, né le à Tōkyō et mort le dans la même villeFormer Japanese Justice Minister Yasuoka dies at 79, The Mainichi ()., est un magistrat et homme politique japonais, membre du Parti libéral démocrate (PLD).

Il est membre de la Chambre des représentants du Japon pour le électoral de la préfecture de Kagoshima de 1993 à 2009 et depuis 2012, et auparavant pour les îles Amami de 1972 à 1990. Il est ministre de la Justice du deuxième Cabinet de Yoshirō Mori du au et plus récemment du Cabinet du Japon dirigé par Yasuo Fukuda du au .

Biographie

Origines et formation Bien que né à Tōkyō, sa naissance est enregistrée civilement auprès du village d'Uken dans le district d'Ōshima qui correspond à l'île d'Amami-Ōshima au sein des Îles Amami dans la préfecture de Kagoshima, d'où sa famille est originaire. Il passe l'essentiel de sa petite enfance et le début de sa scolarité dans la ville de Kagoshima.

Il est le fils d'un homme politique, Takehisa Yasuoka, natif d'Amami-Ōshima qui, après une carrière de fonctionnaire au ministère de l'Intérieur, fut vice-gouverneur de la préfecture de Kagoshima et enfin député des îles Amami d'abord sous les couleurs du parti libéral (1953-1955), puis du PLD (1958-1963, 1968-1969).

Il retourne à Tōkyō pour ses études secondaires, fréquentant les plus prestigieux établissements de Kojimachi (le quartier institutionnel) à Chiyoda, dont notamment le célèbre lycée métropolitain Hibiya. Il en sort en 1958 et entame des études à la faculté de droit de l'Université Chūō de Tōkyō dont il est diplômé en 1964. Il passe également l'examen d'entrée du barreau et est stagiaire auprès de la Cour suprême du Japon.

Devenu magistrat, il est à partir de 1967 juge auprès de la cour du district de Kagoshima mais en démissionne l'année suivante pour rejoindre l'équipe de campagne de son père qui, battu dans sa circonscription en 1963 et 1967, cherche à regagner son siège à la Chambre des représentants. Toutefois, bien qu'élu en 1968 et réélu en 1969, Takehisa Yasuoka décide alors de se retirer de la politique, laissant le champ libre à son fils pour lui succéder.

Carrière politique Une lente ascension L'entrée en politique Il est élu pour la première fois dans la circonscription de son père, à savoir les îles Amami, aux élections législatives de 1972, et est sans cesse réélu jusqu'en 1990. Bien qu'il se soit alors présenté comme un indépendant, il rejoint immédiatement le PLD ainsi que la plus puissante faction existant à cette époque en son sein, à savoir le , plus connu sous le nom de « faction Tanaka » car largement dominée par Kakuei Tanaka, devenu Premier ministre à la suite des élections de 1972. Cette faction est la principale héritière de l'ancien Parti libéral de Shigeru Yoshida.

Okiharu Yasuoka reste jusqu'au bout un fidèle de Kakuei Tanaka. Ainsi, lorsque ce dernier est mis en accusation en 1976 dans le cadre de l'affaire Lockheed, Yasuoka devient l'un de ses avocats « Yasuoka assumes cabinet post as justice minister », Kyodo News International, 10/07/2000.

Par la suite, il participe au gouvernement sans être membre du Cabinet, en étant notamment vice-ministre parlementaire auprès du directeur de l'Agence nationale du territoire Shirō Nakano dans le premier gouvernement de Masayoshi Ōhira de 1978 à 1979 puis auprès du ministre des Finances du Cabinet de Zenkō Suzuki, Michio Watanabe, de 1980 à 1982. Il est également secrétaire général adjoint du PLD de 1987 à 1990, ainsi que président du comité de la planification auprès de la direction général pour la réforme politique du parti de 1989 à 1990.

