Le Roland est un missile sol-air de courte portée franco-allemand guidé par radar ou par voie optique. Il est monté sur une grande diversité de châssis mobiles comme le FlaRakPz Marder, le MAN KAT1, l'AMX-30R ou la remorque aérotransportable CAROL.

Il est fabriqué par le consortium Euromissile et mis en service en 1977 dans l'armée française. Il s'agit de l'un des rares missiles étrangers achetés par l'US Army.

Historique Conception En 1960, des études sont menées pour développer un système de lutte antiaérienne à basse altitude basé sur un missile. En France, Nord-Aviation étudient le projet SABA (Sol-Air Bassa Altitude) tandis qu'en Allemagne travaille sur le projet P-250..

Un contrat d'association est signé entre les deux entreprises en 1962 pour fabriquer un tel missile en commun, ce qui est acté en avec le choix de développer le missile français. Le financement du programme est assuré à parité par les deux entreprises qui signent un accord de développement en .

Les deux partenaires n'ont pas les mêmes objectifs, opérationnel pour la France et industriel pour l'Allemagne. Puisque la France ne croit pas à la menace aérienne basse altitude par mauvais temps, elle privilégie un missile temps clair plus simple à concevoir. L'Allemagne au contraire souhaite un missile tout temps permettant d'acquérir plus de technologies.

Le premier tir du missile Roland est effectué en 1964 à Colomb-Béchard, la première interception du missile étant réussie en 1967. Les six prototypes sont produits l'année suivante et permettent la conduite d'essais supplémentaires jusqu'en 1973.

Production La production du missile Roland fait intervenir de nombreuses entreprises sous la maitrise d'œuvre du consortium Euromissile créé en 1972 et regroupant Aérospatiale (ex Nord-Aviation) et MBB (ex ) : LMT pour le dispositif IFF Siemens et Thompson CSF pour le radar de veille et le radar de tir SAGEM pour l'optronique SAMM pour l'hydraulique GIAT pour la partie supérieure de la tourelle MBB pour les bras-poutres et la charge utile du missile AEG Telefunken pour la télécommande Aérospatiale pour les conteneurs-tubes lance-missiles et les piles thermiques du missile

Le missile Roland est produit au total à 27 000 exemplaires entre 1977 et 1991 avec un prix unitaire de 600 milles de francs tandis que 600 postes de tir sont produits dans le même temps pour un prix unitaire de 35 millions de francs.

Les missiles Roland sont fabriqués par Euromissile à Fontenay-aux-Roses en France.

Caractéristiques vignette|droite|Coupe d'un missile Roland contenu à l'intérieur de son tube de lancement au musée de l'armement de la Bundeswehr à Coblence. Système d'armes Le système d'armes du Roland se compose de missiles portés par un véhicule, constituant une unité de tir autonome assurant l'emport des missiles, l'acquisition de l'objectif, la conduite de tir et le tir. Le Roland est conçu pour détruire des hélicoptères et des avions volant jusqu'à Mach 1,3.

L'élément central du Roland est sa tourelle qui accueille le poste du tireur. Elle assure le tir des missiles grâce à un radar de veille, un interrogateur ami ou ennemi (sigle IFF en anglais), un système de visé et deux bras oscillants portant chacun un missile Roland. Le véhicule porteur quant à lui assure la génération électrique et hydraulique de l'arme, le transport de huit missiles de rechange et le rechargement automatique du missile après le tir tout en accueillant les consoles de visualisation du radar et du système IFF destinés au chef de pièce.

La séquence de tir se décompose en deux temps. Tout d'abord, le chef de pièce doit identifier et acquérir la cible en tant qu'observateur radar, pour ensuite faire tourner la tourelle en direction de l'azimut de la cible. Il revient alors au tireur de réaliser la recherche en site et de tirer les missiles une fois que le chef de pièce lui en donne l'ordre.

