérations spéciales au sein d'OEF.

La présence de l'armée française dans ces deux opérations s'illustre par une présence maritime dans l'océan Indien, qui comprend des engagements d'aéronefs de l'aviation navale sur le territoire afghan, l'action d'unités (avions de chasse, de transport, d'observation et drones mais également des commandos) de l'armée de l'air, à partir de l'Afghanistan ainsi que de bases situées dans des pays limitrophes, et la participation d'unités de l'Armée de terre aux opérations de sécurisation et d'instruction.

Au , militaires français étaient engagés sur le théâtre de ce pays, dont le soutien aérien et la participation à la Combined Task Force 150 dans l'océan Indien. À ce chiffre s'ajoutent les 150 gendarmes déployés fin 2009. militaires sont déployés à cette date dans la brigade La Fayette, clé du dispositif, dirigée par un général français et placée sous commandement américain.. En 2010, la décision a été prise d'un envoi supplémentaire de 250 soldats, le contingent français en Afghanistan atteignant alors le nombre de ..

À la suite de décisions de retrait des troupes prises en 2011 et 2012, le contingent français qui est, début , de militaires est, après un retrait graduel, de fin 2012... Le , un échelon de commandement unique succède à celui de la Task Force La Fayette. Fin 2013, le dispositif militaire français engagé dans le cadre des opérations (Pamir et Épidote) en Afghanistan est armé par environ 500 militaires.. À la fin , le nombre de militaires français sur zone se situe entre 300 et 400 dont 205 au service de l'OTAN. À la fin de l'année, il reste .. L'opération Épidote prend fin le et l'opération Pamir le « Afghanistan : l'armée française quitte le pays après treize ans de présence », LeMonde.fr, 31 décembre 2014..

Mission

La mission officielle des forces françaises en Afghanistan est de « sécuriser les zones placées sous sa responsabilité afin de permettre à l’État afghan de se reconstruire, de permettre des opérations de développement et de permettre un déploiement des services de l’État afghan », et, en second lieu, « permettre une montée en puissance de l’armée nationale afghane » en l’entraînant.

Bien que soutenant la lutte antidrogue en Afghanistan, la destruction de champs de pavot ou la capture de prisonniers ne font pas partie des missions assignées à ce contingent. En cas de captures consécutives aux combats, les prisonniers sont remis aux autorités afghanes..

Historique vignette|Le Saphir de la classe Rubis de retour à Toulon avec le groupe aéronaval, à l'issue de la mission Héracles, le . vignette|Véhicule de l'avant blindé français patrouillant en Afghanistan en 2009.

À la suite des attentats du 11 septembre 2001, les nations membres de l'OTAN ont mis en œuvre pour la première fois l'article 5 du Traité de l'Atlantique nord, et la France, bien que non contrainte par ce traité, a décidé d'engager ses forces armées au côté de l'OTANLe Traité de l'Atlantique nord et ses membres., présidence de la République, 2004.

La résolution 1386 du Conseil de sécurité des Nations unies crée, le , la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS) placée sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, dont le mandat d'origine est « d’aider l’Autorité intérimaire afghane à maintenir la sécurité à Kaboul et dans ses environs, de telle sorte que l’Autorité intérimaire afghane et le personnel des Nations unies puissent travailler dans un environnement sûr ». Celui-ci a été élargi sur tout le territoire afghan avec la résolution 1510 du Force internationale d’assistance à la sécurité, Opérations de Paix, université de MontréalTexte de la résolution 1510 (2003).

Deux Mirage IVP de reconnaissance aérienne et deux C-135FR sont détachés sur la base aérienne d'Al Dhafra de la UAEAF aux Émirats arabes unis dans le cadre de l'opération française Héraclès, et un total de 80 missions seront effectuées à partir du . Les Mirage IVP regagnent la France métropolitaine en Afghanistan: les 80 missions des Mirage IV, fin 2001, Secret Défense, 9 mai 2009. La mission de six heures des Mirage IVP consiste à survoler l'Afghanistan une fois par jour aller (traversée de la mer d’Arabie, survol par le sud du Pakistan, en vol par C-135FR au-dessus de l'Afghanistan, mission de reconnaissance d'une heure 40) et retour (après un ).

Le , la France décide d'envoyer le Charles de Gaulle dans l'océan Indien pour soutenir les opérations de l'OTAN en Afghanistan.

Dans le cadre de la mission Héraclès, la Task force 473, avec sous le commandement du contre-amiral François Cluzel appareille le du port militaire de Toulon. La force opérationnelle comprend le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle, les frégates La Motte-Picquet, Jean de Vienne et Jean Bart, le sous-marin d'attaque nucléaire Rubis, le ravitailleur La Meuse et l'aviso Commandant Ducuing.

La force aérienne comprend 16 Super-Étendard, un E-2C Hawkeye, deux Rafale et plusieurs hélicoptères.

Le , la task force 473 est intégrée dans une force internationale, à côté des groupes navals américains du et , et du Giuseppe Garibaldi italien. La force inclut plus de cent navires, français, américains, canadiens, britanniques, allemands, italiens, néerlandais, australiens, espagnols et japonais sous un commandement centralisé interallié à Bahreïn.

Du au , le groupe aérien embarqué effectue 165 missions d'appui sol, 100 missions de reconnaissance, 126 missions de guet aérien et 120 missions de ravitaillement en vol. En tout, les appareils réalisent plus de heures de vol..

