José Ángel Valente (né le à Ourense et mort le à Genève, en Suisse) est un poète et essayiste espagnol, considéré comme l'un des poètes majeurs dans la poésie hispanique du .

Biographie José Ángel Valente étudie le droit à l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle et est par ailleurs diplômé en philologie romane de l'université complutense de Madrid. Il a été professeur d'espagnol à l'université d'Oxford. Il a vécu à Ourense, Madrid, Oxford, Genève, Paris et Almeria. Sa courte nouvelle El uniforme del general Texte complet sur le site de l'écrivain Luis López Nieves, publiée en 1971 dans la revue Número Trece, lui a causé quelques problèmes avec la dictature franquiste. Accusé d'allusions offensantes à l'armée, il a été traduit en cour martiale en 1972.

À partir de 1966, sa poésie évolue vers des formes d'expression très personnelles, qui lient son œuvre à celle d'Edmond Jabès ou de Paul Celan. C'est un essentialisme lyrique radical fortement influencé par le mysticisme syncrétique et les pratiques ésotériques et mystiques du judaïsme (la Kabbale), de l'Islam (le soufisme) et du mysticisme chrétien (essentiellement à travers des personnages tels que Jean de la Croix ou Miguel de Molinos) entre autres. Son approche du mysticisme, cependant, s'éloigne de tout dogme religieux et ne postule pas nécessairement une croyance en une divinité personnelle. Cette entrée dans le mystère s'est produite en grande partie sous l'influence de la philosophe María Zambrano. Assimilant les tendances philosophiques et les traditions culturelles historiques dans la poésie et la prose mais aussi à travers la musique et la peinture, l'écriture de José Ángel Valente est, selon l'opinion de l'essayiste et critique littéraire français Gérard de Cortanze, l'une des plus ambitieuses et profondes de la littérature espagnole contemporaine.

En 1968, il est inclus — aux côtés d'autres poètes appartenant à ce que l'on appellera plus tard la Génération de 50 (Generación del 50) tels que Carlos Barral, Francisco Brines, José Manuel Caballero Bonald, Gloria Fuertes, Jaime Gil de Biedma, Ángel González, José Agustín Goytisolo, Félix Grande, Claudio Rodríguez, Manuel Vázquez Montalbán — dans l', une sélection de poèmes de poètes espagnols publiée aux éditions El Bardo, sous la direction du poète et critique littéraire , plus tard considérée comme essentielle en tant que synthèse du panorama poétique en Espagne au seuil des années 1970.

En 1996, José Ángel Valente publie Nadie, un recueil contenant quinze poèmes inédits, et dans l'introduction — intitulée Parole, liberté, mémoire — il définit les concepts fondamentaux de sa poétique, dévoilant ainsi la psychologie inhérente à son œuvre : porter le langage à une situation extrême, où les mots deviennent inintelligibles et purs ; assumer la liberté de violer le système du langage, en correspondance avec la rupture de la norme dans le langage de la folie ; établir un double silence, d'évocation musicale, à la fois à l'intérieur du poème et dans son environnement.

En tant qu'essayiste, ses livres Las palabras de la tribu (1971), La piedra y el centro (1983) et Variaciones sobre el pájaro y la red (1991) se démarquent, réunissant une série de méditations sur Miguel de Molinos, Thérèse d'Avila et les peintres Matthias Grünewald ou Jérôme Bosch. La experiencia abisal, recueil d'essais écrits entre 1978 et 1999, est publié à titre posthume en 2004.

En 1995, il coordonne, en collaboration avec José Lara Garrido, l'édition du volume Hermenéutica y mística : San Juan de la Cruz, publié par les éditions Tecnos.

En 2002 paraît le volume Las insulas extrañas, une anthologie de la poésie en langue espagnole (1950-2000), réalisée par Valente en collaboration avec , et le poète péruvien Andrés Blanca Varela.

En 2002, ses travaux critiques sur l'art sont publiés sous le titre Elogio del calígrafo. Son journal intime Diario anónimo (1959-2000), vaste ensemble d'annotations réalisées entre 1959 et 2000, l'année même de sa mort, édité par le poète et essayiste , est publié en 2011, rassemblant des notes et des observations sur la vie quotidienne, des notes de voyage, des brouillons d'essais, des réflexions sur l'expérience poétique ou des aphorismes sur la vie morale. Ces observations personnelles, intéressantes tant sur le plan biographique que littéraire, constituent un journal intellectuel qui est aussi journal de vie.