Missile Le missile Roland mesure 2,4 mètres de long avec un diamètre de 0,163 mètre, une envergure de 0,5 mètre, il est contenu dans un tube long de 2,6 mètres avec un diamètre de 0,2 mètre ne nécessitant aucune maintenance au cours de sa vie opérationnelle. Le missile dispose de deux propulseurs, l'un pour fournir l'accélération nécessaire au tir et l'autre destiné à le propulser en autorotation pendant un maximum de 13,8 secondes jusqu'à sa cible. La charge militaire varie suivant les versions et est déclenchée à la fois par une fusée de proximité électromagnétique et par une fusée de contact.

Le missile Roland a un taux d'interception de 90%, qui baisse à 80% si l'on prend en compte la veille et l'ensemble du système.

Radar de veille Le radar de veille du Roland est le MPDR-16 de Siemens, il s'agit d'un radar Doppler fonctionnant en bande D avec une vitesse de rotation de 60 tours par minute. Capable de détecter des cibles aériennes allant à la vitesse maximum de 450 m/s à 18 km (1 620 km/h - Mach 1,3), il émet une alerte sonore destinée aux servants lorsqu'une cible est repérée.

Variantes

Unités de tir

Le missile Roland a été monté sur un nombre important de châssis différents, aussi bien équipés de chenilles que de roues, tout en étant pour certains modernisés au cours du temps. FlaRakPz Marder Châssis chenillé de Marder allemand retenu pour équiper la Heer, ce qui lui permet d'avoir la même mobilité que ce véhicule pour suivre les unités blindés allemandes sur le terrain afin de les protéger des menaces aériennes. Il est aérotransportable par C-5A Galaxy.

Roland MAN KAT1 Châssis à roue basé sur la game de camion MAN KAT1 allemande dont la version 8x8 de dix tonnes est retenu pour équiper la Luftwaffe, la Deutsche Marine et les clients à l'exportation. Dix camions MAN KAT1 en version 6x6 aérotransportable par C-160 Transall sont livrés en 1998-1999 pour équiper les forces de réactions rapides allemandes et appelés Roland LVB (pour Luftverlastbarkeit signifiant aérotransportable). Ce châssis reçoit une modernisation à mi-vie minimale à partir de 2002 au lieu des programmes d'amélioration initialement prévus sous le nom de Roland NVD (pour NutzungsDauerVerlängert signifiant extension de la période d'utilisation).

AMX-30R Châssis chenillé d'AMX-30 français retenu en 1970 pour équiper l'Armée de terre et les clients à l'exportation, le premier prototype est testé en pour une entrée en service en 1977. Il dispose de la même mobilité que l'AMX-30, ce qui lui permet de suivre les unités blindés françaises sur le terrain pour les protéger des menaces aériennes. Ce châssis est amélioré en 1994 avec le remplacement du système de visé optique initial par le système Glaive plus performant et le remplacement des systèmes de contrôle.

Roland CAROL Remorque à roues conçue par Soframe, elle est remorquée par un camion ACMAT 6x6 et est aérotransportable par C-160 Transall et C-130 Hercules. Ce modèle est retenu en 1995 pour équiper les unités de réactions rapides de l'Armée de terre et dispose de capacités améliorées, dont un radar de veille avec 25 km de portée et le système de visé Glaive.

XMIM-115A Châssis à roue basé sur la game de camion M809 américain dont la version M812A1 est retenue pour équiper l'United States National Guard, ce qui le rend aérotransportable par C-130 Hercules et C-141 Starlifter. Le camion porte le missile Roland II monté sur palette, tout en restant compatible avec les versions européennes. thumb|300px|Missiles Roland montés sur un prototype de M109 américain, solution finalement abandonnée. Prototypes Différents prototypes voient le missile Roland montés sur différents châssis, sans qu'ils soient mis en service : Châssis d'AMX-13 français abandonné car ne disposant pas d'un longévité suffisante comparée à celle du missile Roland. Châssis d'AMX-10P français testé en 1968 puis abandonné au profit de l'AMX-30R. Châssis du M109 américain testé en 1977 pour les besoins de l'armée américaine mais il est abandonné avec le ralentissement puis l'arrêt du programme par le pays. Châssis du M1 Abrams américain proposé par Euromissile et Hughes Aircraft à l'armée américaine qui lui préfère l'ADATS. Châssis du Leopard 1 allemand proposé par Euromissile mais jamais adopté.

