, né le ; his family register says 14 June as his birth day. à Osaka et mort le à Zushi, est un écrivain japonais, prix Nobel de littérature en 1968.

Considéré comme un écrivain majeur du et obsédé par la quête du beau, la solitude et la mort, il a écrit en particulier des récits très courts, d'un dépouillement stylistique extrême, regroupés plus tard en recueils, mais ses œuvres les plus connues internationalement sont ses romans comme Pays de neige (1935-1947), Le Grondement de la montagne (1954), Les Belles Endormies (1960-1961) ou Kyôto (1962).

Biographie Jeunesse vignette|gauche|redresse|Portrait de Kawabata âgé de 18 ans Né durant l'ère Meiji, Kawabata Yasunari est le deuxième enfant d'une famille prospère et cultivée. Il est un enfant prématuré de sept mois, et reste de santé fragile toute son existence. Sa sœur Yoshiko est de quatre ans son aînée. Son père, Eikichi, médecin à Osaka, fait ses études de médecine à Tokyo. Fin lettré, amateur de poésie chinoise et de peinture, il meurt de tuberculose en janvier 1901. Sa mère, Gen, née Kuroda, précédemment mariée au frère de son époux, est issue d'une famille fortunée. Après le décès de son mari, elle retourne dans sa maison natale du village de Toyosato en périphérie d'Osaka avec ses deux enfants, mais décède de la même maladie en janvier 1902. À , Yasunari est orphelin.

Séparé de sa sœur qui est recueillie par sa tante, il est élevé par ses grands-parents paternels qui vivaient dans le village de Toyokawa, district de la région de Nagoya, à l'est d'Osaka. Ceux-ci tentèrent de pallier le vide affectif traumatisant causé par la disparition de ses parents. Son grand-père Kawabata Sanpachirō, notable local féru de divination et un temps fabricant de médecine chinoise, avait vendu ses terres pour investir dans des placements qui causèrent sa ruine. À , Yasunari entre à l'école primaire de Toyokawa où il fera une brillante scolarité malgré sa santé précaire. Sa sœur Yoshiko meurt en 1909. Il n'assistera pas à l'enterrement de cette sœur dont il n'a gardé « au fond du cœur aucune image », sa famille voulant éviter de lui infliger une fois encore l'épreuve d'une cérémonie funèbre, mais cela l'empêchera de faire le deuil réel de la jeune fille. Sa grand-mère meurt en septembre de la même année. En avril 1912 (ère Taishō), il entre au collège d'Ibaraki (préfecture d'Osaka). Il décide cette année-là de devenir écrivain et consacre désormais son temps libre à la lecture et à ses premières tentatives de création littéraire.

Resté seul avec son grand-père, des liens très étroits se tissent entre le petit-fils et le vieil homme pendant leurs huit années de vie commune. Mais, affaibli et devenu aveugle, celui-ci décède en dans sa soixante quinzième année. Yasunari est alors recueilli pendant six mois par un oncle de sa famille maternelle au village de Toyosato. Il écrit cette année-là son premier opus littéraire, (Journal de ma seizième année), qui ne sera publié que onze ans plus tard (1925), puis édité dans (L'Adolescent) en 1948.

Depuis son plus jeune âge, Yasunari fut donc durement confronté à la disparition précoce de sa cellule familiale et cette expérience douloureuse qui se retrouvera ultérieurement dans ses écrits semble être une des clés de son rapport obsessionnel à la solitude et à la mort (Ramasser des ossements, 1916 ; L'Abonné des funérailles, 1923 ; Les Sentiments d'un orphelin, 1924 ; Le Visage de la morte, 1925 ; Voiture funéraire, 1926 etc.).

Yasunari entre comme pensionnaire au lycée d'Ibaraki en janvier 1915 (il y restera jusqu'à la fin de ses études en 1917). Grand lecteur de littérature contemporaine et classique japonaise ainsi que de littérature occidentale, il envoie de courts essais à différents quotidiens et revues. Certains textes seront publiés. Au lycée, il est nommé responsable de chambre ce qui place sous son autorité Kiyono, jeune compagnon à la féminité prononcée. Complexé et obnubilé par un physique qu'il jugeait ingrat, convaincu de sa laideur, Yasunari nourrit une véritable passion sans exutoire charnel envers le séduisant Kiyono qu'il nommera lui-même « mon amour homosexuel » (dans L'Adolescent). Mais en septembre 1917, Yasunari monte à la capitale et réussit à entrer au Premier Lycée de Tōkyō (en section de littérature anglaise), passage obligé pour intégrer l'Université Impériale. Cette séparation génèrera une correspondance épistolaire entre les deux amis jusqu'en 1921.

