Les premiers éléments de l'histoire de la Floride remontent à plus de ans, lorsque les premiers Amérindiens peuplèrent la région. Elle fut découverte par l’Espagnol Juan Ponce de León en 1513 et baptisée 'Florida'. Enjeu des puissances coloniales, elle passa successivement sous la souveraineté de l'Espagne et de la Grande-Bretagne. Elle devint un territoire (1822) puis un État américain (1845).
Préhistoire Les Paléoaméricains entrèrent sur l'actuel territoire de la Floride, il y a au moins , en arrivant vraisemblablement d'Asie, après avoir traversé le détroit de Béring et l'Amérique du Nord.
En raison de l'important volume d'eau emprisonné dans les glaces, lors de la glaciation du Wisconsin, le niveau des mers était alors inférieur d'une centaine de mètres par rapport au niveau actuel. Il en résultait que la péninsule de Floride était deux fois plus étendue que de nos jours. Son climat était aussi plus sec et plus frais, ses milieux naturels étaient très différents : il existait peu de cours d'eau et de marécages, et l'environnement était semi-aride. Une mégafaune, aujourd'hui disparue, peuplait la région : tigres à dent de sabre, tatous géants, chameaux. Compte tenu du manque d'eau potable, les Amérindiens vivaient à proximité des dolines et des bassins calcaires. Par exemple, le site préhistorique de Page-Ladson a révélé aux archéologues des objets amérindiens, parmi lesquels des pointes de la culture Clovis , .
Les glaciers commencèrent à refluer vers 8000 avant Jésus-Christ, sous l'effet du réchauffement climatique, ce qui provoqua une élévation du niveau moyen des mers. Le climat de la Floride devint plus chaud et plus humide. Ces changements provoquèrent aussi l'émergence de nouvelles cultures amérindiennes : cette période, qualifiée d’« archaïque » par les spécialistes, se caractérise par la cueillette et la pêche. L'un des principaux sites archéologiques est celui de Windover Pond. Les premières communautés se sédentarisèrent près des littoraux à partir de 5000 Vers 3000 , à la fin de la période archaïque, se mit en place l'environnement actuel de la Floride. Les Amérindiens furent à l'origine des sambaquis, c’est-à-dire des dépôts de coquillages qui subissent une fossilisation chimique par la pluie. Ils édifièrent des tertres comme ceux de Horr's Island ou de Crystal River. La poterie cuite fit son apparition vers 2000 La culture archaïque se diversifia vers 500 et donna naissance à des cultures régionales , . Les peuples présents dans le nord-ouest de la Floride actuelle furent influencés par la civilisation du Mississippi, alors que ceux qui vivaient au sud et à l'est conservèrent des caractéristiques héritées de la période archaïque. La culture du maïs se diffusa au nord d'une ligne allant de Daytona Beach à la baie de Tampa , . Elle arriva au sud de la péninsule vers le Les échanges de produits et de nourriture se développèrent avec les autres peuples du Sud-Est des États-Unis actuels.
Tribus indigènes
À l'époque des premiers contacts avec les Espagnols (), la population de Floride devait être comprise entre et habitants, répartis en de nombreuses ethnies, villages et tribus. Les conquistadors espagnols ont recensé une centaine de noms de peuples amérindiens : les mieux organisés étaient les Apalachees, qui comptaient environ personnes, dans la zone de Big Bend. Le nombre d’Amérindiens parlant un dialecte timucua est estimé à , mais les Timucuas vivaient dans des villages séparés, dans le nord-est et le centre. Les Calusas occupaient le sud de la péninsule.
Parmi les autres tribus amérindiennes figuraient les Ais, Caloosahatchees, Jaegas, Mayaimis, Tequestas et Tocobagas.