Les Super-Étendard représentant le gros de la flottille exécutent leurs premières missions sur l'Afghanistan le , réalisant des missions de reconnaissance et de bombardement de kilomètres. Au total, ils réalisent 140 missions, 12 par jour en moyenne, échappant à cinq missiles Stinger.

Le , les premiers soldats français de la Force internationale en Afghanistan arrivent au nord de Kaboul. Au total, 640 militaires français sont déployés dont 400 dans le cadre de l'IsafChronologie : la présence française en Afghanistan, Le Nouvel Observateur, 17 décembre 2008. Les marsouins du RIMA furent les premières troupes françaises à fouler le sol afghan dès le , à Mazar-E-Sharif.

Le , un satellite d'observation Helios repère des activités anormales près de Gardez. Le lendemain, après que des membres des forces spéciales américaines dans la région ont confirmé ces observations, le Charles de Gaulle lance deux Super-Étendard de reconnaissance. Le 20, des forces britanniques et américaines entrent dans la vallée, et le 2 mars, l'opération Anaconda débute.

En février un détachement de Mirage 2000D de l'armée de l'air est déployé pour avec un avion ravitailleur en vol C135FR sur la base américaine de Bichkek/Manas au Kirghizistan. De début mars à fin , une unité RESAL (équipe de recherche et secours aérolarguée) spécifiquement crée est déployée à Douchanbé (Tadjikistan) pour éventuellement porter secours aux pilotes en difficulté en zone de haute montagne mais elle n'a finalement pas à intervenir. Le concept RESAL a été créé pour couvrir l'éjection accidentelle d'un équipage de Mirage 2000D en transit entre le Kirghizistan et l'Afghanistan (en zone non hostile), un trajet de survolant des sommets approchant les .

En mars, six Mirage 2000 et des SEM prennent en charge des attaques aériennes contre des cibles d'Al-Qaïda. Les quelques cibles proposées par les forces américaines en zone urbaine sont refusées, de peur d'atteindre des civils. En revanche les Mirage 2000 mènent plusieurs frappes avec des bombes guidées laser sur des positions dans les zones montagneuses qui abritent Al-Qaïda au sud-est de Kaboul (région de "Whale Back"). Le président américain George W. Bush se félicite de l'engagement de la France en déclarant : « notre fidèle alliée, la France, qui a déployé un quart de sa marine de guerre dans l'opération Enduring Freedom» President Thanks World Coalition for Anti-Terrorism Efforts, communiqué de presse de la Maison-Blanche du 11.03.02. À cette époque, la force aérienne française a été portée à 16 Super Étendard, 6 Mirage 2000 D, 5 Rafale, deux ravitailleurs aériens KC-135, et deux Hawkeye. À partir de février, le Charles de Gaulle et le échangent quelques avions de façon à resserrer les liens entre alliés. Pour les Mirage 2000D de la base aérienne de Nancy-Ochey, c'est aussi le début d'un engagement qui durera avec une interruption à l'automne 2012, lors du retour de Manas (le verra le détachement Chasse quitter définitivement Kandahar où il assurait une présence permanente depuis 2007, après Duchambe et Manas), après plus de missions et près de 500 frappes aériennes de précision en soutien des troupes au sol.

Le , lorsque l'OTAN prend la direction des opérations de la Force internationale d'assistance et de sécurité, la France fournit environ sur les venant de 31 pays alors présentsMarianne , 18 au 24 aout 2003, . Au , on compte 742 militaires français pour un effectif total d'environ personnels dans cette force NATO in Afghanistan Factsheet. Le commandement régional de Kaboul se fait en rotation entre la France, la Turquie et l'Italie.

En , en marge du sommet du G8 d'Évian, le président de la République Jacques Chirac décide d'engager les forces spéciales françaises dans le sud de l'Afghanistan. Un contingent de plus de 200 membres du Commandement des opérations spéciales opèrent de à dans la région de Spin Boldak, puis brièvement de Jalalabad. On compte 7 tués dans leurs rangsAfghanistan: bilan mitigé pour les forces spéciales françaises, 22 décembre 2007, Secret Défense, Jean-Dominique Merchet.

Un effort d’instruction au profit de l’armée afghane est effectué par la France dans le cadre de l'opération Épidote. stagiaires ont été formés entre 2003 et 2006COMMISSION DE LA DÉFENSE NATIONALE ET DES FORCES ARMÉES, mardi 10 octobre 2006, Séance de 16h30, Compte rendu .

L'Eurocorps commande la mission ISAF6 en Afghanistan du au .

Le , un premier militaire français décède des suites d'un accident de la route ayant eu lieu le Afghanistan, les français, Le Mammouth, 24 mai 2009.

Le , un soldat victime de l'explosion d'une mine antipersonnel est le premier militaire français mort au combat en Afghanistan..

En , soldats français sont engagés en Afghanistan, et au total environ militaires participent à ce théâtre d'opérations..

Jusqu'en 2008, le « détachement Air » a effectué sorties et 300 shows of force (passages à basse altitude pour intimider et disperser l’ennemi)..

En , l'embuscade d'Uzbin se solde côté français par 10 tués et 21 blessés.

Le , à l’issue d'un débat à l’Assemblée nationale française, celle-ci autorise la prolongation de l’intervention des forces armées françaises en Afghanistan, par 343 voix contre 210..

vignette|gauche|EC-665 Tigre de l'ALAT durant un exercice de tir franco-américain depuis la base opérationnelle avancée Morales-Frazier le 23 janvier 2011 en Kâpîssâ.