Au sein de la faction Tanaka, après le retrait de la politique de Kakuei Tanaka à la fin des années 1980, Yasuoka reste un proche de Susumu Nikaido, lui aussi élu de la préfecture de Kagoshima et alors vice-président du PLD (1984-1986). Ainsi, lorsque Noboru Takeshita prend la succession de Tanaka à la tête du Club du Jeudi en 1985, Yasuoka soutient Nikaido contre ce dernier. Cette opposition interne entraîne la division de l'ex-faction Tanaka en 1987 entre une majorité suivant Takeshita au sein du , généralement appelé Heiseikai ou à cette époque « faction Takeshita », et une minorité, dont Yasuoka, soutenant Nikaido et continuant à faire vivre le Club du Jeudi qui est désormais appelé « Groupe Nikaido ».

La « guerre Yasu-Toku » Toutefois, cette ascension politique est stoppée quelque temps à la suite des élections de 1990 au cours desquelles il est battu, pour la première fois depuis 1972, par le docteur Torao Tokuda, médecin militant aux accents plutôt populistes et messianiques fondateur en 1973 du réseau de cliniques privées à vocation humanitaires Tukunoshima Medical Corps. Ce dernier avait déjà été le principal adversaire de Yasuoka en 1983 et 1986. Chacune de leurs confrontations fut d'une telle violence que leur opposition fut appelée la . Ces trois élections ont à chaque fois passionné et divisé la totalité des îles Amami, la participation tournant toujours autour des 92 % et le vainqueur l'emportant finalement de peu (en 1983, Yasuoka devance Tokuda d'à peine 1 000 voix sur près de 100 000 votants, mais en 1986 il accroît son écart en l'emportant avec presque 51 000 suffrages contre moins de 47 500 pour Tokuda tandis qu'en 1990 ce dernier l'emporte avec un peu plus de 2 000 voix d'avance sur son adversaire et député sortant) R. Weiner, « Kagoshima : the prefecture that realignment forgot ; Amami, early redistricting and the 1990 Socialist boom », in Sous la direction de S. R. Reed, Japanese electoral politics : creating a new party system, éd. Routledge Curzon, 2003, p. 124-125, , 9780415311403.

Okiharu Yasuoka retrouve la Chambre des représentants dès les élections de 1993, comme l'un des 4 élus du district électoral de Kagoshima. En effet, le système est encore alors, et jusqu'en 1996, plurinominal, de plus, la circonscription des îles Amami pour laquelle il avait été élu jusqu'à présent, et qui était la seule à ne disposer que d'un seul représentant, a été fondue avant le scrutin de 1993 avec la première circonscription de la préfecture de Kagoshima. Ce qui fait que, à la suite de ces élections, Yasuoka et Tokuda sont tous deux réélus députés pour le même district électoral, Okiharu Yasuoka ayant toutefois obtenu le score le plus élevé avec plus de 101 000 personnes ayant voté pour lui. Finalement, à la suite de la réforme de la carte électorale de 1994 entrée en vigueur depuis les élections de 1996, Yasuoka est élu depuis lors pour le tout nouveau district de Kagoshima, à savoir la ville même de Kagoshima et les environs directs, tandis que les îles Amami ont été incluses dans le district qui est représenté à la Diète pendant longtemps par Torao Tokuda puis, depuis 2005, par le fils de ce dernier, Takeshi Tokuda, mettant ainsi définitivement fin à la « guerre Yasu-Toku ».

La dissidence éphémère du PLD Les élections de 1993 se déroulent dans un contexte de crise majeure du PLD qui connaît de nombreuses dissidences et l'arrivée au pouvoir d'une coalition entre ces transfuges et des opposants de longue date à sa suprématie, l'écartant ainsi pour la première fois des affaires depuis sa création en 1955. Okiharu Yasuoka est toutefois l'un des élus qui restent fidèles à l'ancien parti majoritaire, et intègre en son sein le Heiseikai qu'il avait autrefois combattu mais qui regroupe désormais l'essentiel des anciens membres du vieux Club du Jeudi (et a ainsi repris la place de ce dernier comme principale faction interne au PLD) et qui à cette époque est surnommé « faction Obuchi » car emmené par Keizō Obuchi.