Avec la colonisation espagnole, la population amérindienne s'effondra, à cause des maladies importées par les conquérants et des violences commises. Ces violences ont été le fait des soldats espagnols, mais aussi d'autres tribus, comme celles de la Province de Caroline voisine, au . C'est également à cette époque qu'une partie des Apalaches se réfugia en Louisiane, où ils survécurent en bonne amitié avec la France (Louisiane française), et préservèrent leur identité pendant quelques décennies. Les survivants furent déportés à Cuba, lorsque l'Espagne céda la Floride aux Britanniques après la guerre de Sept Ans (1756-1763). Les Séminoles, descendants de transfuges du peuple creek, se développèrent comme tribu distincte au en Floride .
Exploration et rivalités européennes
Selon une légende populaire, l'Espagnol Juan Ponce de León aurait découvert la Floride en cherchant la fontaine de jouvence, . Il débarqua sur la côte orientale de la péninsule entre le 2 et le , sans doute près de l'actuelle ville de Saint Augustine. Il baptisa l'endroit « La Pascua Florida », ce qui signifie « la Pâque fleurie » en référence au dimanche des Rameaux. Il se peut que Ponce de León ne fut pas le premier Européen à atteindre la Floride, car il aurait rencontré un Amérindien, qui savait déjà parler espagnol . Il est en tout cas le premier à observer le courant marin du Gulf Stream. Il fit route ensuite vers le sud, où il fut blessé dans un affrontement contre les Calusas. Il fut gouverneur de Porto Rico, puis il revint en 1521 afin de trouver de l'or et d'évangéliser les Amérindiens. L'établissement qu'il fonda avec environ 200 colons ne dura pas, à cause des attaques répétées des Amérindiens dans lesquelles Ponce de Léon laissa sa vie.
À partir de cette date, le territoire fut connu sous le nom de La Florida, bien que, de 1630 au , le nom Tegesta (d'après la tribu des Tequestas) fût fréquemment utilisé à la suite de la publication d'une carte du cartographe hollandais Hessel Gerritsz dans l'Histoire du Nouveau Monde de Johannes de Laet.
L'expédition de Pánfilo de Narváez explora la côte occidentale de la Floride, mais l'Espagnol trouva la mort dans une attaque amérindienne en 1528, tandis que le reste de l'expédition fut massacré, ou sombra dans un ouragan. Les survivants, parmi lesquels Álvar Núñez Cabeza de Vaca, rejoignirent le Mexique en 1536, après avoir traversé tout le sud des États-Unis actuels. Leurs récits légendaires alimenteront plus tard les expéditions espagnoles destinées à trouver les fameuses cités d'or.
Le , avec neuf navires, 570 hommes et femmes et et 213 chevaux , ., Hernando de Soto arriva en un lieu qu’il baptisa Espiritu Santo (l'actuel Bradenton dans la baie de Tampa .. De Soto s'engagea à l'intérieur des terres de Floride en direction du nord, explorant la côte ouest, et il subit quelques embuscades le long de sa route, de la part des autochtones. Son premier campement d'hiver, à la fin d'octobre 1539, fut à Anhaica, la capitale des Apalaches, le seul lieu où des archéologues ont trouvé des traces du passage de l'expédition. Celle-ci se dirigea ensuite vers l'ouest et traversa deux fois le Mississippi. Ses compagnons laissèrent des récits sur les indigènes de Floride, qui furent publiés par la suite. Une tentative de colonisation à Pensacola menée par Tristán de Luna en 1559 fut finalement abandonnée en 1561.
Nouvelle-France floridienne
thumb|300px|Nouvelle-France floridienneLe projet d'une Nouvelle-France ayant échoué dans le Saint-Laurent en 1543, puis au Brésil en 1560, l'amiral Coligny qui cherchait à fonder une colonie-refuge huguenote envoie Ribault et Laudonnière en Floride.
Le huguenot français Jean Ribault aborda la côte orientale de Floride le et construisit le Charlesfort dans l'archipel aujourd'hui nommé Beaufort en Caroline du Sud. Le , René de Laudonnière fonda la colonie de Fort Caroline en honneur du roi de France Charles IX le long de la rivière de Mai (aujourd'hui Saint-John's), près du site actuel de Jacksonville : il devait accueillir les réfugiés huguenots chassés par les guerres de Religion.
vignette|La Floride française par Pierre du Val,
Les Espagnols débarquent en Floride en 1565 pour en chasser les Français. Ils massacrent les hommes de Fort-Caroline à Matanzas («massacres» en espagnol). Cette défaite scelle le sort de la Nouvelle-France floridienne.