Pendant toute sa carrière, José Ángel Valente a publié, de manière dispersée, ses traductions de divers textes littéraires, essayant de mettre ses propres ressources créatives au service du texte original. déclare-t-il pour désigner cette part de son travail. Bon nombre de ces « versions » sont devenues une partie de son propre travail poétique et, à ce titre, ont été publiées dans ses livres et compilations. Ses traductions littéraires ou poétiques signées ou assumées (entre autres de poèmes de Constantin Cavafy, Paul Celan, John Donne, Gerard Manley Hopkins, Edmond Jabès, John Keats, Eugenio Montale, Benjamin Péret, Dylan Thomas) ont été rassemblées par Claudio Rodríguez Fer dans Cuaderno de versiónes (2002), piublié par les éditions Galaxia Gutenberg. Il a également traduit L'Étranger d'Albert Camus (Éditorial Alianza)

Les œuvres complètes de José Ángel Valente sont réparties en deux parties : le travail créatif (poésie et prose) et le travail de réflexion (essais) et ont été publiées à Barcelone par Galaxia Gutenberg / Círculo de Lectores, sous la direction d' en deux volumes : Poesía y prosa (2006) et Ensayos (2008), comprenant aussi bien les livres qu'il a publiés de son vivant que des textes inédits, comme de nombreux poèmes qu'il avait conservés dans ses archives, notamment des poèmes de jeunesse antérieurs à son premier livre (A modo de esperanza, 1955) ou des poèmes de la période de la maturité qui, pour une raison ou une autre, étaient restés inédits, ainsi que des essais qui n'avaient pas été compilés dans un livre.

Vie privée José Ángel Valente a été marié pendant près de trente ans avec sa condisciple de la Faculté des lettres Emilia Palomo, avec qui il a eu quatre enfants (un fils et trois filles) et en secondes noces, avec Coral Gutiérrez (María Pilar Gutiérrez Sampedro).

Œuvres A modo de esperanza, Madrid, Adonais, 1955, (Prix Adonáis de Poésie 1954) Poemas a Lázaro, Madrid, Índice, 1960, 1961) Sobre el lugar del canto, Barcelone, Colliure, 1963 La memoria y los signos, Madrid, Revista de Occidente, 1966 • Réédition, Huerga y Fierro editores, 2004 Siete representaciones, Barcelone, El Bardo, 1967. Breve son, Barcelone, El Bardo, 1968 El inocente, México, Joaquín Mortiz, 1970. Presentación y memorial para un monumento, Madrid, Poesía para Todos, 1970 Las palabras de la tribu, essai, 315 p., Siglo XXI de España Editores, S.A., 1971 • / Réédition : Barcelone, Tusquets Editores S.A., 1994 • Punto cero, Barcelone, editorial Seix-Barral, 1972, poésies complètes El fin de la edad de plata, Barcelone, editorial Seix-Barral, 1973 Interior con figuras, Barcelone, Ocnos/editorial Seix-Barral, 1976. Material memoria, Barcelone, La Gaya Ciencia, 1979 • Estancias, Madrid, Entregas de la Ventura, 1980 Tres lecciones de tinieblas, Barcelone, La Gaya Ciencia, 1980 ( 1980) Sete cántigas de alén, La Corogne, Ediciós do Castro / Edición de Andrés Sánchez Robayna, collection Narrativa, 1981 (poésie en galicien, réédité avec le titre Cántigas de alén, 1989) Mandorla, Madrid, Cátedra, 1982 Nueve enunciaciones, Málaga, Begar, 1982. Desaparicion Figuras, enrichi de douze lithographies originales de Paul Rebeyrolle, Editart, Genève, 1982 La piedra y el centro, essai, Barcelone, , 1983 • El fulgor, 44 p., Madrid, Cátedra, 1984 • Al dios del lugar, Barcelone, Tusquets Editores S.A., 1989 Treinta y siete fragmentos, Barcelone, Ambit Serveis, 1989. Variaciones sobre el pájaro y la red, essai, Barcelone, Tusquets Editores S.A., 1991 • No amanece el cantor, Barcelone, Tusquets Editores S.A., 1992 (prix national de Poésie 1993) Hermenéutica y Mistica: San Juan de la Cruz (sous la dir. de José Ángel Valente et José Lara Garrido), coll. Metrópolis, 325 p., Madrid, Editorial Tecnos, 1995 • Nadie, Lanzarote, Fundación César Manrique, 1996 • Hibakusha, édité par Nieves Agraz et Javier Carmona, Ediciones Jábega 1997 El vuelo alto y ligero, Introduction, édition et choix des textes par César Real Ramos, Vol. 13 de Biblioteca de América, 412 p., Ediciones Universidad de Salamanca, 1998 • Obra poética, Volume 1 - Punto cero (1953-1976), 519 p., Alianza, 1999 • Obra poética, Volume 2 - Material memoria (1977-1992), 310 p., Alianza, 1999 • Fragmentos de un libro futuro, Barcelone, Círculo de Lectores, 2000 (Prix national de littérature) Las insulas extrañas, anthologie de la poésie en langue espagnole (1950-2000), (sous la dir. de José Ángel Valente, , et le poète péruvien Andrés Blanca Varela), Elogio del calígrafo, essais, Barcelone, Ed. Galaxia Gutenberg, 2002 • (posthume) Cuaderno de versiónes, traductions, Barcelone, Ed. Galaxia Gutenberg, 2002 • (posthume) La experiencia abisal, essais, Barcelone, Ed. Galaxia Gutenberg, 2004 • (posthume) Poesía y prosa • Obras completas, Vol. 1, édité par . Introduction et compilation par Claudio Rodríguez Fer, p. Barcelone, Ed. Galaxia Gutenberg / Círculo de Lectores, 2006 • (posthume) Ensayos • Obras completas, Vol. 2, édité par . Introduction et compilation par Claudio Rodríguez Fer, p. Barcelone, Ed. Galaxia Gutenberg / Círculo de Lectores, 2008 • (posthume) Diario anónimo (1959-2000), journal, Barcelone, Ed. Galaxia Gutenberg, 2011• (posthume)