Toutefois, dès 1994, la coalition anti-PLD au pouvoir chute : le Premier ministre Tsutomu Hata perd sa majorité, le Parti socialiste et le petit mouvement centriste du Nouveau Parti pionnier s'alliant avec le PLD pour former une nouvelle majorité. Toutefois, bien que ce dernier domine largement en nombre de sièges à la Diète cette alliance, les cadres dirigeants du parti décident de soutenir un socialiste, Tomiichi Murayama, pour prendre la tête du Cabinet. Cette stratégie est désavouée par une partie des parlementaires du PLD, emmenés par l'ancien Premier ministre Toshiki Kaifu, et parmi eux se trouvent Okiharu Yasuoka.

Ces dissidents fondent alors leur propre parti, membre de l', qui se dissout quelques mois plus tard dans le grand parti d'opposition formé par les anciens membres de la coalition anti-PLD opposés au revirement des socialistes et des pionniers, le .

La dissidence de Yasuoka est toutefois de courte durée : dès 1995, lorsque Toshiki Kaifu quitte la présidence du Shinshintō au profit du plus controversé Ichirō Ozawa, il quitte l'opposition pour retourner au PLD.

Un spécialiste du système judiciaire et de la réforme de la Constitution La faction Yamasaki Il retrouve des postes d'importances au sein de ce mouvement, puisqu'en 1997 il devient président délégué du puissant Conseil de recherche politique du parti. Il seconde alors Taku Yamasaki, président de ce Conseil de 1995 à 1998, et en devient un proche en partageant notamment ses théories réformistes, particulièrement en ce qui concerne la Constitution (le fameux amendement empêchant le Japon de se reconstituer en une réelle puissance militaire étant le plus contesté par les partisans d'une réforme constitutionnelle). Ainsi, lorsque Yamasaki fonde sa propre faction en 1998, la , Yasuoka la rejoint. Cette tendance réformiste n'a toutefois alors qu'une taille très faible, Taku Yamasaki n'arrivant qu'en troisième position avec seulement 51 votes de délégués lors de l'élection du président du PLD en septembre 1999, le leader sortant et Premier ministre de l'époque Keizō Obuchi étant alors réélu.

Le premier passage au ministère de la Justice Malgré la défaite de cette faction, Okiharu Yasuoka reste très écouté dans les domaines juridiques et constitutionnels, puis qu'il est président de la Commission de recherche sur le système judiciaire du PLD à partir de 1998 avant d'être nommé en à la tête de la Commission de recherche sur la Constitution tout juste créée à la Chambre des représentants pour répondre aux interrogations de plus en plus vives de la classe politique quant au bien-fondé de garder les références pacifistes de la constitution de 1947.

Mais surtout, il obtient son premier poste d'importance en étant nommé ministre de la Justice du second Cabinet formé par Yoshirō Mori du au . Il a alors surtout été chargé de mettre en application la politique sécuritaire annoncée au cours de la campagne des législatives de 2000 par le Premier ministre Mori, à savoir la reprise des exécutions capitales (3 en septembre, alors qu'aucune n'avait eu lieu depuis le début de l'année). ou encore la réforme de la « loi juvénile », dont la mesure la plus controversée fut l'abaissement de l'âge de la responsabilité pénale (l'âge légal auquel une personne peut être reconnue comme responsable pénalement de ses actes, et auquel donc un mineur multirécidiviste peut être jugé comme un adulte) « Newly appointed ministers announce policy priorities », The Japan Times, 05/07/2000 de 16 à 14 ans M. Sasaki, « Amending the Juvenile Law in Japan: -Ignoring the UN Committee on the Rights of the Child Recommendations », sur le site officiel de l'association Hurights Japan. Cette mesure, quoique assez bien accueillie par le grand public marqué par plusieurs faits-divers sanglants mettant en scène des mineurs depuis la fin des années 1990, fut particulièrement critiquée par des universitaires, intellectuels et des professionnelles de la justice pour enfants comme favorisant trop la répression au détriment de la réhabilitation des jeunes délinquants « Japanese Juvenile Justice », BBC World Service, 24/02/2001.

Le responsable des questions constitutionnelles au PLD