Colonisation espagnole Le , la colonie espagnole de Saint Augustine fut fondée par Pedro Menéndez de Avilés : elle devint la plus ancienne colonie des États-Unis occupée en continu par des Européens. Les Espagnols, en particulier des Jésuites puis des Franciscains, commencèrent à édifier des missions pour évangéliser et encadrer les Amérindiens.
Le , Menéndez de Avilés s'empara du Fort Caroline par la voie terrestre en provenance de Saint Augustine, après qu'une attaque navale des Français s'échoua dans les intempéries. Les Français furent massacrés une première fois le 29 septembre et une seconde fois le 12 octobre : Jean Ribault trouva la mort lors de ces massacres. La deuxième série d'exécutions se déroula au bord d'une rivière, que l'on nomma par la suite Matanzas (mises à mort en espagnol). Les survivants furent déportés (on aurait retrouvé la trace de quelques-uns d'entre eux au Mexique). Menéndez renomma le fort « San Mateo ». Deux ans plus tard, celui-ci fut repris par le Français Dominique de Gourgues. Les positions espagnoles furent également menacées par les attaques amérindiennes et anglaises : le corsaire Sir Francis Drake (1542-1596) incendia Saint Augustine en 1586. Les fondations espagnoles se multiplièrent au : la mission San Luis (actuelle Tallahassee), le castillo de San Marcos à Saint Augustine (construit avec une main d'œuvre amérindienne et africaine), Pensacola, etc. Mais la colonisation espagnole fut rendue difficile par les épidémies, comme celle de 1659. Malgré la fondation de Pensacola en 1698, les Espagnols durent céder du terrain aux Anglais installés au nord, dans la province de Virginie et les Carolines. À l'est, les Français imposèrent leur domination sur la Louisiane et finirent par prendre Pensacola en 1719.
Les attaques se poursuivirent au : celle du colonel anglais James Moore contre Saint Augustine fut menée en coopération avec les Yamasee et les Creeks en 1702. La ville fut une nouvelle fois assiégée en 1740, sans pour autant que la Floride ne passât sous domination britannique. Au cours du , la Floride espagnole accueillit de nombreux réfugiés amérindiens (par exemple pendant la guerre Yamasee de 1715-1717) mais aussi des esclaves noirs en fuite, ce qui irritait les Britanniques. La fondation de la Géorgie en 1733, l'effondrement du système missionnaire et les défaites des Apalachees, alliés des Espagnols, ouvrirent la région aux raids à visée esclavagiste jusqu'aux Keys. Ces violences finirent par décimer les Amérindiens , , qui n'étaient plus que 300 en 1763.
Durant l'époque moderne ( - ), les navires européens utilisaient le courant du Gulf Stream pour retourner en Europe, si bien que le détroit de Floride devint un lieu de passage stratégique. Plusieurs s'échouèrent sur les récifs au large de la Floride. Certaines îles servirent de refuge aux pirates et aux esclaves en fuite, comme Elliott Key dans la Baie de Biscayne.
Un refuge pour les esclaves afro-américains Les lois espagnoles sur l'esclavage, héritées du droit canon, faisaient que les esclaves avaient des droits légaux y compris le droit de posséder des biens, de poursuivre en justice, de garder leurs familles ensemble et d'acheter leur liberté. Cette libéralisation faisait que les Espagnols de la Nouvelle Espagne pouvaient compter sur la collaboration de leurs esclaves, aussi bien en tant que militaires qu'en tant qu'ouvriers agricoles. Ces lois espagnoles sur l'esclavage attirent des esclaves en fuite des colonies anglaises à proximité. Les fugueurs s'étaient transmis la formule magique :
"Je veux être baptisé dans la seule vraie foi (catholique)".