Œuvres traduites en français L'Innocent, trad. Jacques Ancet, Éditions Maspero, 1978. Trois leçons de ténèbres, trad. Jacques Ancet, Éditions Unes, 1985. Material Memoria, trad. Jacques Ancet, Éditions Unes, 1986. Intérieur avec figures, trad. Jacques Ancet, Éditions Unes, 1987. L'Éclat, trad. Jacques Ancet, Éditions Unes, 1987. La Pierre et le Centre, essais, trad. Jacques Ancet, Éditions José Corti, 1991. La Fin de l'âge d'argent, trad. Jacques Ancet, Éditions José Corti, 1992. Mandorle, trad. Jacques Ancet, Éditions Unes, 1992. Au dieu sans nom, trad. Jacques Ancet, Éditions José Corti, 1992. Paysage avec des oiseaux jaunes, trad. Jacques Ancet, Éditions José Corti, 1994. Lecture à Tenerife, trad. Jacques Ancet, Éditions Unes, 1995. Chansons d'au-delà (traduit du galicien), trad. Jacques Ancet, Éditions Unes, 1995. Variations sur l'oiseau et le filet, essais, trad. Jacques Ancet, Éditions José Corti, 1996. Personne, trad. Jacques Ancet, Myriam Solal éd., 1997. Communication sur le mur, trad. Jacques Ancet, Éditions Unes, 1997. Trois leçons de ténèbres - Mandorle - L'Éclat, trad. Jacques Ancet, Gallimard, coll. Poésie/Gallimard, 1998 • Poèmes à Lazare, trad. Laurence Viguié, Éditions de la Différence, 2007.

Récompenses et distinctions Prix littéraires 1954 : Prix Adonáis de poésie pour A modo de esperanza 1961 : pour Poemas a Lázaro 1980 : pour Tres lecciones de tinieblas 1984 : Prix de la Fundación Pablo Iglesias 1988 : Prix Princesse des Asturies de littérature 1993 : Prix national de poésie pour No amanece el cantor 1998 : pour El vuelo alto y ligero 2000 : Prix national de littérature pour Fragmentos de un libro futuro (posthume)

Décorations 1990 :

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