François Billoux, né le à Saint-Romain-la-Motte (Loire) et mort le à Menton (Alpes-Maritimes), est un homme politique français.

Membre du Parti communiste français, il est député des Bouches-du-Rhône et ministre de la Santé publique, puis ministre de l’Économie nationale, ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme et ministre de la Défense nationale.

Biographie Origines et formation François Billoux est le fils des métayers vignerons Michel Billoux et Marie Chavroche. Après ses études à l’école primaire de Riorges, il suit les cours de l’École pratique de commerce et d’industrie de Roanne de 1915 à 1918. Titulaire du certificat d’aptitude commerciale, il est employé dans une quincaillerie spécialisée en fournitures pour les usines de textile de Roanne.

Parcours politique Adhérent des Jeunesses socialistes dès 1917, François Billoux s'inscrit en 1919 à la CGT dans l'entreprise commerciale où il travaille. En il devient secrétaire local des Jeunesses socialistes et adhère à la même date à la SFIO de Roanne. Il s'engage pour l'affiliation de ces deux organismes à l'Internationale communiste.

Militant actif, il est élu en 1926 membre du comité central du Parti communiste et devient secrétaire général de la Fédération des jeunesses communistes de France de 1928 à 1930. Au congrès national de janvier 1936, il est élu membre suppléant du bureau politique, dont il devient membre titulaire au congrès suivant de décembre 1937, responsabilité qu'il exerce jusqu'en 1973.

Poursuivi pour ses activités antimilitaristes, il vit dans la clandestinité sur l'ordre de son parti de 1929 à 1932, année où après plusieurs condamnations il est amnistié. À partir de 1934, il est actif essentiellement à Marseille.

Il est élu député de la troisième circonscription de Marseille en 1936. Membre du groupe communiste, il fait partie des commissions des affaires étrangères, de l'Alsace-Lorraine et de la marine marchande. En 1937, il part en mission en Espagne dans les Brigades internationales. Durant son mandat à la Chambre, il dépose des propositions de lois concernant les marins-pêcheurs, les mécaniciens et chauffeurs des Ponts-et-Chaussées, le statut juridique des Arméniens. Il intervient en 1939 contre le décret-loi imposant à Marseille un administrateur désigné par le pouvoir central.

Accusé d'avoir participé à la constitution du Groupe ouvrier et paysan français à la Chambre, en remplacement du groupe communiste dissous, et propagé des , François Billoux est arrêté le , déchu de son mandat le et condamné le par le tribunal militaire de Paris à de prison, francs d'amende et de privation de ses droits civiques et politiques. Il est incarcéré à la maison d'arrêt du Puy-en-Velay.

Le , il écrit au maréchal Pétain une lettre demandant sa libération et celle des autres députés communistes emprisonnés, et demande à témoigner à charge au Procès de Riom devant la Cour suprême de Justice contre les dirigeants de la III République accusés d'être les responsables de la guerre et de la défaite de 1940.

En , il est transféré à la centrale de Maison-Carrée à Alger où il retrouve 27 autres parlementaires communistes.. Après des démarches auprès du général Giraud, il est libéré avec ses camarades au début de .

En , François Billoux fait partie de la première Assemblée consultative provisoire siégeant à Alger (1943-1944). Il intervient pour que l'effort soit porté sur l'épuration et le renforcement de l'armée.

Le , il est nommé commissaire d'État au Comité français de libération nationale après de longues négociations avec Giraud puis de Gaulle en vue de la participation de communistes à cette instance.

Membre des deux Assemblées constituantes, il est député jusqu’en 1978 et plusieurs fois membre du gouvernement.

Il est nommé commissaire aux territoires occupés fin , puis, le , ministre de la Santé publique. En raison d'une pénurie pendant l'hiver 1944, il explique :

Le , il devient ministre de l’Économie nationale, avant d'être nommé ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme du au . Il réorganise ce ministère où règne, selon lui, « la plus grande pagaille ». Il s'occupe notamment du relogement des sinistrés, de la reconstruction des logements endommagés en privilégiant les réparations plutôt que les démolitions.

Le , il est nommé ministre de la Défense nationale dans le gouvernement Paul Ramadier.

Billoux est l'un des premiers à s'opposer nettement à la Guerre d'Indochine. Ainsi, le , alors que l'ensemble des membres de l'Assemblée nationale se lèvent pour rendre hommage aux soldats morts en Indochine, il reste assis. Cet acte est l'un des signes annonciateurs de la rupture du tripartisme entre le MRP, la SFIO, et le Parti communiste français.

François Billoux est directeur politique de La Marseillaise, puis quitte le secrétariat du Comité central en 1956 après en avoir fait partie pendant deux ans et devient directeur de France Nouvelle, « hebdomadaire central du parti communiste »Claude Estier, La gauche hebdomadaire, coll. « kiosque », A. Colin, 1962, . Maurice Kriegel-Valrimont est le rédacteur en chef de cet hebdomadaire en 1959-1960., notamment pendant l’affaire Servin-Casanova. Il reste à la direction de cet organe jusqu'aux années 1970.

Fin de vie et décès Dans une lettre publique, publiée dans l'Humanité le , François Billoux annonce qu'il renonce à son mandat de député et qu'il « transmet le flambeau » à Guy Hermier, qu'il aidera à défendre son siège pour les élections législatives de .

François Billoux est hospitalisé à Menton en pour subir une opération. Il meurt pendant cette hospitalisation le . Ses obsèques ont eu lieu le . L'ancien ministre communiste est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, près des autres leaders du PCF (Thorez, Cachin, Duclos, Frachon).

Hommage Le parc dans lequel est installée la mairie des et arrondissements de Marseille porte son nom.

Décoration ex officio en tant que ministre de la Santé, président du conseil de l'ordre (1944).

Synthèse des résultats électoraux Élections législatives République AnnéePartiCirconscriptionIssueVoix%RangVoix%Rang1936PC-SFIC de Marseille33,4653,54Élu de Marseille15,69RetraitÉliminé GPRF et République Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste. AnnéeListeCirconscriptionVoix%RangSièges1945PCF des Bouches-du-Rhône41,7206/194637,0911/194640,39195138,60195636,15 République AnnéePartiCirconscriptionIssueVoix%RangVoix%Rang1958PCF4e des Bouches-du-Rhône47,0548,48Élu196252,85Élu196753,64Élu196850,55Élu197352,90Élu

Synthèses des fonctions et mandats Au gouvernement Commissaire d'État chargé des problèmes de la jeunesse du Comité français de Libération nationale (du au ) Commissaire d’État chargé des Territoires occupés du Gouvernement provisoire de la République française (du au ) Ministre de la Santé publique du gouvernement de Gaulle I (du au ) Ministre de l’Économie nationale du gouvernement de Gaulle II (du au ) Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme du gouvernement Gouin (du au ) Ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme du gouvernement Bidault I (du au ) Ministre de la Défense nationale du gouvernement Ramadier I (du au )

Au Parlement

Député PCF des Bouches-du-Rhône (1936-1940, 1945-1978)

Au niveau local Conseiller municipal à Marseille (1945-1947, 1953-1971).

Publication Quand nous étions ministres, Éditions sociales, 1972.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Histoire du Parti communiste français Comité français de libération nationale - Composition du Comité français de libération nationale Gouvernement provisoire de la République française - Gouvernement de Gaulle I - Gouvernement de Gaulle II - Gouvernement Félix Gouin - Gouvernement Bidault I

Liens externes

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