Missiles

Roland I et II Les missiles Roland I et Roland II ont pour unique différence leur mode de guidage, le premier a un guidage optique optimisé pour le beau temps et insensible aux contremesures électroniques tandis que le deuxième a un guidage radar insensible à la météo et à la lumière diurne. Si le Roland I n'a qu'un guidage optique, le Roland II peut choisir son mode de guidage et le changer y compris quand le missile est en vol. Le missile commun de 63 kilos à une vitesse de 500 m/s et une portée de 6,3 km, il peut engager ses cibles d'une dizaine de mètres du sol jusqu'à un plafond de 5,5 km. La charge militaire pèse 6,5 kilos et est composée de charges creuses multiples capables de détruire un aéronef dans un rayon de huit mètres autour de son point d'explosion.

Roland III Le missile Roland III est produit à partir de 1988, il s'agit d'une amélioration des missiles Roland antérieurs qui reste compatible avec les lanceurs déjà existant. La charge militaire du Roland III est composée de 84 charges creuses pour une masse de 9,1 kilos capables de détruire un aéronef dans un rayon de dix mètres autour de son point d'explosion. En dépit d'une masse supérieure de 75 kilos par rapport aux versions précédentes, elle à une vitesse supérieure de 570 m/s, un plafond de 6 km et une portée maximale de 8 km.

Roland RM-5 Le missile Roland Mach 5 - RM-5 - est développé entre 1988 et 1991 par Aérospatiale, Matra et MBB. Il devait avoir un plafond de 8 km, une portée maximale de 16 km et une portée effective de 12 km contre des avions faisant des manœuvres jusqu'à 9 g. Cette version est abandonnée en 1991 au profit de la production sous licence par Euromissile du missile VT1 conçu par Thomson-CSF et équipant le missile Crotale NG concurrent du Roland.

VT1 Le missile VT1, conçu initialement pour le missile Crotale, devait être produit par Euromissile pour équiper les lance-missiles Roland grâce à une licence donnée par Thomson-CSF, un contrat de production étant signé à cette fin en . Cependant, le contrat est résilié par Thomson-CSF après avoir repris les activités de l'américain LVT fabricant le missile VT1 aux États-Unis, ce qui mène à un procès entre les deux entreprises forçant Thompson-CSF à payer 108 millions d'euros d'indemnités à Euromissile.

HFK-KV Le missile HFK-KV est un missile allant à la vitesse maximale de Mach 5 testé en 2001, il est proposé par Dielh BGT Defense pour remplacer le missile VT1 sans qu'il semble y avoir eu de suite.

Utilisateurs vignette|400x400px|Utilisateurs du missile Roland

Utilisateurs actuels

Armée de terre nigériane : seize lanceurs Roland II montés sur des châssis d'AMX-30 sont livrés en 1984 et 1985 avec 300 missiles. Le système Roland est encore le missile sol-air principal du Nigéria.

Force aérienne de l'émirat du Qatar : neuf systèmes Roland II sont livrés en 1987 et 1988 avec 200 missiles, dont trois montés sur châssis d'AMX-30 et six montés sur des remorques.

Anciens utilisateurs

Armée de terre argentine : quatre lanceurs Roland II montés sur camion MAN KAT1 8x8 sont livrés en 1982 et 1983 avec 80 missiles.

thumb|Missiles Roland II montés sur camion MAN KAT1 8x8 de la Bundeswehr.

Bundeswehr : 340 systèmes Roland II montés sur des Marder appelés FlaRakPz 1 sont initialement commandés pour remplacer les canons Bofors 40 mm de la Heer, de la Luftwaffe et de la Deutche Marine. La commande est réduite à deux cents exemplaires en 1981, soit 175 Roland destinés à la Luftwaffe et 25 destinés à la Deutche Marine tandis que les 140 exemplaires prévus pour la Heer sont conservés. Cette réduction du nombre de commandes porte Euromissile à demander des sanctions contre l'Allemagne.