À l'occasion d'un voyage dans la péninsule d'Izu, Yasunari rencontre une troupe de théâtre ambulant où évolue une superbe danseuse. L'émotion esthétique de cette rencontre et la féerie du lieu font naître dans la psychologie amoureuse du jeune homme de 19 ans un nouveau désir érotique qui se juxtapose à celui éprouvé pour Kiyono. Cette expérience marquante sera la source de son premier roman Izu no odoriko (La Danseuse d'Izu, publiée en 1926). Depuis lors, pendant dix ans, il retournera à Yugashima, l'une des principales stations thermales d'Izu. Cet épisode montre que les écrits de Yasunari sont inspirés de faits réels parfois autobiographiques et, dans le cas ci-dessus, d'autres récits se référeront plus ou moins explicitement à cet épisode : Souvenirs de Yugashima en 1922, Le grondement de la montagne en 1949-1954, Le Lac en 1954, Les belles Endormies en 1960-1961.

À partir de 1919, Yasunari et ses amis forment un cercle libre de littérature moderne. Il publie alors la nouvelle Chiyo (Chiyo) dans la revue de la société amicale du Premier Lycée de Tōkyō. C'est à cette époque qu'il se lie d'amitié avec le futur écrivain Tōkō Kon (1898-1977) dont le père l'initie au spiritisme.

En juillet 1920, il obtient son diplôme du Premier Lycée de Tōkyō ce qui lui permet de s'inscrire à l'Université Impériale de Tōkyō, faculté de Littérature, section Littérature anglaise. Il optera l'année suivante pour la section Littérature japonaise. Désireux avec d'autres camarades de lancer la sixième série de la revue du cercle de l'université, Shinshichō (Pensée nouvelle), il rencontre à ce sujet l'écrivain Kan Kikuchi qui deviendra son protecteur. L'année suivante, il lance la sixième série de Shichinchō où il fera paraître successivement plusieurs nouvelles importantes dont Shōkonsai ikkei (Tableau de fête en hommage aux soldats morts) et Abura (Huile). Par l'entremise de Kan Kikuchi il fait la connaissance de Riichi Yokomitsu (1898-1947) qui restera un ami fidèle et son principal compagnon sur la route du modernisme. Il rencontre également Ryūnosuke Akutagawa (1883-1927), Masao Kume et quelques autres futurs écrivains de sa génération.

À l'occasion d'une réunion d'étudiants dans un café proche du lycée supérieur d'Ichikō à Hongō, Yasunari fait la connaissance de Itō Hatsuyo, jeune serveuse de 14 ans qui le laisse d'abord indifférent. Peu après cette rencontre, le café cesse son activité et Hatsuyo part vivre chez ses parents adoptifs dans un temple de Gifu situé dans une région montagneuse au centre de l'île. Entraîné par un de ses amis, Miaki, il continue à voir la jeune fille et, contre toute attente, décide de l'épouser. Très étonnés, ses amis suivent la préparation du mariage. Yasunari fait part de ses intentions au père d'Hatsuyo et soumet son projet à son protecteur Kan Kikuchi qui lui offre de bon cœur plus de 200 yens. Cette somme importante sert à louer un logement pour recevoir la future épouse. Environ un mois après cette décision Hatsuyo envoie une lettre incompréhensible pour rompre les fiançailles (in L'Extraordinaire ou Le Feu du sud).

Aux yeux de Yasunari, Hatsuyo représente la femme idéale et, malgré la fin tragique de leur courte relation, l'ombre de la jeune fiancée hantera longtemps l'esprit de l'écrivain. Son empreinte est décelable dans de nombreux personnages féminins qui parsèment son œuvre.

Les débuts d'écrivain vignette|Kawabata (c. 1932) vignette|Kawabata (Kamakura, 1946) 1922 - Il commence à être rémunéré pour ses nouvelles et articles de critique littéraire notamment dans Jiji shinpō et publie des traductions de Galsworthy et Tchékhov. Durant l'été il écrit à Yugashima Yugashima de no omoide (Souvenirs de Yugashima), texte qu'il reprendra partiellement dans L'Adolescent.

