Ébroïn († ) est évêque de Poitiers de 839 à 854, et archichapelain du roi Charles le Chauve.
Biographie Il est attesté dès 831 comme responsable de la chancellerie de Louis le Pieux, dans un diplôme rédigé aux deux noms de l'empereur et de son fils le roi , expédié d'Aix-la-Chapelle en faveur de l'abbaye de Cormery ; le diacre Suabodus signe « à la place » (in vice) d'Ébroïn (formule canonique).
Il devient évêque pendant une période troublée de l'histoire de Poitiers. En effet, un an avant sa nomination, le roi meurt, et son père l'empereur Louis le Pieux confie le royaume d'Aquitaine à son dernier fils, le futur Charles le Chauve. Le comte de Poitiers est alors Émenon et soutient les droits de , le fils de . Louis le Pieux marche alors sur Poitiers, qu'il occupe à la Noël 839, dépose Émenon et nomme à sa place un comte du nom de Renaud, qui pourrait être Renaud d'Herbauges.. Ébroïn devient alors à la fois évêque et abbé de Saint-Hilaire de Poitiers.
En 840, c'est Bernard le Poitevin qui est nommé à la tête du comté, mais il ne semble pas contrôler la ville. Louis le Pieux meurt et ses fils se déchirent. En octobre 840, Hilduin de Saint-Denis passe dans le camp de et est destitué de ses titres en Francie occidentale ; Ébroïn lui succède comme abbé de Saint-Germain-des-Prés. Il est aussi archichapelain du palais de Charles le Chauve..
La bataille de Fontenoy-en-Puisaye, entre et d'une part et et Charles le Chauve d'autre part, conduit au traité de Verdun qui entérine le partage de l'Empire. L'Aquitaine est attribuée à Charles le Chauve, mais continue à la contrôler et à résister à Charles.
Au printemps 844, Charles le Chauve assiège Toulouse, défendue par Bernard de Septimanie, partisan de ; Ébroïn, que ses titres ecclésiastiques n'empêchent de participer aux guerres, selon les mœurs de l'époque, fait partie d'une armée qui est défaite par les troupes de dans l'Angoumois ; prisonnier, il est libéré quelque temps après, assez tôt pour présider en décembre le concile de Verneuil-en-Halatte, convoqué par Charles le Chauve (à titre d'archichapelain, bien que Wenilon, archevêque de Sens, fût présent).
Le , veille de Pâques, des Normands commandés par le chef Ragnar, après avoir remonté la Seine en ravageant tout sur leur passage, entrent dans Paris abandonné de ses habitants ; les moines de Saint-Germain-des-Prés se sont enfuis avec les reliques de leur saint patron dans leur domaine de Combs-la-Ville ; Charles le Chauve est retranché dans l'abbaye de Saint-Denis qu'il a juré de défendre. Mais il y eut seulement négociation à Saint-Denis entre le roi et le chef Ragnar, qui accepta de se retirer contre sept mille livres d'argent. Lorsque les Normands furent partis, Ébroïn alla en procession jusqu'à la Bièvre pour recevoir ses moines porteurs des reliques de saint Germain, qui furent replacés solennellement dans le tombeau le . L'abbé fit faire deux récits des miracles qui s'étaient produits pendant ces événements, lesquels se trouvent dans les Miracula sancti Germani d'Aimoin de Saint-Germain-des-Prés, lui-même témoin oculaire.
Ce n'est qu'en 848 que Pépin, après avoir abandonné Bordeaux aux Vikings, est déposé par les Aquitains qui se rallient à Charles le Chauve.. Bernard le Poitevin est mort depuis 844, lors de combats contre ... Poitiers est administrée civilement et religieusement par l'évêque Ébroïn, homme de Charles le Chauve..
En 853, Charles le Chauve accuse Gauzbert, comte du Maine, de collusion avec les Bretons, alors en révolte, et le fait exécuter. C'est un noble important, apparenté à de nombreux seigneurs locaux, dont Ramnulf, Bernard de Gothie, fils de Bernard le Poitevin, et même à Ébroïn lui-même. Les nobles aquitains en profitent pour se révolter contre Charles le Chauve et offrent la couronne d'Aquitaine à Louis le Germanique, lequel envoie son fils à la tête d'une armée. Mais celle-ci s'occupe plus de pillage que de prendre en main le pays, et une émeute éclate à Poitiers entre partisans et adversaires du roi, au cours de laquelle Ébroïn est tué..
Il fut inhumé dans la nef de l'église Saint-Cyprien de la ville (démolie en 1559). Voici son épitaphe :
« Triste vix unquam poterit deponere crimen Pictavis magni præsulis interitu. Maii septennis Ebroinus bisque calendis Pontificalis apex astra superna petit. Hilarius, sanctus Germanus, quem habuere Abbatem, angusto hic jacet in tumulo ».
Famille Tout ce que l'on sait de la famille est qu'il est cousin du comte , fils de Gauzlin et d'Adaltrude. Le prénom d'Ébroïn est également porté une génération plus tôt par un évêque de Bourges... D'autres considérations ont conduit à Christian Settipani de faire d'Ébroin de Poitiers le neveu d'Ébroïn de Bourges et d'Adaltrude, femme de Gauzlin du Maine et des descendants du prince pépinide Godefried, fils de Drogon de Champagne et d'une autre Adaltrude...
Annexes Articles connexes Liste des évêques de Poitiers Émenon de Poitiers
Bibliographie . . Christian Settipani, « Les origines des comtes de Nevers », 85-112.</span> Édouard de Saint-Phalle, « Comtes de Troyes et de Poitiers au : histoire d’un double échec », 154-170.</span> .
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Évêque de Poitiers Catégorie:Évêque du IXe siècle Catégorie:Décès en 854 Catégorie:Personnalité du haut Moyen Âge par nom