En 1923, Kawabata participe au comité de rédaction du mensuel Bungei shunjū dirigé par Kan Kikuchi. Le grand séisme du le surprend à Tōkyō dont il parcourt les décombres accompagné de ses amis Tōkō Kon et Akutagawa Ryūnosuke. Il publie cette année-là Kaisō no meijin (réintitulé Sōshiki no meijin, Le Maître des funérailles) et Nanpō no hi (Le Feu du sud).

En mars 1924, il sort diplômé de l'Université impériale de Tōkyō ; son mémoire s'intitule Nihon shōsetsu-shi shōron (Petite étude sur l'histoire du roman japonais).

En septembre il fonde avec Riichi Yokomitsu, Teppei Kataoka et 12 autres compagnons la revue d'avant-garde (L'Époque de la littérature) qui deviendra l'organe du Shinkankaku-ha (École des sensations nouvelles) où Kawabata joue un rôle central avec ses amis Tōkō Kon et Yokomitsu Riichi (1898-1947). La déclaration des fondateurs est rédigée par Kawabata lui-même : « Le destin de ceux qui pensent au futur est d'abandonner le passé et de renoncer au présent ».

En 1925, Kawabata rencontre sa future femme, Matsubayashi Hideko et passe une bonne partie de l'année à Yugashima. Il publie Journal de ma seizième année, quelques Récits de la paume de la main et fait paraître plusieurs essais dans la revue Bungei jidai, en particulier Shinshin sakka no shinkeikō kaisetsu (Notes sur les nouvelles tendances des nouveaux écrivains), manifeste de « l'École des sensations nouvelles ».

En 1926, première année de l'ère Shōwa, il publie son premier livre Kanjō sōshoku (Les Ornements des sentiments), un recueil de trente cinq des Récits de la paume de la main et la nouvelle Izu no odoriko (La Danseuse d'Izu) dans la revue Bungei jidai.

Ainsi que l'attestent deux de ses livres (La Photographie, 1924, Photographie avec des fleurs, 1930) Kawabata était un passionné de photographie et de cinéma. C'est donc sans réticence qu'il écrit le scénario d'un film muet, Kurutta ippeji (Une Page folle), sur une idée du réalisateur Teinosuke Kinugasa (1896-1982). Cette « composition littéraire » démontre que sa technique d'écriture — parution de courts récits — est très proche du montage séquentiel d'un film et du synopsis d'un scénario. Ce tournage lui permet de mettre en lumière sa connaissance approfondie des techniques cinématographiques. Sept autres films adaptés de ses romans seront tournés par divers réalisateurs et scénaristes jusqu'en 1980.

1927 - Kawabata séjourne à Yugashima où il se lie d'amitié avec le jeune auteur Motojirō KajiiKajii 1996, (1901-1932) qui y est en cure pour sa tuberculose (plus tard, les articles favorables de Kawabata aideront à ce que Kajii ne soit pas oublié) ; ils jouent au go pendant des mois et Kajii l'aide à corriger les épreuves de son deuxième recueil de nouvelles. Publication de ce dernier sous le titre La Danseuse d'Izu et du premier feuilleton Humi no himatsuri (La Fête du feu au bord de la mer) dans Chūgai shōgyō shinpō.

1928 - Kawabata séjourne à Atami puis s'installe dans le quartier d'Ōmori à Tōkyō et publie Bōryokudan no ichiya (La Nuit des gangsters).

1929 - Il participe à la création de deux revues littéraires, Kindai seikatsu et Bungaku. Tout en publiant régulièrement des critiques littéraires, il fréquente assidûment le quartier d'Asakusa qui inspire son second feuilleton Chroniques d'Asakusa paru dans Tōkyō Asahi shinbun de à . Il déménage une nouvelle fois et s'installe dans le quartier de Ueno.

1930 - Il est chargé de cours au Bunka Gakuin et à Nihon Daigaku ce qui ne l'empêche nullement de fréquenter Asakusa. Il publie deux nouveaux recueils de nouvelles dont Boku no hyōhonshitsu (Ma Collection d'échantillons) qui regroupe plusieurs Récits de la paume de la main.

La consécration